sexta-feira, 15 de junho de 2012

São Paulo lance son vélib', "Bike Sampa"

Après Rio de Janeiro, c'est au tour de São Paulo d'inaugurer Bike Sampa, l'équivalent du Vélib' parisien, un projet qui s'inscrit dans le cadre du développement des transports durables.

Les 6 premières stations "BikeSampa", à Vila Mariana. Photo S.O
Les 6 premières stations "BikeSampa", à Vila Mariana. Photo S.O
En partenariat avec la banque Itau, Samba et Serttel, le maire de São Paulo, Gilberto Kassab, a inauguré fin mai dernier, le projet Bike Sampa dans le quartier de Vila Mariana (zone sud, à proximité du Lycée Pasteur et du Parc Ibirapuera).

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Première station BikeSampa à l'Institut biologique 
S.O
D'ici la fin de l'année, la Mairie prévoit l'ouverture de 100 stations avec pour objectif, d'ici 2014, de disposer d'un parc de 3 000 bicyclettes et 300 stations à travers la capitale pauliste.
Le principe de Bike Sampa est de permettre à l'utilisateur d'effectuer des trajets courts (entre 4km et 5km) qui pourront le relier à des zones de transport public.
" L'idée d'une utilisation gratuite de 30 mn est de permettre une rotation importante afin de toucher le plus de personnes. L'intérêt n'est pas qu'une personne garde la bicyclette une journée entière "a expliqué le secrétaire des Transports au journal O Globo.
L'usager pourra utiliser la bicyclette gratuitement pour une durée de 30 mn. Il devra attendre 15mn avant d'effectuer un nouveau trajet et bénéficier de nouveau de la gratuité, à moins de payer 5R$ (environ 2€) par demi-heure supplémentaire, en cas de dépassement. Un tarif jugé élevé par les usagers, si on le compare aux 2R$ (0,80€) par heure exigés par les loueurs traditionnels de vélo.
Pour utiliser les vélos, il faut s'inscrire au préalable sur le site Bike Sampa avec son numéro de carte bancaire brésilienne, déposer une caution de 10 R$ (environ 4€) afin d'obtenir son PassBike.
Toutes les vélos disposent d'une carte à puce qui permet de les localiser. Les stations, qui sont ouvertes de 6h à 22h, fonctionnent à l'énergie solaire, et seront équipées prochainement d'un système Wi-Fi.
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Chaque station affiche une note explicative en portugais, anglais et espagnol. S.O
Bike Sampa, qui compte 1 800 inscrits un mois après son lancement, sera totalement opérationnel une fois que le fabricant aura équipé les bicyclettes de rétroviseurs, accessoire obligatoire requis par le code de la route brésilien.
Au Brésil, le cycliste est un usager de la route à haut risque
Le cycliste est, comme le piéton, persona non grata dans la capitale pauliste. Et pourtant il a autant de droits que les automobilistes. Selon la loi, lorsqu'il n'existe niciclovia (piste cyclable séparée), ni ciclofaixa (piste cyclable marquée sur la route), la voie publique doit être partagée entre tous les véhicules qui y circulent (art 58 du Code de la route).
Les véhicules les plus importants ont l'obligation d'assurer la sécurité des véhicules mineurs (art 29-2), en respectant une distance de sécurité minimale de 1,5 mètres et en réduisant la vitesse, en cas de dépassement.
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Ciclovia de Tiêté
page facebook de Bicicreteiro
Malgré ces règles, la majorité des automobilistes continuent d'agir comme si les cyclistes n'avaient aucun droit de circuler sur la voie publique, mettant leur vie en danger. En 2010, 1 460 cyclistes ont trouvé la mort sur les routes brésiliennes.
A São Paulo, le cycliste est un acteur du développement durable sans moyens
Alors que Rio compte 270 kilomètres de voies cyclables, São Paulo atteint tout juste les 100 kilomètres de structures destinées aux cyclistes. Ces structures reroupent les ciclovia (dont 16 km à l'intérieur des zones vertes), les ciclofaixa (dont 45 km de pistes réservées seulement le dimanche et les jours fériés) et les ciclorrota (voies partagées, signalisées au sol).
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Ciclorrota dans le quartier de Lapa
page facebook de Bicicreteiro
Et les promesses d'aménagement de la Mairie de São Paulo sont loin d'être réalisées. Sur les 100 km supplémentaires promis d'ici la fin 2012, seuls 18 km ont été réalisés, soit une moyenne de 4,5 km par an. Dans une ville où les problèmes de circulation sont quotidiens (défaillance des transports publics, embouteillages, pollution), il est plus que jamais temps que les autorités municipales se penchent sérieusement sur la question, à quelques jours maintenant du Rio+20. 
Par Solange Orssaud






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