sexta-feira, 20 de julho de 2018

Traducteurs : lutter pour exister, le militantisme quotidien

Avant de partir en vacances, les traducteurs procèdent à une salutaire piqûre de rappel. Et qui servira à n’en point douter aux jurés de prix littéraires qui vont fleurir à la rentrée. Un traducteur est un auteur, et il convient de ne pas les oublier...

        Quelqu'un pour traduire « facepalm » ?

Écrit par Nicolas Gary


Dans un courrier à ses membres, l’Association des Traducteurs littéraires de France (ATLF) rappelle qu’une partie de son action est d’œuvrer à la visibilité des traducteurs. « Mais encore ? Eh bien, il suffit d’ouvrir un journal, d’écouter une émission de radio, de consulter un site marchand, parfois même celui d’un éditeur : trop souvent, le nom du traducteur est omis lorsqu’il est question d’un ouvrage traduit. » 

Le traducteur devient d’une certaine manière invisible, alors même que, sans lui, l’ouvrage en langue étrangère ne verrait pas le jour dans sa version traduite – Monsieur de La Palice appréciera la nuance...

L’article L113-1 du Code de la propriété intellectuelle souligne que « la qualité d’auteur appartient, sauf preuve contraire, à celui ou à ceux sous le nom de qui l’œuvre est divulguée ». Oublier le nom du traducteur revient donc à mépriser l’action par laquelle l’œuvre de l’esprit devient accessible dans une autre langue. 

Ce n’est pourtant pas faute, indique l’ATLF, d’avoir « une longue tradition de lettres envoyées aux délinquants, certaines ouvertes ». Pour autant, les réseaux sociaux ont su, depuis quelque temps, aider à mieux faire reconnaître le rôle et l’importance tant du traducteur que de sa reconnaissance.  






« [P]reuve que cette préoccupation est commune à la profession au-delà des frontières », les associations européennes de traducteurs ont recours aux mêmes solutions, les hashtags, comme #LesTraducteursExistent #namethetranslator, #CitaIlTraduttore ou #citaaltraductor, pour rappeler à l’ordre les esprits négligents. Ou de remercier ceux qui agissent pour le bien commun en citant comme il se doit, les traducteurs.

Et l’ATLF de conclure : « On ajoutera que ces rappels constants sont aussi l’œuvre de tous, adhérents ou pas, qui n’hésitent plus à écrire à un site ou à une rédaction d’émission radiophonique pour signaler l’absence d’un nom. Les réactions sont variées, allant du silence à l’irritation (nous nous sommes vu reprocher de développer un ego comparable à celui des écrivains, les intéressés apprécieront !). »

Car au final, ce qui importe le plus est que ces confrontations occasionnelles puissent susciter les échanges. Avec le temps, « certains de ceux qui étaient régulièrement interpellés sont devenus des soutiens fidèles ». 


[Photo : Tuomas Puikkonen, CC BY 2.0  - source : www.actualitte.com]

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