sábado, 25 de julho de 2026

« Une enfance allemande », film de Fatih Akin : pour un peu de miel et de pain

Avec ce nouveau film, adapté d’un scénario du regretté Hark Bohm, Fatih Akin surprend agréablement. Après un dernier film plutôt moyen, Rheingold (2022), le réalisateur allemand revient avec un sublime conte qui prend place au moment de la fin de la Seconde Guerre mondiale. 


Écrit par Julien Desneuf

L’exploit des deux Hambourgeois

Derrière Une enfance allemande, déjà, il y a un hommage : celui de Fatih Akin pour son ami et mentor, Hark Bohm. Ce dernier s’est éteint le 14 novembre 2025 à Hambourg, quelques jours seulement après la sortie allemande du film. C’était lui qui devait réaliser cette œuvre mais, trop diminué physiquement, l’acteur, réalisateur et producteur allemand, qui a grandi sur l’île d’Amrum, a dû céder sa place derrière la caméra. Après avoir écrit le livre éponyme et le scénario, c’est bien naturellement qu’il a confié la réalisation de ce film à Fatih Akin, avec qui il a déjà collaboré à de nombreuses reprises. Hark Bohm a, par exemple, aidé Fatih Akin pour le scénario de Tschick et de In the fade. Les deux natifs de Hambourg se connaissent effectivement de longues dates, ce qui a laissé toute l’amplitude à Fatih Akin pour faire ce petit bijou, riche et fort comme un courant de la mer du Nord.

L’histoire est assez simple : loin du tumulte de la Seconde Guerre mondiale, Nanning est un garçon de douze ans qui vit depuis peu de temps sur l’une des îles frisonnes, située au nord de l’Allemagne. Avant la guerre, il habitait à Hambourg. Nanning lui-même est le fils d’un haut dignitaire du Parti national-socialiste et sa famille est originaire d’Amrum, où il semble faire bon vivre. Néanmoins, le vent de quelques rumeurs semble parvenir jusqu’ici avec les drapeaux nazis, les restrictions et les déportés : la réalité de la guerre s’immisce jusque là et façonne la vie de la petite île. Incarné à l’écran par Jasper Billerbeck, Nanning, ce jeune garçon solitaire et réservé est l’homme de la maison malgré lui. Alors, ils se lancent dans une aventure folle dans ce contexte : obtenir du pain blanc, du beurre et un peu de miel pour sa mère. Quelques mauvaises langues diront qu’il n’y a pas de quoi être ébahi, mais, que diable, à chacun son Everest. N’est-il pas au moins un homme au monde qui, un jour, s’est enorgueilli de pouvoir simplement se lever de son lit ?

Nanning à bicyclette 

Dans le scénario initial, cette histoire devait être un simple épisode. Elle en est devenue la trame principale. Fatih Akin saisit, grâce à elle, la possibilité de saisir l’ordinaire dans son plus simple appareil. Il confie même avoir pensé au Voleur de bicyclette et à Sciuscià de Vittorio De Sica en lisant cette partie et, plus tard, s’être inspiré de la sobriété de son intrigue pour construire la sienne. Peut-être, aussi, faut-il voir ici un petit clin d’œil : c’est à bicyclette que Nanning se promène sur son bout de terre. Mais à mesure qu’il avance dans sa quête, les Iliens du coin le rejettent. À l’instar de beaucoup d’Allemands de leur temps, ils sont exaspérés par la guerre, que l’enfant incarne malgré lui, et le personnage joué par Diane Kruger, Teresa, incarne très justement ce vent de colère qui bouillonne en chacun d’eux.

Nanning roule le long des chemins, et son aventure prend petit à petit les contours d’un conte. Les scènes d’intérieur ont été tournées en studio à Hambourg, tandis que toutes les scènes en extérieur avec la nature ont été filmées sur l’île d’Amrum, en mai 2024. Mais comme les villages d’Amrum n’ont plus leur apparence d’antan, il a fallu trouver un autre lieu pour les scènes avec la maison et la communauté. Ils l’ont trouvé au Danemark, juste de l’autre côté de la frontière, et le résultat est tout simplement resplendissant. Les tableaux se succèdent le plus naturellement du monde et le paysage prend souvent le pas sur le reste. Dans ce plat pays, Nanning nous fait parfois l’effet de rouler sur une ligne d’horizon. Le long des landes et des dunettes, le jeune enfant pédale au gré de ces petites histoires : il fait du troc, chasse un lapin ou traverse un chenal de marée en crue. Tout ça, c’est beaucoup de choses pour un gamin.

Un humanisme allemand

Ce film d’apprentissage, présenté en avant-première au Festival de Cannes 2025 dans la section Cannes Première, est une vraie réussite. Subtil et nuancé, il touche à des thèmes universels comme l’enfance, la guerre et les préjugés avec beaucoup de justesse. Il ne tombe pas un seul instant dans le piège du pathétique, ce qui est un petit exploit tant le sujet s’y prête. À la place, il offre l’empathie. En quelques mots comme en cent, Une enfance allemande est un film a ne pas manquer. Le dernier plan du film montre Hark Bohm regardant l’horizon depuis l’une des plages de l’ile d’Amrum, lui qui y a grandi. C’est touchant. Fatih Akin, en tout cas, peut se vanter de lui avoir rendu un bel hommage. 

Avec Jasper Billerbeck, Laura Tonke, Diane Kruger

 

[Photos : Dulac distribution - source : www.cult.news]

Un repte extraordinari: cent traduccions de videojocs al català en quaranta-sis dies

Una iniciativa que demostra que el català pot ser una llengua de joc en grans títols

Captura del web de videojos de Júlia Rosell Saldaña

La informàtica, docent i investigadora independent Júlia Rosell Saldaña ha aconseguit un repte tècnic i lingüístic extraordinari: cent versions jugables de videojocs en català (i llatí) en només quaranta-sis dies. El 31 de maig de 2026 va començar el projecte. El 15 de juliol, quaranta-sis dies després, arribava a la traducció número cent.

No es tracta d'adaptacions professionals, completes i lliures d’errors. La mateixa autora ho precisa amb honestedat: "Són pretraduccions experimentals, contribucions a projectes oberts i localitzacions amb diferents graus d’adaptació. Algunes tenen milers de frases; d’altres encara mostren fragments en anglès o castellà. Però totes tenen una cosa en comú: el joc carrega, funciona i mostra català".

El recompte suma cent combinacions de videojoc i llengua (català i llatí) sobre vuitanta-vuit obres. Inclou títols agrupats com la trilogia 'Mass Effect Legendary Edition', 'Warcraft I & II Remastered' o els sis jocs de l’ecosistema 'UZDoom'. Tot plegat es pot descarregar gratuïtament a juliarscat.itch.io, amb instruccions clares, avisos sobre errades i sistemes de restauració sempre que ha estat possible.

