Qui parle encore gallo dans le Morbihan? Un ancien professeur de collège s'inquiète de la disparition de ce parler ancestral dans l'est de la Bretagne.
Gilbert Guillo est né et réside à Guégon, près de Josselin. Il préfère dire «Djégon». C'est ainsi qu'on prononce le nom de sa commune en gallo. Un sujet qu'il connaît bien puisqu'il vient de publier un premier livre à compte d'auteur sur ses souvenirs d'enfance. Son titre est une forme de boutade: «Morbihan, ton patois fout l'camp... au triple gallo». Aujourd'hui retraité, passionné de lecture et d'écriture, Gilbert Guillo a enseigné le français, 40 ans durant, dans les collèges morbihannais et tout particulièrement dans les collèges du Pays gallo. Car, avant la fracture numérique, il y a eu la fracture linguistique: à l'ouest, la Bretagne bretonnante et, à l'est, la Bretagne gallèse. « La limite communément admise, séparant le breton du gallo, court de Saint-Brieuc au Pays de Guérande ou de Plouha à la Presqu'île de Rhuys. Ainsi, en Morbihan, des communes comme Rohan, Josselin, Malestroit, Elven, Questembert sont en Pays gallo », souligne Gilbert Guillo.
Des gens modestes
Ce livre est tout à la fois un récit et un petit dictionnaire de gallo dont les termes, explique l'auteur, puisent leurs racines étymologiques dans le vieux français, le breton et les langues nordiques. On y trouve mots et expressions pour ne pas être «vendu» en Pays gallo. Il rend hommage en même temps aux gens de la campagne de la période de l'après-guerre, de condition modeste, et à leurs valeurs. Photos et témoignages racontent l'école, les noces villageoises, les travaux agricoles, la religion, les croyances, les anciens métiers comme le bouilleur de cru. Bref, la vie de tous les jours en Pays gallo.
Un sabot au cou
Gilbert Guillo va sur les marchés et dans les médiathèques faire connaître son livre. «Ça me permet de rencontrer aussi des gens qui parlent le gallo», dit-il. Ainsi, à Theix, commune du pays de Vannes, située en limite des deux parlers, où il a croisé Charles Monneraye, natif de Saint-Nicolas-du-Tertre, dans le canton de Malestroit, et Theixois depuis 1955. Tous deux ont pu échanger leurs souvenirs. « J'ai parlé patois (gallo) jusqu'à mes 6 ans. En cours de récréation, ceux du bourg parlaient français et ceux de la campagne, le patois », se rappelle Charles Monneraye. « ÀTheix, c'était interdit, on punissait les enfants en leur mettant un sabot autour du cou », ajoute son épouse. Gilbert Guillo, qui continue à s'exprimer en langue vernaculaire, a écrit pour « témoigner et alerter l'opinion publique sur la disparition progressive du gallo ». Une langue plus menacée que le breton, car elle n'en a pas la littérature. « C'est un livre, dit-il, pour transmettre le patrimoine, reçu en héritage, aux générations futures ». Heureuse surprise: ce sont davantage les jeunes que les personnes âgées qui achètent son ouvrage mais aussi des Anglais, venus vivre en Bretagne... Contact Tél.02.97.22.25.91. Courriel: guillo.gilbert@wanadoo.fr
Des gens modestes
Ce livre est tout à la fois un récit et un petit dictionnaire de gallo dont les termes, explique l'auteur, puisent leurs racines étymologiques dans le vieux français, le breton et les langues nordiques. On y trouve mots et expressions pour ne pas être «vendu» en Pays gallo. Il rend hommage en même temps aux gens de la campagne de la période de l'après-guerre, de condition modeste, et à leurs valeurs. Photos et témoignages racontent l'école, les noces villageoises, les travaux agricoles, la religion, les croyances, les anciens métiers comme le bouilleur de cru. Bref, la vie de tous les jours en Pays gallo.
Un sabot au cou
Gilbert Guillo va sur les marchés et dans les médiathèques faire connaître son livre. «Ça me permet de rencontrer aussi des gens qui parlent le gallo», dit-il. Ainsi, à Theix, commune du pays de Vannes, située en limite des deux parlers, où il a croisé Charles Monneraye, natif de Saint-Nicolas-du-Tertre, dans le canton de Malestroit, et Theixois depuis 1955. Tous deux ont pu échanger leurs souvenirs. « J'ai parlé patois (gallo) jusqu'à mes 6 ans. En cours de récréation, ceux du bourg parlaient français et ceux de la campagne, le patois », se rappelle Charles Monneraye. « ÀTheix, c'était interdit, on punissait les enfants en leur mettant un sabot autour du cou », ajoute son épouse. Gilbert Guillo, qui continue à s'exprimer en langue vernaculaire, a écrit pour « témoigner et alerter l'opinion publique sur la disparition progressive du gallo ». Une langue plus menacée que le breton, car elle n'en a pas la littérature. « C'est un livre, dit-il, pour transmettre le patrimoine, reçu en héritage, aux générations futures ». Heureuse surprise: ce sont davantage les jeunes que les personnes âgées qui achètent son ouvrage mais aussi des Anglais, venus vivre en Bretagne... Contact Tél.02.97.22.25.91. Courriel: guillo.gilbert@wanadoo.fr

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