quinta-feira, 20 de agosto de 2026

L’étrange disparition de l’extrême gauche française

Jointe aux scores de la France insoumise, la régularité des mouvements sociaux qui agitent le pays conduit régulièrement nombre de commentateurs à s’inquiéter d’une poussée de l’extrême gauche. L’étude des deux dernières décennies de vie politique française invite pourtant à formuler un constat rigoureusement différent : sous quelque angle qu’on l’envisage – organisationnel, électoral ou idéologique, l’extrême gauche semble au contraire avoir pratiquement disparue dans l’hexagone. Différentes hypothèses pourraient permettre d’expliquer l’évaporation d’un espace politique qui agrège des forces considérables au seuil des années 2000.

Manifestation du NPA 

Écrit par David Fontano

Extrême gauche : ce vocable désigne les organisations politiques envisageant un renversement à terme du système capitaliste, tout en s’organisant légalement dans l’immédiat, jusqu’à participer éventuellement aux élections. On distingue l’extrême gauche de la gauche radicale, dont la stratégie de transformation sociale passe par les élections et la voie légale (par exemple, la France insoumise) ainsi que de l’ultragauche, historiquement constituée d’un ensemble de courants anecdotiques depuis la fin des années 1920 – le terme désigne aujourd’hui dans le sens commun les groupes et réseaux acceptant l’usage de la violence politique et rejetant toute forme d’organisation légale, syndicats ou partis parlementaires. Ces trois ensembles aux frontières mouvantes permettent de décrire schématiquement des phénomènes aux trajectoires bien différentes.

Or les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2002 donnent un aperçu de l’ancrage de l’extrême gauche en ce début de siècle. Ensemble, les suffrages récoltés par les trois candidats trotskistes (Arlette Laguiller pour Lutte ouvrière, Olivier Besancenot pour la Ligue communiste révolutionnaire, d’obédience pabliste, et Daniel Gluckstein pour le Parti des travailleurs, lambertiste) dépassent la barre des 10%, soit près de trois millions de voix. Un nombre considérable, qui, combiné à l’éparpillement de la « gauche plurielle » sur de multiples candidatures (Jean-Pierre Chevènement, Noël Mamère, Robert Hue, Christiane Taubira), manquera cruellement au candidat socialiste (et lui-même ex-trotskiste) Lionel Jospin pour se qualifier au second tour.

De plus, ces organisations comptent chacune plusieurs milliers de militants et profitent d’une vague ascendante : les derniers feux de l’altermondialisme, avec ses grands forums internationaux, puis la lutte victorieuse pour le « Non » au référendum de 2005 et le mouvement contre le Contrat première embauche de 2006 gonflent leurs rangs. En 2008, le PT se reconstitue en Parti ouvrier indépendant (POI) et revendique 10 000 membres ; l’année suivante, la LCR impulse la fondation du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui s’approche elle aussi des 10 000 militants. Ces organisations ont chacune un poids important dans certains syndicats et bénéficient de nombreux relais associatifs ou médiatiques.

Hors de la sphère trotskiste, plusieurs organisations libertaires boycottent les élections mais participent aux mobilisations sociales. La principale est la Confédération nationale du travail (CNT), d’obédience anarcho-syndicaliste et très liée à la scène alternative. Elle réunit plusieurs milliers de militants, un nombre en progression durant les années 2000. Enfin, toute une galaxie de petites et moyennes structures ayant fait scission du Parti communiste milite pour un retour à une ligne orthodoxe ou, du moins, à celle du PCF des années 1970. La plus connue est le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), fondé en 2004 et particulièrement critique à l’égard de la construction européenne. Bien que ces différents courants entretiennent parfois de franches rivalités et ne partagent ni une stratégie unifiée, ni un corpus doctrinal et culturel homogène, leur influence politique est conséquente, particulièrement dans la jeunesse étudiante et lors des mouvements syndicaux.

