Les habitants de l'enclave restent visés par des frappes israéliennes. Ils désespèrent d'une action de la communauté internationale en leur faveur.
Écrit par Fanny
Léonor Crouzet
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Malgré un cessez-le-feu de principe signé dix mois plus tôt et l’annonce par Donald Trump, vendredi 31 juillet, d’un plan de retrait israélien, Gaza a souffert ce week-end de frappes particulièrement meurtrières. Les habitants de l’enclave, visés en même temps qu’ils enterrent les leurs, appellent la communauté internationale à agir pour une fin des attaques israéliennes. |
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Près de trois ans après leur mort – en
novembre 2023 – dans des bombardements israéliens sur un immeuble
résidentiel, ils n’ont été exhumés que le mois dernier par la protection
civile de Gaza. Faute de main-d’œuvre et d’équipements suffisants, environ 8
000 dépouilles resteraient prisonnières des décombres, selon la Défense
civile. À la chaîne américaine CNN, son porte-parole, Mahmoud
Basal, interroge : « Où les corps ont-ils disparus? Ont-ils été
dévorés par des chiens errants? Où sont-ils allés? » |
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Un cessez-le-feu mal nommé |
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Dans l’enclave, les habitants ne connaissent,
malgré les cérémonies funéraires, que peu de répit. Trois jours après
l’annonce par Donald Trump, le 31 juillet, d’un plan qui prévoit le retrait
des troupes israéliennes de Gaza en échange du désarmement du Hamas, au moins
18 Palestiniens, dont des enfants, ont été tués le dimanche 2 août. |
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« Demandez à n’importe quel Gazaoui, il
vous dira qu’il a senti ce bombardement tant les frappes étaient
nombreuses », témoigne Eyad Al-Amawi,
directeur de la Commission d’aide à Gaza et coordinateur de plusieurs ONG
locales, depuis le sud de la bande de terre. Ce père de famille réside non
loin du camp de réfugiés de Nuseirat, où de précédents bombardements israéliens ont fait huit morts et
plus d’une vingtaine de blessés le 17 juillet dernier. |
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Ce jour-là se tenaient des funérailles d’un
Palestinien tué le matin même dans une autre frappe israélienne. « Nous
étions dans la rue avec ma famille et avons vu les corps par terre, puis une
rivière de sang, se souvient Eyad. C’était un vendredi, que nous
avons baptisé le Vendredi noir. » Sur les réseaux
sociaux, de nombreuses images, difficilement soutenables,
confirment cette description. |
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Depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu
bien mal nommé en octobre 2025, au moins 1252 Palestiniens ont été tués à Gaza,
selon le ministère de la Santé de l’enclave. Face à cette brutalité qui « brise
le cœur des Gazaouis depuis trois ans », Eyad Al-Amawi désespère de
voir la communauté internationale agir pour une fin effective des
bombardements. Selon le travailleur humanitaire, près de 600 000 enfants de
Gaza sont actuellement privés d’éducation. « Cette génération
développe de l’agressivité envers Israël, craint-il. L’occupation
tue leurs frères, leurs pères… Quelle image pensez-vous que ces jeunes auront
d’Israël, une fois adultes? » |
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« Nous étions terrifiés » |
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Sur Whatsapp, Fida, 35 ans, nous partage une
série de photos d’apparence paisible. On y voit deux de ses fils, Amr et
Moein, barboter joyeusement sur une plage du centre de l’enclave. « Il
y a des bombardements et des explosions tous les jours, mais la semaine
passée a été particulièrement intense… Nous étions terrifiés »,
confie-t-elle depuis la pièce unique où elle cuisine, mange, joue et dort
avec ses cinq enfants et son mari. |
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De l’appartement qu’elle habitait avant le
début de la guerre, il ne reste que des ruines. En 2025, la famille a fui
Gaza Ville pour se réfugier dans une tente à Al-Zawaida, au centre de
l’enclave. Ils y ont passé un froid hiver rythmé par les maladies des uns et
des autres : « Mes enfants ont tous attrapé la galle, c’était
épuisant. » La pièce spartiate offerte au lendemain du
cessez-le-feu par un proche de la famille, près du port de Gaza Ville, fait
en comparaison figure de « palais », malgré les difficultés à se
nourrir. Elle a eu beau chercher ; les emplois se font de plus en plus rares. |
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Taux de chômage de 68 % |
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Le taux de chômage de l’enclave a atteint 68 %
pendant la guerre, contre 45 % avant son début, selon un rapport du Bureau palestinien des statistiques publié
en avril. Mahmoud a le sentiment d’avoir tout perdu. « En trois
ans, j’ai laissé une partie de mon cœur avec le bombardement de l’immeuble
qui abritait mon entreprise, la mort de ma grand-mère, de mon oncle et de mon
neveu dans une frappe devant chez moi… Et voici trois mois que je n’ai reçu
aucun salaire, parce que je travaille dans une institution du
gouvernement », explique ce médecin trentenaire, installé dans un
appartement de Gaza Ville avec 13 membres de sa famille. |
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Il continue à exercer bénévolement auprès des
personnels médicaux des ONG internationales, dans l’espoir de pouvoir
intégrer l’une d’entre elles et subvenir aux besoins de ses proches. Seule sa
sœur, pharmacienne à son compte, a conservé son emploi. Pas de quoi,
cependant, acheter plus que du pain ; les prix des légumes, fruits et viandes
connaissent encore une inflation à laquelle les 2,3 millions d’habitants de
l’enclave, passés sous le seuil de pauvreté en 2025, selon les Nations
Unies, peinent à faire face. |
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En Cisjordanie, violence conjointe des colons
et de l’armée israélienne |
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À environ 80 kilomètres de Gaza, les
Palestiniens de Cisjordanie occupée essuient également une vague de violence
conjointe des colons et de l’armée israélienne. Le 24 juillet, un
affrontement déclenché par la venue de colons sur des terres palestiniennes à
Tell, village proche de Naplouse, provoque la mort de quatre Palestiniens et
deux Israéliens. Quelques heures seulement après les faits, et en réaction à
la mort de deux de ses administrés, Benjamin Netayanhou ordonne à l’armée d’effectuer
plusieurs raids dans des localités palestiniennes, et annonce l' « accélération
de la construction » de plusieurs avants-postes de colonisation. Dans
les jours suivants, les marches de colons en Cisjordanie se succèdent, les
portes de fer et checkpoints tenus par l’armée israélienne se multiplient,
et plusieurs mosquées sont incendiées ou taguées du mot
« revanche » (en hébreu). Le 27 juillet, une Palestinienne
transportée dans une ambulance perd son foetus lors d’un blocage à un barrage
routier israélien. Selon l’ONG Human Rights Watch, des soldats ont alors
« contraint l’équipe de l’ambulance à éteindre son matériel médical
pendant au moins 20 minutes ». |
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Dans un rapport rendu public le 5 août, mais
quelque peu passé sous les radars, l’armée affirme cependant qu’il n’est
« pas possible de déterminer de manière concluante la cause de la
blessure mortelle du capitaine (réserve) Benayahu Mellet », décédé à
Tell lors des violences du 24 juillet, et évoque de possibles « tirs
accidentels » de ses propres forces. Les Nations Unies, déplorant la
mort de huit Palestiniens de Cisjordanie en une semaine, ont quant à
elles fait part de leur inquiétude face aux « appels
ouverts des dirigeants israéliens à la vengeance et à la punition
collective » contre les Palestiniens, et des « menaces de
transformer la Cisjordanie en un autre Gaza » proférées par plusieurs
personnalités politiques israéliennes. |
[Image: AFP
- source : www.lalibre.be]

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