sexta-feira, 12 de junho de 2026

Faire face à la nouvelle peste brune

Philosophe du politique mais aussi fondateur de la maison d’édition new-yorkaise Zone Books, Michel Feher s’emploie à montrer les ressorts de l’extrême droitisation du monde. Dans son livre précédent, Producteurs et parasites (La Découverte, 2024), il dénonçait l’attrait exercé par l’imaginaire du Rassemblement national. Aujourd’hui, les légataires de Maurice Barrès et d’Henry Ford figurent parmi les partisans les plus enthousiastes d’Israël et se font les avocats d’une réduction de l’antisémitisme à une hostilité au projet sioniste. Ce nouveau philosémitisme suspect et fragile repose sur une opération de blanchiment réciproque à laquelle Michel Feher, s’exprimant à la première personne, propose de riposter en s’appliquant à Redevenir juif.

« Bermuda : Arbre », Charles Demuth © CC BY 4.0/Flickr 

Écrit par Sonia Dayan-Herzbrun

En France, comme aux États-Unis ou en Allemagne, les gouvernants « nous » entourent de sollicitude et nous invitent « à nous considérer comme des Blancs à part entière ». En retour, il nous appartient d’attester, nonobstant un passé en demi-teinte, « que le peuple majoritaire dont nous faisons désormais partie n’a aucune complaisance pour la judéophobie », même si des rapports comme ceux de la Commission consultative des droits de l’homme établissent que les stéréotypes antisémites traditionnels sont loin d’avoir disparu. Le blanchiment des juifs, rappelle Michel Feher, leur transformation d’étrangers de l’intérieur en Européens de l’extérieur, est au cœur du projet sioniste porté par Theodor Herzl, qui veut fonder un État servant de « sentinelle de la civilisation contre la barbarie ». Bien plus tard, Ehud Barak, alors ministre des Affaires étrangères israélien, parlera de son pays comme d’une « villa moderne et prospère au milieu de la jungle ». 

La victoire de 1967 (la guerre dite des Six Jours) avait, entre-temps, marqué un rapprochement entre les juifs « qui, par Israéliens interposés, faisaient un grand pas vers le blanchité », étant même parfois désignés comme « champions du monde libre », et les « gentils » Blancs. Ceux-ci assumaient désormais leur responsabilité dans ce qu’ils commençaient à appeler Holocauste ou Shoah, et la « question juive » devenait la leur.   

Cependant, le judéo-christianisme, dont l’expression la plus visible est le soutien inconditionnel apporté par les États-Unis à Israël, en est peut-être à son crépuscule. Certes, la parenté des imaginaires et des techniques de gouvernement entre les États-Unis et Israël semble de nature à garantir la pérennité de l’alliance entre les deux pays. On est en droit de penser que la politique d’annexion et de déportation menée par le gouvernement israélien peut servir de modèle, ou tout au moins d’expérimentation, aux autorités de Washington en matière de traque des travailleurs immigrés et de contrôle des États de la région, comme on l’a vu récemment au Venezuela. Mais les orientations se modifient. Le temps des néoconservateurs, majoritairement juifs et sionistes et soupçonnés d’entretenir une double allégeance, est révolu, et celui du sionisme chrétien évangéliste semble en déclin. Une brèche s’est ouverte dans le mouvement MAGA (Make America Great Again) avec la montée en puissance des paléo-conservateurs qui, déjà au tournant des années 1990, se refusaient à tempérer leur antisémitisme au nom du sionisme, qu’il fût juif ou chrétien. 

Les paléo-conservateurs, dont le porte-voix est l’influenceur Tucker Carlson, s’accordent à stigmatiser les travailleurs immigrés et les États-uniens racisés, évoquent volontiers la menace d’un « grand remplacement », et s’en prennent aux femmes rétives au patriarcat et aux minorités sexuelles promises à la damnation éternelle. Tucker Carlson s’écarte de cette ligne commune à tous les MAGA en énonçant en outre que « le suprémacisme blanc et chrétien, dont « America First » est le nom, n’a pas à inclure les juifs parmi les siens, et pas davantage à considérer les intérêts israéliens comme une question de sécurité nationale ». Il n’est pas le seul. Dans une interview donnée à Politico, Steve Bannon, stratège politique de l’extrême droite aux États-Unis et dans les pays européens, a mis en garde « les amis de l’alliance israélo-américaine contre les méfaits d’une cabale de juifs cosmopolites disposant de fonds illimités ». Quant au vice-président des États-Unis, J. D. Vance, il s’est employé à galvaniser ses auditeurs « en leur confiant qu’ils vivaient désormais dans une nation chrétienne où ils n’auraient plus jamais à s’excuser d’être blancs ». 

En Europe, le souci de prioriser le « péril musulman » a jusqu’à présent favorisé l’exemplarité d’Israël aux yeux de la fachosphère européenne, contribuant à une version modernisée de la blanchité où la judéophobie n’aurait plus sa place. Toutefois, Michel Feher perçoit une évolution doctrinale au sein de l’extrême droite européenne, qu’il s’agisse de l’AfD allemande ou même du RN français, comme en témoignent les traces numériques laissées par ses candidats et ses militants. Gager l’endiguement de la judéophobie sur l’admiration des extrêmes droites pour les exploits de l’armée israélienne n’est pas forcément un pari raisonnable. 

Plutôt alors redevenir juif, c’est-à-dire ranimer ce même juif « qui faisait figure de péril existentiel pour les pères fondateurs de l’antisémitisme moderne », parmi lesquels Carl Schmitt dont l’antisémitisme ne se réduisait pas à un vieil antijudaïsme chrétien, ni même au racialisme du parti national-socialiste. Selon lui, la nocivité des juifs devait moins à leur nature profonde qu’à leur condition d’exilés. Les noirs desseins imputés aux juifs, analyse Michel Feher, relevaient de l’introduction d’un trouble dans l’identification qui rendait leur condition diasporique contagieuse en privant leurs victimes du « sentiment de sécurité qu’elles retiraient de leur appartenance exclusive à une nation et de leur enracinement dans un territoire ». 

D’une manière provocatrice, mais de façon extrêmement stimulante tant au point de vue intellectuel qu’au point de vue éthique et politique, Michel Feher appelle à réinvestir positivement cette figure du devenir juif, celle du « paria conscient » conceptualisée par Bernard Lazare et reprise par Hannah Arendt et qu’il voit s’incarner chez Kafka, Judith Butler mais aussi Edward Saïd. Ce qui fait le paria conscient, c’est avant tout le refus de l’assignation identitaire et la préservation de ce qu’il nomme l’entre, l’espace de la vigilance, du doute et de l’humour. Puisse-t-il, comme l’espère Michel Feher, contribuer à démoraliser les responsables du déferlement de la nouvelle peste brune


 

Michel Fehe | Redevenir juif. La fin d’un pacte de blanchiment réciproque. La Découverte, 224 p., 16,50 €

 

[Image : CC BY 4.0/Flickr - source : www.en-attendant-nadeau.fr]

El Indio, la catarsis colectiva y la esperanza del pueblo que falta

 

Escrito por Pablo Schanton

IEEE-EEEEH. Es una “e” alargada, como la de un balido, seguida de un “ie-e-e-é”, digamos, un “yeah” de esos que Los Beatles inauguraron para celebrar el amor. Un gran “¡Sí!”, una afirmación vital y electrizada, propia de la dupla Lennon y McCartney saliendo de la pubertad. Pero también ese vibrato podría revelar ADN del tango (no sé, pensé en un cantante que le gustaba mucho a mi mamá, Alberto Morán). En términos de cómic, ese “screeech” de las frenadas de coche —la comparación es del mismo intérprete— equivaldría, oyendo tanta “e”, a la onomatopeya con que arranca el estribillo. Pero aun a la cocción de ese cuerpo sin órganos que es el “pogo más grande del mundo” le faltan ingredientes. Y no solo me refiero al Factor Skay del plato: por el lado rítmico, esos staccati marchosos que tensan hasta el descorche y, por el lado del punteo, su soltura de swing y de sultán, aceitada en las notas que hilvanan su caligrafía de neón, entre estrofa y estrofa.

