quarta-feira, 19 de agosto de 2026

« Redevenir juif » pour s’émanciper du sionisme

La jeunesse juive étatsunienne s’éloigne de plus en plus du sionisme. Cette distanciation se traduit notamment par un regain d’intérêt pour des mouvements historiques tels que le Bund, qui prônait un judaïsme diasporique à l’opposé des dogmes de « l’État juif ». En France, un élan similaire, bien qu’encore timide, voit le jour. Le dernier livre de Michel Feher Redevenir juif s’en fait l’écho.

Détail d’une affiche électorale du Bund, à Kiev, vers 1917. En yiddish : «  Là où nous vivons, c’est là notre pays  !  » Wikimedia Commons

Écrit par Sylvain Cypel

On assiste dans la jeunesse juive américaine à une distanciation importante à l’égard de l’État d’Israël. Elle avait lentement commencé de progresser dès le début des années 2000, mais après le massacre du 7 octobre 2023 elle a littéralement explosé, au vu de la cruauté du comportement des gouvernants israéliens à l’égard des Palestiniens. L’une des manifestations les plus marquantes de cet éloignement est que le terme « sioniste » est devenu une insulte pour une partie de ces jeunes juifs.

Une des formes étonnantes de cette désaffection se manifeste dans le regain progressif de l’intérêt que porte une partie non négligeable d’entre eux à l’histoire du Bund, une organisation juive née à la fin du XIXe siècle. Ainsi, en avril 2026, l’autrice américaine Molly Crabapple a bénéficié d’un succès littéraire important avec la publication d’un livre titré Here where we live is our country (Là où nous vivons est notre pays). Son livre, qui raconte l’histoire du Bund, est resté plusieurs semaines parmi les meilleures ventes des best-sellers du New York Times.

Un judaïsme « diasporique »

Pourquoi ce soudain intérêt pour une organisation ouvrière et culturelle juive qui tenait à la fois du parti, du syndicat et de l’association communautaire ? Née à la fin du XIXe siècle dans la « zone de résidence juive » de l’Europe de l’Est1 elle a disparu à la fin des années 1940. L’intitulé du livre de Crabapple résume tout : les juifs n’ont pas besoin d’aller ailleurs que là où ils sont pour s’émanciper. Et certainement pas d’aller prendre la terre des autres. Ce qui caractérisait particulièrement le Bund2, c’était son progressisme et son antisionisme radical. Il se disait marxiste et prônait l’autonomie culturelle. En octobre 1938, son principal dirigeant, Henrik Erlich, écrivait :

« Si un État juif est un jour fondé en Palestine, son climat spirituel sera le suivant : une peur éternelle de l’ennemi extérieur (les Arabes), une lutte sans fin contre l’ennemi intérieur (les Arabes) pour chaque petit lopin de terre, pour le moindre poste de travail. Est-ce là le genre de climat dans lequel la liberté, la démocratie et le progrès peuvent s’épanouir ? N’est-ce pas au contraire le climat dans lequel prospèrent le chauvinisme et les tendances réactionnaires ?3 »

Bref, pour vivre dans un monde meilleur, les juifs n’avaient pas besoin d’établir un État en expulsant ses habitants. Cette idée mènerait au pire.

C’est ce « climat » désormais porté jusqu’à son paroxysme génocidaire par le sionisme qui amène les jeunes juifs américains à s’intéresser à ce que fut le Bund. Non parce ce parti pourrait aujourd’hui se régénérer : il a disparu dans le génocide juif, et ses quelques dirigeants qui sont restés, Joseph Staline s’est occupé de les assassiner. Mais le regain actuel d’intérêt pour le Bund incarne la possibilité d’une vie juive autre que guidée par le messianisme, le suprémacisme ethnique juif et le culte de « Tsahal, l’armée la plus morale au monde ». Ce regain aspire, à l’inverse, à pouvoir vivre un judaïsme « diasporique » intrinsèque. Sait-on qu’un phénomène identique se développe désormais aussi en France, certes à un niveau beaucoup moins développé, mais réel et croissant ? Le livre du philosophe Michel Feher, Redevenir juif, est l’un des premiers, en France, à poser les jalons d’une réflexion sur un possible nouveau « diasporisme » émancipé du poids du sionisme, après le manifeste du collectif Tsedek ! publié en février 2026.

Une proximité idéologique entre sionistes et antisémites

On a là affaire à un livre savant. Autant sur le passé du mouvement sioniste que sur son actualité. Par exemple sur les liens qui unissent la droite sioniste américaine aux diverses fractions de Maga, et tout particulièrement celles qui entretiennent des propensions antisémites ; sur le pourquoi de ces étonnantes alliances, mais aussi sur les tensions internes qu’elles suscitent. Lorsque l’influenceur de premier plan de la mouvance Maga Charlie Kirk est assassiné, « Candace Owens, l’enfant terrible du mouvement, fait courir le bruit que Kirk a été liquidé… par le Mossad », note Feher. Le vice-président américain J. D. Vance, pour sa part, promet à ses partisans qu’ils vivront bientôt « dans une nation chrétienne où ils n’auront plus jamais à s’excuser d’être blancs ». Voilà qui va rassurer les juifs américains… C’est cette atmosphère ambivalente de liens de grande proximité idéologique entre le sionisme et le régime de Donald Trump — c’est-à-dire le suprémacisme blanc, le mépris pour le droit international, l’ethnonationalisme religieux, etc. —, proximité liée à une poussée antisémite importante qui ne ressort pas des milieux « islamo-gauchistes », mais précisément du sein même de Maga — « pour les amateurs de complots (…), les juifs demeurent des objets de phobie difficilement remplaçables », écrit Feher — c’est donc bien cette atmosphère nauséabonde, validée par les plus hauts dirigeants israéliens, qui amène les jeunes juifs américains à chercher aujourd’hui une alternative au dogme sioniste.

