Date de saisie : 15/03/2015
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Editions du Mauconduit, Paris
Prix : 7.50 €
ISBN : 9791090566156
GENCOD : 9791090566156
Sorti le : 14/03/2015
- Les présentations des éditeurs : 15/03/2015
C'est une histoire d'amour et de dialogue impossible entre un fils et sa mère.
Lui, 37 ans, né en Algérie, habite en France depuis quatorze ans. Elle, vit en Algérie. Il est intellectuel. Elle ne sait ni lire ni écrire. Il est homosexuel. Elle aimerait qu'il se marie avec une musulmane.
Comme elle aime les histoires, il lui raconte, jour après jour, Le Livre de ma mère d'Albert Cohen. Il espère que les questions abordées dans le livre de cet écrivain juif, qu'il admire, susciteront un échange avec sa mère.
Ma mère et moi, merveilleux texte à la langue épurée, s'adresse à la fois au coeur et à la raison. C'est une mélopée lancinante et mélancolique qui vous prend à la gorge. Une fable moderne sur des sujets brûlants de notre société actuelle : la confrontation des cultures, la sexualité, la judéité et l'islam, le vivre-ensemble...
Comme son narrateur, Brahim Metiba a 37 ans. Il a quitté son Algérie natale pour la France à l'âge de 23 ans. La notion de différence l'a très tôt interpellé et continue d'être le centre de son travail d'écrivain : la découverte de son homosexualité, d'abord, dans son pays d'origine, puis, à son arrivée en France, celle d'une autre culture. Ma mère et moi est son premier roman. À paraître en octobre 2015, un deuxième livre, tout aussi court et intense que le premier : Je n'ai pas eu le temps de bavarder avec toi.
- La revue de presse Muriel Steinmetz - L'Humanité du 12 mars 2015
À partir du Livre de ma mère d'Albert Cohen, Brahim Metiba imagine une situation semblable en Algérie aujourd'hui...
Brahim Metiba (trente-sept ans) est né en Algérie. Il vit en France depuis dix-sept ans. Il place au centre de ce premier roman une mère qui est peut-être la sienne. On ne peut presque pas douter que ce texte soit autobiographique. Elle vit en Algérie, lui en France. Ils se voient rarement mais s'appellent régulièrement. À la faveur d'un bref retour au pays natal, un dialogue ambitieux tente de s'ébaucher entre mère et fils par l'entremise d'un roman qu'il décide de lui lire à voix haute, un peu chaque jour. Il s'agit du Livre de ma mère d'Albert Cohen, qu'elle appelle « Albert Cohaire »...
Dans cette expérience apparaissent nettement la confrontation des générations qui ont du mal à s'entendre et, en filigrane, l'un des problèmes actuels du monde arabe.
- Les courts extraits de livres : 26/02/2015
Ma mère est assise, les jambes droites et le dos droit. Elle regarde des histoires à la télé. Ce sont toujours les mêmes. Une fille orpheline et pauvre tombe amoureuse d'un garçon riche. Elle est obligée de mentir pour se faire aimer. Lui, continuera de l'aimer même en sachant qu'elle est pauvre. Ma mère dit : «Ce ne sont pas toujours les mêmes histoires. Elles sont différentes.» Elles ne sont jamais différentes. Si elles différent, c'est qu'une fois elles se passent au XIXe siècle, et une autre fois, à notre époque.
Je vois rarement ma mère. Elle m'appelle régulièrement, nous parlons de cuisine. Je l'appelle régulièrement, nous parlons de cuisine. Je lui demande ce qu'elle regarde à la télé. Elle dit : «C'est l'histoire d'une orpheline...» Je connais l'histoire. C'est toujours la même. Parfois j'aimerais entrer dans l'esprit de ma mère pour savoir ce qu'il y a. Pour faire sortir ce qu'elle ne dit pas. Mais je crois qu'il n'y a rien d'autre que ce que dit ma mère. C'est-à-dire des recettes de cuisine et l'histoire d'une orpheline qui tombe amoureuse d'un garçon riche qui l'aime quand même. Mon rapport à ma mère est silencieux. Elle est assise, jambes droites et dos droit, et je l'observe. J'attends qu'elle parle, mais elle ne dit rien.
Ma mère ne comprend pas ce que je fais, mes études, mon travail. Elle dit : «Tous ces livres, tu les as lus ?» Elle ne comprend pas, mais elle m'a toujours encouragé. Elle dit : «C'est bien !» Ma mère ne sait ni lire ni écrire. Mon père parle comme on chante : il articule de façon précieuse et fait porter sa voix comme si elle était de la plus grande importance. Il lit et sait rédiger de belles lettres.
Je demande à ma mère si elle veut que je lui raconte une histoire. Je dis que c'est dans un des livres qu'elle voit. Elle dit : «Oui, si tu veux.» Je sais ce que ma mère aime, je choisis l'histoire d'un orphelin. Je dis que le titre du livre est Le livre de ma mère. Ma mère sourit tout de suite. Je dis que l'auteur s'appelle Albert Cohen. Ma mère me fait répéter le nom et me regarde sans me fixer. Je sais ce que pense ma mère. Je dis qu'il a perdu sa mère et qu'il regrette de ne pas l'avoir suffisamment aimée, suffisamment vue. Ma mère sourit de nouveau.
[Source : www.lechoixdeslibraires.com]

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