Consejo: lleguen a los cincuenta segundos de este video con tal de ir escuchando mientras leen…

Una textura, antes que un texto: la voz. Se trata de una gárgara seca, o hecha recién, cicatrizando mercurio. Los vendedores ambulantes o los legendarios canillitas (“¡Extra, extra!”) usaban esa puesta en laringe como forma enfática de hacerse publicidad. Ah, un malo de Batman, el Pingüino, ponía la garganta en un lugar parecido para reírse (“Ji, ji, ji”). Pero ahí la cosa era más nasal, picuda. Barítono de tensión dramática, entre pito de Nito y gravidez de Pappo.

Nunca soporté el saxo en el rock, menos aún cuando este quiere rodar o ser pesado. Acá Los Abuelos, Los Twist y Sumo lo naturalizaron en los ochenta. Pero en el caso de Solari, entiendo que la cosa es mimética: su vocalización imita el aire que pasa por un metal. Toca su garganta como un saxo. Si Dylan pudo identificarse al cantar con la armónica que él mismo soplaba, el primer Indio, al corear a la par de los vientos en “Yo no me caí del cielo” (1984), parece entrenar la gola para ese falsete tan suyo, coincidente siempre con una carraspera. Pero nada de autotuneo foniátrico se detecta en el original, por más que la caricatura lo evidencie (un Ramiro Cerezo de Pier, pongamos por caso). 

ÑÉ. También hay consonantes en juego. Sobre todo una, la “ñ”. No cualquier “ñ” aunque sea siempre la marca de nuestro español. Un sonido como salido del ruso, que se acomoda a su vocalización igual que un guante. En la misma canción figuran “añicos” y “pequeñitas”. Entre “chicos” y “pequeñitas” se esconde la palabra “niño”, la misma que alguna vez cantaron Spinetta y Miguel Abuelo a fines de los sesenta, con la misma piedad y la misma fe que el Indio transmitirá a la altura de Luzbelito. Piensen si al vibrato hubiera que hacerlo con otra consonante. No va. Y la sílaba es “ñé”, necesita “e”. Y entonarla permite que el berrido funcione. Esta “ñ” es más que nada la que tiene “Sueño”, concepto clave entre los ideales redondos. Pero aquí ya empezamos a ingresar en zona de semántica.

Recién ahora, después de que nos pegó el ruido, cuando se ha encendido algo que denomino “masaquismo” —el goce colectivo de los cuerpos apretados en un recital, antes, durante y después del pogo—, que algunos prefieren simplemente observar como fenómeno sociológico del rock. Incluso, como anomalía del mundo del espectáculo donde el espectador se resigna a esperar, a ser expectante y no intentar emanciparse. Pero aquí estamos en otro territorio, donde el rock pasa, sucede, funciona: la pura materialidad del sonido y el cuerpo enredados en una caósmosis única. Y estamos muy, muy lejos de la distancia contemplativa de las formas “descarnadas” con que se consumen otras músicas, donde no se incluye baile, ni siquiera movimiento de cabeza o patita. Ni hablar de la lectura solitaria o la audición en público de un poema: pasan muchas cosas, claro, pero no lo del pogo de “Ji ji ji”. Tampoco es comparable al consumo emocional que propone el fútbol, donde juegan otros y uno se posesiona apasionado, pero bien de lejos, hasta que se corea el grito de un “Gol” y por ahí algo físico pase (quizás, se emparente con el ritual de los recitales ese abrazo, acompañado de la boca en “o” y salto por festejo, fraterno y embanderado, a veces homoerótico, que se produce en la cancha; quizás).

Voy a decirlo simplemente: el rock —el mejor rock— nunca fue “buena música” para escuchar inmóvil, sin prender otro sentido que el de los oídos. Es una composición de sonidos que se siente con el cuerpo, o no es. Es electrocución. Un infierno encantador.

In situ o en video, sentir el pogo de “Ji ji ji” siempre me ayudó a pensar que al rock hay que pensarlo de otro modo, si se quiere comprender su verdadera dimensión. Ese acontecimiento que es el BIG POGO DE JI JI JI no representa un desliz de indulgencia a las masas ricoteras de parte de los artistas y etcétera. Eso es el rock. Y, sobre todo, el bien llamado “rock nacional”, algo fatalmente made in Argentina. Solo no considerando este materialismo rockero (sonido EN el cuerpo) puede reducirse el análisis de una canción a una lectura sorda, donde gana la hermenéutica racional de las palabras. Ese “soñéee ie ie ie ie” sentido con la masa en vivo —o, repito, incluso visto vía YouTube— nos explica la transferencia física y mental que se producía entre el Indio Solari y sus seguidores.

Entonces, ¿por qué se insiste tanto con el poeta, el poeta, el poeta, como si hubiera muerto un escritor? Con el Indio Solari —voz líder de Patricio Rey y sus Redonditos de Ricota primero, y de los Fundamentalistas del Aire Acondicionado después—, perdimos a un cantautor popular de excepción, que es un montón como están las cosas en nuestra cultura. Alguien que sabía pensar las palabras mezcladas con la música y la voz. Alguien irreemplazable. 

SUEÑO. “Que un sueño acabó ya te dijeron / Pero no que todos los sueñitos, no”, arranca una inédita y legendaria “Pura suerte” (1982), donde el Indio cita la sentencia con que —nada menos— John Lennon inauguró la década de los setenta: “Dream is over”. Así el Beatle anunciaba el fin del idealismo hippie y, sin saberlo, el comienzo de la Me Generation. Pero eso sonaba demasiado grande y universal como para que resonara aquí, donde todavía se podía soñar. “Yo no puedo librarme / a lo que te debo como ilusión / ¡Ay! Si pudiera como si fuera un chico / emborrachar el ritmo de un maldito rock”, continuaba la letra. El de los Redondos fue un “sueñito de rock” que se hizo Sueño, dueño del rock en la Argentina, casi. Si el Sueño no podía ser soñado por todos en el mundo (“Imagine” lo formulaba como utopía, pero pronto “Mind Games” terminaría por privatizarlo), al menos podía volverse bandera de unos muchos en un país muy al sur del planeta. Hay una ética en esa salvedad (“Todos los sueñitos, no”); así como hay una salvación estética. La idea señera de mantenerse en la autogestión de los Redondos sería el ingrediente esencial de esa ética. La actitud poética a la hora de usar palabras en una canción es el de una estética que no reniega de sí misma.

En la era de Thatcher y Reagan, los ideales contraculturales del rock iban disolviéndose en las aspiraciones del Mercado global del pop con eje angloamericano (solo sobrevivían como “indie” manifestaciones del post-post-punk). Mientras tanto, Solari, ya líder de “un nuevo regimiento de patricios” (Martín Gambarotta dixit) que encarnaban sus flamantes adeptos suburbanos, se abroquelaba en una especie de Cuba o Vietnam del rock and roll, que duraba lo que duraba un recital. O mejor dicho, un ritual. Ya mediando los noventa, ante las privatizaciones, la apertura de la importación, la subrepticia dolarización, el endeudamiento y las loas a “lo global”, su forma de resistencia fue renacionalizar el rock. Vivir con lo nuestro, sin reducirse al mito folk de un “barrio”, y sin ponerse la remera de Che, como estaba de moda. 

