quarta-feira, 25 de abril de 2018

États de langue : 289

Écrit par s1allard
Je reste toujours bouche bée devant l’obsession québécoise des anglicismes. Livres, colloques, articles de journaux, programmes de télévision et de radio viennent régulièrement nous  radoter la même chose : la langue française au Québec est envahie par une horde d’ horribles emprunts à l’anglais.
Le 25 mai prochain aura lieu à l’Université de Sherbrooke un colloque intitulé : A-t-on encore peur des anglicismes ? Je répondrai oui puisqu’on parle encore aujourd’hui. En effet, le 23 mars 2018 est sorti le livre L’insidieuse invasion. Observations sur l’anglicisation de Michel Rondeau. Ce livre vient s’ajouter à cette longue liste d’ouvrages sur le sujet et sans rien dire de vraiment nouveau.
Si ce type d’ouvrage est à mon avis un coup d’épée dans l’eau en ce qui concerne l’influence sur l’usage réel, je dois par ailleurs féliciter l’auteur de nous faire une sorte d’inventaire actualisé de ces mots d’origine anglo-américaine du français québécois. Comme je l’ai mainte fois exprimé ici, ces ouvrages à caractère correctif sont fort utiles pour tous ceux et celles qui veulent savoir comment parlent les Québécois et peuvent même contribuer à diffuser les mots qu’ils prétendent chasser.
C’est d’ailleurs à mon avis une des raisons qui expliquent la pérennité de la grande majorité des anglicismes stigmatisés depuis des décennies. Quand j’entends Guy Bertrand, premier conseiller linguistique de Radio-Canada, râler contre les anglicismes comme agenda caché ou vivre sur du temps emprunté, avec une foultitude d’exemples des formes dites erronées, je suis convaincu que ces formes erronées sont autant diffusées que les formes dites correctes.
Mais tout cela c’est du réchauffé. Je pensais que tout avait été dit sur les anglicismes au Québec. Mais voilà-t-il pas que je viens de remarquer sur le site web de l’Office québécois de la langue française que dans la catégorie Concours de la Francofête 2018, un deuxième prix a été décerné à Madame Odette Dupuis pour sa réponse à la question suivante:
Quel mot de la langue française représente pour vous l’avenir ?
« Le mot qui pour moi représente l’avenir est anglicisme, car quand j’entends nos cousins français utiliser de plus en plus d’anglicismes, je crains pour notre langue. Je me souviens que nous étions en voie de perdre notre langue et nous avons dû demander une loi (loi 101) pour la protéger. Nos cousins ne savent pas ce que représente le fait de se faire envahir par une autre langue. Ça commence par un mot et ça augmente de jour en jour. L’envahissement est subtil et l’éveil arrive trop tard. »

N'est-il pas remarquable que le mot anglicisme soit associé à l’avenir du français ? Mais ce que je trouve vraiment frappant est la référence à nos « cousins français » et leur prétendu grand usage de l’anglicisme.
C’est un thème qu’on a déjà vu maintes fois : les Français utilisent plus d’anglicismes que nous Québécois. Donc le français est plus en danger en France qu’au Québec. Et voilà, tout a été dit.


[Source : etatslangue.wordpress.com]

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