sábado, 21 de março de 2026

Espagne : le Parlement désavoue Pedro Sánchez et bloque la régularisation massive des migrants

Le gouvernement de Pedro Sánchez vient d’essuyer un revers politique majeur au Congrès des députés, où une majorité de parlementaires a demandé l’arrêt de sa vaste régularisation des migrants en situation irrégulière.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez au siège de l'Union européenne à Bruxelles pour un sommet européen, le 19 mars 2026.

Écrit par Gaspard Lignard

Selon El Pais, cette motion, portée par le Parti populaire (PP) et soutenue notamment par Vox et Junts, vise explicitement le projet de légaliser près d’un demi‑million de sans‑papiers annoncée par l’exécutif espagnol en début d’année.

Si le texte adopté n’est pas juridiquement contraignant, il souligne l’isolement croissant du chef du gouvernement socialiste sur le terrain migratoire.

Cette désapprobation parlementaire intervient moins de deux mois après la décision de l’exécutif de lancer une « régularisation extraordinaire » d’environ 500.000 personnes, justifiée par Madrid comme un instrument de soutien à l’économie et à la cohésion sociale.

Dans un contexte européen marqué par le durcissement des politiques migratoires, l’initiative espagnole avait été présentée par ses promoteurs comme un choix « humanitaire » et une réponse aux besoins du marché du travail. Elle avait cependant suscité de fortes réserves à Bruxelles ainsi qu’une offensive immédiate des forces conservatrices espagnoles.

Un vote qui fragilise la majorité

En séance plénière, la motion du PP demandant au gouvernement de « renoncer avec caractère immédiat » à son projet de régularisation a obtenu la majorité absolue des voix, consacrant la défaite du camp Sánchez sur un dossier hautement symbolique.

Selon le texte adopté, la régularisation massive envisagée « ne remplit pas les exigences » et irait à l’encontre des principes européens ainsi que des objectifs fixés par le Pacte européen sur la migration et l’asile. Le vote met en lumière la fragilité de la majorité relative de la coalition de gauche, incapable de rallier suffisamment d’alliés circonstanciels sur ce sujet.

Pour le PP, cette opération constituerait « la plus grande régularisation de l’histoire récente », potentiellement bénéfique à « un million ou même 1,2 million de personnes » une fois intégrées les futures regroupements familiaux, bien au‑delà des 500.000 bénéficiaires officiellement avancés par l’exécutif.

Le parti conservateur accuse le gouvernement d’avoir monté « une opération politique, conçue sans données objectives, sans planification réelle ni ressources suffisantes ». Son chef, Alberto Núñez Feijóo, avait déjà dénoncé une « écran de fumée » destinée à « détourner l’attention de la crise ferroviaire » provoquée par le drame d’Adamuz.

De son côté, l’exécutif avait choisi de passer par un décret royal pour contourner l’absence de majorité parlementaire, assumant une démarche unilatérale sur ce dossier.

Défendue par la coalition menée par le PSOE et soutenue par des formations de gauche comme Sumar et Podemos, la mesure devait permettre d’octroyer des permis temporaires de séjour et de travail aux étrangers pouvant prouver leur présence en Espagne avant le 31 décembre 2025, sous réserve d’absence de casier judiciaire grave.

Les collectifs pro‑migrants, à l’origine de la campagne « Régularisation, maintenant ! », continuent de présenter ce plan comme une avancée historique alors que l’avenir du dispositif se joue désormais dans un climat politique tendu.



[Photo: JOHN THYS / AFP via Getty Images - source : www.epochtimes.fr]

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