L’autora no ha començat de zero cada vegada. Ha construït scripts d’extracció i reintegració de textos, sistemes de validació, un glossari propi i una base de dades amb més d’un milió de cadenes. Cada correcció alimenta el següent projecte. Tot i això, recalca que l’automatització només prepara el terreny: "La localització exigeix arqueologia digital, enginyeria inversa i molta tolerància al fracàs".

Ha treballat amb més de trenta motors i ecosistemes diferents: Unreal Engine (diverses generacions), Unity, Source 2, Frostbite, id Tech, GZDoom, motors de Blizzard, FromSoftware i un llarg etcètera de formats propietaris. JSON, XML, paquets .pak, .locres, taules binàries… En alguns casos n’hi havia prou amb substituir una carpeta; en d’altres calia reconstruir paquets, generar pegats diferencials amb Xdelta o respectar hashes i mides exactes perquè el joc no es trenqués.

El catàleg no mostra tots els fracassos. Entre els intents fallits hi ha 'The Surge', 'The Surge 2', 'Wolfenstein II', 'They Are Billions' i altres on els textos es van extreure, però no es van poder reintegrar amb garanties, o on el joc rebutjava les modificacions. Aquests fracassos desmenteixen la idea simplista que tot consisteix a “prémer un botó”.

Les errades —castellanismes, falsos amics, gèneres mal interpretats— hi són, per això Rosell Saldaña convida qui vulgui revisar, corregir o millorar les traduccions.

Aquest projecte no és només una proesa individual. És una demostració pràctica que el català pot ser llengua de joc en entorns on les grans companyies no l’han considerat viable.

 

 

[Foto: Júlia Rosell Saldaña - font: www.racocatala.cat]

Netanyahu prepara los comicios de octubre con la mirada puesta en Gaza

Sin detener los bombardeos y una “reconstrucción” parada, el futuro del enclave se postula como una pieza primordial de la próxima campaña electoral en Israel.

Benjamin Netanyahu, primer ministro israelí, en Tel Aviv, Israel, el 18 de diciembre de 2023.

Escrito por Queralt Castillo Cerezuela

Tras haber disuelto el Parlamento el pasado 17 de julio, el primer ministro israelí, Benjamin Netanyahu, ya calienta motores para las elecciones del próximo 27 de octubre. La Knéset no volverá a reunirse antes de los comicios y Netanyahu prepara la cita electoral con la mirada puesta en una Gaza completamente destruida y víctima no solo de un genocidio, sino también de un proceso de reconstrucción prácticamente parado.

En Israel no hay límites en cuanto a años de mandato, y Netanyahu ha sido el primer ministro que, de momento, más tiempo ha ostentado el poder en la historia del país; aun así, no ha conseguido completar ningún periodo de cuatro años. Según The Israel Democracy Institute (Instituto de Democracia de Israel), los israelíes acuden a las urnas un promedio de cada 2,4 años; y entre 2019 y 2022 votaron hasta en cinco ocasiones. Las encuestas preelectorales a día de hoy muestran un claro apoyo a los partidos de la oposición, encabezados por el ex primer ministro Naftali Bennett.

Gaza, una pieza electoral fundamental

Mientras Tel Aviv se prepara para unas elecciones ya consideradas históricas, los casi dos millones de gazatíes que, de momento, sobreviven a las matanzas —casi todos ellos desplazados de su lugar de origen a causa de la violencia— aguardan los próximos pasos de la “Junta para la Paz”, el organismo ideado por Donald Trump que tenía que trazar una hoja de ruta de recuperación para el enclave, pero cuyos pasos resultan insignificantes. Entretanto, y a pesar de haber firmado un alto el fuego el pasado mes de octubre de 2025, el Estado sionista continúa bombardeando Gaza y causando víctimas mortales día tras día. El pasado 21 de julio, sin ir más lejos, las IDF (Fuerzas Armadas Israelíes) terminaron con la vida de una familia de seis miembros en Ciudad de Gaza mediante un ataque aéreo: aniquilaron a la pareja y sus cuatro hijos. Como es habitual, el ejército sionista alude al pretexto de que el objetivo era un miembro de Hamás, algo usado de manera constante para arremeter contra la población civil palestina.

Desde la firma del alto el fuego, han sido asesinadas más de 1.200 personas y las IDF se han ido apoderando del territorio gazatí. Ya controlan el 60% del enclave y el objetivo es llegar incluso al 70%, según han reconocido varios miembros del Gobierno. Los ataques diarios no cesan y el bloqueo continúa: decenas de camiones con ayuda humanitaria permanecen varados en la frontera con Egipto y miles de palestinos intentan salir sin éxito del enclave para buscar ayuda médica urgente.

Hace unos días, centenares de ultras israelíes, acompañados por Ben-Gvir y Smotrich, marcharon hacia la frontera con Gaza para reclamar la reconstrucción de los asentamientos

Ante la posibilidad de una derrota electoral el próximo 27 de octubre, una de las estrategias de Netanyahu es continuar su política genocida en Gaza para ganar posiciones. Con una opinión pública mayoritaria a favor de continuar con el asedio en el enclave, parece evidente que una de las prioridades del primer ministro durante las próximas semanas será dinamitar cualquier paso hacia una eventual reconstrucción del territorio palestino. Y no solo eso: hace apenas unos días, el domingo 19 de julio, centenares de ultras israelíes, acompañados por el ministro de Seguridad Nacional israelí Itamar Ben-Gvir, el ministro de Finanzas Bezalel Smotrich y otros miembros del gabinete de Gobierno marcharon hacia la frontera con Gaza para reclamar la reconstrucción de los asentamientos desalojados en 2005.

Los ministros Ben-Gvir y Smotrich consideran que la destrucción de Gaza representa una “oportunidad histórica”

El movimiento que reclama la recolonización de Gaza está liderado por una cara muy conocida, la de la ultra Daniella Weiss, quien abiertamente insiste en la necesidad de aniquilar a toda la población palestina. Tanto Ben-Gvir como Smotrich, bajo las sanciones de diferentes países de la UE, consideran que la destrucción de Gaza representa una “oportunidad histórica” para volver a instalar los asentamientos y continuar así su política expansionista y de aniquilación del pueblo palestino. La marcha fue apoyada por el Likud, el partido de Netanyahu.

La hoja de ruta de la “reconstrucción”, en suspense

En este escenario, una eventual retirada del territorio gazatí, tal y como se contemplaba en la hoja de ruta para la reconstrucción de Gaza resulta altamente improbable. Si esto no sucede, tampoco Hamás, quien recientemente ha elegido como líder a Jalil Al Hayya —uno de sus principales negociadores y miembro del grupo desde su fundación hace cuatro décadas— procederá a su desarme, ya que la retirada de los israelíes era una de las condiciones sine qua non para que la organización entregase las armas. Esto coloca el territorio a una más que probable vuelta a la guerra abierta, si bien el pasado 6 de julio Hamás dio un paso al frente y cedió el poder al Comité Nacional para la Administración de Gaza, un grupo de tecnócratas bajo las órdenes de la Junta de Paz. A pesar de la cesión de poder, no ha entregado las armas ni se ha iniciado el desarme, como reclama Israel, por no haberse cumplido ninguno de los términos firmados en el alto el fuego.

