quarta-feira, 14 de fevereiro de 2018

Tel-Aviv : sur les traces du Bauhaus

Avec 2018 débute une année croisée d'échanges culturels entre la France et Israël… La vibrante Tel-Aviv, elle, n'en finit pas de redécouvrir son patrimoine architectural. Escale dans une ville en constante effervescence.

Sur la célèbre artère arborée, les immeubles contemporains dominent les bâtisses des origines et les passants se pressent dans les kiosques à café.
Écrit par Aurélie Darbouret

On associe en général Tel-Aviv à sa qualité de vie plus qu'à sa plastique. La métropole israélienne, connue pour ses 14 kilomètres de plages bordées de palmiers, son tempérament californien, sa dolce vita et ses nuits débridées, abrite pourtant une richesse architecturale remarquable. L'agglomération possède une immense collection d'immeubles de style Bauhaus, du nom de l'école allemande, fondée à Weimar en 1919 par Walter Gropius. Quatre mille bâtiments au total, soit le plus grand ensemble d'architecture moderne au monde, et le mieux préservé.
Ce catalogue unique, longtemps laissé à l'abandon, a resurgi du passé en 2003 quand l'Unesco l'a inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Plus de 1000 bâtiments ont été classés parmi lesquels environ 500 ont été restaurés. Disséminés dans plusieurs quartiers, occupés par des logements, des cafés, des commerces, des restaurants ou une synagogue, ils constituent un musée à ciel ouvert qui se révèle progressivement à l'œil averti.
Au n° 1 de la rue Montefiore, cet immeuble,
signé par l'architecte Isaac Schwartz, a fait
peau neuve en 2011.
Suivre la trace du Bauhaus, c'est s'élancer dans un jeu de piste qui permet de remonter le temps et d'explorer la jungle urbaine, du quartier en pleine mutation de Florentine aux maisons sur pilotis de Mazeh ou Nahamani. De sa construction au début du XXe siècle à sa récente valorisation au cours des années 2000, cet héritage traverse l'histoire de Tel-Aviv. Celle qui se veut capitale culturelle et économique d'un pays revendiquant Jérusalem comme capitale politique, fêtera ses 110 ans en 2019.
L'architecture Bauhaus, une école du style dit international, a été importée au cours des années 1930. À cette époque, la ville connaît une expansion fulgurante. Trente-cinq mille habitants en 1924, 160 000 en 1939. Les préceptes du modernisme - des lignes minimalistes valorisant la fonctionnalité plus que l'esthétique - présentent l'avantage d'une fabrication rapide et peu chère. «Il fallait construire beaucoup pour accueillir les nouvelles vagues de migrants.
Comme toujours: un petit groupe de personnes avec des idéaux forts est parvenu à s'imposer dans le processus», résume Nitza Szmuk, dans son cabinet spécialisé dans la restauration des maisons du Bauhaus et qui a été pendant douze ans l'architecte en chef de la municipalité de Tel-Aviv. Les formes cubiques et les courbes géométriques s'impriment sur les façades. Les lignes ne sont pas pures, mais les architectes partagent les mêmes idéaux socialistes que les premiers sionistes, les migrants venus d'Europe établir un foyer juif en Palestine mandataire.
«Ils formaient un groupe informel, réuni par l'envie de concevoir une cité nouvelle pour un homme nouveau. On retient souvent l'idée que les architectes du Bauhaus de Tel-Aviv sont des étudiants qui ont fui l'Allemagne après la fermeture de l'école de Dessau par les nazis en 1933. En fait, la plupart d'entre eux étaient nés ici ou y avaient migré enfants avec leurs parents et étaient retournés faire leurs études en Europe, en Allemagne mais surtout en Italie, en France ou Belgique.
Le café Bialik est resté un lieu de rendez-vous pour les artistes et les intellectuels.

[Photos : Eric Martin - lisez l'intégralité de ce billet sur www.lefigaro.fr]

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