NO. Solo atendiendo a la mera letra podría uno preguntarse lo que se ha estado oyendo en los medios por estos días: “¿Cómo la gente lo entendía cuando cantaba esas cosas tan crípticas?”. Eso me hizo acordar de la cantidad de ignorancias que se opinaron después de la tragedia de Cromañón. De pronto, los rockeros no éramos tantos y eran más quienes escuchaban música rock que los que pertenecían al movimiento. Es que, por un lado, existen practicantes de rock y, por otro, “teóricos” de rock, como canta Babasónicos. La media (la clase media “normal”) no entendía del todo por qué unes descamisades podían sudar junto a otres, contra otres, en un mosh, en un pogo, o en el baile que pinte abajo del escenario.

Anoche por televisión el periodista Carlos Pagni llegó a hablar del “misterio del Indio Solari” y de “formas extrañas de expresión”. ¿Qué escucha esa gente, dónde estuvo todos estos años? Sin dudas, la metáfora de la grieta alimenta la creencia de que hay dos orillas de un mismo plano dividido, cuando la quebradura en realidad es longitudinal: de clase, de zona, e incluso de raza. Siguió Pagni: “Hay una Argentina subterránea, que se moviliza espontáneamente”. ¡Ni que Villa Domínico, donde tuvo lugar el histórico velorio del ídolo, hubiera sido invadida por Morlocks o bichos bolita! Las masas inquietan…

Desde la otra punta del dial, un sincero fan del último Indio, el periodista Iván Schargrodsky definía la obra de su ídolo como “una biblioteca disfrazada de rock”. Ahora no entiendo yo. ¿Estaríamos ratificando el mito del Indio como “Hombre Ilustrado”? ¿Entonces todos sus fans son grandes lectores, que lograron sacarle el disfraz de música a lo que en realidad era literatura? ¿Por qué no basta con decir que el Indio, como sus admiradores, pertenecen al rock, un tipo de contracultura que no existía antes de la segunda mitad del siglo XX?

En este caso, los ricoteros son vistos como plebeyos que consumen bienes culturales impertinentes y refinados, un punto de vista que ignora cómo funciona la cultura rock en la Argentina desde los comienzos. En la web se puede consultar la colección completa de la revista Expreso Imaginario, o cualquiera de las dirigidas por Jorge Pistocchi (Pan Caliente, Zaff!!). Los Redondos son hijos de esas páginas iniciáticas, donde convivían democráticamente Burroughs, Herzog, Michaux, Cartier-Bresson, Castaneda, los poetas chinos de la dinastía Tang, Peter Brook, Oquendo de Amat, Thoreau, etcétera. Pero no solo de libros, películas, discos y demás mercancías de la industria contracultural se trataba, sino de cómo experimentarlos. Hay un aspecto subcultural en todo esto, que implica formas de vida alternativas, otros usos de los placeres y, sobre todo, la psicodelia (una condición perceptiva acerca de la cual el Indio insistía mucho). Entiendo que vengan generaciones que ya solo consuman lo que conste en web, y que logren descubrir a algún escritor gracias a la serie de YouTube El Mister nos lee (es Solari recomendando libros, obviamente). Sin embargo, no podemos olvidar que la ilustración de este hombre era pura instrucción a base de cultura rock, considerada en toda su amplitud. No era una rata de biblioteca que a veces salía a cantar.

En virtud de esta dimensión insoslayable que suma la experiencia redonda (se incluyen psicodelia, pogo, rito), resulta insuficiente comparar sus letras con el “hermetismo” del vuelo spinettiano o las alegorías socialistas de Silvio Rodríguez, simplemente porque se usan de otra forma. Por supuesto que fue necesario que previamente Spinetta habilitara el surrealismo para quienes vinieran después de él. Pero al Indio, los ricoteros lo leyeron y lo comprendieron mejor con el cuerpo que con la cabeza. 

JI JI JI. ¿De qué sirve saber que “Ji ji ji” habla sobre la cocaína? ¿Será que a alguien le produce esa epifanía de la que se burlaba Capusotto, cuando su personaje lanzaba un ¡Eureka! bajo la frase: “¡Está hablando del faso!”. Bueno, de la merca, en este caso y en el de la también alcohólica “Ñam fri frufi fali fru”, un anagrama dadaísta que Little Richard habría adoptado, donde se lee frula y falo, loco. Ni siquiera ese saber tranquiliza sobre nada. Después, hay que seguir esclareciendo más y es de nunca acabar: por qué aparecen el cine y la cena esa (genial, el que se endereza para el brindis), en una estética noir que remite a Alack Sinner y al Cerati que la cantó por letra de otro en “Persiana americana”. ¿Y qué quisiste decir con la cueva del perico? ¿Quién es Olga Sudorova? Y así… Pero ¿en qué mejora nuestra experiencia de la canción eso de andar acumulando explicaciones hermenéuticas? ¿Quién dijo que basta con el sentido cuando lo sentido sería más intenso, más completo y aún más complejo?

Ese estribillo de “Ji ji ji” aporta un epítome de lo que Luis Chitarroni denominó “la línea” al consagrar al Indio como letrista. La definía así: “El grado de intensidad de un conjunto de palabras en el momento de mayor intensidad musical”. Acto seguido, daba un ejemplo y una moraleja: “La dicción solar del Indio pronunciando ‘De esa miel no comen las hormigas’ no puede descomponerse en un ‘trabajo de análisis’. No es raro que el rock rechace la pseudointelectualización de los comentaristas. Entrar en ese corral es alquilar el tedio universitario de por vida”. En sintonía con Chitarroni, nos negamos a ofrecer un sentido cargado de esa “coherencia ideal que le exigirían los adeptos a una semántica dictatorial”. En vez de practicar una autopsia lírica (reducir a babosa de letras un caracol cuya caparazón de música se desoye), proponemos una biopsia fetichista: veamos cómo funciona ese gran pogo motorizado por el “No lo soñé”. Más que una línea, sería un punto, un punctum. Acá esa bengala fonética —el “Nolosoñéééé”— dejó de funcionar como el enunciado “No lo soñé” hace rato.

Pero sin dudas abundan otras “líneas” a lo largo del cancionero indio. Nos referimos a las consignas o eslóganes (así los llamaba Solari) del tipo “Violencia es mentir” o “Todo preso es político”. Por más foucaultianas que resuenen, su poder radica en cómo el cantautor recurre a las formas fragmentarias del saber popular: los dichos, los refranes, los grafitis, las frases de remeras, las de sobres de azúcar, los tatuajes con mensaje, los fileteados de camión, los memes, Antonio Porchia, El principito y más por el estilo (no justamente el de la Alta Cultura). Últimamente, nadie alimentó mejor el archivo de esa sabiduría prêt-à-porter de la cultura pop.

Ya que interviene la recepción corporal, donde participa el oyente activando más oídos que las orejas (el cuerpo todo), apelaremos a un neologismo —tic lingüístico del que no solo Lacan echó mano, sino también nuestro cantautor— para nombrar eso que pasa en el estribillo de “Ji ji ji”: una condanzación. Un baile donde el cuerpo se aliena en otros pegados a su lado, en tanto la cabeza entra en modo metáfora. Una significancia densificada por los sentidos abiertos (psicotropía + cuerpo a cuerpo), más somática que semántica.

