L'écrivain, dernier amer pour les gouvernements ?
À l'occasion d'un passage chez
Radio Programas del Perú, le ministre péruvien de la Défense, Pedro Cateriano,
a salué « l'appel à la concorde », lancé par des écrivains de renom, comme Mario Vargas
Llosa ou Jorge Edwards, afin de mettre un terme au différend qui oppose le
Pérou et le Chili. Un véritable manifeste, rapporte l'agence EFE, que de
nombreux universitaire et intellectuels des deux pays ont signé mardi dernier.
Les deux pays se retrouvent actuellement
au tribunal de La Haye pour des questions relevant des frontières maritimes. Un
procès intenté par le Pérou en 2008, pour dénoncer que le Chili n'a pas
respecté les traités établis en 1952 et 1954, suite à la guerre du Pacifique,
qui eut cours entre 1879 et 1883.
En effet, selon le gouvernement du Chili,
les limites ont été clairement posées, alors que pour le Pérou, elles
n'existent pas. de quoi comprendre que l'on ne peut pas s'entendre. Et bien
entendu, c'est tout l'enjeu du commerce maritime qui tourne autour de ces
questions de frontières maritimes.
Parmi les signataires de cet appel, on
retrouve Javier Pérez de Cuéllar, Isabel Allende, Delfina Guzmán,
Fernando de Szyszlo, Cristian Warnken, monseñor Luis Bambarén, Carla Cordua,
Luis Llosa Urquidi et Humberto Giannini.
Ils affirment que le différend juridique
nuit aux bonnes relations entre les deux pays, mais surtout, qu'ils ont bien
mieux à faire que de s'empoigner sur ces questions. Pour Vargas Llosa, ce
conflit ne fait que « semer
la discorde et l'inimité » entre les deux nations, alors qu'un
accord rapide permettrait de remettre un peu d'huile dans leurs
relations.
Et les signataires d'assurer que cette
prise de position est indépendante des gouvernements des deux pays, n'agissant
que pour leur propre compte, mais dans l'intérêt de tous.
Pour le ministre, cette prise de position,
appelant à « une
véritable réconciliation », montre que l'énergie devrait bien
être dépensée ailleurs. Le Pérou et le Chili sont confrontés à des problèmes
communs, « la
faim, le chômage, le manque de liberté, qui ne sont pas des problèmes propres
au Pérou ni au Chili, mais à l'Amérique latine en générale ».
Les deux pays s'en remettront en attendant
à la décision de La Haye, qui auditionnera les parties en décembre, avant de
rendre ses conclusions, dans le courant du premier trimestre 2013.
Par Nicolas Gary

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