Le fait est bien connu, les Hispaniques gagnent tous les jours du terrain dans la vie des USA. Par Hispaniques, il faut entendre des immigrés venus d’Amérique latine qui continuent aux USA à parler un espagnol parfois mélangé à de l’anglais.
Le touriste ne peut pas vraiment se rendre compte du phénomène. Bien sûr, un détour par le quartier hispanique de San Francisco est éclairant mais pas plus que le quartier japonais ou chinois.
Dès notre arrivée, dans le bus populaire nous conduisant au centre, nous avons entendu cette forme d’espagnol que nous avons ensuite croisé sur la route comme dans le restaurant de Williams.
Bien sûr, Santa Fe respire le Mexique.
Bien sûr, comme à New York, dans les transports publics les informations sont à la fois en espagnol et en anglais.
Mais, à part la célèbre Univision, nous n’avons pas découvert une autre chaîne télé. Concernant la presse en espagnol, vivante sur internet, elle est peu présente y compris dans les bibliothèques où pourtant il ne manque pas de revues.
Bref, sur ce point comme sur d’autres, le touriste reste un peu à la superficie de la réalité.
Or, pendant notre séjour, un phénomène cinématographique a secoué le pays.
Le film « No se acceptan devoluciones » a fait un tabac passant les 40 millions de dollars d’entrée (je parle de la version en espagnol sans sous-titre). Premier film écrit et réalisé par Eugenio Derbez, qui est aussi l’acteur principal, il a surpris la critique et surtout le producteur qui n’imaginait pas gagner le jackpot.
Premier ingrédient favorable au film : Eugenio Derbez est un acteur phare d’Univision.
Deuxième : un film a la mode Cinema paradiso, l’Hispanique n’est plus le narcotrafiquant.
Troisième : la campagne de pub a été sans équivalent pour un tel film.
Eugenio Derbez qui vivait à Mexico a fait ses valises pour Hollywood dans l’espoir que ce succès ne soit pas comme pour d’autres cas avant lui, un simple coup d’épée dans l’eau.
Bref, dans l’esprit US, le public espagnol est un marché porteur : 16 % de la population qui vit aux USA et 27% des spectateurs des salles de cinéma.
Peut-être plus réjouissant, le succès, certes, moindre, d'un autre film que j’espère voir un jour et qui concerne César Chavez. Rien à voir avec Hugo Chavez mais tout à voir avec un militant syndical agricole qui a conduit une lutte sans précédent pour aboutir à la construction d’une organisation, toujours en place, et qui sert de modèle à d’autres travailleurs hispaniques qui veulent se défendre.
Le réalisateur, Diego Luna, a suivi le même chemin qu' Eugenio Derbez : acteur mexicain à la télé, puis acteur de cinéma, puis en cette année 2014, réalisateur de son premier film.
Parce que d’une façon ou d’une autre les Hispaniques n’apportent pas que leur langue aux USA. Ils n’apportent pas un regain de catholicisme car dès à présent l’Amérique latine est traversée par l’émiettement du religieux, mais ils apportent surtout un métissage qui n’est pas dans les habitudes. Les recenseurs voient donc enfler la catégorie : « pas seulement blanc ». Concernant la musique, question très importante aux Amériques, les sonorités et rythmes latinos ont pris une telle importance qu’y compris beaucoup de latinos pensent que c’est à New York qu’est née la salsa.
Evolution de la population dans les trois États décisifs des USA :
1974
|
2010
| |
Californie
|
20 907 000
|
37 253 956
|
New York
|
18 111 000
|
19 378 102
|
Texas
|
12 050 000
|
15 145 561
|
Il est facile de constater là où la population explose.
Jean-Paul Damaggio
[Source : la-brochure.over-blog.com]
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