2007-2017 : du tournant au déclin

Sur le papier, les années du quinquennat Sarkozy, suivies d’un mandat impopulaire du socialiste Hollande, auraient pu constituer une séquence favorable à l’extrême gauche, qui disposait des réseaux et des cadres pour capitaliser sur la contestation sociale ou, du moins, se maintenir à flot. Il n’en a pourtant rien été. La crise économique de 2008-2009 et son cortège de politiques d’austérité conduit bien à une transformation profonde du champ politique, mais au dépend de l’extrême gauche. Plusieurs facteurs internes comme externes entrent ici en jeu. Parmi les premiers, la révolution technologique représentée par la démocratisation d’Internet et la multiplication des réseaux sociaux remplaçant progressivement sites et forums n’est pas des moindres : force est de constater que la majorité de l’extrême gauche peine à saisir le potentiel de ces plateformes. Bénéficiant d’un écosystème de journaux d’organisations et d’espaces de discussion militants, elle se retrouve rapidement distancée par d’autres courants, en premier lieu l’extrême droite, dont les idées prospèrent alors en ligne grâce à des personnages comme Alain Soral.

D’autre part, ses propres modes d’organisation sont en décalage avec les nouveaux enjeux du monde du travail comme avec les demandes émergentes lors des mouvements sociaux à partir de 2011 : le surinvestissement du champ syndical et des outils organisationnels traditionnels place l’extrême gauche dans une position suiviste par rapport aux grandes mobilisations du moment. Tournée vers la préservation et la reproduction de ses propres structures, ses propositions stratégiques ne trouvent guère d’écho et ses références culturelles et idéologiques apparaissent de plus en plus vétustes. Le mouvement social de 2016 contre la Loi travail de la ministre socialiste El Khomri est ainsi massif, mais marque le net recul des capacités militantes des trotskistes et libertaires : les syndicats sont dépassés et si les mouvements autonomes (parfois positionnés à l’ultragauche) progressent, c’est au détriment des organisations d’extrême gauche.

Enfin, la naissance de la France insoumise en vue de l’élection présidentielle de 2017 rebat les cartes du jeu électoral. Une nouvelle proposition de gauche radicale émergeant, la pertinence de candidats « porte-paroles des luttes » au score diminuant à chaque scrutin est ébranlée. Le score de Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection de 2017, près de 20% des voix, et l’effondrement électoral rapide du Parti socialiste ferment la séquence d’une « gauche de la gauche » apparue autour de 2000, dialoguant de manière critique avec un PS hégémonique, comme aiguillon ou contre-poids de la gauche de gouvernement. Lors des deux mandats d’Emmanuel Macron, le réancrage à gauche de LFI, qui investit différentes thématiques chères à l’extrême gauche telles que l’antifascisme ou la question palestinienne, aboutit à satelliser l’immense majorité des organisations situées à la gauche des insoumis, minées par les défections et les scissions. Une situation inimaginable une douzaine d’années plus tôt.

Assèchement et ouverture d’espaces

L’assèchement progressif de l’espace dans lequel s’activaient quelques dizaines de milliers de militants dévoués, représentant jusqu’à un vote sur dix, et ce durant plusieurs décennies, est ainsi dû à une combinaison de multiples facteurs. Le retour du tragique dans l’histoire n’est pas le moindre : la succession de crises et de guerres qu’a connue l’humanité depuis 2020 conduit à un ébranlement des sociétés, contre-intuitivement fatal aux organisations déclarant préparer la révolution, et pourtant dépendantes d’un certain équilibre politique révolu. Les réseaux militants n’ont pas disparu du jour au lendemain ; beaucoup se sont simplement reconvertis. De nouvelles mobilisations de masse, écologistes (telles que les Soulèvements de la Terre) ou féministes, mobilisent des secteurs conséquents de la jeunesse de gauche. Si elles bénéficient de l’expérience des générations passées, leur revendication de l’action directe tranche cependant avec les pratiques courantes des organisations en déclin.

La nature politique ayant horreur du vide, de nouvelles structures d’extrême gauche apparaissent également au cours de la dernière décennie, quoi qu’à une échelle bien plus réduite que la LCR ou la CNT. Citons, dans le monde trotskiste, Révolution permanente et le Parti communiste révolutionnaire ; chez les marxistes-léninistes, Unité communiste et Reconstruction communiste, ainsi que la nouvelle Jeunesse communiste (maoïste) ; ou, du côté anarchiste, très affaibli, l’Union communiste libertaire. Réunissant tout au plus quelques centaines de militants, elles ont pour point commun une maitrise des réseaux sociaux et des outils de communication contemporains, combinée à un âge moyen des membres très jeune. Pourtant, même parmi ces structures comme dans les rangs autonomes, l’influence des thématiques et de l’agenda insoumis est notable.

