Il y a une nouvelle catégorie à inscrire sur la liste des espèces en voie de disparition à Berne: les chefs de groupe parlementaire capables de s’exprimer couramment dans deux langues nationales.
L’élection du socialiste Andy Tschümperlin en est la dernière preuve. Le Schwytzois a été préféré à la zurichoise Jacqueline Fehr, pourtant parfaitement à l’aise en français.
Cet avantage sur le papier ne vaut plus rien au moment du choix. D’autres critères ont prévalu, et la première interview en français d’Andy Tschümperlin avait tout de l’examen de langue. La journaliste était partagée entre l’envie de souffler des mots et un certain agacement. Et le tout nouveau chef de groupe ne cachait pas à quel point ce passage obligé était une corvée dont il se serait bien passé.
Le Parti socialiste n’est de loin pas le seul dans ce cas. Verts libéraux, bourgeois démocrates, démocrates du centre… autant de groupe dirigés par des alémaniques qui ne veulent ou ne peuvent pas parler français.
La libérale-radicale Gabi Huber se débrouille à peine, le Vert Antonio Hodgers s’améliore en allemand. En fait seul le démocrate chrétien Urs Schwaller est capable d’officier de part et d’autre de la Sarine.
Bien sûr, chaque groupe parlementaire a pris le soin de nommer un vice-président romand. Mais si on n’y prend pas garde, il deviendra un jour tout à fait normal d’avoir un personnel politique différent en Suisse allemande et romande. La cohésion nationale passe beaucoup par notre capacité à échanger. D’ailleurs la Suisse s’est dotée il y a deux ans d’une loi sur les langues, qui veut justement renforcer le plurilinguisme des individus et des institutions. Navrant que l’exemple ne viennent pas aussi du politique.
Chrystel Domenjoz
L’élection du socialiste Andy Tschümperlin en est la dernière preuve. Le Schwytzois a été préféré à la zurichoise Jacqueline Fehr, pourtant parfaitement à l’aise en français.
Cet avantage sur le papier ne vaut plus rien au moment du choix. D’autres critères ont prévalu, et la première interview en français d’Andy Tschümperlin avait tout de l’examen de langue. La journaliste était partagée entre l’envie de souffler des mots et un certain agacement. Et le tout nouveau chef de groupe ne cachait pas à quel point ce passage obligé était une corvée dont il se serait bien passé.
Le Parti socialiste n’est de loin pas le seul dans ce cas. Verts libéraux, bourgeois démocrates, démocrates du centre… autant de groupe dirigés par des alémaniques qui ne veulent ou ne peuvent pas parler français.
La libérale-radicale Gabi Huber se débrouille à peine, le Vert Antonio Hodgers s’améliore en allemand. En fait seul le démocrate chrétien Urs Schwaller est capable d’officier de part et d’autre de la Sarine.
Bien sûr, chaque groupe parlementaire a pris le soin de nommer un vice-président romand. Mais si on n’y prend pas garde, il deviendra un jour tout à fait normal d’avoir un personnel politique différent en Suisse allemande et romande. La cohésion nationale passe beaucoup par notre capacité à échanger. D’ailleurs la Suisse s’est dotée il y a deux ans d’une loi sur les langues, qui veut justement renforcer le plurilinguisme des individus et des institutions. Navrant que l’exemple ne viennent pas aussi du politique.
Chrystel Domenjoz
[Source : signature.rts.ch]
Sem comentários:
Enviar um comentário