Según ha trascendido y se explica en The Guardian, uno de los primeros pasos que se llevará a cabo es la construcción de un campamento piloto cerca de Rafah, al sur del enclave, para alojar a los desplazados y que estaría controlado por la Fuerza de Estabilización Internacional (ISF, por sus siglas en inglés); pero por lo visto aún no se han iniciado las obras. En la hoja de ruta está planeado que hasta 5.000 efectivos internacionales —un tercio de lo que estaba previsto inicialmente— compongan la ISF y que en el campo piloto haya “libertad de movimiento”. Las organizaciones internacionales de defensa de los derechos humanos ya han dicho que se trata de un “campo de concentración” para los gazatíes.

Oxfam: la hipotética reconstrucción de Gaza costará siete veces más que todas las reconstrucciones anteriores juntas

Mientras en goteo de muertes continúa en Gaza y la Junta de Paz permanece sin dar ningún paso significativo, Oxfam Intermón, junto con el Instituto Palestino de Investigación en Políticas Económicas (MAS) y el Centro Palestino de Comercio (PalTrade) acaba de publicar Building Gaza Anew: A Framework for a Palestinian-led Recovery Before Reconstructio(Construir Gaza de Nuevo: Un marco para una recuperación liderada por Palestina antes de la reconstrucción), un informe en el que se advierte que la reconstrucción de Gaza requerirá 71.400 millones de dólares, “una cifra que, en términos reales, equivale a siete veces el coste combinado de la reconstrucción tras todas las grandes ofensivas militares israelíes registradas en el territorio durante las dos últimas décadas [2008-2009, 2014 y 2021]”.

La recuperación de Gaza, insiste Oxfam, es “una cuestión de derechos y reparaciones, y no de caridad”

Desde la organización matizan que “esta cifra solo refleja una parte de la destrucción: los daños físicos y las pérdidas económicas. No contempla la destrucción deliberada del tejido social que mantenía unida a Gaza, cuya recuperación llevará generaciones [...] Las necesidades de recuperación tras las guerras de 2008-2009, 2014 y 2021 ascendían, en valores actuales, “a unos 10.000 millones de dólares”. La recuperación de Gaza, insiste Oxfam, es “una cuestión de derechos y reparaciones, y no de caridad” y desde la entidad se señala a los cómplices: aquellos que “nunca exigen responsabilidades”. Porque “la reconstrucción no es solo una tarea humanitaria; es también una cuestión política”.

Por otro lado, está la parte de pérdidas que no es cuantificable y que tras casi tres años de genocidio prácticamente ininterrumpido. De este modo, “el conocimiento acumulado, los sistemas de cuidados, el medio ambiente y los vínculos comunitarios, así como las mezquitas, iglesias, bibliotecas e instituciones culturales que daban vida a la sociedad gazatí” han quedado reducidos a la nada. “Casi todas las escuelas han sido destruidas o dañadas, las universidades han quedado arrasadas, miles de docentes, profesorado e investigadores han sido asesinados y se han perdido bibliotecas y archivos fundamentales para la historia palestina”, se puede leer en el informe. “Lo que fue destruido en Gaza no fueron únicamente el acero y el hormigón. Israel arrasó un mundo social y económico construido durante generaciones, y solo el pueblo palestino puede reconstruirlo”, afirma Mohammad Skaik, responsable del Programa de Gaza de PalTrade.

Israel ha arrasado con vidas humanas, con el conocimiento y los saberes adquiridos de diferentes generaciones y también ha dejado un territorio yermo en el que costará volver a ver vida. “Los huertos tardarán décadas en crecer, invernaderos y la capa fértil del suelo han sido destruidos; las tierras agrícolas están contaminadas por metales pesados y restos de explosivos; el acuífero costero se encuentra al borde del colapso y las aguas residuales sin tratar desembocan en el mar, favoreciendo el regreso de enfermedades previamente erradicadas, como la poliomielitis”.

Desde el inicio del genocidio, en octubre de 2023, más de 73.000 palestinos y palestinas han sido asesinados en Gaza, entre los que se encuentran más de 20.000 niños y niñas. Con sus ataques, Israel ha herido a más de 173.000 personas y 1,9 millones han sido desplazadas por la fuerza. Respecto a las personas heridas, una de cada cuatro lesiones tendrá consecuencias permanentes; y más de 50.000 personas necesitarán rehabilitación a largo plazo. Según Oxfam, “el desarrollo humano del territorio ha retrocedido el equivalente a 77 años”. El pasado 16 de septiembre de 2026, la Comisión Internacional Independiente de Investigación de la ONU concluyó que Israel ha cometido genocidio en Gaza.

 

[Foto del Departamento de Defensa/Benjamin Applebaum) CC BY-NC - fuente: www.elsaltodiario.com]


sexta-feira, 24 de julho de 2026

Cómo se inventó el país más racista del mundo

La campaña antiargentina fue un discurso de odio revestido de progresismo. 


Por Martín Mosquera

Entrevista por Gabriel Vera Lopes

 

Durante el Mundial de fútbol recién finalizado, el enfrentamiento entre selecciones derivó rápidamente en una campaña internacional contra Argentina. Figuras muy diversas, de Rosalía y Patti Smith a Samuel L. Jackson, Yanis Varoufakis y el escritor y activista Etan Thomas, participaron de una denuncia masiva del supuesto racismo excepcional del país, amplificada por las redes sociales y por buena parte de la prensa occidental, conservadora y progresista. El apoyo a sus adversarios llegó así a presentarse como una causa antirracista, mientras la sociedad argentina era reducida a una caricatura blanca, xenófoba y supremacista.

En esta entrevista, Martín Mosquera analiza el origen emocional y político de la campaña, discute la situación real del racismo en Argentina y cuestiona el papel desempeñado por una parte de la intelectualidad progresista global. La conversación fue realizada originalmente para Brasil de Fato y se publica aquí en una versión ligeramente adaptada.

¿Qué pensás de la ola antiargentina global?

Martín Mosquera

La verdad es que fue un fenómeno bastante impresionante. Durante algunos días, Argentina llegó a aparecer en las redes como el país más odiado del mundo, incluso por encima de Estados Unidos. Hasta cierto punto, nada de esto debería sorprendernos demasiado. El fútbol moviliza rivalidades nacionales intensas y las redes sociales las procesan dentro de un ecosistema dominado por la agresividad y las noticias falsas. Pero la situación pronto pasó a otro nivel.

Lo que comenzó como una reacción bastante típica de la competencia deportiva fue creciendo hasta alcanzar a buena parte de la prensa internacional. Desde la derecha se recuperó la vieja representación del argentino como una figura bárbara y deshonesta. The Telegraph, un diario conservador inglés, por ejemplo, tituló «Fútbol 1, delincuentes 0». El partido dejó de ser una competencia deportiva y pasó a presentarse como una confrontación moral entre el supuesto juego civilizado de España y la violencia constitutiva de los argentinos.