La dernière partie de l’ouvrage est consacrée au débat autour de la figure du juif comme paria. On y retrouve entre autres, mais sans surprise, le rapport de Hannah Arendt à cette thématique, et celle d’un précurseur moins connu : Bernard Lazare, un juif français « assimilé » que l’affaire Dreyfus transforme initialement en militant très actif de la lutte contre l’antisémitisme, puis en porte-voix du sionisme. Il prend la parole au deuxième Congrès sioniste en 1898, avant… de s’en détourner et de rompre avec son fondateur, Theodor Herzl. Dans les deux cas, il s’agit de deux intellectuels juifs qui, attirés un premier temps par le sionisme, en viennent à manifester à son égard le plus grand scepticisme. Cette rupture est souvent celle dans laquelle s’engagent de plus en plus de jeunes juifs américains.

Dans son livre exceptionnel Le Siècle juif (La Découverte, 2008), qui traite du destin des juifs d’Europe centrale et orientale du milieu du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe, Yuri Slezkine divise l’humanité entre les « apolliniens » et les « mercuriens ». Les premiers symbolisent l’enracinement dans la glaise, l’ethnicisme, la pensée grégaire. Les seconds sont des passeurs : passeurs de frontières, passeurs d’idées. Les juifs qu’il étudiait étaient révolutionnaires, cosmopolites et universalistes, et il les voyait comme l’incarnation du type mercurien. Slezkine se préoccupait peu des sionistes, champions du nationalisme ethniciste.

Cinq ans plus tard, Enzo Traverso consacrait un ouvrage à « la fin de la modernité juive » (La Découverte, 2013). Le succès du sionisme comme celui de l’insertion des juifs aux États-Unis avaient consacré, selon lui, leur transition de la révolution vers le conservatisme.

Feher induit que Traverso pourrait bien s’être trompé. Les campus américains sont désormais remplis de jeunes juifs en passe de rupture radicale avec Benyamin Nétanyahou et consorts. Mais parviendront-ils à leurs fins ? Réussiront-ils à élargir leurs rangs au-delà des États-Unis ? L’auteur ne tranche pas, les temps présents étant plus qu’incertains. En attendant, il craint visiblement que « le coming out spartiate » d’Israël proclamé par Nétanyahou récemment ne conduise à une nouvelle « déportation massive des Palestiniens », une idée dont il constate qu’elle « fait l’objet d’un large consensus » dans la population juive israélienne. « Redevenir juif » pourrait prendre du temps.  

[Source : www.orientxxi.info]

terça-feira, 18 de agosto de 2026

La nuesa de la veritat: «Res més viu», de Vicent Penya

En tots i cadascun dels aforismes, s'hi revela una d'aquestes veritats absolutes que s'imposa per si mateix, no per dret diví o imposició autoritària, sinó per la pura contundència dels fets que l'autor descriu. 

Vicent Penya

Escrit per Antoni Rovira

Tots els gèneres gairebé sense excepció, en major o menor mesura, pouen del lent, silent i sovint dolorós treball de la reflexió humana. Hi ha llibres i poemaris bastits amb un respecte gairebé litúrgic per la feina ben feta, pastats amb més temps del necessari a força de llegir, rellegir, esmenar i tornar a llegir per oferir finalment un text impecable, polit fins a l’extenuació. Són exercicis d’orfebreria que busquen la perfecció formal i el rigor acadèmic. Tanmateix, aquest excés de zel, aquesta obsessió per la simetria i la pulcritud, sovint neix llastat per la cotilla d’allò socialment correcte. En l’afany de complaure o de no desentonar, l’autor acaba diluint la força original del pensament en un mar de sentimentalismes previsibles i concessions al lector benpensant.

Però hi ha un gènere rebel que escapa sistemàticament a aquesta domesticació burgesa i a les convencions acadèmiques: l’aforisme, el qual no admet greixos, ni preàmbuls, ni explicacions de compromís. És la literatura en el seu estat més pur i concentrat, un desafiament directe a la mandra intel·lectual de la societat de consum. Mentre els altres gèneres necessiten pàgines i pàgines per a justificar la seua existència, l’aforisme en té prou amb una línia per a fer trontollar tot un sistema de creences establert.

Davant la nuesa d’un aforisme el dimoni no té temps de temptar ningú. No hi ha espai per a la distracció, ni per a la decoració supèrflua, ni per a les mitges tintes; és un gènere d’acció ràpida, directa i contundent, que actua sobre la consciència exactament com una bala de canó. L’aforisme té la virtut moral —i gairebé física— de despullar la realitat sense demanar permís, convertint la paraula en un colp d’intel·lecte que desconcerta el lector i l’obliga a situar-se, de sobte, davant els seus propis abismes i contradiccions quotidianes.

Escriure un bon aforisme requereix la mateixa sang freda que es necessita per a disparar un projectil amb precisió mil·limètrica: qualsevol desviació, qualsevol ornament innecessari, en destrueix l’eficàcia immediatament. No és un adorn per a la conversa de saló, sinó un instrument de legítima defensa intel·lectual contra el soroll de fons que amenaça d’anestesiar-nos la ment.

Com a docent, sovint em trobe en la difícil, però apassionant tessitura d’explicar conceptes complexos mitjançant definicions senzilles i exemples propers, una gosadia pedagògica que no sempre està exempta de malentesos i de debats acarnissats a les aules. Recorde molt bé el dia que intentava explicar als meus alumnes de batxillerat els aforismes de Joan Fuster. Buscant una fórmula rotunda que els desvetllés l’interés, els vaig dir, amb una certesa gairebé mística, que un aforisme es forja sempre sobre una veritat absoluta.

