Le calme tarde à revenir dans l’Haryana, un état du nord de l’Inde où la caste agricole des jats manifeste avec violence depuis quelques jours. Confrontée au chômage, elle réclame des emplois dans l’administration.
![]() |
| Des manifestants de la caste des Jats bloquent l’autoroute Delhi-Haryana, le 22 février 2016. |
Il aura fallu plus de trois jours à l’armée indienne pour reprendre le contrôle, lundi 22 février, d’un canal qui alimente Delhi en eau et que des manifestants de la caste des jats avaient neutralisé.
Une quinzaine de personnes sont mortes et 150 autres ont été blessées lors des émeutes qui ont émaillé le blocus routier et ferroviaire dans l’Haryana, un état du nord de l’Inde proche de la capitale et où les jats réclament le bénéfice des quotas dont jouissent certaines autres castes, pour obtenir des emplois dans la fonction publique.
“Cette revendication n’est pas raisonnable, estime The Hindu, il s’agit d’une communauté relativement prospère qui possède la terre et qui est haut placée sur l’échelle sociale.”
Le journal du sud de l’Inde concède néanmoins que l’explosion de violence de ces derniers jours s’explique par “la baisse des revenus” d’un secteur agricole devenu “apathique”.
Ce n’était pas le cas s’agissant de la caste des patels, qui avait mis à feu et à sang le Gujarat, l’été dernier. Ces derniers, encore plus prospères que les jats, souhaitaient simplement “mettre fin à la discrimination positive” mise en place en Inde après l’Indépendance, rappelle The Hindu. Il n’empêche, cette propension des “castes supérieures dominantes” à réclamer des avantages réservés aux plus défavorisés est “le signe que le problème du chômage n’est pas traité” comme il le devrait, explique The Times of India. Le malaise des jats rappelle combien le pays devrait favoriser “le mérite, la qualité du système éducatif et les créations d’emplois”.
Les revendications des jats montrent qu’“en dépit de son caractère dominant” dans la société indienne, cette caste est “en retard d’un point de vue social et éducatif”, souligne de son côté le quotidien DNA. Elles ne sont qu’un “avant-goût” de ce qui attend les prochains gouvernements, ajoute The Economic Times, car “près de la moitié de la population active vit de l’agriculture”, un secteur aujourd’hui “en détresse”. C’est une erreur d’avoir fait croire, “par populisme”, que l’émancipation sociale passerait par des quotas de postes dans l’administration.

Sem comentários:
Enviar um comentário