segunda-feira, 31 de agosto de 2026

Piétons au téléphone en marchant : l’Italie envisage une amende de 75 euros, la France doit-elle suivre son exemple?

L’Italie envisage de sanctionner les piétons qui utilisent leur téléphone en marchant ou en traversant la chaussée. Le projet de révision du Code de la route, porté par le ministère italien des Infrastructures et des Transports, prévoit une amende de 75 euros afin de limiter les comportements jugés dangereux. 


Écrit par Gaspard Lignard

La proposition relance en France le débat sur les «piétons zombies», ces usagers absorbés par leur écran.

Si l’inattention constitue un risque réel pour la sécurité routière, la question de la verbalisation divise entre partisans d’une règle dissuasive et défenseurs d’une approche fondée sur la sensibilisation.

Une mesure italienne centrée sur la traversée

Selon les éléments rapportés par Le Parisien, les piétons italiens pourraient être sanctionnés lorsqu’ils consultent leur smartphone en traversant la rue ou en circulant sur la chaussée. La mesure viserait aussi d’autres équipements électroniques, notamment les ordinateurs portables et les tablettes.

Le ministère italien précise toutefois que les dispositifs mains libres et les écouteurs resteraient autorisés, à condition qu’ils ne compromettent pas la sécurité. Le texte ne cherche donc pas à interdire tout usage numérique dans l’espace public, mais à encadrer les situations dans lesquelles l’attention du piéton est indispensable.

Le projet s’inscrit aussi dans une évolution de la responsabilité en cas de collision. Les automobilistes demeurent tenus de céder le passage et d’adapter leur conduite. Mais les piétons devraient également avoir un comportement «visible et prévisible», notamment en vérifiant que les véhicules les ont repérés avant de s’engager.

La distraction, un risque identifié en France

En France, aucune amende spécifique contre les personnes qui regardent leur téléphone en marchant n’est actuellement envisagée. La Sécurité routière alerte néanmoins sur les conséquences de l’inattention: un accident mortel sur dix impliquant un piéton serait en partie lié à ce facteur, tandis que près de trois personnes sur dix se montreraient inattentives au moment de traverser.

En octobre 2025, une campagne de prévention a ainsi été lancée pour rappeler les dangers de l’usage du téléphone aux abords de la circulation. L’objectif est de rétablir l’attention nécessaire face aux voitures, vélos, trottinettes et autres mobilités présentes dans les centres urbains.

L’enjeu dépasse d’ailleurs le seul smartphone. Un piéton qui lit un message, suit une application GPS ou porte des écouteurs peut moins bien percevoir les signaux sonores et visuels autour de lui. Dans les zones denses, quelques secondes de distraction peuvent suffire à réduire la capacité de réaction.

Verbaliser ou responsabiliser davantage

La sanction de 75 euros envisagée en Italie trouve des soutiens parmi les personnes qui estiment que la règle peut faire évoluer les comportements. Interrogée par RTL, Amandine, étudiante et conductrice, y voit une réponse proportionnée: «C’est une amende juste pour la sécurité des gens et je trouve ça normal.»

D’autres considèrent qu’une interdiction serait difficile à appliquer et risquerait de pénaliser des usages ordinaires, comme consulter un itinéraire ou envoyer un message. Alexia, 18 ans, souligne sur RTL: «On ne peut plus s’en passer, surtout pour le GPS. On a besoin d’écrire à nos amis, écouter de la musique… Il y a des millions de personnes à verbaliser, c’est impossible.»

Le débat renvoie donc à une question pratique: faut-il créer une infraction supplémentaire ou mieux faire respecter les règles déjà existantes? Une voie intermédiaire pourrait consister à renforcer la prévention aux abords des passages piétons, des écoles et des axes très fréquentés, tout en ciblant les comportements manifestement dangereux.

Des précédents à l’étranger

L’Italie ne serait pas le premier pays à adopter une réponse financière. En Lituanie, l’usage du téléphone lors de la traversée peut déjà entraîner une amende de 40 euros depuis 2018. À Honolulu, à Hawaï, les piétons ne peuvent pas rédiger de textos en traversant, même s’ils peuvent téléphoner.

Ces exemples montrent que les législateurs cherchent moins à réglementer la marche qu’à prévenir les accidents dans les moments les plus exposés. La portée d’une telle mesure dépendrait toutefois de sa lisibilité, de son contrôle et de son acceptation par le public.

En France, la prudence reste pour l’instant privilégiée à la sanction. Le débat italien rappelle néanmoins que la sécurité des piétons ne dépend pas uniquement de la vigilance des conducteurs: elle repose aussi sur l’attention de chacun au moment de traverser.

 

[Photo: Martin Ollman/Getty Images - source : www.epochtimes.fr]

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