La reacció, per descomptat, no es va fer esperar en un grup de joves criats en l’escepticisme de l’era digital: un parell d’alumnes protestaren de seguida, argumentant amb vehemència que aquelles sentències no eren més que meres valoracions personals de l’escriptor de Sueca, opinions disfressades d’autoritat. Davant la manca de temps crònica dels nostres plans d’estudi i el caràcter purament tangencial de la lliçó, vam haver de deixar-ho córrer per a passar al següent tema de l’examen.

Però la disputa intel·lectual va quedar suspesa en l’aire com un repte personal. Al capdavall, tenien raó els alumnes o la tenia el professor? La resposta, tal com ens va ensenyar el mateix Fuster, és que potser totes dues coses són certes: l’aforisme és una valoració personal tan radicalment subjectiva i tan profundament meditada que, en el moment de ser escrita, adquireix la solidesa i el pes d’una veritat absoluta per a qui la llegeix amb ulls nets. 

                                                Vicent Penya, Res més viu, Onada (2026)

Avui, tanmateix, amb la lectura pausada de Res més viu, el darrer llibre d’aforismes de Vicent Penya, he trobat la confirmació definitiva a la meua tesi de l’aula, ara purificada a través del filtre del fusterianisme més lúcid i exigent. En cada pàgina del volum, en tots i cadascun dels aforismes de Penya, s’hi revela una d’aquestes veritats absolutes que s’imposa per si mateix, no per dret diví o imposició autoritària, sinó per la pura contundència dels fets que l’autor descriu. Són veritats sovint acompanyades d’exemples vitals molt propers, observacions del dia a dia que les sostenen davant del lector amb la fermesa d’un mur de formigó armat.

Penya ens lliura, ras i curt, la certesa nua d’un observador que es nega a tancar els ulls davant la comèdia humana. I ho fa amb l’escepticisme actiu d’aquell qui sap que escriure aforismes no és dictar sentència des d’un púlpit per a guanyar adeptes, sinó convidar el lector a dubtar i a pensar amb nosaltres. En aquests textos curts, d’una precisió quasi de rellotger o de cirurgià, es respira l’alè de qui entén que la literatura és, per damunt de tot, una eina d’higiene mental contra els dogmes de qualsevol signe i la mandra còmoda del ramat.

D’aquesta manera, l’estil de Penya connecta de ple amb la millor tradició fusteriana, aquella que es nega a acceptar les veritats heretades i prefereix passar-ho tot pel sedàs de la ironia i el sentit crític. Fuster escrivia per desvetllar adormits, i Vicent Penya sembla compartir exactament la mateixa fita en Res més viu. Els seus aforismes ens recorden que pensar continua sent un exercici de resistència individual en un món que ens voldria a tots uniformats i silents sota el pes de la bajanada globalitzada.

Llegir aquest recull és, en definitiva, constatar que contra la xerrameca buida i la retòrica ensopida de l’època contemporània només ens queda la trinxera de la intel·ligència curta, afilada i sense concessions. En un ecosistema comunicatiu saturat de missatges buits i proclames de consum ràpid, els aforismes de Vicent Penya s’alcen com els dics indispensables per a contenir la intolerable riuada de la insignificança que ens amenaça de mort intel·lectual. Al capdavall, per a dir les poques coses que realment importen en aquesta vida, hi ha ben poques coses més vives que una veritat llançada a la cara amb la brevetat justa de qui no té cap intenció de perdre el temps ni, molt menys, de fer-nos-el perdre a nosaltres. 

Per un futur reflexiu i antidogmàtic, 

Amén.

 

[Font: www.diarilaveu.cat]

Le « B » a-t-il disparu ? Dans quelle mesure le Brésil pourrait-il quitter le BRICS en cas de changement de président ?

La victoire de l’adversaire de da Silva aux élections brésiliennes pourrait constituer la principale réussite de Trump dans sa volonté d’affaiblir la Russie et la Chine 


Écrit par Dmitri Rodionov

La campagne présidentielle débute le 16 août au Brésil et s’achèvera le 4 octobre.

Bien que 13 candidats soient en lice, tout le monde comprend que la lutte principale opposera l’actuel chef de l’État, Lula da Silva (Parti des travailleurs), et le fils de l’ancien président condamné Jair Bolsonaro, Flávio (Parti libéral).

Le premier est considéré comme un homme politique de gauche et un partisan de l’intégration au sein du BRICS, tandis que le second est perçu comme un homme de droite, un partisan de Trump et un partisan de la sortie de ce groupement réunissant la Russie et la Chine.

Selon le sondage Nexus/BTG Pactual, réalisé du 31 juillet au 2 août, Lula est actuellement en tête avec 41 %, contre 37 % pour Bolsonaro.

Il convient de noter que, par rapport aux précédents sondages, l’écart entre les deux candidats s’est réduit de 5 points de pourcentage.

Si Bolsonaro l’emporte, cela marquera-t-il le début d’un revirement radical de l’orientation géopolitique du Brésil, comme cela a été le cas chez son voisin, l’Argentine ? Un tel scénario ne semble plus relever de la fiction…

— En cas de victoire de Flávio Bolsonaro, ce qui est très probable, les chances sont de 50-50, affirme Daria Mitina, secrétaire du Comité central du Parti communiste russe.

— La rhétorique électorale est une chose, la mise en œuvre concrète en est une autre. Comme on le sait, l’Argentine, sous les Kirchner, avait elle aussi activement cherché à rejoindre le BRICS et avait même déposé une candidature, mais, naturellement, avec l’arrivée de Milei, la question s’est en quelque sorte réglée d’elle-même.

