terça-feira, 21 de junho de 2016

Amos Gitaï: "L’assassinat de Rabin a décapité l’option du dialogue"




 

Vendredi était inaugurée à Bozar la petite exposition "Rabin : chronique d’une mort annoncée" (cf. ci-contre), en présence son auteur, le cinéaste israélien Amos Gitaï. Le travail qu’il expose à Bruxelles est dérivé de son dernier film "Le Dernier jour d’Yitzhak Rabin", présenté l’année dernière à la Mostra de Venise mais resté inédit en Belgique. Très fort, alternant documents d’archives et reconstitution, le film revenait sur l’assassinat, par un fanatique religieux, du Premier ministre israélien, le 4 novembre 1995 à Tel-Aviv. "L’assassinat d’Yitzhak Rabin est un point central dans l’histoire contemporaine de mon pays, qui bouleverse depuis vingt ans le Moyen-Orient. Cela a décapité l’option d’un dialogue. Même si l’histoire s’est un peu effacée aujourd’hui…", nous expliquait Gitaï jeudi dernier dans un excellent français, confortablement installé dans la loge royale de la salle Henri Le Bœuf du palais des Beaux-Arts.
Rabin, le soldat de la paix
Ce qui frappe Gitaï chez Rabin, c’est sa dimension d’homme d’Etat et d’homme presque providentiel pour aboutir à la paix au Moyen-Orient. "Rabin était une figure presque mythologique, celle du soldat qui a dominé Mahomet. Il a fait la conquête de tous ces territoires du Sinaï, de la Syrie, de la Cisjordanie et c’est pourtant lui qui décide de faire la paix… Rabin était un patriote israélien. Il avait compris que pour que ce pays puisse continuer à exister, il fallait trouver un modus vivendi avec les Palestiniens."
Quand on voit l’évolution politique d’Israël, le temps où Rabin et Arafat se serraient la main semble bien loin, même si ce n’était qu’il y a vingt ans… "Il y a des forces qui veulent qu’on oublie !, estime Gitaï. Certaines personnes ne veulent pas qu’on se souvienne de Rabin. Malheureusement, le seul homme qui présente une alternative au pouvoir actuel est mort… La démarche de Rabin était claire et c’est à 180 degrés de ce que l’on voit aujourd’hui… Netanyahou, qui est un fin manipulateur, arrive à casser toute force d’opposition. Il a réussi à créer le chaos dans la gauche qui, naïvement, peut être séduite par son discours. Et puis, objectivement, quand on voit la sauvagerie qui existe en Syrie, en Irak, dans tous les pays voisins, cela renforce son argumentaire…"

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