Más sorprendente todavía fue el papel de los medios progresistas o liberales occidentales. Publicaciones como The New YorkerThe GuardianLos Angeles Times o El País se sumaron, con distintos grados y matices, a una narración que presentaba el torneo como una lucha entre una Argentina blanca y racista y el multiculturalismo encarnado por las selecciones europeas. La operación era diferente de la conservadora, pero complementaria. Mientras unos denunciaban la barbarie argentina, otros la convertían en una expresión de supremacismo racial.

La escena era, como mínimo, paradójica. Pensemos un segundo. Cuando la campaña alcanzó su pico, el cuadro de semifinales reunía a tres selecciones pertenecientes a países centrales, con extensas historias coloniales y problemas contemporáneos muy documentados de racismo, frente a la selección de un país periférico. Sin embargo, una parte del progresismo internacional consiguió presentar el apoyo a España, Inglaterra o Francia como una posición anticolonial y antirracista frente a Argentina.

Creo que fue un caso bastante característico de nuestra época. En pocos días se produjo colectivamente una imagen completamente delirante de Argentina. Tal vez pueda resumirse en la intervención de Samuel L. Jackson, que llegó a presentar a Argentina como el país probablemente más racista del mundo y sugirió que las personas negras no debían alentar a su selección. Jackson es un actor genuinamente comprometido con los derechos civiles y vive, además, en un país cuya historia de esclavitud y segregación sigue proyectándose sobre el presente, donde se mantiene una enorme tradición de supremacismo blanco y son habituales los crímenes de odio. Creo que sus palabras dan la medida de la distorsión alcanzada por la campaña.

Estamos hablando de un poderosísimo aparato cultural global que se montó sobre una campaña de hostigamiento surgida en las redes sociales y amplificada por ellas. Para una sociedad periférica con escasa capacidad de intervención en la conversación pública mundial, contrarrestar un discurso de esa magnitud resultó prácticamente imposible. Hubo voces críticas, pero fueron minoritarias y no consiguieron alcanzar una circulación comparable. Entre ellas estaban, precisamente, muchas de las personas en cuyo nombre supuestamente hablaba la campaña, desde organizaciones afroargentinas hasta colectivos de migrantes latinoamericanos que describían experiencias y formas de recepción muy distintas de la caricatura que circulaba en el exterior.

Creo que el inicio de todo esto fue mucho más prosaico de lo que después pretendieron las racionalizaciones políticas. La materia prima de nuestras conductas, de las de todos nosotros, son las emociones. Las razones suelen llegar después, como coartada o disfraz de nuestras pasiones. Y en el fondo de todo esto hubo una emoción muy intensa, reactivada en el contexto del Mundial de fútbol.

El punto de partida fue la irritación que produjo en mucha gente el nuevo avance de la selección argentina, después de haber «sufrido» la arrogancia de sus hinchas tras el Mundial de Qatar de 2022. Había, sencillamente, un rechazo emocional ante la posibilidad de otra victoria argentina. En España se sumó, probablemente, la prolongada hostilidad hacia Messi de una parte importante del «madridismo», que durante años organizó una cultura deportiva y mediática alrededor de su rivalidad con el jugador argentino.

En América Latina ya existía un sentimiento antiargentino previo, asociado a la fama de arrogancia nacional. A eso se sumó la frustración de países enormes, con mucho más presupuesto y población. México arrastra una larga historia de decepciones futbolísticas, mientras Brasil atraviesa la mayor sequía mundialista de su historia justo cuando su principal rival regional encadena una etapa de éxitos. Brasil fue, de hecho, uno de los focos más activos de la campaña.

El fútbol es un extraordinario movilizador de emociones y, durante un Mundial, se combina con esa fuerza enigmática y poderosa de la modernidad que es el sentimiento nacional. El origen del fenómeno fue, en buena medida, una mezcla de rivalidad deportiva y orgullo herido ante la posibilidad de otra victoria argentina. Todo ello amplificado por una tecnología construida para premiar la agresividad y la indignación. Las redes sociales, y particularmente X bajo la conducción de Elon Musk, funcionan como una maquinaria de exaltación de este tipo de discursos.

Sobre esa base emocional se construyeron tres racionalizaciones políticas. La primera fue la idea de un supuesto favoritismo de la FIFA hacia Argentina, una acusación conspirativa con muy poco sustento. Cualquier decisión arbitral favorable era presentada como prueba de un complot, mientras se ignoraban los errores que perjudicaban al equipo o los beneficios recibidos por otras selecciones.

No sorprende a nadie la opacidad de la FIFA, acentuada por la influencia de Donald Trump en un Mundial organizado en Estados Unidos. Esa cercanía quedó expuesta cuando el presidente intervino para que se levantara la sanción a Folarin Balogun, jugador de la selección estadounidense. También resultó indignante la exclusión del árbitro somalí Omar Abdulkadir Artan, junto con decisiones arbitrales muy polémicas, como las del partido entre Croacia y Portugal, tras el cual la federación croata presentó una protesta formal. Ninguno de estos episodios benefició a Argentina. El torneo confirmó hasta qué punto la FIFA está atravesada por la mercantilización y la corrupción.

El segundo eje fue el vínculo del gobierno de extrema derecha de Javier Milei con figuras como Trump y Netanyahu. Ese alineamiento del gobierno argentino es real y forma parte de una orientación política concreta cuyas consecuencias padece la población del país. Sin embargo, su utilización dentro de la campaña fue selectiva y distorsiva. Se señaló, por ejemplo, la participación de Messi en una reunión institucional del Inter de Miami con Trump, un hecho repudiable. En cambio, no generaron un repudio comparable encuentros mucho más personales, como el de Harry Kane jugando al golf con Trump o la visita individual de Cristiano Ronaldo.

Mientras se condenaba a la selección argentina por esa supuesta cercanía política, también se ignoraron gestos que iban en sentido contrario. Junto con la hermosa imagen de Lamine Yamal celebrando con la bandera palestina, Argentina protagonizó uno de los pocos actos de desobediencia política del torneo. Tras la semifinal contra Inglaterra, varios jugadores desplegaron una bandera con la inscripción «Las Malvinas son argentinas», desafiando una prohibición explícita de la FIFA, respaldada incluso por el gobierno de Milei. El gesto conectaba con un sentimiento popular profundo y exponía a los jugadores a posibles sanciones. También generó incomodidad en el oficialismo, que reaccionó con hostilidad. Fue una intervención breve pero poderosa.

El tercer eje fue el racismo. En este punto, el rechazo encontró una racionalización más noble y mucho más eficaz. La campaña dejó de presentarse como una rivalidad futbolística y comenzó a describirse como una lucha moral contra un país supuestamente blanco, colonial, racista, violento y tramposo.