C’est une chose de déposer une candidature et d’affirmer rhétoriquement sa volonté d’adhérer. C’en est une autre de faire partie du BRICS et de bénéficier, par conséquent, de tous les programmes, projets et avantages offerts par le BRICS.

Il ne s’agit pas ici d’alliances politiques, j’insiste, mais d’une coopération purement économique. Et dans ce contexte, bien sûr, bénéficier des avantages offerts par la coopération avec la Chine et la Russie est un atout auquel on ne renonce pas.

D’autant plus que Bolsonaro, malgré toute son obstination, comprend parfaitement qu’une chose est d’être l’ami de Trump en paroles, et une autre est de comprendre que l’administration américaine n’est jamais une amie au point de prendre entièrement en charge tel ou tel problème économique de ses amis. Autrement dit, l’amitié est une chose, et les affaires en sont une autre.

Or, le Brésil est l’un des membres les plus actifs du BRICS, et il tire de réels « avantages » de cette adhésion. Il est donc peu probable que les bénéfices économiques soient sacrifiés au profit de la rhétorique politique.

Bolsonaro, certes, est un homme de droite classique, mais ce n’est pas un fou, ni un voyou du genre de Milei. Milei est capable de scier la branche sur laquelle il est assis au nom de ses propres délires. Mais ni Jair Bolsonaro, ni son fils ne se sont jamais comportés ainsi.

C’est pourquoi, même en cas de victoire de Bolsonaro, une sortie du BRICS resterait très probablement une mesure extrême. Elle pourrait se produire sous la forte pression des États-Unis, mais il me semble que les États-Unis ont pour l’instant d’autres priorités.

— On peut établir des parallèles prudents avec la campagne présidentielle brésilienne de 2022, lorsque le président sortant de l’époque, Jair Bolsonaro, avait obtenu, tant au premier qu’au second tour, un score plus élevé que ne le laissaient présager de nombreux sondages, même s’il s’était classé deuxième dans les deux cas, — note Mikhaïl Neizhmakov, directeur des projets analytiques de l’Agence de communication politique et économique.

— Au second tour, Luiz Inácio Lula da Silva a toutefois battu son prédécesseur avec une marge minime : 50,9 % contre 49,1 % des voix. Jair Bolsonaro a alors obtenu un résultat meilleur que prévu, malgré un lourd passif, notamment les critiques dont il a fait l’objet concernant les mesures prises par les autorités centrales pendant la pandémie. Il reste encore du temps avant les élections d’octobre 2026.

Mais Flávio Bolsonaro a bel et bien des chances, au minimum, de mener la situation vers un scénario où l’issue finale de la campagne se jouera au « photo-finish ».

De plus, quelle que soit l’issue de la campagne, il y a de fortes chances que des manifestations de grande ampleur soient organisées par les partisans du candidat clé qui perdra les élections.

« SP » : On avait aussi fait peur au sujet du père Bolsonaro, en disant qu’il ferait sortir le pays du BRICS, mais il a eu la sagesse de ne pas le faire. Et qu’en est-il du fils ?

— Il faut tenir compte du fait que, si Flávio Bolsonaro remportait la victoire, la première moitié de son mandat coïnciderait avec les deux dernières années de Donald Trump à la Maison Blanche.

Pour Trump lui-même, le mandat présidentiel actuel est, comme on le sait, le dernier, mais il voudra très probablement disposer d’un maximum d’atouts en main afin d’influencer également l’issue de la campagne présidentielle américaine de 2028.

Et Trump souhaiterait manifestement avoir en réserve un sujet d’actualité aussi important que le retrait théorique du Brésil du BRICS, afin de l’invoquer comme exemple de sa victoire en matière de politique étrangère.

Autrement dit, Trump aura, à tout le moins, des raisons d’essayer d’obtenir de Flávio Bolsonaro que le Brésil se retire du BRICS.

« SP » : Dans quelle mesure le retrait du Brésil du BRICS est-il envisageable ? Et quelles pourraient être les conséquences d’une telle décision pour le Brésil lui-même ?

— En soi, le retrait du Brésil du BRICS ne comporterait peut-être pas tant de risques pour le Brésil. Même si, là encore, certains facteurs poseraient problème : par exemple, de nombreux projets dans le pays sont actuellement financés par la Nouvelle banque de développement, créée sous l’égide du BRICS.

Mais il faut tenir compte du fait que la rupture du pays avec le BRICS ne serait guère bien accueillie par la Chine, qui est le principal partenaire commercial du Brésil. Cela dit, Pékin est également intéressé par les importations en provenance du Brésil, notamment le pétrole et le minerai de fer. Autrement dit, même une rupture hypothétique du Brésil avec les BRICS n’entraînerait probablement pas, au final, un éloignement radical du pays par rapport à la Chine.

On peut citer l’exemple de Jair Bolsonaro, qui, au cours de sa campagne présidentielle, accusait la Chine de « racheter le pays », mais qui, une fois au pouvoir, a finalement poursuivi ses contacts actifs avec Pékin.

«SP» : Et pour le BRICS ? Cela pourrait-il ébranler les fondements et l’idée même de cette alliance ?

— Le BRICS n’impose toutefois pas d’engagements stricts à ses membres vis-à-vis de cette plateforme.

Cela peut décevoir les observateurs qui souhaiteraient voir dans cette structure un contrepoids solide aux alliances dominées par les acteurs occidentaux. Dans le même temps, le retrait hypothétique d’un des participants dans cette situation poserait davantage des défis en termes d’image pour la plateforme. Une telle mesure hypothétique aurait toutefois une incidence sur l’équilibre au sein du BRICS. Cependant, ce simple changement de président au Brésil aurait également une incidence sur cet équilibre.