Por eso, consagrar a Solari como “poeta” es poco. Una canción (mi favorita) como “Vencedores vencidos” (1988) no puede ser más perfecta en su conjugación de letra y música (lástima —lastima— el saxo): el modo en que se aceleran (se van corriendo) los versos en ese vértigo que hace de estribillo, y hasta es perfecto cómo cierra una línea su métrica, colgada en una preposición “de” que queda suelta. Recuerdo que también en 1988 escuchaba mucho The Smiths. Bueno, la química compositiva y emocional de la dupla Morrissey-Marr a la altura de Hatful of Hollow es la misma que la de Solari-Skay en Un baión para el ojo idiota. No son poemas musicalizados, por favor. Acá no hay un Serrat con “acompañamiento”, o un Sabina, o una María Elena Walsh, y todo eso que Mercedes Sosa consideraba poesía, pero nunca pudo sentirla en los Redondos. Nuestro cantautor sabía lo que hacía, como le dijo a Marcelo Figueras: “Esa es una de las ventajas que el songwriter tiene respecto del poeta: sus palabras pueden ayudar a completar o resignificar la forma pura que la música insinúa”. Y eso del lado de las intenciones, pero del lado de las intensidades, es el público quien tiene “la última palabra”.

Ahora bien, esa declamación silábica y paternalista del “mensaje” vino después. Ni Pato Fontanet, ni Piti Fernández, ni Rolo Sartorio podrían compartir esa urgencia prosódica del Indio, donde se dicen grandes cosas así como al pasar. Pero es cierto que el Indio guardaba el traje oracular de Viejo Vizcacha para los reportajes.

La Semantocracia académica (y aledaños) siempre está atenta para desambiguar lo que no haya quedado del todo claro. Algo que el Indio siempre se negó a hacer, aun cuando diera pistas sueltas en su autobiografía. Esa paranoia de detective semiótico está parodiada en la novela La cuadratura de la redondez (2011) de Ariel Magnus, donde el filólogo cordobés Atila Schwarzman encarna a un Charles Kinbote (Nabokov) naufragando en la semiosis ilimitada de la lírica redonda. Por su parte, el porteño Pablo Cillo editó a los dos años Filosofía ricotera. Tics de la revolución, con la intención de demostrar que lo de Schwarzman se puede hacer en serio, hasta construir el edificio escolástico del Indio, parafraseando cada verso desde el discurso universitario. Citemos una conclusión sobre la canción que nos ocupa; es la página 100 de unas casi cuatrocientas: “(…) ‘Ji ji ji’ nos remite al modo en que el socius capitalista dispone del registro que la máquina deseante hace de la conexión al flujo de la cocaína y sustancias análogas, transformando la línea de fuga que en principio es perversa en aquella psicótico-paranoica que caracteriza a la adicción. El deseo se repliega sobre sí y encuentra una fisura en la que crece un desierto interminable. Lo que nunca nadie soñó es la clausura de todo desear en el fondo de la cueva del consumo o la alienación total”. 

OJOS BIEN ABIERTOS PERO CIEGOS. Quisiera ahora analizar de paso al Indio Solari-el ícono. O solo Indio: el mote es infalible. Esos ojos bien abiertos pero ciegos siempre me llamaron la atención. Las gafas negras. Su carisma anticarisma lo vuelve único, acá y en todo el mundo (donde pocos lo conocen). Su iconografía consta de decisiones sobre el look de rocker, tan extremas como lo son las de un Bowie (devenir alien) o un Springsteen (hacerse el tipo común). Tanto que se acerca al grado cero. Se dispuso a llevar una máscara neutra, a base de calvicie, labios-moños y dos cejas marxianas (de Groucho) sobre lentes circulares negros. Nada más. Un óvalo blanco con dos círculos negros a la altura de los ojos, lo que se ve en la tapa de Porco Rex.

Hará una cuarentena de años, el uso de lentes oscuros en el under sostenía una contraseña: anoche fue una noche de excesos varios y no quiero que ahora al sol me vean así, de resaca. Corroboraba el vampirismo de intensidad de cada cual. La izquierda de la noche vista de día. Con la llegada de la franquicia CQC y sus men in black, los lentes negros comenzaron a significar cierto cinismo y cierta hipocresía: algo ocultaba esa “mafia”, irónica pero inofensiva.

En el Indio nos enfrentamos a un rostro anti-Levinas (ilegible, 2D, sin lo mismo y sin lo otro). Ese emoji cero (ni siquiera rankea para el de Groucho) constituye una pantalla refractaria como cara. Ahí radica la clave: donde parece que no hay nada es donde podemos vernos.

Cuando se publicaron las memorias que Solari escribió con Marcelo Figueras, Recuerdos que mienten un poco, en 2019, intentaron invertir el ícono: ahora que se vean los ojos del autobiografiado, en un gesto de sinceramiento confesional. ¿Y qué vemos en esa tapa? Unos ojos apretados por unas cejas adustas, que tensan hasta arrugar una frente de puro hieratismo. ¿No estamos más cerca de un villano de Marvel que de un rockero bueno, al estilo Gieco? ¿Y qué pasa si vamos más atrás? Digamos, a los primeros Redondos, cuando tenía pelo y cantaba en sótanos a los que convertía en un cabaret de la película Cabaret, o lo más Bob Fosse que permitían los Omares de la paracultura. Miren el bigote y la barba: detalles totalmente psicobolches o hippies, contraste total con los “raros peinados nuevos” del poptimismo alfonsinista. Es cierto que el uso de corbatita ratificaba que había asimilado (tarde) la new wave. Hay una famosa foto en La Esquina del Sol con Enrique Symns al lado de Skay: jugando a los cerdos y peces importando a Bukowski. Pero tanta pilosidad encima le sumaba edad. Este hombre, al final, siempre fue viejo, y más todavía, de joven. Bueno, no tan joven: su carrera no empezó antes de los treinta años.

En su momento, señalé con saña esa grieta generacional y social entre el cantante y sus admiradores. Recuerdo que una noche pasé del camarín donde el Indio practicaba tai chi a la cancha donde el público se mandaba una zapateada circular con revoleo de remeras. El contraste en el uso de los cuerpos era un poco chocante. En realidad, ese juicio negativo no tomaba en cuenta lo esencial de la identificación ricotera: lo que separaba era lo que unía. Incluso, al líder se le aceptaban actitudes bastante intolerantes. “Yo no soy el que limpia los pisos como para que me tiren trapos”, recuerdo haberle oído, después de patear otra remera desde el escenario. Un padre alternativo, que los aceptaba cuando se sentían más huérfanos, los reconocía incluyéndolos en sus canciones y les daba permiso para jugar, pero que también les ponía límites.

Volviendo al look, ¿hace falta hablar de la ropa que se ponía para subir a un escenario? Ni glam ni grunge, la camisa y los pantalones se conseguían en el “local para caballeros” en cualquier capital de provincia. Lo más parecido a tu profesor de física. Incluso Skay contrastaba a su lado, agachando su look de gitano celta. Como lo sexy o lo sensual o lo erótico, todo eso es subjetivo, pienso callarme la boca sobre sus movimientos en escena. No voy a mencionar a Iggy Pop o a David Byrne, por celebrar la psicosis o la neurosis en contraposición a nada (esas patinadas sin patín por el escenario serían nada). Ni señalaré lo más cringe a mano con que cuenta un vocalista: la gestualidad del air guitar. No es momento. Entonces, ¿a dónde queremos llegar?