Eso no significa que Argentina carezca de racismo. Hay racismo, como existen otras formas de discriminación y desigualdad. Distintos grupos racializados, entre ellos pueblos originarios, afrodescendientes y migrantes regionales, sufren prejuicios y formas de exclusión. Y el fútbol constituye uno de los espacios donde esas expresiones aparecen de manera más desagradable e hipertrofiada. Pero la situación real guarda muy poca relación con la imagen construida por esta campaña.

Fue realmente sorprendente leer cosas cada vez más delirantes escritas por personas que conozco, muchas de ellas personas cercanas, además de inteligentes y formadas. Reproducían noticias falsas de fácil refutación y generalizaciones que jamás aceptarían si estuvieran dirigidas contra otros pueblos. También fue inquietante observar la creciente agresividad del lenguaje. Un militante marxista que está entre mis contactos en X llegó a pedir que Irán bombardeara Buenos Aires. Evidentemente no hablaba en serio, pero el comentario mostraba hasta qué punto se había naturalizado la hostilidad colectiva.

La experiencia fue reveladora. Nos permitió observar desde adentro cómo funcionan las redes de odio de las que se alimenta la extrema derecha. Todo empieza con una emoción intensa. Después, algunos hechos verdaderos se sacan de contexto y se mezclan con falsedades dentro de una comunidad que solo escucha lo que confirma sus certezas. En muy poco tiempo puede construirse una realidad completamente imaginaria y conseguir que personas inteligentes la reproduzcan con convicción.

Creo que no es exagerado hablar en este caso de un discurso de odio. Reunió varios de sus rasgos característicos: partió de una emoción exaltada, se propagó por las redes sociales, se alimentó de noticias falsas y medias verdades y atribuyó características morales a una población completa. Como suele ocurrir, esa estigmatización también tuvo consecuencias fuera de las redes, con episodios de agresión contra argentinos en España, México y Brasil. Por el momento fueron casos acotados, pero muestran que estas narrativas nunca son inocuas.

Lo más llamativo fue que una parte de la izquierda y de la intelectualidad progresista global, principalmente europea y estadounidense, funcionó como una pieza decisiva de la campaña. Le proporcionó un lenguaje respetable y una racionalización política.

Diría, por eso, que fue un discurso de odio disfrazado de progresismo. Una rivalidad futbolística perfectamente comprensible fue transformada en una condena moral de una población completa, y una parte del progresismo internacional le otorgó legitimidad política.

GVL

¿Cuál es la situación del racismo en Argentina?

MM

Argentina tiene racismo, pero no es la sociedad excepcionalmente racista que se construyó durante esta campaña. Ambas afirmaciones deben sostenerse simultáneamente.

Existe discriminación contra pueblos indígenas, afrodescendientes y migrantes de la región. Hay violencia policial selectiva y una cultura futbolística en la que sobreviven expresiones racistas y xenófobas muy fuertes. Durante mucho tiempo, además, el relato oficial presentó a Argentina como una nación puramente blanca y europea, minimizando la diversidad étnica y racial de su población.

Pero cuando se dejan de lado las impresiones y los episodios virales y se observan las instituciones, la historia social y los estudios comparativos, la caricatura internacional empieza a desmoronarse.

Para empezar, Argentina construyó uno de los sistemas de derechos civiles más avanzados de América Latina. Fue el primer país de la región en reconocer el matrimonio igualitario y la adopción plena por parejas del mismo sexo. Su Ley de Identidad de Género permitió modificar el nombre y el sexo registrado sin autorización judicial ni requisitos médicos o psiquiátricos, y fue considerada una legislación pionera a escala mundial. También reconoció la migración como un derecho humano y estableció un régimen relativamente abierto, con acceso de los extranjeros a los servicios públicos.

Argentina tampoco desarrolló nada comparable con el muro entre Estados Unidos y México ni con el régimen fronterizo europeo en Ceuta y Melilla, donde las políticas de contención migratoria han producido muertes y graves violaciones de derechos humanos bajo gobiernos conservadores y socialdemócratas. Esto no lo menciono para relativizar los racismos argentinos mediante la enumeración de los crímenes ajenos, sino porque durante esta campaña España fue presentada como la encarnación de una sociedad multicultural e integrada frente a una Argentina cerrada y supremacista. ¿Acaso no exige esta contraposición borrar de un plumazo buena parte de la realidad europea?

El gobierno de Milei está atacando una parte considerable de ese entramado institucional y promoviendo una política más restrictiva y punitiva. Hasta ahora, sin embargo, su capacidad para desmontarlo ha sido limitada. Su ofensiva constituye un retroceso precisamente porque existe una tradición previa de derechos civiles particularmente avanzada.

La historia argentina también presenta diferencias estructurales importantes. La Asamblea del Año XIII fue una asamblea política reunida en Buenos Aires durante el proceso de independencia del Río de la Plata. Aunque no abolió completamente la esclavitud, dispuso que los hijos de mujeres esclavizadas nacieran libres y adoptó medidas para limitar la trata. La abolición definitiva quedó establecida en la Constitución de 1853. Estados Unidos, por su lado, abolió la esclavitud en 1865, pero mantuvo durante casi otro siglo un régimen legal de segregación racial bajo las leyes Jim Crow.

La economía rioplatense nunca tuvo una estructura basada centralmente en la esclavitud comparable con Brasil o el sur de Estados Unidos. Esto no ocurrió porque las élites argentinas fueran antirracistas; eran abiertamente racistas. La diferencia se explica por otra estructura económica y social. Pero esa diferencia dejó consecuencias históricas.

A ella se sumó una tradición igualitaria poderosa. Historiadores de orientaciones muy diversas han vinculado esa tradición con la politización de la inmigración obrera, la fuerza del movimiento sindical y la incorporación de las clases populares mestizas a la vida política, especialmente durante el peronismo. También señalan el papel integrador de la educación pública y de una sociedad civil muy activa y densamente organizada.

Ese igualitarismo convivió con el racismo, pero contribuyó a atenuar algunos de sus efectos. También ayuda a explicar la ubicación relativa de Argentina frente a sociedades atravesadas por desigualdades raciales mucho más profundas. Argentina tiene enormes desigualdades materiales y simbólicas, pero existe a la vez una norma cultural fuerte contra la afirmación abierta de una superioridad fundada en el nacimiento, un fenómeno ampliamente documentado y estudiado por politólogos e historiadores. Esa tensión forma parte de la historia nacional.

Los estudios comparativos disponibles tampoco respaldan la imagen de una excepcionalidad racista. En el World Values Survey, que pregunta, entre otras cosas, si las personas rechazarían tener vecinos de otra raza, Argentina suele ubicarse entre los países con menor prejuicio racial declarado. Sus resultados son generalmente mejores que los de buena parte de la región y comparables con los de sociedades europeas de baja intolerancia. Según la pregunta considerada, Argentina suele ubicarse cerca de España o Reino Unido y, con frecuencia, por encima de Francia.

