Le devenir de Cesare Battisti divise l’opinion en Italie. Ce 12 janvier, l’ancien terroriste a été arrêté par la police, alors qu’il se promenait dans les rues de Santa Cruz de la Sierra. La procédure d’extradition qui aurait dû laisser au Brésil le soin de décider de son sort avait été suspendue : en décembre 2018, Battisti avait disparu des radars.
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| Davide Oliva, CC BY SA 2.0 |
Écrit par Nicolas Gary
Intellectuel pour les uns, criminel pour les autres, le sort de Cesare Battisti a pris un nouveau tournant. C’est en Bolivie qu’il a été arrêté, suite à la coordination d’une équipe d’Interpol composée d’agents italiens notamment. Pour quatre meurtres commis à la fin des années 70, Cesare Battisti doit purger une peine de perpétuité.
Au cours des années de plomb, Battisti faisait partie des Prolétaires armés pour le communisme – un groupe que la justice italienne avait alors considéré comme terroriste. Mais en 1981, il était parvenu à s’échapper de la prison de Frosinone, et disparaissait alors de l’Italie pour se réfugier au Mexique. En 88, la Cour de Milan le condamnait par contumace à une réclusion criminelle à perpétuité.
Battisti s’est toujours déclaré innocent, et injustement accusé : pour la justice italienne, il reste responsable de quatre assassinats, perpétrés personnellement ou par le PAC.
Auteur d’une quinzaine d’ouvrages traduits en français, il est finalement arrivé en Italie ce 14 janvier. Le ministre de l’Intérieur, d’obédience d'extrême droite, Matteo Salvini, s’est empressé de saluer la capture de l’homme. « Ma première pensée va à la famille des victimes de ce meurtrier qui a trop longtemps mené une vie lâchement retirée du monde, chouchouté par la moitié de la gauche du monde. La belle vie est finie ! »
Au cours des années de plomb, Battisti faisait partie des Prolétaires armés pour le communisme – un groupe que la justice italienne avait alors considéré comme terroriste. Mais en 1981, il était parvenu à s’échapper de la prison de Frosinone, et disparaissait alors de l’Italie pour se réfugier au Mexique. En 88, la Cour de Milan le condamnait par contumace à une réclusion criminelle à perpétuité.
Battisti s’est toujours déclaré innocent, et injustement accusé : pour la justice italienne, il reste responsable de quatre assassinats, perpétrés personnellement ou par le PAC.
#CesareBattisti arrestato.— Polizia di Stato (@poliziadistato) 14 de janeiro de 2019
Dietro questo momento ci sono giorni e notti di chi non ha mollato mai, di chi ha trascurato affetti e famiglie avendo presente il dolore di quanti ancora soffrono per le sue vittime.
Grazie alla caparbietà di chi silenziosamente ci ha sempre creduto pic.twitter.com/H4zJmFsCaq
Auteur d’une quinzaine d’ouvrages traduits en français, il est finalement arrivé en Italie ce 14 janvier. Le ministre de l’Intérieur, d’obédience d'extrême droite, Matteo Salvini, s’est empressé de saluer la capture de l’homme. « Ma première pensée va à la famille des victimes de ce meurtrier qui a trop longtemps mené une vie lâchement retirée du monde, chouchouté par la moitié de la gauche du monde. La belle vie est finie ! »
Une chasse à l'homme ?
Les autorités brossent le portrait d’un homme manifestement résigné, qui n’aura même pas opposé de résistance lors de son arrestation en Bolivie.
Citée par l’agence Ansa, l’ancienne compagne de Battisti estime pour sa part que les associations de défense des droits de l’homme devront intervenir pour « exiger une réduction de peine. Cesare a été jugé par contumace et la sentence était très sévère ». En outre, son état de santé est mauvais : atteint d’une hépatite, il a besoin de soins réguliers.
Pour l’écrivain Piero Sansonetti, la condamnation, quarante années après le crime pour lequel il est présumé coupable, est une folie. « Les procès ont tous été menés sans preuve, sur la base de témoignages de certains repentis. Je ne suis pas certain que Battisti soit coupable. Et je ne comprends pas cette chasse à l’homme, au monstre : c’est un mécanisme récurrent dans nos sociétés modernes, mais j’espérais que l’Italie en serait exemptée. »
C’est pourtant un monde politique tout entier qui semble se réjouir de ce que l’homme soit enfin écroué. Depuis le président de la République, Sergio Mattarella, en passant par l’ancien Premier ministre, Matteo Renzi, qui y voit une bonne nouvelle pour les Italiens. Et surtout, la justice enfin appliquée pour les familles des victimes.
Pour l’écrivain Piero Sansonetti, la condamnation, quarante années après le crime pour lequel il est présumé coupable, est une folie. « Les procès ont tous été menés sans preuve, sur la base de témoignages de certains repentis. Je ne suis pas certain que Battisti soit coupable. Et je ne comprends pas cette chasse à l’homme, au monstre : c’est un mécanisme récurrent dans nos sociétés modernes, mais j’espérais que l’Italie en serait exemptée. »
C’est pourtant un monde politique tout entier qui semble se réjouir de ce que l’homme soit enfin écroué. Depuis le président de la République, Sergio Mattarella, en passant par l’ancien Premier ministre, Matteo Renzi, qui y voit une bonne nouvelle pour les Italiens. Et surtout, la justice enfin appliquée pour les familles des victimes.
Le poids du plomb
Un point de vue que l’écrivain et journaliste Roberto Saviano est certainement très loin de partager. En 2004, il avait déjà signé, avec un groupe d’intellectuels et de politiciens, un appel pour obtenir la grâce de Battisti. À cette époque, Gabriel García Márquez ou encore Fred Vargas s’étaient également engagés pour sa défense.
Il évoquait alors la figure d’un intellectuel, et pour l’heure, le silence du romancier, lui si actif sur les réseaux sociaux, laisse peser un silence qui interroge.
En Italie, on revient également sur la doctrine Mitterrand, engagement oral que le président français avait en effet pris en 1985, de ne pas extrader d’anciens activistes et terroristes d’extrême gauche, attendu qu’après les années de plomb, ils avaient coupé leurs relations. Une position qui concernait notamment des réfugiés italiens.
« J’ai dit au gouvernement italien qu’ils étaient à l’abri de toute sanction par voie d’extradition », assurait-il le 21 avril 1985 au cours du 65e congrès des de la Ligue des droits de l’homme. Or, Cesare Battisti n’aura pas bénéficié de cette doctrine, du fait des chefs d’accusation – homicide volontaire aggravé.
Battisti était en effet resté durant près de 20 années en France, avec le soutien de plusieurs intellectuels et de la gauche française. Un livre de révélation paru en 2012 indiquait d’ailleurs que François Hollande lui avait rendu visite à la prison de la Santé, en 2004. Et s’était opposé à son extradition – Battisti avait été remis en liberté le 3 mars, avant de fuir à direction du Brésil (voir La mémoire du plomb de Karl Laske).
[Source : www.actualitte.com]

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