4 692 Français (31,48%) inscrits sur les listes électorales au Brésil ont voté samedi 5 mai pour le second tour de l'élection présidentielle. François Hollande arrive en tête sauf à Rio de Janeiro, São Paulo.
Résultats par bureaux de vote au Brésil
Brasilia : 335 votants (39,69% de participation) - Hollande 62,96%
Belem : 59 votants (19,34%) - Hollande 60,34%
Recife : 152 votants (29,51%) - Hollande 61,18%
Natal : 90 votants (50,28%) - Hollande 58,43%
Fortaleza : 89 votants (26,97%) - Hollande 57,47%
Salvador : 148 votants (28,35%) - Hollande 58,50%
Rio de Janeiro : 1515 votants (29,28%) - Sarkozy 50,87%
Belo Horizonte : 166 votants (24,63%) - Hollande 51,25%
São Paulo : 1966 votants (35,66%) - Sarkozy 61,44%
Curitiba : 185 votants (20,93%) - Hollande 50,27%
Brasilia : 335 votants (39,69% de participation) - Hollande 62,96%
Belem : 59 votants (19,34%) - Hollande 60,34%
Recife : 152 votants (29,51%) - Hollande 61,18%
Natal : 90 votants (50,28%) - Hollande 58,43%
Fortaleza : 89 votants (26,97%) - Hollande 57,47%
Salvador : 148 votants (28,35%) - Hollande 58,50%
Rio de Janeiro : 1515 votants (29,28%) - Sarkozy 50,87%
Belo Horizonte : 166 votants (24,63%) - Hollande 51,25%
São Paulo : 1966 votants (35,66%) - Sarkozy 61,44%
Curitiba : 185 votants (20,93%) - Hollande 50,27%
Que dit la presse brésilienne ?
Craintes face à l'Europe, une vague socialiste s'abat sur la France et portraits d'un " homme normal ", encore peu connu il y a un an, sont les principaux thèmes des éditorialistes et blogueurs de la presse brésilienne à l'issue du scrutin.
Craintes face à l'Europe, une vague socialiste s'abat sur la France et portraits d'un " homme normal ", encore peu connu il y a un an, sont les principaux thèmes des éditorialistes et blogueurs de la presse brésilienne à l'issue du scrutin.
La courte victoire de Hollande affaiblit la France
L'Europe est au le centre des préoccupations de l'article de Fabio Alves, de l'Agence Estadão.
L'Europe est au le centre des préoccupations de l'article de Fabio Alves, de l'Agence Estadão.
La courte victoire de Hollande démontre d'abord " une profonde division de l'électorat français " qui devrait avoir des répercussions lors des prochaines élections législatives de juin.
Fabio Alves a interrogé José Augusto Guilhon Albuquerque, professeur de relations internationales au centre d'études avancées de l'Unicamp. Pour ce dernier, cette division pourrait, sur le plan européen, générer " une incapacité de la France de peser de façon décisive dans une sens ou l'autre, que ce soit pour appuyer la politique actuelle commandée par Angela Merkel ou pour s'y opposer ".
Pour Albuquerque, Hollande ne devrait pas rompre totalement avec le pacte fiscal proposé par Angela Merkel, mais il devrait " faire pression pour une politique de relance afin de réduire le chômage et lutter contre la faiblesse de l'économie française, qui sont à l'origine des tensions ".
Le journaliste conclut son article sur l'idée qu'en Europe, au regard des dernières élections en Grèce, au Danemark ou en Allemagne, le vote des électeurs est davantage un vote sanction qu'un message clair d'appartenance à une ligne politique.
" Les gouvernements, qu'ils soient du centre-droit ou du centre-gauche, sont discrédités et il n'y a pas de message clair des électeurs pour un parti de droite ou de gauche " précise Albuquerque.
Bonne chance, président (il va en avoir besoin)
C'est également sur le registre européen que Caio Blinder, correspondant pour Veja à New York, commente, avec un humour acide, la victoire de François Hollande " après le vote de sortie qui a guillotiné le président bling-bling Nicolas Sarkozy ".
Il souhaite " bonne chance " au nouveau président qui va se trouver tiraillé entre la révolte de ses citoyens qui ont voté contre l'austérité, " les ayatollahs de l'austérité à Berlin et Francfort " et le prochain verdict des marchés financiers.
