En 2021, à Londres, devrait ouvrir le Queer Britain, deuxième musée d'Europe dédié à l'histoire et à la culture LGBT.
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| La statue d'Alan Turing, qui a donné son nom en 2016 à la loi de pardon aux personnes condamnées pour homosexualité, à Manchester Bernt Rostad via Flickr CC License by |
Repéré par Léa Polverini
Repéré sur Pink News
Le Schwules Museum
était le premier et jusqu'à présent le seul musée en Europe consacré à
l'histoire et à la culture de la communauté et des personnes LGBT+.
Tandis que le projet d'un centre d'archives à Paris, vaguement évoqué en 2001 et traînant depuis, remue un peu plus du côté municipal depuis la sortie du film 120 Battements par minute et
le compte à rebours lancé par Didier Lestrade sur Slate en septembre
dernier, Londres pourrait bien prendre les devants en inaugurant le Queer Britain: The National LGBQT+ Museum.
Ce n'est qu'en 1967 que l'homosexualité a été partiellement dépénalisée en Angleterre
Porté par Joseph Galliano,
consultant et journaliste, le projet vient de recevoir le soutien du
maire de la ville Sadiq Khan, qui a insisté sur le rôle que jouera ce
nouveau musée «pour faire la lumière sur l'histoire LGBTQ+».
«Les gens sont sortis de leurs placards, il est temps désormais de sortir des marges», a déclaré Galliano.
Qu'une institution y soit dédiée constitue une étape symbolique
importante. Ce n'est qu'en 1967 que l'homosexualité a été partiellement
dépénalisée en Angleterre et au Pays de Galles (1982 en France). Et il
aura fallu attendre 2016 pour que le Royaume-Uni vote une loi accordant un «pardon posthume» aux quelques 65.000 hommes condamnés pour homosexualité, dont environ 15.000 vivent encore aujourd'hui.
Le projet entend ainsi réhabiliter l'histoire des personnes LGBT+ et de leurs luttes dans le patrimoine national et collectif.
«Nous sommes en train de perdre des histoires dont beaucoup étaient déjà cachées»
C'est dans le quartier de Southwark que devrait prendre place le
musée, dont l'ouverture est prévue d'ici 2021. Entre expositions
d'œuvres et d'archives de tous supports, expériences immersives, en
réalité virtuelle, conférences et espaces de partage, le futur musée
entend permettre la rencontre de différents publics en créant un lieu de
transmission d'une histoire souvent négligée et menacée par l'oubli
faute de centres d'archives dédiés.
«L'histoire [des personnes LGBT] a été enregistrée de manière très fragmentée et si vous prenez seulement les hommes, la part la plus visible de la communauté, la génération d'avant les années 1960 est vieillissante; nous sommes en train de perdre ces histoires dont beaucoup étaient déjà cachées. Si vous pensez aux histoires des BAME [noirs, asiatiques et autres minorités ethniques], des femmes et des trans, auxquelles on a encore moins donné la priorité par rapport à celles des hommes, c'est une mine de matériel inédit», a déclaré Galliano à Buzzfeed.
Margot James, ministre d'État pour le numérique et la culture et
première députée ouvertement lesbienne du Parti conservateur, a
elle-même participé à la campagne de demande de financements. Dans la
vidéo de présentation du projet, elle déclarait :
«Je pense que l'idée d'un musée queer est absolument essentielle à notre histoire culturelle, à notre histoire sociale, en tant que pays.»
Pour l'heure, Queer Britain collecte des fonds: sous forme de dons financiers,
mais aussi et surtout sous forme de matériaux susceptibles de venir
prendre place dans les collections du musée. C'est autant auprès de
particuliers que d'autres institutions culturelles que devrait pouvoir
se constituer un premier fonds d'archives.
Mercredi 28 février, un événement de lancement était organisé au Cafe
Royal de Londres. Un lieu symbolique, où l'écrivain Oscar Wilde avait
pour habitude de se rendre... avant d'être arrêté et mis en prison en
1895 pour «crime d'homosexualité».
[Source : www.slate.fr]

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