Considéré sur le temps long, le net déclin des grandes structures de l’extrême gauche française paraît invalider l’hypothèse stratégique d’une « accumulation à froid » de forces militantes en vue d’un hypothétique « grand soir ». Une situation qui n’est pas sans rappeler celle de l’extrême gauche espagnole, peinant à se régénérer en périphérie des expériences électorales de Sumar, ou britannique, définitivement diluée dans le Labour. Les structures françaises prises par l’accélération de l’histoire peinent à synthétiser de telles expériences. Leur plus-value électorale ou idéologique réduite à néant au sein d’une gauche sous hégémonie insoumise, ces organisations doivent disparaître ou se réinventer, en premier lieu en retrouvant leur autonomie et donc leur raison d’être : sous des formes nouvelles perdurent les coordonnées historiques de la controverse entre réforme et révolution.

 

[Photo : Myrabella - source : www.lvsl.fr]

quarta-feira, 19 de agosto de 2026

Poeta uruguaya Circe Maia recibe Premio Iberoamericano de Poesía Pablo Neruda 2026 otorgado por Ministerio de las Culturas, las Artes y el Patrimonio de Chile

El jurado compuesto por las escritoras Rosabetty Muñoz, Lila Calderón, Carmen Ollé, Laura Wittner y el escritor Andrés Neuman, destacaron en el acta que la autora es una de las grandes poetas uruguayas, de gran hondura filosófica y, a su vez, de extraña e hipnótica sencillez en sus tonos. 


Escrito por 

El ministro de las Culturas, las Artes y el Patrimonio, Francisco Undurraga, en calidad de ministro de fe, dio a conocer a Circe Maia como ganadora del Premio Iberoamericano de Poesía Pablo Neruda 2026, distinción otorgada por la cartera. La decisión fue adoptada por un jurado integrado por destacadas figuras del ámbito de la poesía como Rosabetty Muñoz (Chile), Lila Calderón (Chile), Carmen Ollé (Perú), Laura Wittner (Argentina) y Andrés Neuman (Argentina), quienes, tras un proceso de lectura, análisis y deliberación de diversos autores, concordaron a la poeta como ganadora.

“Siento mucha alegría por este premio inesperado. Es una sorpresa muy agradable”, afirmó Circe Maia, ganadora del Premio Iberoamericano de Poesía Pablo Neruda 2026. La autora estuvo en compañía de su hija y fue notificada de manera remota en una reunión virtual donde se sumaron los jurados y representantes de la Fundación Neruda.

El ministro de las Culturas, las Artes y el Patrimonio, Francisco Undurraga, mencionó las razones que entregó el jurado en el acta para elegir a Circe Maia como ganadora de este importante premio internacional: “La obra de Circe Maia logra aunar capacidad reflexiva y don comunicativo. Conmueve su hondura filosófica y, al mismo tiempo, la hipnótica sencillez de sus tonos. Sus observaciones alcanzan un radical asombro que elude cualquier pretenciosidad. Su obra se fue volviendo cada vez más elíptica y minimalista, en un proceso de despojamiento que la ha llevado a erigir una poética del pensamiento de apariencia informal, tan cálida como sintética”.

Creado el año 2004, el Premio Iberoamericano de Poesía Pablo Neruda, de carácter bienal, es concedido por el Ministerio de las Culturas, las Artes y el Patrimonio, a través del Consejo Nacional del Libro y la Lectura, en conjunto con la fundación Pablo Neruda. El reconocimiento se realiza a un autor o autora iberoamericana de destacada trayectoria, cuya obra sea considerada un aporte notable al diálogo cultural y artístico de Iberoamérica.

La ceremonia de premiación se realizará próximamente donde se le entregará la autora su reconocimiento.


Circe Maia (1932)

Poeta, ensayista, traductora y docente uruguaya. Realizó estudios de Filosofía en el Instituto de Profesores Artigas (IPA) y en la Facultad de Humanidades y Ciencias. Participó en la fundación del Centro de Estudiantes del IPA (CEIPA). Entre sus principales libros se encuentran Presencia diaria (1964), El puente (1970), Cambios, permanencias (1978), Superficies (1990), De lo visible (1998), Breve sol (2001), Dualidades (2014), Voces del agua (2020), Un río secreto. Poesía reunida (2025) y A nueva luz. Poesía completa (2025).

