Les philosophes grecs de l’Antiquité Socrate, Antisthène et Diogène nous ont légué de précieux conseils pour mener une vie saine et vertueuse.
« Diogène », 1860, de Jean-Léon Gérôme. Huile sur toile ; 74,5 cm sur 101 cm. Acquis par William T. Walters en 1872. Walters Art Museum, Baltimore. Photo : domaine public
Écrit par Lorraine Ferrier
Selon le philosophe
grec de l’Antiquité Socrate (470 av. J.-C.-399 av. J.-C.), la clé d’une vie
bonne réside dans l’autosuffisance, et cette vie bonne repose sur la vertu.
L’ami de Socrate, Antisthène (455 av. J.-C.-365 av. J.-C.), fonda la
philosophie du cynisme autour de la liberté, de l’idéal socratique
d’autosuffisance et de la conviction que l’une et l’autre peuvent se réaliser à
travers les rigueurs du labeur et de l’adversité.
Diogène (404 av.
J.-C.-323 av. J.-C.), qui mit cette philosophie en pratique, affirmait que la
seule façon d’être véritablement autosuffisant et libre consistait à comprendre
notre véritable nature humaine, qu’il estimait en contradiction avec la
société. Pour apprendre à nous connaître, nous devrions donc nous débarrasser
de tous les artifices superflus et des désirs contre nature que la société nous
inculque.
Le mode de vie « cynique »
Le mot « cynique
» trouve son origine dans le grec kunikos, qui signifie « semblable
à un chien » ou « à la manière d’un chien ». Les théories divergent quant à la
raison exacte pour laquelle les Cyniques choisirent ce terme pour désigner leur
mode de vie. Certains avancent que c’est parce que le chien ignore la honte.
C’est en tout cas unedescription que Diogène assumait pleinement par son
comportement.
Diogène menait
une existence simple dans les rues d’Athènes, en marge des conventions sociales
et des règles de bienséance. Il dormait dans un tonneau à vin, mangeait, buvait
et déféquait dans la rue, sans chercher à dissimuler aucune des fonctions
naturelles de son corps.
Bien que
certaines des actions de Diogène aient pu paraître étranges, les Cyniques
cherchaient toujours à améliorer la vie des hommes en la mettant en accord avec
la raison, la nature et la vertu. Ils accordaient également une grande
importance à la liberté de parole. Parce qu’ils croyaient en la raison, par
exemple, ils critiquaient publiquement les théories ou les idées dépourvues de
fondement rationnel.
Trois anecdotes sur Diogène
Diogène nous a
légué de précieux enseignements sur la vie. Entendant un sot accorder une
harpe, il lui dit : « N’as-tu pas honte de parvenir à tirer des sons harmonieux
de ce morceau de bois, alors que tu es incapable de mettre ton âme en harmonie
avec ta vie ? »
Un jour, Diogène
vit un garçon joindre ses mains en coupe pour boire l’eau d’une rivière et
s’exclama : « Il m’apprend que je conserve un ustensile inutile. » Il se
débarrassa alors du seul ustensile qu’il possédait, une coquille dont il se
servait comme coupe.
Alors qu’il
prenait le soleil à Craneum, Diogène vit s’approcher Alexandre le Grand,
l’homme le plus puissant du monde occidental. Celui-ci se plaça devant lui et
lui déclara : « Demande-moi ce que tu veux. » Diogène lui répondit : « Ôte-toi
de mon soleil. » Lorsque Alexandre déclara qu’il était le roi, Diogène répondit
: « Je suis Diogène le Cynique », autrement dit « Diogène le Chien ».
Le roi déclara
alors : « Si je n’étais pas Alexandre, je voudrais être Diogène. »
Peut-être
Alexandre le Grand venait-il, pour la première fois, de rencontrer le véritable
pouvoir. Devant lui se tenait Diogène, un homme qui vivait en accord avec ses
convictions et qui n’avait besoin de rien ni de personne.
Alexandre et Diogène, 1763, de Jacques Gamelin. Huile sur toile ; 113 cm sur 142,9 cm. Musée des Beaux-Arts de Carcassonne, France. Photo: Didier Descouens/CC BY-SA 4.0
[Source : www.epochtimes.fr]


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