terça-feira, 4 de julho de 2017

« …Et le monde parlera français » - « La France ne se perçoit pas comme francophone »

Deux spécialistes de la francophonie, professionnels du français langue étrangère (FLE), Marie-Laure Poletti et Roger Pilhion, publient …Et le monde parlera français. Dans cet ouvrage, ils se penchent sur les questions de l’avenir du français comme langue de communication internationale mais aussi sur le rôle à jouer par la France pour diffuser et développer sa langue à travers le monde. 

Dans un monde toujours plus globalisé, il est aisé de constater à quel point la langue anglaise semble avoir pris le pas sur toutes les autres. Son « hégémonie linguistique » est sans précédent dans toute l’histoire de l’humanité. Mais celle-ci pourrait avoir atteint ses limites… Alors que Donald Trump semble « hérisser beaucoup de monde, on est à la recherche de contre-pouvoirs ». Le moment serait donc propice au développement pour de nombreuses langues, certains prévoyant même le déclin de l’anglais dans un futur proche.
La promotion du français dans le monde 
En ce qui concerne son développement et la promotion de sa langue dans le monde, la France est pour sa part loin d’être en reste. Elle a d’ailleurs longtemps fait office de « pionnière en la matière ». En effet, dès 1883 l’Alliance française voit le jour. Rapidement des établissements d’enseignement français sont également implantés à l’étranger, sans compter la création de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en 1970 à Niamey, instiguée toutefois par des chefs d’État de pays francophones, et non par la France elle-même.
Tout cela contribue naturellement au rayonnement international du français. Loin d’être menacée ou d’être une langue en voie d’extinction, notre langue reste même une des grandes langues de communication internationale, pouvant même se développer « sensiblement dans les trente ans qui viennent sur le continent africain ».
Roger Pilhion de nous rappeler à ce titre qu’elle est « la cinquième langue la plus parlée au monde, la seconde langue des médias mais aussi la seconde langue la plus apprise, ou encore la troisième langue des affaires ».
Un désintérêt pour la francophonie ? 
Seulement, rien n’est jamais figé dans le marbre, et alors que les élites sociales semblent se désintéresser de la question francophone, et que nos concitoyens semblent eux aussi entretenir une attitude plutôt ambiguë à l’égard de la francophonie, nombreux sont ceux tentés de baisser les bras face à une puissante langue anglaise. Certains n’hésitant d’ailleurs pas à affirmer que « la langue française est un frein à l’attractivité de la France ». On remarque dans le même temps que les « subventions françaises à la francophonie » n’ont pas cessé de baisser ces dernières années. C’est donc un cri d’alarme que poussent les deux auteurs !
« Ce qui a déclenché l’écriture de ce livre, c’est la contradiction que je vivais entre un discours politique très offensif et la réalité des moyens qui ne cessaient de diminuer », nous explique Roger Pilhion. Il fallait donc écrire.
En commençant à travailler sur la question, Marie-Laure Poletti nous raconte quant à elle avoir été frappée par trois choses. « Premièrement les élargissements successifs de l’OIF à différents pays sans qu’aucun moyen ou pacte linguistique ne soient mis en place. Ensuite, le fait que le Ministère des Affaires Étrangères s’intéresse finalement assez peu à la francophonie et à ses instances, et surtout cette idée que la France ne se perçoit pas du tout comme francophone ».
Interpellé par cette dernière remarque, Jean-Baptiste Lemoyne, sénateur entré au gouvernement comme secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, se définissant comme « un militant de la francophonie », a déclaré qu’en disant que la France ne se sentait pas francophone « tout était dit. Il faut donc prendre son bâton de pèlerin et effectuer un vrai travail auprès des populations, des élites… ».
Avant d’ajouter que ce livre deviendrait « son livre de chevet », et qu’il fallait « construire de belles tours de Babel mais où le français aura quand même une place prédominante ! ».
Pour tout savoir de la langue de Molière et de la francophonie n’hésitez donc pas à parcourir ce livre qui s’adresse aussi bien à « des professionnels du FLE, qu’à des politiques, des professeurs étrangers » ou simplement à des curieux intéressés par le sujet.
Noémie Choimet 

Roger Pilhion, Marie-Laure Poletti, …Et le monde parlera français, 2017, 445 pages.
Le livre est disponible ici. 

[Source : www.lepetitjournal.com

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