A que hoy su look Keaton (de Buster, pero de Michael, como Batman, también) denuncia la falsedad rocker de esta gente que nos gobierna, y que organiza cosas como el Derecha Fest para tocar rock & roll. Mientras el calificativo “rock star” se ha implementado para consagrar a traperos y best sellers “con onda”, la máscara neutra del Indio demuestra que se puede mantener una postura contracultural lejos de las poses rockeras más visibles. O sea, digamos: la campera de cuero como emblema y el expresionismo de sacado. En su ya clásico Kill All Normies (2017), la irlandesa Angela Nagle demuestra cómo la cultura incel se fue cocinando en Internet hasta terminar por llevar al poder a Trump, reciclando la transgresión de izquierda como “incorrección política”. Cuando en su campaña, Milei le robó “Panic Show” (2000) a La Renga, nos estaba ofreciendo las primeras señales de alt-right adaptadas al uso nostro. La “sensibilidad troll”, como la bautiza Nagle, ha invertido el sentido de la transgresión a punto tal que “libertario” sería sinónimo de conservador sin que se note. La nueva rebeldía de derecha (amoral, sádica, opuesta a la justicia social y la equidad de los derechos humanos, promercado y anti-Estado, es decir, todo lo que se sintetiza en una motosierra) llegó aquí a ritmo de rock, apropiándose de la gestualidad más teen del rock, llevándose puesta la “reveldía” renga.

En este contexto, cómo no querer a ese señor, enfermo del maldito Parkinson, que vivía con su señora e hijo en una casaquinta, con pileta climatizada y dobermans, ubicada en Parque Leloir. En la batalla cultural, hay que fijarse bien de qué lado de la mecha rockera nos encontramos. Si es que queda algo, porque hasta el rock nos están robando. 

SOÑÉ. Podríamos decir que a los Redondos les tocó refundar el rock nacional hacia fines de los ochenta. Pero lo de “les tocó” podría sonar a destino. Bastaría retroceder hasta “Canción para naufragios” a fin de encontrar algunas pistas programáticas. Allá por 1993, un lúcido Eduardo Berti superpuso los versos “Ya no estás solo / estamos todos en naufragar” con los iniciáticos de “La balsa” (1967), en los que monologaba alguien solo, triste y abandonado, decidido a construir una balsa para irse a naufragar. A pesar de que el rock había sido institucionalizado como música popular argentina, tan legítima como el tango y el folclore, luego de Malvinas, los Redondos se propusieron mantener como bandera el proyecto de democratizar el ejemplo de una vida más bohemia (de eso se trata salir a naufragar: la deriva que promovían los situacionistas) y menos “normal”.

Conforme el público crecía, no alcanzaban las balsas. Ahora el desafío para la banda consistía en aumentar el calado sin perder la proa de la contracultura. Lo primero fue abrazar la Táctica Bartleby durante el boom poptimista postdictadura (el eslógan “¡Tirá para arriba!” de Zas era unánime). El Indio, Skay y su pareja/manager, la Negra Poli (el triángulo básico de Patricio Rey), prefirieron no firmar contratos con ninguna agencia ni sello discográfico. Probarían autogestionarse, manteniéndose fuera de la gran industria musical. Y la pyme redonda funcionó. Todo, gracias a la logística de una mujer, la Negra Poli, quien había aprendido el rol de manager de otra mujer, Esther Soto de Vitale (mamá de Lito), cofundadora de Músicos Independientes Asociados (M.I.A.) mediando los setenta.

El salto del under de sótanos a la masividad de estadios en los noventa los cargó con una nueva responsabilidad. Ahora tenían que traducirles a los chicos y chicas del conurbano que empezaban a seguirlos cierto hedonismo alternativo —la búsqueda de placeres desconocidos desde una militancia antisistema—, algo que habían compartido hasta entonces con una elite de cerdos y peces metropolitanos que vivían de noche. Vaya tarea, vaya pedagogía. El Indio y sus secuaces convertirán los recitales en lo que el ensayista norteamericano Hakim Bey denominó “zonas temporalmente autónomas” para goce de su tribu. Era una manera de ganar la bataille cultural para el rock argentino hace cuarenta años, patrocinar el derecho al gasto. Un tipo de justicia social distinta, que iba más allá del Principio de Acumulación, alejándose de la ética protestante de sacrificarse para ganarse el pan y reproducirse. Pero ahí también empezaron los problemas.

Por un lado, una cuestión económica. El plan neoliberal del 1 peso = 1 dólar enriquecía a unos mientras empobrecía a otros. Entre los ganadores se contaban los músicos con mejores ventas de discos y tickets, estuvieran dentro o fuera de la industria. Entre los perdedores, jóvenes del conurbano como “las bandas”. Ya hablamos de ese contraste: mientras grupos como La Renga firmaban contratos millonarios pero trataban de demostrar que eran “los mismos de siempre” ante sus seguidores, a los Redondos no les importaba hacer concesiones ante su público. El hecho de ser independientes los absolvía de todo.

Por otro lado, la sociología debería estudiar cómo entraban en fricción los valores y goces de la bohemia con las necesidades y obligaciones de la “normalidad” en las vidas de los ricoteros (y de los rockeros en general). Un nuevo tipo de clase media consciente de que otra vida mejor (y más intensa) es posible se vuelve un laboratorio social, donde se hacen intentos, no siempre exitosos, por armonizar la ley y el desorden, la familia y los excesos. ¿Cuánto se puede vivir “en estado de rock”? ¿Y si naufragar finalmente equivale a caer en la adicción? ¿Digamos, una deriva como la que describe “Ji ji ji”?

Patricio Rey tenía la solución. Consistía en habilitar el goce maldito del rock homeopáticamente, cada vez que organizaba una “misa”. La cual conllevaba una “procesión” hacia alguna ciudad chica fuera de CABA, donde eclosionara ese orgasmo colectivo con “Ji ji ji”.

¿Y ahora qué hacemos?

EL INDIO ES PUEBLO. “Es preciso que el arte, particularmente el arte cinematográfico, participe en esta tarea: no dirigirse a un pueblo supuesto, ya ahí, sino contribuir a la invención de un pueblo”. (Gilles Deleuze, La imagen-tiempo)

En un artículo conmovedor aparecido en Panamá Revista, el periodista Fernando Rosso escribe que, tras la muerte del Indio, ya empezó a sentir nostalgia porque sabe que no existirá más “la Patria ambulante” que el cantautor nos proponía, ese “país dentro del país”. Digamos, eso que Pagni resumió desde su vereda como “una Argentina subterránea que se moviliza espontáneamente”. Es difícil pensar quién podrá heredar ahora la conducción de esa comunidad ricotera, constituida por millones de personas, acostumbradas a la comunión táctil e instantánea de un pogo apenas oían “No lo soñéééé”.

Hoy que falta un pueblo, las bandas ricoteras nos recuerdan que intentaron formar algo parecido, pero a su manera. En el multitudinario velatorio del ídolo popular, los movileros de la tele sufrían porque cada testimonio en la fila venía mechado de consignas contra el gobierno. No serán parte de la “poesía” a la que tanto se alude cuando del Indio se trata, convengamos. Pero esos “¡Milei, la concha de tu madre!”, que quedaron televisados, calentaban un poco las lágrimas bajo la llovizna fría. Esa catarsis colectiva que asomó en Villa Domínico impulsa alguna fe. La única que nos ayuda a compensar un poco tanta desesperanza. Por si fuera poco, se suma el duelo por la pérdida de un gran referente nacional de la contracultura. Ahora que el felino no parece tan doméstico como el que nos endeudó con el FMI en 2018, resulta que el rugido viene en forma de puteada. El Panic Show no debería continuar. 

