terça-feira, 26 de setembro de 2017

À chaque génération ses anglicismes au Québec

Publié par s1allard


Encore les anglicismes. J’en suis vraiment désolé. C’est plus fort que moi. Non, je dénoncerai pas pour la énième fois la chasse aux anglicismes du Québec. Bien au contraire, je n’ai cesse de répéter que le fait de dénoncer les anglicismes dans les médias contribue à les répandre!
Aujourd’hui le point de départ est une récente entrevue de la Marie-Ève de Villers sur les ondes de Radio-Canada à propos de la nouvelle politique de l’Office québécois de la langue française sur les emprunts et dont j’ai déjà parlé ici. Comme il fallait s’y attendre, Madame de Villers a vivement critiqué la nouvelle politique de l’OQLF à l’égard des anglicismes.
Ce qui m’a frappé c’est lorsque la journaliste Anne-Marie Dussault a demandé à Mme de Villers de définir ce qu’est un anglicisme, cette dernière a sorti une série d’exemples anciens comme muffler, bumper, pâte à dents, siéger sur un conseil d’administration, définitivement, éligible et goaler.
Trois remarques. Premièrement, tous ces anglicismes ont été signalés dans les répertoires d’anglicismes dès les années 60. Évidemment ils remontent bien plus loin et probablement au début du 20e siècle. 1970 est l’année de la première édition du livre de Gilles Colpron Les anglicismes au Québec : Répertoire classifié. Avec ces multiples éditions et remaniement, ce livre va devenir la bible des anglicismes du Québec. La dernière édition portant le nom Le Colpron : Le Dictionnaire des anglicismes date de 1998.
Mme de Villers ayant travaillé comme terminologue à l’Office de la langue française, l’ancêtre de l’OQLF, de 1970 à 1980, connaît sans doute bien l’ouvrage de Gilles Colpron et a probablement connu ce dernier.
Deuxièmement, ces anglicismes sont toujours bien vivants dans le français québécois. Bien sûr on ne les trouvera pas dans les textes à caractère officiel ou dans les documents archi-léchés des institutions prestigieuses comme, disons, le Musée des beaux arts de Montréal. Mais si vous cherchez un peu sur le web, vous en trouverez de nombreux exemples actuels.
Troisièmement, pas le moindre mot sur les anglicismes récents. Je pense par exemple à la grande mutation du vocabulaire au cours de 20 dernières années avec l’arrivée de l’Internet et les nouvelles technologies. LGBT, LOL, BFF, OMG, like, selfie, gig economy, cloud, pop-up, bad-ass.
Ces nouveaux anglicismes ne sont pas de la génération de Mme de Villers. Il faudrait sans doute attendre une autre édition du dictionnaire Le colpron pour intégrer ces néologismes. Et bien sûr, on verra surgir également d’autres commentateurs d’une autre génération pour dénoncer l’état du français et l’invasion des anglicismes.

[Source : etatslangue.wordpress.com]


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