Avec un État qui consomme 56% du PIB français, qui n'a pas réussi à équilibrer son budget depuis les années 70 et qui a les impôts les plus élevés du monde, Hollande devra-t-il " déclarer la guerre à Angela Merkel ou ériger des barricades à Paris ? " s'interroge le journaliste.
Caio Blinder pense qu'il peut bien exister " quelque palliatifs pour soulager la douleur, mais certainement pas un élixir vénéneux que pourrait avaler le peuple français ". Mais le risque politique demeure et il pourrait bien ramener le peuple français sur la place de la Bastille " non pas pour célébrer, mais pour demander la tête de Hollande ".
" Bonne chance, président " conclut le journaliste, en français dans le texte.
La victoire de Hollande confirme la vague de gauche en France
Pour Andrei Netto, la victoire de François Hollande préfigure que le Parti Socialiste sera le grand gagnant aux prochaines élections législatives de juin. Pour lui, il est difficile qu'il en soit autrement avec un président de la République, un premier ministre, ainsi que 60 départements et la majorité des villes françaises socialistes.
" Ce sera la plus grande domination d'un parti de gauche depuis la Révolution française de 1789 ", écrit-il dans son blog du journal l'Estadão.
Ces élections représentent également la plus grande déroute dans l'histoire de l'UMP, cristallisée par une erreur tactique de taille : le rapprochement progressif avec l'extrême droite et les idées du Front National " qui ont conduit à une politique de la terre brûlée ".
Il conclut par une comparaison avec l'Europe, en disant que la France va à contre-courant de ce qui se passe chez ses voisins où, dans 25 pays membres de l'Union Européenne sur 27, les gouvernements sont plutôt du centre droit, libéraux conservateurs et où le discours est passé de " l'austérité " à " la croissance ".
Hollande : le fils d'un extrémiste de droite mène la gauche au pouvoir
L'article de Fernando Eichenberg, correspondant de O globo, s'attache à retracer le chemin d'un candidat qui a su, avec patience, se porter à l'Elysée.
L'article de Fernando Eichenberg, correspondant de O globo, s'attache à retracer le chemin d'un candidat qui a su, avec patience, se porter à l'Elysée.
Si Hollande s'est affirmé comme un social-démocrate " professionnel ", pour rompre avec la ligne politique paternelle, il n'était pas parvenu, jusqu'à aujourd'hui, à se donner une image de leader national.
" Il était considérée comme un politique " mou ", maladroit, incapable de défendre avec vigueur et conviction ses opinions, surnommé le "guimauve vivant ", écrit le journaliste.
Mais, avec force de patience, d'obstination et l'appui de sa nouvelle relation amoureuse, la journaliste Valérie Trierweiler, " le fade " Hollande a réussi à changer son image, a levé le ton pour remporter les élections présidentielles, " le même que celui qu'il avait adopté quand il avait 26 ans et qu'il se présentait face à Jacques Chirac aux élections législatives de 1981, en Corrèze " .
Il n'en reste pas moins que le nouveau président de la France aura comme défi " de prouver que les votes qui l'ont élu l'ont été davantage pour un projet de gouvernement que pour une solution anti-sarkozy ", conclut le journaliste.
François Hollande, la victoire d'un " homme normal "
Leneide Duarte-Plon est journaliste free-lance à Paris. Dans un article du Observatorio da Impresa, elle dresse également le portrait du nouveau président des Français.
Elu sur une victoire plus serrée (51,59% contre 48,41%) que ne le prévoyaient les sondages, François Hollande, " l'hériter politique de l'autre François ( Mitterrand ) " remporte sa seconde victoire sur Nicolas Sarkozy, la première datant de 1999, lorsqu'il a remporté les élections pour le Parlement Européen.
L'homme au " talent politique " qui a rencontré Lula, en octobre dernier, a reconnu en l'ex-président du Brésil, qu'il était " la gauche efficace, la seule qui compte ", puisqu'il a terminé son mandat avec avec 80% d'adhésion.
En opposition à l'hyperprésident Sarkozy " qui a voulu occuper tous les espaces ", Hollande s'est positionné, au cours de sa campagne, comme un " homme normal ".
La journaliste retient que, dans son premier discours aux Français, à Tulle, François Hollande se présente comme un homme de justice qui " promet que tous les français seront traités avec égalité " et dont la priorité sera " la réorientation de l'Europe pour un retour à l'emploi et à la croissance ".
Par Solange Orssaud
[ Source : bresil.aujourdhuilemonde.com ]

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