A lo largo de su trayectoria ha recibido numerosos reconocimientos, entre ellos la designación como miembro de la Academia Nacional de Letras (2008), la Medalla Delmira Agustini (2013), el Gran Premio a la Labor Intelectual del Ministerio de Educación y Cultura (2014), dos premios Bartolomé Hidalgo (2017) y el Premio Internacional de Poesía Ciudad de Granada-Federico García Lorca (2023). Hasta 2020 continuó dedicada a la escritura, la traducción y la actividad teatral en Tacuarembó. Su obra es considerada una de las contribuciones más significativas a la poesía en lengua española de las últimas décadas. 

[Fuente: www.pressenza.com]

França promulga la llei que legalitza l’eutanàsia i el suïcidi assistit

La norma permetrà l’ajuda mèdica per morir a pacients amb malalties greus i incurables que compleixin estrictes requisits

Escrit per Anna Solé Sans

França ha fet un pas històric en la regulació del final de la vida. El president Emmanuel Macron ha promulgat la llei que legalitza l’eutanàsia i el suïcidi assistit, després que la norma fos publicada aquest dimecres al Journal officiel de la República Francesa, el tràmit que en permet l’entrada en vigor.

El text reconeix un nou dret a l’anomenada "ajuda a morir", però limita l’accés a les persones que compleixin una sèrie de requisits. L’Assemblea Nacional francesa va aprovar definitivament la llei el 15 de juliol, amb 366 vots a favor i 182 en contra, després d’un llarg recorregut parlamentari marcat per la divisió entre les dues cambres.

Quines condicions s'hauran de donar?

La norma estableix que podran sol·licitar aquesta ajuda les persones majors d’edat que tinguin la nacionalitat francesa o que resideixin de manera estable i regular al país. També hauran de patir una malaltia greu i incurable que comprometi el pronòstic vital en una fase avançada o terminal i que provoqui un deteriorament irreversible de l’estat de salut.

Un altre requisit és l’existència d’un patiment físic o psicològic relacionat amb la malaltia que no pugui ser alleujat o que el pacient consideri insuportable. La llei deixa fora, però, els casos en què el patiment sigui exclusivament psicològic i no estigui vinculat a una patologia física greu.

El procediment també exigeix que el pacient mantingui la capacitat de prendre decisions de manera lliure i conscient. La petició haurà de formular-se davant d’un metge o un infermer i quedar formalitzada per escrit. Posteriorment, serà sotmesa a una avaluació col·legiada per comprovar que es compleixen totes les condicions.

Suïcidi assistit vs. eutanàsia

La llei diferencia entre les dues formes d’ajuda. En el cas del suïcidi assistit, serà el mateix pacient qui s’administrarà la substància destinada a provocar la mort. Quan no pugui fer-ho físicament, podrà ser un metge o un infermer qui l’administri, en un procediment que correspon a l’eutanàsia. Un cop autoritzada la petició, la persona haurà de confirmar la seva decisió després d’un període mínim de reflexió de dos dies. El sistema busca així garantir que la voluntat es mantingui fins al moment de l’administració.

Segons l’Assemblea Nacional, la llei és el resultat d’un procés parlamentari que es va allargar durant més de dos anys i que va generar importants discrepàncies polítiques. El Senat francès, de majoria conservadora, havia defensat una posició més restrictiva sobre les condicions d’accés, mentre que els diputats van acabar imposant el text final.

El Consell Constitucional va examinar la norma abans de la seva promulgació i va validar-ne el principi general, tot formulant algunes reserves sobre determinats aspectes del procediment. El Consell d’Estat francès, que havia analitzat el projecte abans de la seva tramitació parlamentària, també havia remarcat que l’accés quedava sotmès a criteris mèdics i personals estrictes.

La promulgació situa França entre els països europeus que han optat per regular l’ajuda mèdica per morir. La nova legislació, però, no estableix un accés general a l’eutanàsia o al suïcidi assistit, sinó que el restringeix a pacients que compleixin tots els criteris previstos i superin el procediment d’avaluació establert.

El debat sobre el final de la vida, lluny de tancar-se amb l’aprovació de la llei, continuarà ara al voltant de la seva aplicació, la formació dels professionals sanitaris i les garanties per assegurar que les decisions dels pacients siguin lliures i informades. 


