terça-feira, 4 de junho de 2013

Le Chili recherche un probable assassin de Neruda

Comment croire, comment croire au pas pesant des soldats (air connu)

Deux mois après l'exhumation du corps du poète, le juge chargé du réexamen du dossier a ordonné l'établissement d'un portrait et la recherche d'un probable suspect. Selon la police, l'homme visé par la procédure est soupçonné d'avoir empoisonné Neruda, et par là, causé sa mort à retardement.


On se souvient que le chauffeur du poète, Manuel Araya, avait démenti vigoureusement la thèse officielle d'une mort des suites d'un cancer de la prostate. Ce qui relançait deux ans de pression pour ouvrir une procédure judiciaire et éclaircir pour de bon les circonstances du décès. Dernière fracture en date dans l'histoire officielle, le docteur Sergio Draper était revenu sur sa déposition.

L'homme avait témoigné de sa présence au moment de la mort de Neruda à la clinique Santa Maria de Santiago, avant de revenir sur ses déclarations. Au moment de l'agonie de l'auteur chilien, Draper a finalement indiqué qu'un confrère avait pris sa place aux côtés du mourant, un certain docteur Price. Problème, les archives de l'établissement hospitalier ne mentionnent nulle part ce nom et Draper n'a jamais revu l'homme exercer sur les lieux. Relais de ces aveux, l'avocat de la défense Eduardo Contreras a estimé que de nouvelles évidences prouvaient que le poète avait été probablement assassiné par des agents de l'homme fort du tout jeune régime militaire.

Regarder du côté de la CIA

Plus troublant encore, la description physique du docteur Price rappelle Michael Townley, reconnu agent-double de la CIA et officiant pour la junte militaire. L'homme avait bénéficié d'un programme de protection rapprochée après avoir avoué le meurtre d'opposants à Pinochet à Washington et Buenos Aires. Mais pour Contreras, il ne faut pas perdre de vue que derrière l'exécution, il s'agit de trouver l'homme qui a ordonné la mise à mort.

Depuis longtemps à l'état de rumeurs plus ou moins bruyantes, la mort par empoisonnement, prend les formes d' un crime politique orchestré par Augusto Pinochet, quand Pablo Neruda avait été un soutien très symbolique de Salvador Allende, mort dans des circonstances tout aussi troubles. Le corps de Neruda fait toujours l'objet d'expertise médico-légale depuis le 8 avril. Patricio Bustos Streeter, directeur du service médico-légal du Chili qui dirige les opérations a commenté les recherches dans la revue Nature. « La présence de métastases osseuses du cancer de la prostate confirmerait un état avancé de la maladie. De l'autre côté, des traces de toxines peuvent être trouvées dans la partie spongieuse de l'os qui contient la moelle osseuse », a-t-il indiqué.

Une difficulté que le médecin tempère. L'absence de documentation sur les traitements pris par Neruda complique la distinction entre poison et protocole médicamenteux. Mais le médecin rassure en rappelant que « plusieurs techniques de camouflage d'empoisonnement dans le corps n'existaient pas il y a quarante ans ».


Écrit par Morel Bastien  

[Photo : Rafa-alves,  CC BY-SA 2.0 - source : www.actualitte.com]

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