quarta-feira, 24 de maio de 2023

Bartolo Cattafi : « Eau de poulpe — 55 poèmes siciliens »


Âpre
 Sicile

Né près de Mes­sine, Bar­tolo Cat­tafi (1922–1979) est parti, comme beau­coup de “méri­dio­naux”, vivre à Milan en 1947, mais il revien­dra régu­liè­re­ment en Sicile jusqu’à la fin de sa vie. Il reste en France encore très méconnu car peu tra­duit.

Eau de poulpe a comme lieu la Sicile. L’auteur en explore les beau­tés et les joies sans jamais l’idéaliser, mais en abor­dant au besoin toute son âpreté.

Brefs, denses et mini­ma­listes, directes, élé­men­taires et intenses, les poèmes de cette antho­lo­gie chro­no­lo­gique sont mar­qués par ce que l’auteur pré­cise en l’un d’eux : “Moi dans le cœur / j’ai la Sicile / qui est une mère / déso­lée.”

Le “tri­angle aride” du pays n’est pas seule­ment le lieu de l’idylle, c’est tout autant le lieu du péril moins des hommes que de la nature elle-même car “la mobile mosaïque de la mer” peut autant révé­ler des enthou­siasmes que faire lever les désastres des tem­pêtes et des naufrages.

D’où la rudesse appa­rente des femmes. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Elles sont toutes une comme celle, brune for­cé­ment, qui dans son sang couve une “luxure pudique”. Elle la cache, yeux bais­sés, aux regards de tous, mais “accueille et garde / les amours ampli­fiés / Elle se don­nera avide : à un homme”. Mais pas n’importe lequel.

jean-paul gavard-perret

Bar­tolo Cat­tafi, Eau de poulpe — 55 poèmes sici­liens, bilingue, tra­duit de l’italien et pré­senté par Giu­lia Camin & Benoît Casas, Nous Édi­tions, 2023, 140 p.

 

[Source : www.lelitteraire.com]

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