[Foto: Europa Press - font: ww.elnacional.cat]

Brais Lamela, escritor: «No libro, interesábame dialogar e cuestionar os mitos que aparecen sobre a colonización»

Brais Lamela (Vilalba, 1994) publica A lingua estranxeira (Galaxia), unha novela que cuestiona os relatos da colonización transatlántica a través de catro liñas narrativas. O autor afonda a través desta obra na identidade, a memoria e a linguaxe para explorar as pegadas da violencia colonial no tempo presente.

O autor Brais Lamela

Escrito por Sergio Casal

—Como foi o proceso de creación de A lingua estranxeira?

É un libro que, en si, cuestiona bastante a idea das orixes. De todos modos, para min o libro comeza durante unha viaxe polo río Paraná, que está no leste de Paraguai, e despois de coñecer a experiencia colonial agraria europea da zona. Tamén acabara de rematar Ninguén queda (2002) e estaba co tema das colonias ás voltas.

—A novela ten catro liñas narrativas. Como chegou a esa estrutura tan complexa?
Ten unha estrutura bastante complexa e penso que foi algo que se foi revelando. Interesábame explorar distintos rexistros e como podían dialogar distintas voces. A decisión máis crucial para a forma da novela foi elixir entre esas voces unha voz histórica. Unha voz decimonónica totalmente allea á miña experiencia. Para documentarme, lin moita novela de viaxes e houbo unha idea de apostar pola ficción para habitar voces moi distintas á miña.

—De onde vén ese interese polo tema colonial e como se conecta co presente?
O libro parte dunha experiencia de colonización transatlántica e a verdade é que é algo que me interesa desde Ninguén queda. Penso que ten que ver coa intención de dialogar con esa especie de tradición que houbo dentro do contexto galego. Temos a nosa visión como migrantes e é así, pero tamén hai outros lados que non se exploran e que é interesante traballar. O libro comeza xa cunha epígrafe dun ilustrado coruñés, José Cornide, cun proxecto de colonización no Río da Prata. Despois hai todo un traballo de dialogar con distintos documentos e experiencias coloniais que teñen que ver coa identidade galega. Por exemplo, con Eduardo Pondal, que escribiu o noso himno, e a súa obra mestra é unha sorte de eloxio da colonización. Interesábame dialogar e cuestionar todos os mitos que aparecen respecto da colonización.

—Que mudou e que se mantén respecto de Ninguén queda?
Hai unha cousa que se mantén claramente, que son os temas que me interesan e sigo gravitando cara a eles. Sobre os cambios, diría que os hai importantes no estilo. Tamén é unha novela que aposta máis pola ficción que Ninguén queda.

Se cadra, non é tan claro ao principio, pero a medida que avanza, un vaise decatando máis. Tamén penso que outra das cousas que ten é que é un libro que non revela as súas capas ao momento. Gústanme ese tipo de libros e teño a sensación de que nesta época de inmediatez, a ficción pode ser ese lugar no que aínda podemos estar un pouco desorientados e perdidos, e nesa desorientación podemos atopar cousas novas ou sensibilidades distintas.

—Sobre o concepto do “país impuro dos sen-nome". Que significa ese país dentro da narración?
É algo que aínda está por ver. Foi unha idea que me interesaba deixar algo aberta á interpretación. En parte, referíame a que todo o libro ten un xogo grande coa anonimia: hai personaxes sen nome e o país no que sucede o libro non se nomea. Por unha parte, un nome xa nos transmite unha idea moi clara e, cando quitas os nomes, convértese a prosa nun lugar no que se poden resignificar as ideas.

[Foto: Kalandraka - fonte: www.nosdiario.gal]

De Italia a Alemania: cómo buena parte de Europa ha regularizado a migrantes pese a las actuales críticas a España

Entre 1945 y 2024, los miembros actuales de la OCDE implementaron 159 programas de regularización en 30 de los 38 países bajo gobiernos de todos los colores 

El Ayuntamiento de Barcelona incorpora a partir de este miércoles el Pabellón 2 del recinto ferial de Montjuïc, con capacidad para mil personas, a su dispositivo de atención a las personas extracomunitarias que solicitan documentación para acogerse al proceso extraordinario de regularización de migrantes. Alejandro García / EFE

Escrito por Meritxell Freixas

Cuando el Gobierno de Felipe González puso en marcha entre 1985 y 1986 la primera regularización extraordinaria de personas migrantes de la democracia en España, estimaba que unos 250.000 extranjeros estaban en situación irregular. “Con esta ley se pretende poner en orden la situación de los extranjeros residentes que no poseen documentación en regla. También se pretende normalizar la contratación de mano de obra extranjera”, recogía la prensa de la época. 

