domingo, 21 de junho de 2020

L’alphabet du mystérieux Manuscrit de Voynich se rapprocherait finalement... de l’hébreu

Jusqu’à présent, toutes tentatives de déchiffrer le célèbre Manuscrit de Voynich se sont conclues par des échecs. Cependant, de nombreux chercheurs continuent d’espérer un jour révéler les mystères de cet ouvrage vieux de 600 ans. Parmi eux, un égyptologue allemand, qui affirme avoir découvert le code permettant de décrypter le manuscrit médiéval.




Écrit par Camille Cado

Si l’on se fie aux diverses illustrations, le Manuscrit de Voynich se rapprocherait d’un herbier. L’ouvrage contient également des éléments d’astronomie, de cosmologie et de balnéothérapie. Si la date de rédaction a été estimée entre 1404 et 1438, l’auteur du manuscrit ainsi que son alphabet restent pour le moment inconnus. Et ce, malgré de nombreuses tentatives de la part des chercheurs d’en percer les secrets.

C’est au tour d’un égyptologue allemand du nom de Rainer Hannig du Musée Roemer et Pelizaeus d’Hildesheim d’annoncer avoir identifié la langue et déchiffré l’écriture utilisée.

« D’innombrables tentatives de déchiffrement ont déjà été faites par le passé », reconnaît le chercheur (via The Art Newspaper). « Beaucoup de langues ont été proposées, comme le latin, le tchèque ou le nahuatl pour n’en nommer que quelques-unes. Mais la structure des mots ne laisse qu’une seule explication possible : le manuscrit n’a pas été écrit en langue indo-européenne. »

Après avoir conclu que le texte devait être écrit dans une langue sémitique, Rainer Hannig a choisi de limiter ces recherches à l’arabe, l’araméen et l’hébreu, compte tenu des illustrations que renferme l’ouvrage, justifie-t-il. C’est alors qu’il a identifié des similitudes entre certains caractères Voynich et l’hébreu. 
 

Le Manuscrit de Voynich, révèlera-t-il enfin ses secrets ?


L’hypothèse de l’hébreu n’est pas nouvelle, mais a été contredite à plusieurs reprises. En effet, elle n’a jusqu’alors jamais révélé de preuves concluantes ni donné lieu à des traductions jugées sérieuses. Contrairement à Rainer Hannig, qui aurait réussi à traduire les premiers mots, mais également des phrases entières, affirme-t-il.

« La traduction nécessitera quelques années de travail, et ce, même si des spécialistes de la langue hébraïque, qui connaissent bien l’hébreu médiéval et la terminologie des textes botaniques et médicaux, prennent le relai », confie le chercheur. Et d’ajouter : « Même un locuteur natif de l’hébreu rencontrerait des difficultés à cause du caractère du script ou encore de la particularité du vocabulaire de l’époque ».

Une conférence est prévue à Hildesheim en août pour permettre aux chercheurs de discuter de cette percée. Enfin, si les contradictions ne viennent pas mettre à mal la théorie d’ici là. Dans un précédent article, Kate Wiles, médiéviste et linguiste, rappelait qu’une nouvelle théorie sur le Voynich débarquait tous les six mois en moyenne.

La dernière en date était celle d’un chercheur de l’Université de Bristol du nom de Gerard Cheshire. D’après lui, il s’agissait d’une langue proto-romane, sorte de chaînon manquant entre le latin et les langues romanes. Mais les objections n’ont pas trainé. « Navrée, mais la langue proto-romane n’existe pas », affirmait ainsi Dr Lisa Fragin Davis, directrice de la Medieval Academy of American, avant d’évoquer « un non-sens ».

Récemment encore, des chercheurs turcs déclaraient que le texte était en réalité une transcription phonétique du turc.

Ainsi, les révélations de Rainer Hannig se rapprocheraient-elles de simples spéculations ou de véritables découvertes ? Seul le temps pourra le dévoiler... 


[Photographie : une page du mystérieux manuscrit de Voynich, domaine public - source : www.actualitte.com]

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