Normal, ils se sont entraînés sur le fleuve
Les grands éditeurs américains, dans leur résistance face à Amazon,
ce sont méchamment abîmés avec Apple dans une histoire d'entente sur les prix
des livres numériques. La méthode brésilienne est bien plus efficace : profitant
de l'installation tardive d'Amazon dans le pays, les éditeurs ont réussi à
imposer leur politique des prix au géant du e-commerce.
Le fameux contrat de mandat, qui permet à Amazon de casser le prix des livres
électroniques au détriment des souhaits des éditeurs, n'est pas vraiment au goût
du monde du livre brésilien. Les éditeurs du pays ont réussi à définir leurs
propres conditions de ventes auprès du revendeur, c'est-à-dire un prix du livre
électronique 30 à 40 % moins élevé que son équivalent papier (contre 50 %, voire
plus, pour le contrat de mandat d'Amazon).
« Maintenant, les éditeurs contrôlent le prix affiché. La seule condition
d'Amazon est de ne pas accorder à ses concurrents des offres plus avantageuses
que la sienne » explique Camila Cabete, directrice chez Xeriph, un
distributeur de livres numériques qui collaborent avec quelques 163 maisons
d'édition. Inutile de chercher bien loin les raisons du compromis accepté par
Amazon : le marché brésilien de l'eBook est très concurrentiel, et le site n'a
pas l'apanage du e-commerce dont il peut se targuer aux États-Unis.
Objetiva, Planeta (propriétaire du groupe Editis en France), Record, Rocco ou
Sextante se sont déjà plus ou moins partagés les parts de marché du livre
numérique et ont mis en place leur propre plateforme de distribution, la société
Distribuidora de Livros Digitai (DLD). Lancée en mars 2010, la structure a
depuis pris de l'importance et acquis un certain poid économique qui fait
aujourd'hui défaut à Amazon au Brésil.
« Les revendeurs sont importants pour les éditeurs, et restent une
vitrine pour les livres papier. Nous ne voulons pas que ces négociations [avec
Amazon, NDLR] déstabilisent le marché brésilien des revendeurs » confie une
source au sein de la DLD. Le géant du e-commerce ne ménage d'ailleurs pas ses
efforts pour s'implanter dans le pays : elle a lancé coup sur coup un système de
recherche basé sur son cloud, un programme de revente d'objets
d'occasion, et projette d'ouvrir un centre de distribution à Sao Paulo.
Par Antoine Oury
[Source : www.actualitte.com]
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