[Foto: Edgardo Kevorkian - fuente: www.revistaotraparte.com]

quinta-feira, 11 de junho de 2026

«Ji Ji Ji», canción interpretada por Patricio Rey y sus Redonditos de Ricota

  

 En este film velado en blanca noche
El hijo tenaz de tu enemigo
El muy verdugo cena distinguido
Una noche de cristal que se hace añicos

No lo soñé, yeh
Se enderezó y brindó a tu suerte
No lo soñé, yeh
Y se ofreció mejor que nunca
No mires, por favor
Y no prendas la luz
La imagen te desfiguró

Este film da una imagen exquisita
Esos chicos son como bombas pequeñitas
El peor camino a la cueva del perico
Para tipos que no duermen por la noche

No lo soñé, yeh
Ibas corriendo a la deriva
No lo soñé, yeh
Los ojos ciegos bien abiertos

No mires, por favor
Y no prendas la luz
La imagen te desfiguró

El montaje final es muy curioso
Es, en verdad, realmente entretenido
Vas en la oscura multitud desprevenido
Tiranizando a quienes te han querido

No lo soñé, yeh
Se enderezó y brindó a tu suerte
No lo soñé, yeh
Y se ofreció mejor que nunca

No lo soñé, yeh
Ibas corriendo a la deriva
No lo soñé, yeh
Los ojos ciegos bien abiertos
No mires por favor
Y no prendas la luz
La imagen te desfiguró-uó-uó-uó-uó

Olga Sudorova
Vodka de Chernobyl

¡Pobre la Olga! ¡Crepó!

 

Escrita por Skay Beilinson, Indio Solari

Disco: Oktubre (1986)

Norbert Elias : du sionisme à la sociologie

Comment le futur auteur du « Processus de civilisation » a-t-il abandonné ses engagements de jeunesse pour se consacrer à son projet sociologique ? 


Écrit par Benjamin CARACO

Dans L’Europe des intellectuels (2024), Christophe Charle consacrait un chapitre à Norbert Elias, rappelant son engagement de jeunesse, peu connu, au sein du mouvement sioniste. L’historien s’appuyait notamment sur un texte de 1929 d’Elias consacré à la montée de l’antisémitisme en Allemagne, traduit tardivement en français par le sociologue Danny Trom. Ce dernier vient de publier Norbert Elias, une politique de la sociologie, qui rassemble plusieurs textes d’Elias qu’il a traduits en français, accompagnés des introductions rédigées pour leurs premières éditions, auxquelles s’ajoutent plusieurs développements inédits.

En lien avec l’actualité récente (montée de l’antisémitisme, attentats du 7 octobre, guerre à Gaza et débats autour de la relation entre science et militantisme), Danny Trom s’intéresse au parcours de Norbert Elias qui, malgré un parcours chaotique lié aux affres de la Seconde Guerre mondiale – et bien mis en lumière par Marc Joly –, délaisse progressivement l’engagement sioniste au profit du travail sociologique, auquel il consacrera toute sa vie. Membre du laboratoire LIER-FYT, qui entend proposer une alternative à la sociologie critique, Danny Trom voit dans l’œuvre sociologique d’Elias une réponse aux confusions entre production de savoir sociologique et militantisme politique. Si sociologie et politique sont clairement liées, la première conserve une autonomie intellectuelle à l’égard de la seconde. Pour Trom, « la sociologie apparaît à Elias comme une voie de sortie indissociablement politique et scientifique ».

L’abandon de l’engagement

Danny Trom estime que l’article de 1929 consacré à l’antisémitisme en Allemagne témoigne d’une bifurcation dans l’itinéraire de Norbert Elias : il délaisse son engagement sioniste, dans le mouvement de jeunesse Blau-Weiss, pour embrasser pleinement la sociologie. Son analyse mobilise déjà la « perspective relationnelle » qu’il affectionnera tout au long de sa carrière. Pour autant, il n’en conclut pas à un abandon de la politique : «  La décision d’opter pour la connaissance sociologique vaut certes rupture, mais cette connaissance est impulsée et aiguillée par une visée politique, au point que la sociologie d’Elias se lit comme une reformulation sociologique de la visée politique moderne. »

Dans ce texte, Norbert Elias se positionne par rapport à des sociologues allemands comme Franz Oppenheimer et Karl Mannheim, dont il fut l’assistant avant de devoir fuir l’Allemagne. De Mannheim, il retient notamment l’idée d’interdépendance et de concurrence entre groupes sociaux, en l’occurrence Allemands et Juifs allemands. Contrairement à l’École de Francfort, dont Mannheim et Elias furent les voisins – leurs instituts occupant le même immeuble à Francfort –, qui considère l’antisémitisme comme la conséquence d’une « modernité ambivalente où la promesse d’émancipation se renverse en son contraire », Elias l’envisage en termes de relations et d’alliances entre groupes sociaux. Son analyse s’ancre à la fois dans la réalité sociale et dans la longue durée.

Elias en conclut à la solitude des juifs, privés d’alliance avec d’autres groupes, comme un temps la bourgeoisie libérale allemande. Son article se termine sur une alternative entre émigration en Palestine et lucidité résolue. C’est cette seconde option qu’adopte Elias, abandonnant son projet d’alyah et se décentrant même de la société allemande. Elias se « détourne donc du sionisme et, par là même, de toute politique, pour reporter tous ses espoirs sur une science sociale capable de ressaisir les mécanismes de l’émancipation de l’humanité à sa racine, d’en révéler, en somme la logique ».

Le choix de la distanciation

La sociologie envisagée par Elias se veut à la fois démystificatrice et émancipatrice. Il y vouera littéralement le reste de sa vie, quitte à occulter son engagement sioniste. La sociologie devient donc la continuation de la politique par d’autres moyens. En 1935, soit six ans après son article sur l’antisémitisme, en écho à sa situation d’exilé à Paris, il publie un texte sur l’expulsion des huguenots du royaume de France sous Louis XIV. Il s’y intéresse aux logiques de compétition entre groupes, parallèles à la montée en puissance de l’État moderne, détenteur de la violence légitime. Cette réflexion marque une nouvelle étape dans le décentrement d’Elias par rapport à la situation des Juifs en Allemagne. Danny Trom y décèle une préoccupation centrale qu’Elias prolongera dans sa sociologie historique : celle de la protection des sujets, puis des citoyens.

Bien plus tard, dans les années 1960, Elias réagit toutefois au procès Eichmann. Il se positionne alors sur l’existence de l’État d’Israël, qu’il estime essentielle. Cette prise de position s’inscrit dans le débat plus large autour du phénomène nazi, dont témoignent plusieurs réflexions ensuite publiées dans Les Allemands (1989), récemment traduit en français. Norbert Elias, une politique de la sociologie offre un éclairage bien contextualisé et complémentaire aux travaux de Marc Joly sur les débuts du sociologue. Le livre donne également accès à des textes moins connus d’Elias, mais déterminants pour comprendre sa trajectoire ultérieure et son rapport à la politique.

Norbert Elias, une politique de la sociologie

Danny Trom

2026

Éditions de l'EHESS

182 pages





Benjamin CARACO

Benjamin Caraco coordonne la rédaction de Nonfiction, aux côtés de Pierre-Henri Ortiz.

Docteur en histoire (Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne) et conservateur des bibliothèques, il est chercheur associé au Centre d'histoire sociale des mondes contemporains. Il travaille sur l'histoire culturelle de la bande dessinée et est l'auteur d'une dizaine de publications à ce sujet. Il écrit régulièrement des comptes rendus pour la revue Esprit et le Bulletin des bibliothèques de France.

Il a dirigé Valoriser les bandes dessinées et les mangas en bibliothèques (Presses de l'Enssib, 2024). Il a publié Une histoire de l’Association. Bande dessinée d'auteurs et légitimité culturelle (Presses universitaires François-Rabelais, 2024) et Histoire de France de la bande dessinée (La Découverte, 2026.

