quarta-feira, 31 de maio de 2017

Non au français dès le plus jeune âge?

Les auteurs d’une pétition contre l’initiation au français entre un et quatre ans craignent que certains enfants soient surmenés. Le ministre de l’Éducation estime qu’au contraire, plus d’efforts en français dès le plus jeune âge faciliteront l’apprentissage. 

Deux des auteurs de la pétition: Jacques Dahm et Isabelle Hoffmann.

Écrit par François Aulner

L’État investira 80 millions d’euros par an pour promouvoir la familiarisation et l’apprentissage du français et du luxembourgeois dans les crèches et dans l’enseignement précoce. Afin qu’«aucun éducateur qui ne maîtrise pas le luxembourgeois ou le français ne soit viré», l’État augmenterait d’ailleurs le financement des effectifs de 10%, rassurait le ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch (DP), à l’issue d’un débat ce mardi au Parlement.
Les députés des commissions des pétitions et de l’éducation nationale de la Chambre des députés se sont penchés sur la pétition intitulée «Non à l’initiation au français à la crèche et au cycle 1 et non à l’apprentissage du français oral au premier trimestre du cycle 2.1».
Les auteurs de la pétition s’inquiétaient notamment des «moyens» dont disposeraient les éducateurs et enseignants pour assurer l’encadrement dans plusieurs langues.

Approche scientifique

Le principal auteur de la pétition, l’enseignant Jacques Dahm, expliquait par ailleurs avec des reproches parfois saillants contre le ministre que, selon une étude du Canadien Jim Cummins, un enfant devrait d’abord maîtriser sa langue maternelle pour ensuite mieux en apprendre une autre.
Claude Meisch rétorquait que son projet, qui vise à augmenter l’apprentissage du français et du luxembourgeois dans les crèches et les écoles, se baserait sur 73 références scientifiques, tandis que l’étude de Cummins date des années 80 et aurait avant et après sa publication déjà été contestée.

«Experiment»

Selon Jacques Dahm, certains enfants risqueraient néanmoins d’être éventuellement dépassés s’ils devaient apprendre deux, voire trois langues en même temps. Claude Meisch insistait que ce serait justement en renforçant le français et le luxembourgeois dès le plus jeune âge qu’on aiderait le plus les enfants qui ont des difficultés dans une des deux langues plus tard.
Aucune réponse de Claude Meisch en revanche à la remarque de Jacques Dahm: «Pourquoi n’enseigne-t-on alors pas aussi l’anglais dès le plus jeune âge?»
Les députés du CSV, Martine Hansen et Françoise Hetto taquinaient par ailleurs Claude Meisch en qualifiant son projet d’«Experiment» («expérience» en luxembourgeois). Le ministre de l’Éducation a reconnu que ce reproche lui a parfois fait perdre son sang-froid.



[Capture d'écran : chd.lu - source : www.paperjam.lu]

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