quinta-feira, 17 de outubro de 2024

Une « nouvelle gauche plus unie » se scinde en deux partis européens

Mardi 15 octobre, les représentants de sept partis européens de gauche ont annoncé la création d’un nouveau parti paneuropéen, l’Alliance de la Gauche européenne, tout en affirmant que le groupe parlementaire existant ne subirait aucun changement.

Manon Aubry, membre de La France Insoumise et coprésidente du groupe de la Gauche au Parlement européen, a clairement indiqué que les partis cherchaient à avoir de l’influence. « Nous sommes ici pour gouverner », a-t-elle déclaré aux journalistes mardi. 

Écrit par Magnus Lund Nielsen 

Traduit par Sarah Chaumot

Édité par Anna Martino

La création de ce nouveau parti européen signifie que les forces politiques de gauche se diviseront en deux factions politiques, la Gauche européenne déjà existante et l’Alliance de la Gauche européenne, fraîchement annoncée.

Les responsables du parti ont toutefois nié que cette scission aurait des conséquences sur le travail parlementaire du groupe de La Gauche au Parlement européen.

Les partis paneuropéens et les groupes politiques au Parlement européen ne sont pas nécessairement liés. Au sein de son groupe parlementaire, notamment, Renew Europe ne compte pas moins de trois partis paneuropéens. Les partis paneuropéens peuvent également inclure des groupes politiques qui ne sont pas représentés au Parlement de Strasbourg.

« Il s’agit d’une plateforme de coopération pour nos partis, dont nous avons besoin au-delà de l’Union européenne [UE] et de l’agenda du Parlement européen », a expliqué Malin Björk — ancienne eurodéputée suédoise du Parti de gauche — au sujet du nouveau parti européen de gauche.

« Nous n’avons pas l’intention de créer un nouveau [groupe] au Parlement », a-t-elle ajouté.

Le nouveau parti comprend Podemos (Espagne), Bloco de Esquerda (Portugal), le Parti de gauche (Suède), La France Insoumise, La Gauche ensemble (Pologne), l’Alliance de gauche finlandaise et l’Alliance rouge-verte (Danemark).

Certains d’entre eux, comme les Portugais et les Danois, avaient déjà commencé à quitter le parti de la Gauche européenne en août.

« Il s’agit d’un processus de professionnalisation », a déclaré une source proche des négociations à Euractiv au cours de l’été.

Manon Aubry, membre de La France Insoumise et coprésidente du groupe de La Gauche au Parlement européen, a clairement indiqué que les partis cherchaient à avoir de l’influence.

« Nous sommes ici pour gouverner », a-t-elle annoncé mardi.

Des divergences d’opinion sur la guerre en Ukraine sont apparues comme l’une des principales raisons de la création d’une alternative au parti de la Gauche européenne, la nouvelle Alliance affichant un soutien plus marqué à l’Ukraine.

Lors de la conférence de presse, les orateurs ont également souligné l’urgence d’aborder des questions telles que les droits des travailleurs, le changement climatique et la justice sociale.

« Pour nous, il s’agit de construire une nouvelle gauche européenne plus unie », a fait savoir le Finlandais Jussi Saramo.

Si certains partis nationaux ont quitté le parti de la Gauche européenne, d’autres n’ont jamais appartenu à un parti politique paneuropéen.

C’est le cas du parti polonais La Gauche ensemble. L’une de ses membres, Zofia Malisz, a souligné à quel point il avait été difficile d’unir les forces progressistes de gauche « dans une région aux tendances autoritaires et au passé postcommuniste ».

L’organisation d’un parti européen permet aux partis nationaux d’accéder aux fonds de l’UE pour mener des campagnes et d’autres activités politiques. Selon les archives parlementaires, le Parti populaire européen (PPE) — qui est le plus grand parti du Parlement européen — pourrait recevoir jusqu’à 13,5 millions d’euros de financement de l’UE en 2024.

La nouvelle Alliance de la Gauche européenne pourrait quant à elle bénéficier d’un financement dès la semaine prochaine, a précisé Manon Aubry mardi.

De l’autre côté de l’hémicycle, les partis d’extrême droite se regroupent également dans de nouvelles formations à la suite des élections européennes de juin. Les Patriotes pour l’Europe travaillent en effet à prendre la relève du parti dissous Identité et Démocratie. De même, des partis d’extrême droite d’Allemagne, de France et de Bulgarie ont enregistré un nouveau groupement paneuropéen pour soutenir le groupe de l’Europe des Nations souveraines au Parlement.


[Photo : Andrea Savorani Neri/NurPhoto via Getty Images - source : www.euractiv.fr]

Sem comentários:

Enviar um comentário