[Source : www.nonfiction.fr] 

A ollada nas mulleres de Ruth Matilda Anderson centra a xornada do grupo «Pensamento e ensaio»

 


O grupo de traballo Pensamento e ensaio da Real Academia Galega dedicaralle a Ruth Matilda Anderson (Nebraska, 1893-Nova York, 1983) o seu cuarto encontro anual. A sesión, de entrada libre, terá lugar o vindeiro 18 de xuño na Fundación Luis Seoane (rúa San Francisco, 27 – A Coruña), a partir das 19 horas, e centrarase na ollada nas mulleres da conservadora da Hispanic Society of America, autora de Gallegan Provinces of Spain. Pontevedra and La Coruña (1939), un dos máis exhaustivos ensaios sobre a Galicia de hai un século. Nestas páxinas, a investigadora, que percorreu a Galicia, entre 1924 e 1926, para retrarar co poder da fotografía e da palabra o noso país, ofreceu ademais a que foi a maior tradución ao inglés de Rosalía de Castro ata o ano 1964. Malia a súa importancia, este labor permaneceu fóra do repertorio bibliográfico do galego, ausencia que será un dos temas que se aborden nunha xornada que contará coas achegas de Alba Rodríguez Saavedra, tradutora de Anderson, a historiadora Ana Cabana e o fotógrafo Brais Lorenzo. 

Organizado co apoio do Concello da Coruña, o foro continúa coa serie de encontros que o grupo Pensamento e ensaio da RAG iniciou en 2023. Estes espazos para a reflexión pública concibíronse co propósito de “contribuír a elaborar discursos alternativos, contrahexemónicos, sobre Galicia” e que vaian alén dos proxectos que contemplan Galicia “unicamente como terra que ser explotada polo extractivismo ou caracterizada de modo folclórico”, sinala a académica Marilar Aleixandre, coordinadora do grupo e mais da xornada Ruth Matilda Anderson: a ollada nas mulleres

Alba Rodríguez Saavedra, autora de Ruth Matilda Anderson: tradutora das marxes (Laiovento) e membro do grupo de Tradución e Paratradución da Universidade de Vigo, afondará nos motivos que explicarían que a estadounidense permanecese á marxe do canon galego, segundo propón neste volume publicado coincidindo co centenario da segunda viaxe de Anderson a Galicia. “Traducir para visibilizar. A Galicia en feminino plural que reivindicou Ruth Matilda Anderson” é o título da súa intervención. Dialogará coa achega sobre os traballos das mulleres ignorados ou dados por suposto nos tempos de Anderson da historiadora da Universidade de Santiago de Compostela Ana Cabana, que asina o limiar do ensaio de Rodríguez Saavedra; e mais a contribución do fotoxornalista Brais Lorenzo, quen participará co relatorio “Fotografía, memoria e territorio: un diálogo fotográfico con Ruth Matilda Anderson. Habitar o baleiro”. O programa inclúe tamén unha actuación musical  de Cantigas e Agarimos, fundada na Galicia dos anos 20 que coñeceu Ruth Matilda Anderson. 

A norteamericana levou a cabo en dúas estadías que en conxunto duraron 18 meses  o traballo de campo en Galicia que lle encargara a Hispanic Society: retratar a esencia dun mundo tradicional que co avance da industrialización comezaba a esmorecer. Nas últimas décadas recoñeceuse o seu labor como fotógrafa, pero Rodríguez Saavedra reivindica as múltiples facianas dunha investigadora atenta á antropoloxía, á historia, á literatura e á lingua propia de Galicia que exerceu tamén de pioneira da tradución ao inglés de Rosalía. Canto ao porqué da invisibilización destoutros perfís, a estudosa apunta á atención que Anderson lles prestou en Gallegan Provinces ás mulleres. “Ruth Matilda Anderson presenta un libro que nos invita a vernos, a entendernos con outros ollos, cos ollos do noso día a día, de onde os grandes nomes propios decidiran excluírse para dedicarse á tarefas máis excelsas, quedando, por tanto, fóra do obxectivo de Anderson. E este pecado de dirixir a mirada e a palabra cara ao cotián, como xa acontecera con Rosalía e Emilia Pardo Bazán, custoulle a Anderson o desterro ás marxes do nosos sistema cultural”, expón no seu ensaio.

Non foi ata a fin da ditadura, andados xa os anos 70, cando a historia das mulleres comezou a entrar no ámbito académico estatal, e habería que agardar a finais dos 90 e o comezo do século XXI para que se producisen avances significativos neste sentido, explica Ana Cabana. “Ata entón o traballo das mulleres non era sequera considerado, e no caso de Galicia, onde ten que ver moito co rural, ficaba dobremente invisibilizado. A achega de Ruth Matilda Anderson axúdanos a revelar ese traballo feminino que estaba en todas as partes, e faino sen caer nos estereotipos”, valora a historiadora. A americana retratou nenas, mozas e mulleres de máis idade desempeñando todo tipo de oficios e tarefas alén do ámbito doméstico, dende leiteiras e carteiras a grupos de mulleres puxando para sacar do mar as redes. “Amosou e defendeu a súa potencialidade económica. Cando visita as palilleiras, fala delas como dunha industria. Ata entón ninguén as vira desa maneira”, engade a profesora.

Cen anos despois Brais Lorenzo segue dalgún xeito o ronsel de Ruth Matilda Anderson a través do proxecto xornalístico multiplataforma Habitar o baleiro, nado coa vontade de retratar a vida no rural de Galicia, e centrado ata o momento sobre todo nas provincias de Lugo e Ourense. As súas fotografías dialogan con textos de diversas autorías para afondar nun mundo no que a presenza feminina segue a ter un peso especial, e que hoxe se nutre tamén de mulleres migrantes chegadas doutros países, apunta. Un mundo que vai esmorecendo pero no que tamén nace nova vida. “Interésannos as consecuencias que o abandono do rural ten, por exemplo, no medio ambiente, pero tamén queremos amosar o lado esperanzador e o que agroma, esas novas formas de habitar o rural en Galicia”, destaca o fotoxornalista, recentemente galardoado co World Press Photo pola reportaxe sobre a vaga de incendios en Galicia do pasado verán que titulou Terra queimada.

[Fonte: www.academia.gal]

quarta-feira, 10 de junho de 2026

«Amarga Navidad» film di Pedro Almodóvar

Sarebbe fuorviante rimanere sulla constatazione di uno stanco meccanismo autocitazionista e, forse sottotraccia, anche autocelebrativo, perché l’attenzione viene riportata, se non proprio con costanza e rigore sempre e comunque con una precisa consapevolezza del (meta) discorso avviato, sulla cornice del film nel film. 

di Fabrizio Croce

Il suono delle lettere battute sulla tastiera di un computer che comincia a sentirsi fin dai titoli di testa, annuncia già uno degli intrecci portanti della struttura di Amarga Navidad, nuova stazione drammaturgica del romanzo cinematografico e della parafrasi autobiografica di Pedro Almodóvar: stavolta El Deseo, nome della casa di produzione fondata assieme al fratello Augustin e ispirata al tram di Tennessee Williams, scorre a partire dall’apparizione del suo fiammeggiante marchio grafico nel rapporto generativo con la scrittura che diventa immediatamente immagine, memoria, riflesso della realtà nel farsene non imitazione o mimesi, ma esplicita riformulazione nella misura del rapporto tra verità e finzione, tra organizzazione interna del racconto e le imponderabili digressioni esterne della vita parallelamente vissuta.  Il primo piano, inteso come frontale close-up e anche come prima inquadratura, non può essere che quello di un regista e sceneggiatore (nell’accezione tout court di autore) colto nel processo in medias res della realizzazione della sceneggiatura per un film.

