L’une des œuvres musicales les plus jouées au monde est au cœur d’une exposition envoûtante à la Philharmonie de Paris, jusqu’au 15 juin. 
Le compositeur français Maurice Ravel, vers
1931.

Écrit par Arnaud Gonzague
« Mon chef-d’œuvre ? Le “Boléro”, bien sûr ! Malheureusement, il est vide de musique. » Maurice Ravel a 53 ans quand, en 1928, il compose l’un des morceaux les plus joués des XXe et XXIe siècles. Ce pince-sans-rire aimait en railler le succès fulgurant, en France comme aux États-Unis, mais on ne sait pas ce qu’il en pensait au fond. Peut-être pas grand-chose ? Il faut dire que cette espagnolade a été fabriquée un peu à la hâte pour accompagner un ballet de la danseuse Ida Rubinstein. Et si elle possède l’empreinte entêtante des pièces répétitives – mais qui peuvent se permettre de l’être –, c’est parce qu’elle n’est tissée que sur deux thèmes de seize mesures, et une résolution.
On apprend que son côté presque industriel ne doit probablement rien au hasard, puisque Ravel visitant les usines Ford de Detroit peu avant en est revenu drôlement impressionné. Pour le reste, l’exposition de la Philharmonie sur ces quinze géniales minutes nous laisse un peu sur notre faim : son manque d’anecdotes (le « Boléro » en regorge pourtant) et de gourmandise aurait sans doute déplu à Maurice R., resté grand enfant dans l’âme.
[Photo : BORIS LIPNITZKI / ROGER-VIOLLET - source : www.nouvelobs.com]
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