Et les lecteurs ebook ?
Le gouvernement américain est mis en cause dans deux affaires, qui
actuellement l'opposent à l'American Civil Liberties Union. L'association
souhaite limiter le pouvoir intrusif des autorités sur les appareils de lecture
numérique. En regard du quatrième amendement, les agents aux frontières peuvent
aisément saisir des machines, pour garantir la sécurité nationale. Alors, un
douanier peut-il priver l'usager de son lecteur ebook ?
C'est que
les douaniers n'opèrent pas simplement aux frontières du pays, mais bien celles
des États. C'est ainsi que Pascal Abidor, doctorant en études islamiques, a été
fouillé et son portable conservé durant 11 jours par les autorités aux
frontières. Le tout pour protéger, évidemment, les États-Unis d'une menace
quelconque.
Dans le même ordre d'idée, le programmeur
David House s'est aussi fait confisquer son ordinateur portable, son appareil
photo et un disque dur externe, à l'aéroport de O'Hare, à Chicago. Sept
semaines plus tard, l'intéressé retrouvait sa machine...
Le CBLDF assure que ces méthodes ne sont pas
monnaie courante, mais leur rareté ne justifie pas pour autant qu'elles soient
passées sous silence, surtout quand des tribunaux fédéraux ont légiféré sur la
question.
Un précédent, devant la cour de district du
Massachusetts a rejeté la demande du gouvernement fédéral : pour saisir un
ordinateur portable, si les autorités n'ont pas besoin de plus qu'un « soupçon raisonnable », il n'est pas pour autant supportable
d'empiéter sur le premier amendement.
L'intérêt du gouvernement va pourtant
croissant vis-à-vis des appareils électroniques, et les interpellations avec,
alors que les autorités aux frontières s'appuieraient simplement sur des
soupçons d'activités illégales. Les voyageurs seraient alors victimes au choix
de délit de facies ou de motivations
plus politiques que sécuritaires réelles.
On
se souviendra que la douane canadienne avait mis sous les verrous un certain
Ryan Matheson, sous prétexte qu'en 2010, le gouvernement avait saisi son
ordinateur et découvert des mangas incitant à le considérer comme un
pédopornographe, en regard des dessins que l'on avait trouvés. Les poursuites
avaient cependant été abandonnées... en mars 2012. Amazon s'était toutefois
penché sur la question, entrant en guerre, avec le gouvernement canadien, sur
la question des mangas homo.
Bientôt, les tablettes et les lecteurs ebook,
soupçonnés d'attaques terroristes ?
Par Clément
Solym
[Source : www.actualitte.com]

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