L’Italie envisage de sanctionner les piétons qui utilisent leur téléphone en marchant ou en traversant la chaussée. Le projet de révision du Code de la route, porté par le ministère italien des Infrastructures et des Transports, prévoit une amende de 75 euros afin de limiter les comportements jugés dangereux.
Écrit par Gaspard Lignard
La proposition
relance en France le débat sur les «piétons zombies», ces usagers absorbés par
leur écran.
Si
l’inattention constitue un risque réel pour la sécurité routière, la question
de la verbalisation divise entre partisans d’une règle dissuasive et défenseurs
d’une approche fondée sur la sensibilisation.
Une mesure italienne centrée sur la
traversée
Selon les
éléments rapportés par Le Parisien, les piétons italiens pourraient être
sanctionnés lorsqu’ils consultent leur smartphone en traversant la rue ou en
circulant sur la chaussée. La mesure viserait aussi d’autres équipements
électroniques, notamment les ordinateurs portables et les tablettes.
Le ministère
italien précise toutefois que les dispositifs mains libres et les écouteurs
resteraient autorisés, à condition qu’ils ne compromettent pas la sécurité. Le
texte ne cherche donc pas à interdire tout usage numérique dans l’espace
public, mais à encadrer les situations dans lesquelles l’attention du piéton
est indispensable.
Le projet
s’inscrit aussi dans une évolution de la responsabilité en cas de collision.
Les automobilistes demeurent tenus de céder le passage et d’adapter leur
conduite. Mais les piétons devraient également avoir un comportement «visible
et prévisible», notamment en vérifiant que les véhicules les ont repérés avant
de s’engager.
La distraction, un risque identifié en
France
En France,
aucune amende spécifique contre les personnes qui regardent leur téléphone en
marchant n’est actuellement envisagée. La Sécurité routière alerte néanmoins
sur les conséquences de l’inattention: un accident mortel sur dix impliquant un
piéton serait en partie lié à ce facteur, tandis que près de trois personnes
sur dix se montreraient inattentives au moment de traverser.
En octobre
2025, une campagne de prévention a ainsi été lancée pour rappeler les dangers
de l’usage du téléphone aux abords de la circulation. L’objectif est de
rétablir l’attention nécessaire face aux voitures, vélos, trottinettes et
autres mobilités présentes dans les centres urbains.
L’enjeu dépasse
d’ailleurs le seul smartphone. Un piéton qui lit un message, suit une
application GPS ou porte des écouteurs peut moins bien percevoir les signaux
sonores et visuels autour de lui. Dans les zones denses, quelques secondes de
distraction peuvent suffire à réduire la capacité de réaction.
Verbaliser ou responsabiliser davantage
La sanction de
75 euros envisagée en Italie trouve des soutiens parmi les personnes qui
estiment que la règle peut faire évoluer les comportements. Interrogée
par RTL, Amandine, étudiante et conductrice, y
voit une réponse proportionnée: «C’est une amende juste pour la sécurité des
gens et je trouve ça normal.»
D’autres
considèrent qu’une interdiction serait difficile à appliquer et risquerait de
pénaliser des usages ordinaires, comme consulter un itinéraire ou envoyer un
message. Alexia, 18 ans, souligne sur RTL: «On ne peut plus s’en passer,
surtout pour le GPS. On a besoin d’écrire à nos amis, écouter de la musique… Il
y a des millions de personnes à verbaliser, c’est impossible.»
Le débat
renvoie donc à une question pratique: faut-il créer une infraction
supplémentaire ou mieux faire respecter les règles déjà existantes? Une voie
intermédiaire pourrait consister à renforcer la prévention aux abords des
passages piétons, des écoles et des axes très fréquentés, tout en ciblant les
comportements manifestement dangereux.
Des précédents à l’étranger
L’Italie ne
serait pas le premier pays à adopter une réponse financière. En Lituanie,
l’usage du téléphone lors de la traversée peut déjà entraîner une amende de 40
euros depuis 2018. À Honolulu, à Hawaï, les piétons ne peuvent pas rédiger de
textos en traversant, même s’ils peuvent téléphoner.
Ces exemples
montrent que les législateurs cherchent moins à réglementer la marche qu’à
prévenir les accidents dans les moments les plus exposés. La portée d’une telle
mesure dépendrait toutefois de sa lisibilité, de son contrôle et de son
acceptation par le public.
En France, la
prudence reste pour l’instant privilégiée à la sanction. Le débat italien
rappelle néanmoins que la sécurité des piétons ne dépend pas uniquement de la
vigilance des conducteurs: elle repose aussi sur l’attention de chacun au
moment de traverser.
[Photo: Martin Ollman/Getty Images - source :
www.epochtimes.fr]

Sem comentários:
Enviar um comentário