El Project on Ethnicity and Race in Latin America ofrece otra base comparativa. El estudio examina la relación entre color de piel y posición socioeconómica en varios países de la región. Sus resultados muestran que las jerarquías raciales atraviesan a toda América Latina, aunque con intensidades desiguales, y las brechas asociadas al color de piel son especialmente pronunciadas en países como Brasil, Colombia, México y Perú. Esto no elimina la existencia de racismo en Argentina, pero sí contradice la imagen de una excepcionalidad argentina construida por contraste con países vecinos que, en realidad, presentan desigualdades étnico-raciales muy profundas.

En buena parte de América Latina existen desigualdades étnico-raciales más profundas y visibles que las argentinas. Brasil exhibe brechas raciales muy pronunciadas tanto en las condiciones de vida como en la exposición al encarcelamiento y la violencia policial. México presenta profundas desigualdades que afectan especialmente a la población indígena y, de manera menos estudiada pero también documentada, a las comunidades afromexicanas. En otros países de la región, la pertenencia indígena o afrodescendiente también está estrechamente asociada a la pobreza y la marginación social.

Francia y Reino Unido, por su parte, cuentan con abundante evidencia sobre discriminación en el mercado de trabajo y en el trato policial. España enfrenta un racismo significativo contra migrantes africanos y una política fronteriza asociada a graves violaciones de derechos humanos.

Por eso, frente a la afirmación de que Argentina es más racista que las principales sociedades latinoamericanas o que Francia, España o Inglaterra, la pregunta inmediata debería ser: ¿según qué indicador? Los estudios comparativos de actitudes no sostienen esa conclusión. Las instituciones de derechos civiles tampoco. Las desigualdades étnico-raciales son considerablemente más profundas en otros países de la región, mientras varias sociedades europeas presentan problemas ampliamente documentados de discriminación institucional.

Esto no permite elaborar un ranking definitivo de sociedades racistas. Pero sí permite descartar la caricatura que circuló durante la campaña. No existe evidencia seria para afirmar que Argentina sea una anomalía racista frente a esos países. En varios indicadores, la evidencia disponible apunta en la dirección contraria.

¿Cómo se formó, entonces, la imagen exterior de una Argentina especialmente racista? Creo que hubo dos factores decisivos.

El primero es, precisamente, el fútbol. Los estadios son uno de los espacios donde el racismo argentino aparece de manera más hipertrofiada. La cultura futbolística local tiene naturalizados los cantos racistas. Además, los argentinos que viajan regularmente a los mundiales no son una muestra sociológica del país. Pertenecen en gran medida a sectores medios altos y altos, entre los cuales el clasismo y el racismo pueden expresarse de manera particularmente cruda.

El segundo factor es la dificultad para reconocer la diversidad argentina cuando no adopta las formas fenotípicas y categoriales de Estados Unidos. La sociedad argentina es profundamente mestiza, aunque ese mestizaje haya sido recubierto durante décadas por una ideología de blanquitud. Desde el exterior, esa ideología suele aceptarse literalmente. Argentina dijo alguna vez que era blanca y sus críticos decidieron creerle.

Las categorías argentinas de raza y clase tampoco coinciden con las estadounidenses. La palabra «negro», por ejemplo, puede funcionar como categoría racial, insulto clasista, pero también, y muchas veces, como una forma afectiva de trato. Esa polisemia obliga a atender al contexto. Un ejemplo de esto fue la sanción impuesta por la Federación Inglesa a Edinson Cavani por escribirle «gracias, negrito» a un amigo. Un uso afectuoso del español rioplatense fue interpretado como un agravio racial. Terminó sancionado un uso afectivo del término porque una institución inglesa trasladó a otro contexto lingüístico su propio código sobre el lenguaje racial.

El desafío consiste en evitar dos simplificaciones. La primera es la vieja negación local del racismo, según la idea de que, como aquí no existe una división racial idéntica a la estadounidense, no hay discriminación. La segunda es la caricatura inversa, que convierte a Argentina en una anomalía supremacista y desconoce su composición popular y mestiza, así como la tradición igualitaria expresada en buena parte de sus instituciones.

La comparación internacional permite rechazar una afirmación empíricamente falsa sin minimizar los problemas reales del racismo argentino. Esa falsedad, además, produce efectos políticos negativos sobre los que vale la pena detenerse. Argentina no aparece, ni en sus instituciones ni en los principales estudios internacionales de actitudes, como una sociedad más racista que los países latinoamericanos o las grandes potencias europeas que protagonizaron esta campaña. En varios indicadores ocurre exactamente lo contrario.

GVL

¿Qué pensás del papel de la intelectualidad progresista global?

MM

Fue uno de los aspectos más decepcionantes. Una parte considerable de la intelectualidad progresista europea y estadounidense reprodujo exactamente la actitud eurocéntrica que los departamentos anglosajones de estudios decoloniales dicen denunciar: habló desde un pedestal moral sin molestarse demasiado en conocer la historia concreta ni la realidad social del país al que estaba condenando. De ese modo, convirtió a una sociedad periférica en objeto de juicio e invisibilizó el racismo característico de sus propias sociedades.

El excelente artículo que publicó Jacobin en Estados Unidos, hay que decirlo, uno de los pocos medios importantes de izquierda que se opuso abiertamente a esta ola, y que tradujimos con el título «Contra el moralismo geopolítico futbolero», señaló algo fundamental: muchas de estas intervenciones no intentaban comprender una realidad desconocida, sino forzarla dentro de categorías preestablecidas del Norte Global.

Como los autores lo formularon de una manera mejor de lo que yo podría hacerlo, voy a citarlos ampliamente:

Las desigualdades raciales en nuestro país no encajan, ni podrían encajar jamás, en el patrón estadounidense. Verlas como versiones menores de las de Estados Unidos encaja exactamente en la definición de lo «imperial», en la práctica de «gobernar sobre» una multiplicidad de culturas por lo demás dispares. Este «gobernar sobre» desestima las particularidades, ignora formas de ver ajenas y, en general, espera que toda esa diversidad se subordine a esta mirada dominante y monolítica. Esto no es un rasgo exclusivo de los ideólogos de derecha; lamentablemente, se extiende también a algunos de quienes en otros contextos denunciarían al imperio.

La historia racial argentina no puede comprenderse como una versión incompleta o defectuosa de la experiencia estadounidense. Convertir una historia nacional particular en modelo universal y obligar a las demás sociedades a reconocerse en ella es un gesto que podría considerarse, en definitiva, imperial.

Estados Unidos organizó históricamente su sistema racial alrededor de la esclavitud de plantación y, más tarde, de la segregación jurídica, dentro de una clasificación relativamente binaria entre blancos y negros. Brasil tuvo otra trayectoria, atravesada por una economía esclavista de enorme escala y por jerarquías más graduales de color. Argentina tuvo una formación diferente, marcada por la menor centralidad económica de la esclavitud y por un mestizaje cuya visibilidad fue posteriormente desplazada por el peso demográfico y simbólico de la inmigración europea masiva. A eso se sumaron la invisibilización de afrodescendientes y pueblos originarios y una tradición de integración social que convivió con formas concretas de discriminación.