 

[Source : Svpressa - reproduit sur www.groupegaullistesceaux.fr]

Relatora de ONU: Israel delega en colonos supremacistas la coerción contra los palestinos

Francesca Albanese denunció el asedio de colonos israelíes a la aldea de Qusra, en Cisjordania ocupada, y lo calificó de “increíble y absolutamente vergonzoso”.

Soldados israelíes montan guardia junto a colonos frente a viviendas palestinas en la aldea de Qusra, al sur de Nablus, en la Cisjordania ocupada, 12 de agosto de 2026.

Los colonos supremacistas israelíes mantienen cercada desde hace más de una semana la aldea de Qusra, al sureste de Nablus, en la Cisjordania ocupada, privando a varias familias palestinas de todo acceso a alimentos, agua y asistencia médica. 

En este sentido, la relatora especial de Naciones Unidas para los Territorios Palestinos Ocupados, Francesca Albanese, afirmó que “Israel ha delegado la coerción en los colonos y está impulsando violentamente la limpieza étnica de Palestina a través de ellos. Como dijeron ministros israelíes hace dos años, una vez que terminen con Gaza, pasarán a Cisjordania”. 

Albanese señaló que las acciones en curso eran “increíble y absolutamente vergonzosas” y criticó a la comunidad internacional por permitir que continúen. 

La Organización de Naciones Unidas (ONU) advirtió en un comunicado emitido el domingo sobre una escalada peligrosa y sin precedentes de los ataques del ejército de ocupación israelí y los colonos contra los palestinos en Cisjordania. 

Señaló que los palestinos enfrentan asesinatos sistemáticos y desplazamientos forzados generalizados, que afectan a un gran número de comunidades residenciales y beduinas. 

Asimismo, indicó que los ataques han dejado cientos de palestinos gravemente heridos, además de causar amplios daños a propiedades e infraestructuras, incluidos incendios de viviendas y mezquitas y la destrucción de redes de agua y bienes privados, bajo la cobertura y protección directa de las fuerzas de ocupación. 

A su vez, la directora principal de Investigación, Incidencia Política y Campañas de Amnistía Internacional, Erika Guevara Rosas, condenó el asedio de viviendas palestinas afirmando que los horrores en Qusra no son un hecho aislado, sino parte de un patrón de terrorismo de colonos coordinado y respaldado por Israel, con el objetivo de desplazar a los palestinos de la Cisjordania ocupada.

Los ataques de los colonos en la Cisjordania ocupada se han intensificado desde que Israel inició su guerra contra la Franja de Gaza en octubre de 2023.

Datos oficiales de Naciones Unidas muestran que grupos de colonos armados han perpetrado cerca de 3000 ataques desde comienzos de 2025, dirigidos contra localidades, aldeas y tierras agrícolas palestinas en distintas provincias de la Cisjordania ocupada.

ayk/tqi

 

[Fuente: www.hispantv.com]

segunda-feira, 17 de agosto de 2026

Single, vedovi, divorziati: nel mondo aumentano le persone che vivono da sole

Un italiano adulto su 5 vive da solo. I nuclei monopersonali sono ormai la forma di famiglia più diffusa nel nostro Paese. Ma il trend è lo stesso anche nel resto d’Europa e negli Usa. Tra nuovi stili di vita e popolazioni che invecchiano

di Enrico Mingori 

Nel suo romanzo più conosciuto, I Malavoglia, Giovanni Verga racconta le tormentate vicende di una famiglia di pescatori siciliani, i Toscano: padre, madre, cinque figli, più il nonno paterno. Quando il libro fu pubblicato, nel 1881, vivere in otto sotto uno stesso tetto non era così insolito: agli inizi del XX secolo la famiglia italiana contava in media 4,5 componenti.

Oggi immaginare una casa affollata come quella dei Toscano apparirebbe irrealistico: le famiglie sono composte in media da 2,2 persone. Non solo si fanno meno figli, ma si uniscono anche meno coppie. Nel 2021 si è registrato un sorpasso storico: i nuclei monopersonali sono diventati la forma familiare più diffusa del Paese. Rappresentano ormai il 37% del totale delle famiglie censite. Trent’anni fa erano il 21%.

Identikit

Oggi un italiano adulto su cinque vive da solo: una popolazione atomizzata di 9,9 milioni di individui. Quasi la metà ha più di 65 anni, mentre solo il 10% ne ha meno di 35. Un terzo sono vedovi, un quinto sono separati o divorziati, il restante 42,6% è celibe o nubile. Le donne sono in leggera maggioranza: 53,4%.

Fra i non anziani, la quota di chi vive solo è pressoché raddoppiata rispetto ai primi anni Duemila. Per alcuni è una scelta, per altri una costrizione. Tra i più giovani si tratta per lo più di una condizione transitoria, nelle cosiddette «età centrali» (35-64 anni) i single prevalgono leggermente su separati e divorziati, mentre fra gli anziani la maggioranza sono persone che hanno perso il proprio coniuge (anche se negli anni è cresciuta la quota di separati e divorziati).

Per secoli le coppie con figli hanno costituito il modello familiare più diffuso, ma negli ultimi trent’anni quel tipo di struttura è andato in costante diminuzione: a metà degli anni Novanta il 47,9% delle famiglie era rappresentato da coppie con figli, adesso la quota si è ristretta al 28,4%. Nello stesso arco temporale i nuclei monogenitoriali (in cui i figli vivono solo con la madre o solo con il padre) sono aumentati dall’8 a quasi l’11%. È rimasta costante nel tempo, invece, la percentuale di coppie senza figli: sempre oscillante intorno a un quinto del totale. 