El proceso estuvo abierto durante ocho meses y medio y las personas extranjeras en situación irregular solo debían acreditar su estancia en el país desde antes del 24 de julio de 1985. Cinco años después, González puso en marcha otros dos procesos extraordinarios (1991 y 1992). 

Después de él lo hicieron también José María Aznar (1996, 2000 y 2001) y José Luis Rodríguez Zapatero, que en 2005 impulsó la regularización más grande hasta entonces con la exigencia de un contrato de trabajo. La hemeroteca cuenta que fueron cerca de 700.000 las solicitudes que se presentaron.

Pedro Sánchez ha sido el cuarto presidente español en llevar a cabo esta medida, que recibió casi 1,2 millones de solicitudes. “Ha habido pocas regularizaciones extraordinarias de dimensiones de la última en España, que ha sido especialmente voluminosa porque la dimensión de la migración irregular era muy alta por el propio funcionamiento de la economía y el mercado laboral”, explica a elDiario.es la investigadora del CIDOB Blanca Garcés, experta en el área de migraciones. En esta ocasión, añade, los requisitos eran “de acceso fácil”, solo acreditar permanencia en el territorio de 4-5 meses y ausencia de antecedentes penales. 

La irregularidad en España, explica la experta, no procede principalmente de las llegadas irregulares por la frontera sur —en los últimos 20 años, han sido mucho menos numerosas que en Grecia o Italia—, sino de personas que entran legalmente, especialmente desde países latinoamericanos cuyos ciudadanos no necesitan visado para estancias cortas, pero permanecen en el país más allá del plazo autorizado de tres meses.

Más allá de España, otros países europeos también han impulsado procesos extraordinarios de regularización. Algunos de ellos aprovecharon incluso la crisis fronteriza de Ceuta para criticar, de forma casi coordinada, las políticas migratorias del Gobierno español, en una de las reacciones más duras que se han visto en Europa contra una regularización nacional, pese a haber recurrido ellos mismos a medidas similares. 

Varios cientos de inmigrantes, en su mayoría marroquíes, se concentraron a las puertas de la Dirección Provincial de Trabajo, en el último día de plazo para regularizar se estancia en España. Según la Delegación de Gobierno, Murcia tras Madrid y Barcelona, es la provincia española en cantidad de solicitudes presentadas por los inmigrantes. J. F. Moreno / EFE

Italia, el caso paradigmático

Países como Italia, Grecia o Portugal también han combinado regularizaciones masivas y extraordinarias con procedimientos ordinarios (que España también aplica, como el arraigo). 

El caso de Italia, cuya primera ministra, Giorgia Meloni, lideró las críticas europeas a las políticas de Sánchez, es paradigmático. Es, junto con España, uno de los países europeos que más ha recurrido a las regularizaciones extraordinarias. Bajo el Gobierno del conservador Silvio Berlusconi en 2002, Italia impulsó esta medida a través de la cual unas 635.000 personas migrantes salieron de la irregularidad (de un total de 700.000 solicitudes). Los procesos extraordinarios se han sucedido en este país porque el mercado laboral generaba demanda de trabajadores extranjeros, pero las vías legales de entrada no cubrían esa demanda. Antonio Tajani, ministro de Exteriores de Italia y presidente del partido Forza Italia de Berlusconi, ha tratado de vincular la regularización en España con lo ocurrido en Ceuta la última semana de julio.

El último de estos procesos extraordinarios llevado a cabo por Roma fue en plena pandemia, para regularizar a trabajadores irregulares de sectores como la agricultura, el trabajo doméstico y los cuidados, que en ese tiempo pasaron a ser considerados “esenciales” para garantizar alimentos, cuidados y servicios básicos. El proceso recibió finalmente unas 220.000 solicitudes, aunque solo alrededor del 15% correspondían a trabajadores agrícolas, pese a que la falta de temporeros en el campo había sido uno de los argumentos centrales para aprobarlo.