Aplicar, aunque sea de manera implícita, una clasificación racial binaria importada de Estados Unidos conduce a inspeccionar los rostros y los tonos de piel de los jugadores argentinos para decidir si son suficientemente negros. Como no encajan en una imagen estereotipada de la negritud, la selección es declarada blanca. Pero la selección argentina es mestiza y socialmente popular, formada en su enorme mayoría por jugadores provenientes de hogares trabajadores de las provincias y periferias urbanas. La sociedad, en su mayoría, se identifica con ellos por sus trayectorias y porque reconoce en sus maneras una pertenencia común, no porque representen una fantasía de pureza blanca.

La selección argentina también es multicultural, aunque su diversidad no coincida con la imagen que una oficina universitaria estadounidense espera encontrar. Refleja las migraciones internas, así como una diversidad de ascendencias integrada por instituciones populares como los clubes de barrio.

También hubo una asimetría evidente en los criterios. Argentina quedó sometida a un examen moral absoluto, mientras España, Francia e Inglaterra eran liberadas de toda evaluación histórica y contemporánea. Desaparecieron sus historias coloniales y las formas contemporáneas de violencia contra migrantes y poblaciones racializadas.

¿España es una sociedad multicultural y Argentina una sociedad racista? España es una sociedad con una importante población de origen migrante, y Lamine Yamal, además de ser un jugador excepcional, ha sostenido posiciones políticas valientes, reivindicando sus orígenes humildes y expresando su apoyo a Palestina. Muchos argentinos vimos en él algo de Diego Maradona, probablemente el futbolista que más abiertamente se enfrentó a la FIFA y que asumió compromisos políticos y populares reconocibles.

Pero también vimos al capitán de España celebrar junto a su afición «por el rey y por España», cuando esa idea de España ha estado históricamente asociada a la subordinación de las identidades nacionales catalana, vasca y gallega. España enfrenta, además, una violencia sistemática contra migrantes africanos y una derecha xenófoba que todavía se alimenta de las persistencias culturales del franquismo. Francia presenta una discriminación ampliamente documentada contra personas de origen africano y magrebí. En el Reino Unido existen brechas raciales en las condiciones de vida y una fuerte desigualdad en el encarcelamiento y el trato policial.

No se trata de defender al propio país reemplazando un estigma por otro. Se trata, sencillamente, de mostrar la arbitrariedad de una intelectualidad occidental que convirtió a esas sociedades en emblemas del multiculturalismo y el antirracismo mientras sometía a Argentina a un juicio moral absoluto.

Nada de esto convierte a esas sociedades en esencias racistas. Ese es precisamente el criterio que debería aplicarse también a Argentina. Las sociedades son formaciones contradictorias, atravesadas por relaciones de poder y conflictos internos. No pueden reducirse a una esencia moral deducida de una selección de fútbol.

El comentario de Yanis Varoufakis fue un ejemplo particularmente elocuente de esa simplificación, aunque la lista es lamentablemente interminable. Varoufakis celebró el triunfo español afirmando que el fútbol había vencido a su mercantilización y que la brillantez colectiva de España se había impuesto al individualismo argentino.

Pero ¿por qué Argentina representaría la mercantilización y España su superación? La Federación Española forma parte de una de las industrias futbolísticas más ricas y poderosas del mundo, dominada por clubes como Real Madrid y Barcelona. Argentina, en cambio, ocupa una posición periférica y forma jugadores que luego son absorbidos por las ligas europeas. Convertir al polo subordinado en símbolo del mercado y a uno de sus centros principales en emblema de la resistencia muestra hasta qué punto una preferencia deportiva fue revestida arbitrariamente de contenido político. También revela una considerable ignorancia, tanto sobre la estructura del fútbol mundial como sobre las relaciones entre centro y periferia, un terreno en el que cabe exigir bastante más de una figura del prestigio intelectual y político de Varoufakis.

También resulta arbitrario identificar a Argentina con el individualismo por la presencia de Messi. Es cierto que la selección se benefició de una figura providencial, comparable únicamente, en otros contextos históricos, con Pelé o Maradona. Pero el equipo argentino de los últimos años fue profundamente colectivo, construido alrededor de la solidaridad entre sus jugadores y de la subordinación de sus figuras a un proyecto común. Lo importante, de todos modos, no es la discusión futbolística, sino la desfiguración de la realidad a la que se prestaron figuras prestigiosas de la intelectualidad europea. El comentario de Varoufakis dice mucho menos sobre el juego argentino que sobre la necesidad de convertir un episodio deportivo en una victoria moral y política, de manera irresponsable y contribuyendo a una suerte de hostigamiento global contra un país.

No se trata necesariamente de mala fe. Fueron, más bien, actos irresponsables que dicen mucho sobre nuestro tiempo. Una persona con autoridad intelectual debe ser especialmente cuidadosa cuando habla de una sociedad que no conoce. No puede convertir intuiciones formadas a partir de publicaciones virales en afirmaciones generales sobre la historia y el carácter de un pueblo. El prestigio aumenta esa responsabilidad, porque sus palabras proporcionan legitimidad a comportamientos que luego circulan de manera mucho más agresiva.

También hubo una forma de ventriloquia política. Se habló en nombre de distintos colectivos racializados de Argentina, pero rara vez se los escuchó. Muchas de esas voces rechazaron la caricatura internacional sin negar los problemas reales de discriminación en Argentina. Sin embargo, tuvieron mucha menos circulación que las opiniones de celebridades extranjeras. El supuesto antirracismo volvió a colocar a los centros culturales internacionales en el lugar de quienes explican una sociedad periférica por encima de quienes viven en ella.

Una intelectualidad verdaderamente internacionalista debería juzgar menos rápido y conocer mejor las historias nacionales sobre las que interviene. También debería resistir la opinología irresponsable y el vedetismo narcisista que estimulan las redes sociales. El antirracismo pierde fuerza cuando se convierte en una distribución arbitraria de certificados morales y se vuelve directamente imperial cuando transforma las categorías del Norte Global en la medida universal con la que deben ser juzgadas las sociedades periféricas.

GVL

¿Por qué esta campaña constituye un problema político y no solamente una representación injusta de Argentina?

MM

Porque el problema excede ampliamente la reputación internacional del país. Mi preocupación no es defender el honor nacional ni demostrar ninguna presunta superioridad moral de los argentinos. Lo grave es que una parte de la izquierda y del progresismo internacional haya adoptado los procedimientos de una campaña de odio y los haya presentado como una forma de antirracismo.

Ese mecanismo perjudica, en primer lugar, a quienes combaten el racismo dentro de Argentina. Los colectivos racializados quedaron enfrentados a una caricatura exterior que tenía poco que ver con sus experiencias concretas. La derecha puede aprovechar ahora esa exageración para negar el problema real. Si es absurdo afirmar que Argentina es el país más racista del mundo, entonces, dirá, toda denuncia de racismo es falsa. El moralismo extremo termina ofreciéndole una coartada.