All’estero

La crescita dei nuclei monopersonali è forte in tutto il mondo occidentale. Nel territorio dell’Unione europea gli adulti che vivono soli sono passati dal rappresentare il 33% delle famiglie nel 2016 al 37,4% nel 2025. Negli Stati Uniti la percentuale è oggi del 29% a fronte del 20% del 1975. Nei Paesi dell’area Ocse, quasi un quinto della popolazione vive in nuclei familiari composti da una sola persona: dieci anni fa era il 15%.

Il fenomeno è più spiccato nei Paesi scandinavi e baltici e meno in America Latina, Europa dell’est ed Europa del sud. Ma ovunque si registra un incremento del tasso di “solitari”. In generale, le persone anziane sono quelle che hanno maggiori probabilità di vivere da sole, ma il fenomeno è cresciuto in tutte le fasce d’età tra il 2010 e il 2022. Secondo l’Ocse, «la quota di nuclei familiari composti da una sola persona è destinata ad aumentare nei prossimi decenni»

Salasso
«Vivere da soli – spiega l’Istat – non si traduce in una condizione di isolamento sociale». In Italia l’83,7% di coloro che non hanno compagnia in casa dichiara di avere almeno una persona nel mondo esterno su cui poter contare in caso di bisogno: la percentuale è naturalmente più elevata per gli Under 34 (93%), mentre scende (al 78%) per gli Over 75.

Nonostante il supporto di amici o parenti non conviventi, chi sta da solo esprime mediamente un più basso livello di soddisfazione rispetto alla propria vita: secondo i dati dell’Istituto Nazionale di Statistica, solo il 41,9% si dichiara «molto soddisfatto», a fronte del 48,3% delle persone che convivono con altri.  Del resto, tirare avanti in solitaria è più oneroso anche dal punto di vista economico: a qualsiasi spesa bisogna far fronte da sé. Tanto che è stato persino coniata un’espressione ad hoc, «tassa sui single», per descrivere le spese aggiuntive sostenute da chi non ha un partner.

Il differenziale rispetto agli altri nuclei familiari è tale che nei Paesi europei dell’area Ocse si stima che tra le famiglie composte da un solo adulto (incluse però anche quelle monogenitoriali) una su tre sia a rischio di povertà o esclusione sociale. A fine 2024 la Coldiretti ha diffuso un rapporto secondo cui le persone che vivono da sole devono sopportare un costo della vita quasi doppio (+80%) rispetto a quello ipotizzato per ciascun membro di una famiglia media di tre persone. Nell’indagine, basata su dati Istat, si calcola che la spesa media per alimentari e bevande di un single sia di 337 euro al mese, più alta del 53% in confronto con quella di ogni componente di una famiglia tipo di tre persone: un divario determinato anche dal fatto che sono assai rari sul mercato i formati di cibo adeguati per una persona. Pesano inoltre le spese per l’abitazione (canone d’affitto o rate del mutuo) e bollette: secondo Coldiretti, in questo caso i costi sono maggiori del 156%: anche perché generalmente le case più piccole hanno prezzi più elevati al metro quadro sia in caso di acquisto che di affitto. Ma vivere da soli è più gravoso anche per quanto riguarda le spese nella salute (+87%) e nei trasporti (+16%).

Oltre al danno, c’è pure la beffa. I lavoratori single, separati, divorziati e vedovi sono infatti penalizzati anche quando si tratta di pagare tasse e contributi. Stando a un’analisi dell’Ocse basata sull’anno fiscale 2022, in Italia l’aliquota complessiva media per un lavoratore sposato con due figli è del 34,9%, mentre per un lavoratore single senza figli è del 45,9%. Ed è così ovunque nel mondo. In Germania lo sposato con prole paga il 32,9% e il single il 47,8%, in Francia si passa dal 39,2 al 47%, negli Stati Uniti dal 19,8 al 30,5%.
Evidentemente, però, nemmeno la leva fiscale basta a convincere i contribuenti a fare più figli. In Italia, Ue e Usa i tassi di natalità calano di anno in anno. Nel nostro Paese si prevede che nel 2100 avremo 44,7 milioni di abitanti, un livello mai così basso dal 1936. Con una differenza non da poco: all’epoca ogni famiglia contava in media 4,3 componenti. Le culle erano piene, quindi c’erano prospettive di crescita demografica. Adesso invece la curva è discendente: la popolazione diminuisce e continuerà a diminuire. Di questo passo, conviene prepararsi: ne resterà soltanto uno. L’ultimo spenga la luce.

 

 

[Foto: Mint Images RF / AGF - fonte: www.tpi.it]

Ministro israelita apela ao assassinato de «30 a 40 pessoas por noite» em Gaza

Em resposta à pressão dos EUA para o fim dos “assassinatos seletivos” de Israel em Gaza, Itamar Ben Gvir diz que “há ali pessoas que não merecem viver, nem sequer são pessoas”.

Itamar Ben Gvir. Foto publicada na sua página Facebook

No dia em que o enviado e genro de Donald Trump, Jared Kushner, reuniu com o líder do Hamas no Egito para discutir o desarmamento do grupo e em que países como a Arábia Saudita, os Emirados Árabes Unidos, Egito, Jordânia, Catar, Indonésia, Turquia e Paquistão condenaram a postura do governo de Israel de rejeitar o roteiro para a paz proposto por Washington, o ministro da Segurança Interna israelita Itamar Ben Gvir voltou a defender a política de limpeza étnica em Gaza.

Numa conversa com Rom Braslavski, que foi refém do Hamas na Faixa de Gaza, Itamar Ben Gvir disse não estar de acordo com a redução dos ataques a Gaza durante a primeira quinzena de agosto, justificada pelo primeiro-ministro Netanyahu para permitir o avanço do plano de Trump.

