Comme l’aurait dit Nelson Mandela, tout est impossible jusqu’à ce que ça devienne réalité. Vu l’histoire récente du Brésil, il y avait très peu de chances que Lula remporte l’élection présidentielle le 25, après avoir perdu le premier tour le 4 octobre.
Pourtant, une vague de mobilisations, lancée par les
étudiant·es universitaires, s’est propagée à travers le Brésil pendant les 20
jours qui ont séparé le premier et le deuxième tour, avec des manifestations
massives dans les rues, une activité en pleine effervescence sur les réseaux
sociaux, un nouveau climat dans la campagne électorale et une nouvelle
stratégie sur les réseaux sociaux de la part de l’équipe de campagne
officielle. Ça a permis de réduire l’abstention et les votes nuls, et même de
convaincre certain·es électeur·ices de changer d’avis. Ainsi, pour la première
fois depuis l’instauration du régime démocratique en 1985, le candidat qui
avait perdu le premier tour a remporté le second. Lula a recueilli 51,78 %
des suffrages valides, soit 10 millions de plus qu’il y a trois semaines,
contre 48,22 % pour Bolsonaro Junior.
Ce
résultat au Brésil a mis un frein, pour l’instant, à la vague de victoires de
la droite et de l’extrême droite en Amérique latine, en déjouant les
algorithmes biaisés et les manœuvres de Meta et d’autres géants de la tech, et
en remettant en cause les projets de Trump pour la région. Ce triomphe
populaire a fait naître une petite lueur d’espoir dans la lutte mondiale contre
les héritiers du fascisme.
En
tant que Quatrième Internationale, nous saluons avec joie cette victoire du
peuple brésilien. Nous saluons la jeunesse qui, comme en Europe et en Inde, n’a
jamais laissé son enthousiasme faiblir pendant ces semaines décisives. Nous
saluons les travailleur·euses, les paysan·nes et les sans-terre, les
communautés autochtones, les femmes des quartiers populaires – décisives pour
la victoire de Lula –, les féministes, la communauté LGBTQIA+ ; les
écologistes, les artistes, les travailleur·euses culturel·les et les
intellectuel·les progressistes.
Nous
savons que l’avenir immédiat ne sera pas facile pour les travailleur·euses et
le peuple brésiliens. L’extrême droite s’est renforcée au Parlement et dans les
gouvernements des États, ce qui impose de lourdes limites aux mesures
progressistes du prochain gouvernement et à la possibilité de nouvelles
avancées sociales. Mais ce que vous avez fait en ce mois d’octobre historique
montre la voie vers la résistance antifasciste et contre les projets
ultralibéraux. Il sera plus que jamais nécessaire que vous restiez mobilisé·es,
que vous restiez organisé·es dans toutes les régions de votre grand pays, face
aux revers que cette même extrême droite continuera d’essayer d’imposer aux
libertés économiques, sociales, démocratiques et à la souveraineté du Brésil et
de toute l’Amérique latine.
Entre-temps,
Flavio Bolsonaro s’est enfui aux États-Unis, tandis qu’un juge a ordonné
l’ouverture d’une enquête sur un éventuel financement étranger de sa campagne
électorale. C’est là un nouvel exemple du vrai visage de l’extrême
droite : une force à la solde du grand capital et de l’impérialisme.
Votre
victoire est celle de la mobilisation, celle de toutes celles et ceux qui, dans
le monde entier, luttent contre l’extrême droite et ses projets de destruction.
[Photo : Ricardo Stuckert / Flickr Lula Oficial / CC BY-SA 4.0 - source : Quatrième Internationale - reproduit sur www.pressegauche.org]

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