segunda-feira, 14 de outubro de 2024

Christophe Colomb était espagnol et juif selon une nouvelle étude… espagnole

Les résultats d’une étude menée depuis plus de vingt ans par l’université de Grenade ont été dévoilés dans un documentaire diffusé samedi 12 octobre, jour de la fête nationale espagnole. Ces conclusions battraient en brèche la théorie des origines italiennes et catholiques de l’explorateur. Mais ne convainquent pas tout le monde. 

                         La statue de Christophe Colomb sur la place éponyme, à Madrid, le 10 octobre 2024.

“Ni Castillan, ni Portugais. Pas davantage Galicien ou noble majorquin neveu des Rois Catholiques. Et encore moins Génois.” Christophe Colomb était en réalité un juif séfarade espagnol, probablement né sur la façade méditerranéenne du pays ou dans l’archipel des Baléares, lance El Mundo. Le quotidien conservateur relaie avec enthousiasme, comme de nombreux autres médias internationaux, les résultats d’une étude dévoilés samedi 12 octobre dans un documentaire diffusé par le groupe public RTVE. “Les conclusions des recherches menées pendant vingt ans par l’université de Grenade pointent vers le fait que l’homme qui a découvert l’Amérique en 1492 n’était pas italien, thèse traditionnelle appuyée jusqu’au sein de l’Académie royale d’histoire espagnole”, insiste le journal madrilène.

L’émission, présentée à la manière d’une enquête criminelle, suit “pas à pas l’analyse de l’ADN de Fernand Colomb, fils de Christophe Colomb”. Ses caractéristiques, indiquent El Mundo, seraient “compatibles avec une origine et une généalogie situées en Méditerranée occidentale, et plus précisément en Sefarad, le terme hébreu désignant la péninsule ibérique”. Pourquoi la théorie génoise tomberait-elle dès lors à l’eau ? “Car la République de Gênes avait expulsé tous les juifs dès le XIIe siècle.” Christophe Colomb, au cours de sa vie, aurait selon cette nouvelle hypothèse dissimulé ses origines juives pour échapper à la persécution : en 1492, les musulmans et les 300 000 Juifs d’Espagne ont été contraints de se convertir au catholicisme.

La communauté scientifique circonspecte

Suffisant pour clore le débat une bonne fois pour toutes, alors que “25 pays et localités revendiquent les origines de l’explorateur” ? Loin s’en faut. Les résultats de l’étude ont été accueillis avec “stupéfaction” par une bonne partie de la communauté scientifique, indique El País. Pour cause : l’étude n’a pas été relue par des pairs, ni publiée en bonne et due dans une revue spécialisée. Pire, aucune donnée n’a été communiquée en plus de 20 ans de travaux. “Les informations contenues dans le documentaire sont très limitées, déplore Antonio Salas auprès du quotidien de gauche. On ne parle que d’un profil partiel de chromosome Y. Le problème c’est que le chromosome Y représente lui-même une fraction seulement de notre ADN et de notre ascendance.” Et le professeur en génétique d’insister :

Les conclusions sont surprenantes, car il n’existe pas de chromosome Y qui puisse définir de manière exacte et exclusive une origine juive séfarade. Même un ADN entier ne permettrait pas d’établir avec certitude l’origine géographique exacte d’un individu.”

Présentateur de ce thriller historico-scientifique et professeur de médecine légale à l’université de Grenade, José Antonio Lorente de son côté l’assure : les données scientifiques seront rendues public à la fin du mois de novembre. Pour lui, l’émission diffusée le jour de la fête nationale espagnole, anniversaire de l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique, “n’était pas un documentaire scientifique mais un film basé sur l’étude”.

 

[Photo : Juan Medina/Reuters - source : www.courrierinternational.com]

Sem comentários:

Enviar um comentário