Ben Gvir foi mais longe e apelou ao reforço dos assassinatos em Gaza. “Acho que deveriam ser levados a cabo assassinatos seletivos em Gaza, eliminando entre 30 e 40 pessoas todas as noites. Não apenas aqueles que representam uma ameaça imediata; há pessoas lá que não merecem viver. Não deviam viver. Nem sequer são pessoas”, afirmou o ministro, reiterando a defesa da “migração massiva” dos palestinianos de Gaza para que Israel possa colonizar o território palestiniano. Palavras semelhantes às do ministro, incluindo ditas pelo mesmo Ben Gvir, têm sido apresentados ao Tribunal Penal Internacional como prova da “intenção genocida” do governo de Israel em Gaza. 

“Considero que toda a Faixa de Gaza é nossa (...) Devíamos ter colonatos não só em Gush Katif (a colónia israelita na Faixa de Gaza desmantelada em 2005), mas em toda a Faixa de Gaza, promovendo a maior emigração possível, enviando-os para os seus países de origem; e, no que diz respeito aos terroristas, nada de emigração, nada, simplesmente matá-los um a um”, prosseguiu Ben Gvir, também ele colono nos territórios ocupados ilegalmente por Israel na Cisjordânia e que no governo tutela as prisões onde milhares de palestinianos são torturados.

O plano de paz colocado pelos EUA em cima da mesa em julho tem 15 pontos e propõe o desarmamento da Hamas em troca da retirada completa dos militares israelitas da Faixa de Gaza, com uma transição de poder para uma comissão independente. Mas Netanyahu já fez saber que recusa o plano e não aceita retirar o exército antes que esse desarmamento ocorra. “E quando digo desarmamento do Hamas, refiro-me a armamento pesado, armamento ligeiro, todo o tipo de armamento”, referiu o primeiro-ministro que enfrenta novas eleições a 27 de outubro. Por seu lado, os dirigentes do Hamas dizem que a entrega do armamento pesado depende do fim de “todas as formas de agressão” e da retirada das tropas israelitas de Gaza, que têm atacado diariamente o território desde o início do suposto cessar-fogo em outubro passado. 

 

[Fonte: www.esquerda.net]


En Suisse, on ne fait pas de films pour le public

Le cinéma helvétique n’existerait pas sans subventions publiques. Il est donc légitime de s’interroger sur les critères de sélection des projets et l’impact réel de ceux qui sont retenus. 

Les Journées de Soleure consacrent un cinéma suisse résolument tourné vers un public d’initiés. 

Écrit par Jocelyn Daloz 

«Je ne gagnerai jamais le prix du public, parce que le public déteste mes films. Ce qui n’est pas étonnant vu que je ne fais pas du cinéma pour lui.» Avec son accent suisse alémanique à couper au couteau, son allure de clochard snob et ses yeux qui louchent, Tommy Küng fait régulièrement pleurer de rire la rédaction de «52 minutes», l’émission humoristique des deux Vincent sur le service public. Ce personnage de Vincent Kucholl est un condensé de clichés d’un réalisateur de cinéma d’auteur: pédant, vautré dans l’entre-soi d’une élite culturelle qui se félicite de ne pas faire de «divertissement», mais de «l’art». De l’art nombriliste confinant à l’onanisme intellectuel, comme le dirait sans doute Tommy Küng. En français vulgaire, on appelle cela de la branlette intellectuelle. 

La caricature est impitoyable, mais est-elle pour autant fausse? Le Prix de Soleure 2026 a été décerné à Nicolas Wadimoff pour un documentaire d’une sobriété minimaliste: des rescapés de Gaza s’expriment sur l’enfer auquel ils ont survécu, la perte de tant de leurs proches, sur un fond noir, tout en dessinant une carte de la bande de Gaza à la peinture blanche. A propos de son choix de ne montrer aucune image de la guerre, le réalisateur explique: «Il y a malgré tout quelque chose au-delà des mots, qui est propre au cinéma: l’expérience de la transmission par une personne qui nous parle, qui fait entendre sa voix et son silence. On ne peut pas lire ces silences, mais on peut les filmer.» 

Le cinéphile en moi approuve vivement et reconnaît sans peine la puissance de ce film déchirant. Mais comment s’étonner qu’un tel choix artistique ne puisse faire sauter le box-office? 

Quelle pertinence pour le film suisse? 

De manière générale, les résumés des films sélectionnés aux Journées de Soleure semblent écrits pour plaire aux jurés des grands festivals et aux abonnés des Cinémas du Grütli ou de la Cinémathèque suisse: «fragilité des relations humaines sur fond de crise climatique», «expérience filmique fabriquée à partir d’avis et de commentaires en ligne», «où se situe la frontière entre nature et artifice?»… 

Niccolò Castelli, directeur artistique des Journées de Soleure, veut voir dans la forte fréquentation du festival la preuve de la pertinence du cinéma helvétique. Pourtant, au-delà de l’engouement pour les festivals de cinéma, déjà évoqué dans une précédente chronique, force est de constater que la pertinence des films suisses s’arrête là: leur part de marché des salles obscures nationales n’est que de 9%, un score parmi les plus bas d’Europe: les films germaniques concentrent 20% des parts de marché en Allemagne, les français 44,4%. La Suisse est aussi largement dépassée par le Danemark, où les films du cru sont responsables de 40% des tickets vendus en 2025. 

Le montant des subventions étatiques en Suisse est pourtant à peu près équivalent à celui qui est accordé au Danemark, autour de 30 millions d’euros en parité de pouvoir d’achat. 

