quarta-feira, 3 de outubro de 2018

La première bande dessinée en araméen découverte dans une tombe

Les travaux routiers n’auront jamais tant reçu la bénédiction des archéologues. En 2016, dans le village de Bayt Ras (nord de la Jordanie), est mise à jour une tombe romaine, creusée à flanc de colline. Deux chambres funéraires, un immense sarcophage... et une bande dessinée ?



Écrit par Florent D.

Cette nécropole a été passée au crible par trois historiens et épigraphistes, qui s’en sont donné à cœur joie. Bien qu’elle ait certainement été visitée par des pillards, la tombe est en parfait état de conservation. Elle est basée dans la ville de Capitolias, fondée à la fin du Ier siècle apr. J.-C., explique Julien Aliquot, l’un des chercheurs de l’HiSoMA. 

Dans cette région baptisée Décapole, on comptait plusieurs villes hellénisées : elles étaient dans le giron de l’Empire romain, mais dotées d’institutions de type grec. Nous sommes dans le sud-est du Proche-Orient, entre Damas et Amman, pour l’époque moderne.

Une superficie de 52 m2, où ont été recensées près de 260 figures – divinités, humains et animaux – peintes sur les murs de la plus grande chambre. Et pour les chercheurs, l’évidence s’impose : il s’agit là d’un récit évoquant un sacrifice aux dieux tutélaires de Capitolias.

Depuis les convives divins installés sur leurs lits, dégustant des plats apportés, par des humains – plus petitement représentés – on passe à un paysage champêtre. Des paysans travaillent la terre avec des bœufs, cueillent des fruits, œuvrent à la vigne... Et puis viennent les bûcherons, en charge d’abattre des arbres. 



Une fresque en somme impressionnante, mais qui stupéfait déjà par l’abondance et l’originalité de son iconographie. Or, les scientifiques ont rapidement remarqué une soixantaine de textes peints en noirs – certains ont déjà été déchiffrés. Rédigés en un araméen local, avec la difficulté qu’ils utilisent des lettres grecques, ils accompagnent l’ensemble de la représentation. 


« Cette combinaison de deux principaux idiomes du Proche-Orient ancien est extrêmement rare et contribuera à mieux identifier la structure et l’évolution de l’araméen. Les inscriptions sont en réalité similaires à celle d’une bande dessinée, car elles décrivent les activités des personnages. »

Ainsi, chaque offre des explications sur qu’il est en train de faire, y compris ce personnage affirmant : « Hélas pour moi ! Je suis mort ! » Extraordinaire, confirment les archéologues. 


via CNRS


[Photos : Julien ALIQUOT/ HiSoMA 2018 - source : www.actualitte.com]

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