Jusqu’au 2 novembre, le Palais de l’Ermitage d'Évian rend hommage à Marc Chagall à travers son travail d’impressions.
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| Marc Chagall, Moïse (état avant la lettre), 1956_ Lithographie en couleurs, 65,3 x 42,2 cm © Collection Charles |
Par Robert Sender
A l’aide d’un parcours chronologique, le Palais de l’Ermitage à Évian offre de découvrir 350 œuvres imprimées (estampes, gravures, lithographies, livres illustrés) de Marc Chagall. L’artiste déjà confirmé s’investit seulement à 35 ans dans la lithographie. Nous sommes en 1922 à Berlin, quand il apprend les techniques pour illustrer des écrits. Et il montrera également par la suite un talent de narrateur, tout comme une magnifique capacité d’illustrateur de poèmes.
Conscient que sa culture tend à disparaître, il souhaite en garder la mémoire. Chagall débute ainsi par des gravures dédiées à sa communauté du Shtetl de Vitebks en Biélorussie, où de nos jours un musée portant son nom l’expose. Pour lui, les gravures ne sont pas seulement ethnographiques, mais aussi artistiques. Il les dessine dans l’imagerie populaire très courue à l’époque en Russie. S’il est rare de voir le visage humain dans la tradition juive, on y découvre ses parents, et déjà un autoportrait, ainsi que des personnages typiques tels les musiciens ambulants avec le violoniste, emblème de la mythologie de Chagall, et bien sûr le rabbin du village. Le peintre n’est jamais absent de tous ces procédés techniques, et donc part de la peinture pour la transposition sur la pierre ou le cuivre. Les thèmes sont aussi communs, sans être des copies, à tous les supports utilisés.
L'unité stylistique au-delà de la diversité des supports
De 1931 à 1939, il s’attaque à quatre des cinq livres de la Torah. Il se rend pour préparer ce travail au Moyen-Orient (Palestine, notamment à Tel-Aviv, Syrie, Égypte), et choisit de mettre en avant les patriarches, rois, et prophètes, pour narrer l’histoire des Hébreux. Il finira cette série entre 1952 et 1956. On sent dans le résultat, l’influence de Rembrandt qu’admirait Chagall. L’unité stylistique transparaît, et particulièrement le rendu de la lumière, chère au maître hollandais. À partir des années 50, la lithographie va devenir l’essentiel de sa pratique. Moïse (état avant la lettre) en 1956 en est un figure représentative. Il poursuit son exploration biblique avec 24 lithographies « The story of Exodus » éditée dans un recueil en 1966.
En 1979, paraissent les « Psaumes de David », 30 gravures à l’eau forte et à l’aquatinte. La Torah sera très présente dans sa démarche créative, même si nombre de pièces exposées au Palais de l’Ermitage à Évian ne se limitent pas à ce sujet. L’importante réalisation de ses lithographies, autour de mille, de 1950 à 1985, date de son décès, contribuera à une production assez inégale, parfois répétitive, galvaudant son art. Pourtant quand certains critiques d’art expriment leur désapprobation face à la multiplication de manifestations proposant chacune un aspect différent de son œuvre, ces journalistes édulcorent dans l’absolu, la maîtrise qualitative, inventive, et créative de Marc Chagall.
« Marc Chagall, Impressions », Palais de l’Ermitage à Évian jusqu’au 2 novembre.

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