Le 24 mai 2014 (dès le 14 sur internet), les Français vivant à l'étranger vont élire pour la première fois des conseillers consulaires. Parmi les candidats se présentant pour la circonscription du sud du Brésil, Edmond Aparicio, en tête de la liste constituée par l’ADFE. Il a répondu aux questions du Petitjournal.com.
Lepetitjournal.com - Pour la première fois, les Français vivant à l'étranger vont élire en mai des conseillers consulaires les représentant : quel sera leur rôle ? Que pensez-vous de la création de ces postes ?
Edmond Aparicio - La création de ces postes de conseillers consulaires est une très bonne chose ! Les conseillers seront assez restreints sur un plan géographique, donc cela devrait permettre d’établir un lien de proximité plus fort avec les citoyens de la circonscription.
Il existe depuis longtemps au consulat différentes commissions pour les bourses scolaires, ou encore l’action sociale, qui aide certains membres de la population française qui sont parfois installés ici depuis 3 ou 4 générations et qui rencontrent des difficultés financières. La 3ème commission consacrée à la formation et à l’emploi pourrait sans doute d’ailleurs avoir un rôle plus important, plus développé grâce aux conseilleurs consulaires. Nous siègerons à ces commissions et aurons le droit à la parole et au vote.
Un élu local peut aussi s’adresser plus haut, au ministère concerné par la problématique, ou encore aux parlementaires, comme par exemple Sergio Coronado qui est le député des Français d’Amérique Latine, mais aussi aux sénateurs.
Les élus de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE) devaient couvrir des territoires plus vastes, il était donc plus difficile pour eux d’aller au charbon et de prendre contact avec la population.
Je m’engage à me rendre au moins une fois par an dans les villes du sud du Brésil où sont installés les Français : Porto Alegre, Curitiba, Foz do Iguaçu, Campo Grande, Florianopolis.
J’estime que la France doit garder un lien fort avec ses ressortissants. Il faut tout faire pour que les Français participent à la vie de la communauté. Il ne faut pas oublier que ce sont des relais de la France à l’étranger. Nous ne devons pas perdre le sens de notre pays. Il y a eu des lacunes dans le mécanisme pour fédérer nos concitoyens à l’étranger. Le dialogue des élus locaux avec la population française est essentiel pour effectuer ce rapprochement avec la communauté française.
Depuis combien de temps êtes-vous à Sao Paulo ? Quel est votre parcours brésilien ?
Je suis né au Chili, mais suis arrivé en France lorsque j’avais 27 ans. J’y ai vécu 35 ans. J’ai choisi de m’installer à Sao Paulo, il y a cinq ans et demi, au moment de ma retraite.
Qu'est-ce qui vous a amené à vous présenter à cette élection ?
En France, j’ai été assistant parlementaire, puis chargé de mission au Conseil* de Paris. J’ai toujours exercé en tant que militant politique, syndical et associatif. En 2012, alors que j’étais déjà au Brésil, j’ai eu envie de reprendre une action associative suite à ma rencontre avec Sergio Coronado. Avec Thierry Valentin, nous avons donc redonné vie à la section de l’ADFE (Association démocratique des français de l’étranger) dans la capitale pauliste. L’état français ayant recommandé aux responsables de l’UFE (Union des Français de l’Etranger) et de l’ADFE de parrainer ou d’être à la tête de listes, j’ai donc choisi de me présenter.
Comment votre liste s'est-elle constituée ?
Nous avons constitué la liste en opérant de manière très démocratique ! Depuis le mois de septembre, les membres de l’ADFE se réunissaient tous les mois pour déterminer la tournure que nous souhaitions donner à cette campagne, nous avons voté de manière unanime pour choisir les membres de la liste. Notre liste représente très bien la diversité :
- Sylvie Rutler fait depuis de nombreuses années des allers-retours entre Sao Paulo et Lyon.
- Eric Héneault est un avocat français, tombé amoureux du Brésil, qui a monté une entreprise d’édition.
- Sarah Ghobadi est une jeune fille qui a travaillé quelques années au consulat, puis au ministère des Français de l’étranger auprès d’Hélène Conway-Mouret. Elle a décidé il y a quelques temps de venir s’installer à Sao Paulo.
- Christophe Marret est venu pour la première fois au Brésil en tant que cadre chez SNCF, pour travailler sur le projet de train entre Sao Paulo et Rio. Malgré l’abandon du projet, il a choisi de rester au Brésil, car c’est un pays qu’il aime.
- Monique Allain est une Française née au Brésil. Après des études scientifiques, elle a choisi de se tourner vers les arts visuels.
- Patrick Houdain habite à Porto Alegre où il est professeur. Il était important pour nous d’inscrire sur notre liste une personne vivant dans le sud du pays. Il a par ailleurs déjà travaillé dans la capitale pauliste et connaît très bien la ville.
Il n’y a pas d’individualisme dans cette liste, nous prenons toutes nos décisions ensemble et comptons bien continuer de la sorte après les élections.
Que pouvez-vous apporter à la vie des Français de cette 3ème circonscription du Brésil ?
Nous souhaitons représenter TOUS les Français, sans favoritisme ou exclusion de certains d’entre eux. Nous ne sommes pas des chefs d’entreprise et gardons donc une certaine indépendance concernant la vie économique. Une communauté ne doit pas être limitée à une Chambre de Commerce, car sinon cela provoque un effet pervers pouvant provoquer une division des Français en certains groupes. Nous souhaitons donc tout mettre en œuvre pour que l’ensemble des Français de la circonscription soient plus unis, se sentent plus proches de la France. C’est un travail de longue haleine, mais un mandat de 6 ans nous laisse l’opportunité d’y travailler.
Quelles sont actuellement les principales préoccupations de nos concitoyens ?
Il y a une énigme liée à l’installation de jeunes, de quadra qui viennent au Brésil dans l’objectif de se faire une place au soleil et ne parviennent pas toujours à la trouver. Il faut donc leur apporter notre aide. De nombreux jeunes viennent ici en stage ou pour faire des études, et souhaitent rester au Brésil car ils s’attachent au pays. En revanche, ils se mettent facilement en marge de cette vie de communauté qui ne leur semble pas toujours très ouverte. Il est donc important de travailler à écouter les gens pour les inciter à revenir dans cette communauté.
Propos recueillis par Amélie PERRAUD-BOULARD
[Source : www.lepetitjournal.com]
Sem comentários:
Enviar um comentário