Le cinéma danois vise aussi le grand public 

Il y a certes des différences structurelles qui expliquent partiellement ce résultat: la Suisse est morcelée en aires linguistiques distinctes et donc autant de marchés, où les productions helvétiques se heurtent à la concurrence française, allemande et italienne, tandis que le Danemark est bien moins soumis à la concurrence scandinave. 

Cependant, on peut aussi lire dans ces chiffres une différence de stratégie: le Danemark priorise largement la promotion du septième art au sein de sa propre population, tandis que l’objectif de diffusion du cinéma à l’international pèse lourdement dans les critères de sélection en Suisse. A l’international, comprenez: dans les festivals où fraient les Tommy Küng de ce monde. 

Le Danemark a un programme de financement spécifique à des films grand public, «qui captivent parce qu’ils racontent une histoire populaire ou s’inscrivent dans un genre familier». À l’inverse, dans les critères d’évaluation de l’Office fédéral de la culture, la «capacité à atteindre le public suisse et international» ne compte que pour 20% de la note finale d’un projet cinématographique. Autant dire que la Confédération est d’accord avec Tommy Küng: en Suisse, on ne fait pas de cinéma pour le public.

 

[Photo : module+ - source : www.leregardlibre.com]

El libro colombiano cruzó fronteras y generaciones

 

García Márquez frente a estanterías llenas de libros

Cada 23 de abril, el Día Mundial del Libro y el Día del Idioma Español recuerdan que una lengua también viaja a través de sus historias. La literatura colombiana encontró lectores internacionales gracias a novelas, cuentos, poesía y crónicas. En las mismas pantallas donde se consultan bibliotecas digitales, clubes de lectura o el login en 1xBet, los libros comparten espacio con otras formas de ocio. Su expansión mundial no nació de una sola campaña, sino de décadas de traducciones, editoriales, premios y recomendaciones.

García Márquez abrió una puerta inmensa

La publicación de Cien años de soledad en 1967 convirtió a Macondo en un lugar reconocible. La novela fue traducida a numerosos idiomas y consolidó a Gabriel García Márquez como figura central del boom latinoamericano. El Nobel de Literatura de 1982 amplió esa circulación y presentó su obra ante públicos.

Momento

Aporte a la difusión internacional

1967

Cien años de soledad alcanza lectores de varios países

Década de 1970

Nuevas traducciones fortalecen la presencia editorial

1982

El Nobel confirma el reconocimiento mundial

Siglo XXI

Otros autores amplían géneros, temas y estilos

Desde 2018

Programas públicos apoyan traducciones extranjeras

El éxito de García Márquez no cerró el camino detrás de él. Al contrario, animó a editores y lectores a buscar otras voces procedentes de ciudades, costas, montañas y selvas.

Una literatura más amplia que Macondo

Después del boom, nombres como Álvaro Mutis, Laura Restrepo, Héctor Abad Faciolince, Juan Gabriel Vásquez, Fernando Vallejo y William Ospina llegaron a catálogos extranjeros. Sus obras mostraron que la narrativa colombiana no responde a una única fórmula. Hay novelas históricas, relatos urbanos, poesía, memoria personal, literatura infantil y exploraciones de la naturaleza.

Entre los factores que impulsaron esa presencia aparecen:

  • traducciones cuidadas por editoriales extranjeras;
  • participación en ferias internacionales del libro;
  • premios que despertaron nuevas lecturas;
  • agentes literarios con redes fuera del país;
  • festivales donde los autores dialogan con otros públicos;
  • bibliotecas digitales que facilitan descubrir obras.

El entretenimiento digital reutiliza símbolos literarios. Algunos juegos de casino recurren a manuscritos, bibliotecas, personajes y mundos fantásticos para construir su estética, aunque una referencia visual nunca sustituye la complejidad de una novela. Así, las imágenes nacidas en los libros circulan después por otros formatos.

Traducir significa volver a escribir un mundo

Una obra no cruza fronteras únicamente porque exista interés. Necesita una traducción capaz de conservar ritmo, humor, silencios y referencias culturales. Reading Colombia ha financiado decenas de traducciones y publicaciones en distintos países desde 2018. En 2025, quince editoriales extranjeras recibieron apoyo para llevar nuevos títulos a otros idiomas.

La traducción evita que el catálogo internacional dependa siempre de los mismos nombres. Obras de autoras, escritores regionales y proyectos independientes encuentran así una entrada a librerías donde antes no estaban disponibles.

El 23 de abril mira al presente

El Día del Libro no funciona solo como homenaje a clásicos. Bibliotecas, ferias y centros culturales lo aprovechan para presentar novedades, recuperar obras olvidadas y acercar la lectura a otros públicos. En 2026, la Biblioteca de Escritoras Colombianas reunió la producción de 97 autoras en diez antologías, ampliando la memoria literaria disponible.

Los catálogos digitales permiten pasar de una recomendación a una muestra de lectura en segundos. Esa facilidad convive con series y tragamonedas temáticas, pero el libro conserva una ventaja particular: permite entrar en una voz, un ritmo y una mirada durante muchas páginas.

La fama mundial ya no depende de un solo autor

García Márquez sigue siendo la referencia más reconocible, pero la literatura colombiana circula por más rutas. Traducciones, festivales, editoriales independientes y programas públicos han construido una presencia diversa que no puede resumirse en un único estilo.

Cada 23 de abril, esa trayectoria vuelve al primer plano. El mejor homenaje no consiste únicamente en recordar títulos famosos, sino en descubrir una obra nueva, seguir a una editorial pequeña o abrir espacio para voces que todavía buscan su primera traducción.

 

[Fuente: www.lapiedradesisifo.com]