Il dispositivo cinematografico si rivela più che mai nella sua evidenza e trasparenza, e non c’è l’hitchcockiano incastro tra falso e vero flashback, tra ricostruzione spazio temporale del set, del ricordo e del presente, con relativo capovolgimento di prospettiva e percezione, di precedenti opere almodovariane che ne sono i più diretti riferimenti: La mala educación (2004), vertigo straziante, desiderante e torbida di un complesso di colpa, e Dolor y gloria (2019), tra la struggente elegia del primo amore diverso e l’analisi impietosa del rimpianto come forma sublimale e consolatoria di una perdita e di una rimozione. Nel caso di Raúl (Leonardo Sbaraglia), il volto che ci appare nel campo e controcampo dello schermo di un PC e delle parole che vi vengono computate sopra, il passaggio che da forma alla storia in progress introduce direttamente questa dialettica; e le parole continuano a scriversi su una sequenza ambienta nel 2004, dove Elsa (Bárbara Lennie),  una donna che scopriremo essere una regista che ha rinunciato alle proprie ambizioni autoriali (dopo due flop diventati però “di culto”) sta facendo i conti con l’esordio di una crisi di panico e la voglia di riprovare con un terzo lungometraggio, dopo una routinaria carriera nella pubblicità. Ad accudirla e accompagnarla, c’è il suo ben più giovane compagno Bonifacio (Patrick Criado), con il quale già si pone un’asimmetria anagrafica, sociale, culturale (lui fa il pompiere e lo spogliarellista part time e lei lo aveva conosciuto ad un addio al nubilato, ingaggiandolo per uno spot di biancheria intima). Gli elementi per spalancare la voragine, o quantomeno il tarlo, di un altro melodramma sull’attrazione entusiasmante dei corpi e lo sgretolamento delle illusioni sentimentali ci sarebbe dunque, ma con la solita, magistrale e spiazzante capacità di passare da un piano all’altro della visione e dell’ascolto, Almodóvar mantiene il punto sul fatto che ci troviamo ai margini, parlando in termini di pagina scritta, di un film in potenza, ancora legato al testo e alla sua apertura verso direzioni e svolte inattese. 

             Leonardo Sbaraglia

Si tratta di una dichiarazione anzi, in maniera più risoluta, dell’affermazione di un punto di vista espresso già dal modo in cui viene presentata la figura di Raúl: la mdp si muove infatti dal basso verso l’alto, da dietro il computer, fino a fermarsi sul volto e sullo sguardo concentrato del regista sceneggiatore, che impone sopra a tutto il primato della propria creazione. E proprio partendo da questo presupposto vuole fare un film, mettendone in abisso la questione nella trama e duplicando nel profilo di Elsa il suo ego di artista che quasi rivendica il bisogno di acquisire, utilizzare, manipolare la vita propria e quelle degli altri come materia plasmabile a cui poter dare qualsiasi costrutto o elaborazione. Raúl ed Elsa diventano l’uno il proseguimento e l’estensione dell’altra, tanto da arrivare a dimenticarsi o a confondersi, in certi momenti, su chi stia raccontando la storia di chi, pur essendoci l’inequivocabile chiarezza dell’assunto.

Uno straniamento che avviene anche perché le sequenze del mondo parallelo di Elsa diventano progressivamente più lunghe, cercando di individuare quello che potrebbe essere il tema principale del suo sentire, pensare ed agire:  il conflitto, la colpa e il rimpianto (ancora loro) della donna che non è riuscita a salvare la madre malata, e ad elaborarne la morte, e che vorrebbe  salvare ora le persone a lei più care e vicine (una sua collaboratrice tradita dal marito, un’amica più giovane alle prese con il dolore incommensurabile per la morte di un figlio); una volontà, apparentemente altruista ma sostanzialmente egoriferita, che la porta a credere di scrivere nel copione che sta elaborando un salvifico finale alternativo per loro, confondendo la possibilità del processo creativo di integrare, compensare e in parte risanare i traumi e le ferite della vita, con l’onnipotenza di chi crede di avere il diritto di accentrare chiunque e qualsiasi cosa intorno al nucleo del proprio estro. 

Aitana Sánchez-Gijón e Leonardo Sbaraglia
Qui si pone però un altro problema, che forse è l’impasse, il corto circuito, il respingimento che provoca questo tardo “natale amaro” del cineasta madrileno: Elsa, e con lei i personaggi che la contornano, portano su di loro una sorta di opacità, di sfocatura, di poca incisività, quasi con la triste consapevolezza di essere derivativi e derivative di un sistema di codici e di rimandi chiusi dentro l’acquisita, e appassionatamente e convintamente amata, almeno per chi scrive, costellazione del cinema almodovariano, per interposto l’ (ennesimo) alter ego, Raúl. Tra l’altro il gioco di specchi si infittisce ulteriormente, visto che a interpretare il regista è Leonardo Sbaraglia, con un aspetto che è molto simile a quello di Antonio Banderas in Dolor y gloria, dove invece Sbaraglia faceva l’amante perduto (adombrando, non da un punto di vista strettamente autobiografico quanto più emozionale, la stessa storia tra Banderas e Almodóvar). Come dire che siamo ormai arrivati al ribaltamento del ribaltamento di proiezioni e identificazioni, con tanto di versione omosessuale femminile. Anche i due densissimi momenti musicali dedicati a Chavela Vargas (Amarga Navidad è il titolo di una sua celebre canzone), appaiono come rimembranze acustiche a circuito chiuso, che comunque spalancano l’intenso e malinconico scenario di un pianto mancato, di un non detto rimasto tale.

Ma, come si diceva, sarebbe fuorviante rimanere sulla constatazione di uno stanco meccanismo autocitazionista, e forse sottotraccia anche autocelebrativo, perché l’attenzione viene riportata, se non proprio con costanza e rigore, sulla cornice del film nel film. Almodóvar disinnesca così il rischio del compiacimento (che passa, per i cinefili adoranti, nel cogliere questa o quella menzione della sua filmografia), attraverso la controparte incarnata da Mónica (Aitana Sánchez-Gijón), la ventennale agente, confidente, prima e migliore lettrice del lavoro di Raúl, che assume anche il ruolo di controcanto, di coro a una voce o di voce fuori dal coro, che non amplifica il portato tragico di quello script poco ispirato ma ne commenta, nello spazio diegetico di uno scontro memorabilmente dialogato, la carenza drammatica ( “da film di un’ora che potrebbe andare bene per una serie su Netflix”, con una pungente ironia sulla decadenza autoriale che ricorda, dall’altra parte del tavolo, la scena del dialogo tra Nanni Moretti e gli automatizzati dirigenti di Netflix in Il sol dell’avvenire). E il fatto che questo sradicamento appassionato della roccaforte del proprio immaginario e delle sue estenuanti reiterazioni passi per la calda presenza di un’attrice carnale come Aitana Sánchez-Gijón riassesta il colpo al cuore di un ritrovato fuoco centrale. Un rito di orgasmica esaltazione, catalizzatore di un bruciante godimento e di spregiudicate contraddizioni, dove il sé stesso che sa di poter creare viene sempre un attimo prima dell’altro da sé che chiede di poter essere ascoltato, e l’occhio è al contempo quello che uccide e quello che da la vita.

In Concorso al Festival di Cannes 2026
In sala dal 21 maggio 2026


Amarga Navidad  –  Regia e sceneggiatura: Pedro Almodóvar; fotografia: Pau Esteve Birba; montaggio: Teresa Font; musica: Alberto Iglesias; interpreti: Leonardo Sbaraglia, Aitana Sánchez-Gijón, Bárbara Lennie, Victoria Luengo, Patrick Criado, Quim Gutiérrez, Milena Smit; produzione: Agustín Almodóvar per El Deseo; origine: Spagna, 2026; durata: 111 minuti; distribuzione: Warner Bros Italia.

 

[Fonte: www.close-up.info]