La Commission d'enrichissement de la langue française, qui veille à l'adaptation de la langue française aux nouvelles réalités, qu'il s'agisse de découvertes scientifiques ou des technologies de pointe, s'est penchée sur l'expression « fake news ». Popularisée par Donald Trump et sa propension à désigner ainsi toute information le dérangeant, la formule reste à traduire en français... Nous voici donc dans l'ère des « infox ».
D'après la commission, une « fake news » désigne « une information mensongère ou délibérément biaisée, répandue par exemple pour favoriser un parti politique au détriment d'un autre, pour entacher la réputation d'une personnalité ou d'une entreprise, ou encore pour contredire une vérité scientifique établie ».
Présentée sous les atours d'un article de presse, la « fake news » a clairement pour objectif de tromper celui qui en prend connaissance.
Présentée sous les atours d'un article de presse, la « fake news » a clairement pour objectif de tromper celui qui en prend connaissance.
Le terme, aidé par les hommes politiques, les réseaux sociaux et une explosion de ce type de contenus sur Internet, est rentré dans le vocabulaire. Si bien que l'usage de ce terme anglais s'est multiplié : pour pouvoir proposer un équivalent en français, la Commission d'enrichissement de la langue française s'est donc lancée dans la création d'un néologisme.
Elle propose ainsi un mot-valise, « infox », composé d'« information » et d'« intox » ou « intoxication » : en soi, « intox » pourrait faire l'affaire, mais « infox » incarne bien ce savant mélange d'éléments réels et de faits totalement inventés ou biaisés, pour mieux tromper.
Si le néologisme rebute, la commission recommande l'usage des expressions « information fallacieuse » ou, dans un cadre juridique, « nouvelle fausse », « fausse nouvelle », « information fausse » ou « fausse information », tout simplement.
[Illustration : Hrag Vartanian, d'après Magritte, CC BY-ND 2.0 - source : www.actualitte.com]

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