La campaña también divide a pueblos que deberían reconocerse como aliados. Las sociedades latinoamericanas están atravesadas por problemas específicos de racismo, pero también por historias de luchas obreras, indígenas, democráticas y anticoloniales. Convertir rivalidades futbolísticas en una competencia moral entre pueblos resulta políticamente desastroso, sobre todo en un momento de avance de la extrema derecha y renovada presión estadounidense sobre la región.

El problema de fondo es qué tipo de izquierda se está formando cuando puede participar con tanta facilidad en campañas de estigmatización nacional. El internacionalismo se vacía cuando la solidaridad entre pueblos es reemplazada por una competencia por demostrar quién ocupa el lugar moralmente correcto. El racismo debe ser combatido y denunciado allí donde aparezca. Pero una izquierda incapaz de distinguir entre combatir el racismo y estigmatizar a un pueblo termina empujando hacia la reacción a personas que no son racistas ni derechistas. La extrema derecha ha sabido explotar muy bien esa experiencia de humillación moral.

El internacionalismo siempre consistió en construir solidaridad entre pueblos diferentes a partir del conocimiento de sus historias y de las estructuras que los enfrentan. Una campaña que convierte a un pueblo periférico en objeto colectivo de odio destruye ese vínculo.

Por eso debe ser denunciada con claridad. Argentina no está libre de racismo, pero ningún racismo se combate estigmatizando una nacionalidad. Las críticas extranjeras son legítimas, pero deben fundarse en hechos y en un conocimiento histórico capaz de aplicar criterios simétricos. La solidaridad entre los pueblos oprimidos es demasiado importante como para dejarla subordinada al moralismo y a la lógica de las redes sociales.

Sobre el entrevistador

Gabriel Vera Lopes es corresponsal de Brasil de Fato y participa en distintos espacios de formación vinculados a movimientos sociales de América Latina.

 

 

[Foto: Lucia Prieto - fuente: www.jacobinlat.com]

Ser atès en la llengua pròpia redueix la mortalitat

Un estudi del Canadà revela que els francòfons atesos en el seu idioma tenen un 11% menys de risc de morir i els al·lòfons un 27% 


Rebre atenció en la pròpia llengua és un factor clau per tenir una millor salut a llarg termini, segons un estudi de la Universitat d’Ottawa i de la Universitat de Manitoba fet sobre població francòfona i de comunitats lingüístiques minoritàries del Canadà. L’estudi, dut a terme amb 50.375 pacients durant un període de quinze anys i publicat a la revista AJE Advances: Research in Epidemiology, revela que els francòfons i els al·lòfons (persones que no tenen ni el francès ni l’anglès com a llengua materna) presenten un risc de mortalitat significativament menor quan el seu metge s’expressa en la seva llengua. 

“Els resultats del nostre estudi assenyalen que els sistemes de salut haurien de fer de la concordança lingüística entre una persona i el seu metge una prioritat. Aquesta estratègia podria contribuir a fer augmentar l’esperança de vida d’una població canadenca cada vegada més diversificada lingüísticament”, assenyala l’autor principal, Michael Reaume. 

Els treballs anteriors fets pel mateix equip, que es referien únicament a pacients al·lòfons, ja havien demostrat que parlar el mateix idioma que el metge reduïa el risc de tenir una afecció cardiovascular. Per a aquest estudi, l’equip de recerca ha utilitzat una mostra molt més àmplia i, en lloc de centrar-se només en persones amb hipertensió, s’ha centrat en l’esperança de vida global.

Basant-se en les dades de l’Enquesta sobre la salut en col·lectius canadencs i en altres dades relacionades, els investigadors han trobat que el fet que el metge i el pacient parlin la mateixa llengua comporta una reducció de l’11% del risc de mort entre els francòfons que viuen fora del Quebec i reben cures en la seva llengua. La reducció del risc de mort entre els al·lòfons tractats en la seva llengua és del 27%.

Estudi de la UPF

L’estudi de la Universitat d’Ottawa i de la Universitat de Manitoba va en la mateixa línia que el que va presentar el maig passat la Universitat Pompeu Fabra (UPF), que constatava que no garantir l’atenció sanitària en la llengua dels pacients pot anar en detriment de la precisió dels diagnòstics, de la confiança entre metge i pacient i de la qualitat assistencial. Aquesta situació no només afecta les persones nouvingudes, sinó també la població autòctona amb una llengua minoritària o minoritzada en diferents països del món.

 

[Foto: Unsplash - font: www.diaridelallengua.cat]

«Os fabuladores», novela de J.I. Carnero

Escrito por Ramón Nicolás

Non hai moitos anos un familiar meu compartía cuarto hospitalario cunha persoa que formara parte da tripulación secuestrada no transatlántico Santa Maria. Non lembro o seu nome, e ben que o sinto, mais si recordo a seriedade do seu rostro cando se refería ao medo e á incerteza que sentira naqueles días de xaneiro de 1961. Sobre aquela operación levada a cabo polo chamado DRIL (Directorio Revolucionario Ibérico de Liberación) sabiamos algo grazas ao traballo biográfico que Antonio Piñeiro fixera do poeta celanovés Pepe Velo e doutras fontes como os traballos de Xavier Montanyà, Xan Leira ou Margarita Ledo Andión.

Con todo, non sospeitara que aquel secuestro e, sobre todo, os seus principais protagonistas -Velo, Galvão e Sotomayor- puidesen converterse no fío que sutura unha proposta narrativa híbrida -velaí as páxinas de filiación xornalística, biográfica e ficcional por xunto- que vén da man, grazas á tradución de César Lorenzo, de José Ignacio Carnero.

Teño para min que Os fabuladores é talvez algo máis que a historia e o desenvolvemento daquel intento de denunciar diante da opinión pública mundial as ditaduras de Franco e Salazar, cunha clara vontade propagandística. Algo máis, pois, alén do relato, Carnero fai que traspasemos ese delgado gume que separa os soños do que non o son con naturalidade e fai que funcione o pacto de complicidade que nos pide desde o comezo. Ademais, case engadiría que a novela brilla cando adopta esa tonalidade narrativa a cabalo entre o xornalismo e a ficción, construíndo con transparencia -e coido que non é doado- unha etopea dos tres protagonistas grazas a un proceso de busca que adquire a categoría de obsesión para iluminar ángulos escuros e, abofé, para deseñar os desexos, contradicións e expectativas de Galvão, Velo e Sotomayor, sen esquecer reconstruír o final de cada un deles cando xa non albiscaban Ítaca ningunha. A poeira que trae o tempo e o esquezo canda si converteunos en símbolos se se quer dun tempo extinguido. A estrea inminente da curtametraxe documental “Expediente Xosé Velo”, dirixida por Aser Álvarez, afondará seguramente neste sentido.

J. I. Carnero

Os fabuladores

Aira, Allariz, 288 páxinas, 19,90 €, 2026

 

[Fonte: cadernodacritica.wordpress.com]