No puede decirse que las regularizaciones extraordinarias sean necesariamente una política de gobiernos de izquierdas

Blanca Garcés, investigadora del CIDOB experta en Migraciones

Bajo el gobierno de Meloni, Italia ha ampliado considerablemente las cuotas de permisos para extracomunitarios que permite el llamado Decreto de Flujos, un sistema de acceso de personas extranjeras por cuota y sector de empleo que, según cifras oficiales, puede abrir la puerta a unos 500.000 extracomunitarios entre 2026 y 2028. 

En Grecia, en diciembre de 2023, ante la falta de mano de obra de sectores como la agricultura, la construcción o el turismo, el Gobierno del conservador de Kyriakos Mitsotakis aprobó una ley que permitía solicitar un permiso de residencia y trabajo a personas en situación irregular que llevasen al menos tres años en el país y contasen con una oferta de empleo. El Ejecutivo calculó que beneficiaría a unas 30.000 personas

“No puede decirse que las regularizaciones extraordinarias sean necesariamente una política de gobiernos de izquierdas porque se han dado bajo gobiernos de todos los colores, en muchos países distintos, con mercados laborales distintos y en momentos distintos”, dice Garcés. 

“No implican necesariamente una política migratoria más permisiva: con frecuencia han coexistido con un refuerzo de los controles fronterizos y de las políticas de expulsión”, añade Augusto Delkáder-Palacios, experto en securitización de la migración de la Universidad Complutense de Madrid.

Según él, muchos de estos países han experimentado una demanda estructural de mano de obra inmigrante, especialmente en sectores poco cualificados y de difícil cobertura por trabajadores nacionales (agricultura, construcción o servicio doméstico). “Hay un enorme desajuste –apunta– entre las necesidades de mano de obra en los países europeos y las posibilidades legales de entrada y residencia de personas extranjeras, por ello una parte de la inmigración se produce de manera irregular; la regularización corrige este desajuste”. 

Otros casos

Alemania, Francia y Bélgica, en cambio, han apostado por otras vías y han regularizado la situación administrativa utilizando instrumentos de gestión ordinaria.

Alemania, tradicionalmente más restrictiva con las regularizaciones extraordinarias, introdujo a finales de 2022 el llamado Chancen-Aufenthaltsrecht (“derecho de oportunidad de residencia”), una vía ordinaria destinada a determinadas personas que llevaban años viviendo en el país con un estatus de estancia “tolerada”. La medida les concedía un permiso de 18 meses para cumplir los requisitos que les permitieran acceder posteriormente a un permiso de residencia estable.

Las estadísticas de la Oficina Federal de Migración y Refugiados (BAMF) indican que, transcurrido el primer año y medio de vigencia, más de 76.000 personas obtuvieron este estatus provisional.

“Es una regularización con una lógica más administrativa, de personas que quedan sin permiso de residencia porque, por ejemplo, se rechaza su solicitud de refugio y quedan en el país en una situación de ”tolerancia“, que se llama, y a la larga, acaban siendo reconocidas”, cuenta Blanca Garcés, quien lo considera una forma de dar respuesta a “situaciones generadas por el propio funcionamiento de la administración, con procesos largos y que acaban en un limbo legal”. 

Hay un enorme desajuste –apunta– entre las necesidades de mano de obra en los países europeos y las posibilidades legales de entrada y residencia de personas extranjeras

Augusto Delkáder-Palacios, experto en securitización de la migración de la Universidad Complutense de Madrid 

“A medio y largo plazo los mecanismos ordinarios de regularización, por ejemplo el arraigo de España o el Chancen-Aufenthaltsrecht de Alemania son las vías más eficaces para evitar la irregularidad, aunque convendría simplificar y acelerar estos procedimientos”, dice Delkáder. Sin embargo, añade, en momentos de acumulación prolongada de personas en situación irregular, “las regularizaciones extraordinarias son un recurso pertinente para dar respuesta a un contexto de esas características”.

Tres etapas

La historia de estas políticas dibuja varias etapas. Entre 1945 y 2024, los miembros actuales de la OCDE implementaron 159 programas de regularización en 30 de los 38 países. Si bien algunos países introdujeron solo un programa, otros —como Estados Unidos— recurrieron a la regularización repetidamente. Así lo recoge una investigación de este año sobre la base de datos RegMig, que recopila ocho décadas de programas de estos procesos.

Las décadas de 1990 y 2000 concentraron el mayor número: el 61% de todos los programas registrados. Entre 1990 y 2007 se sucedieron las grandes regularizaciones, especialmente en el sur de Europa —España, Italia, Portugal y Grecia—, para dar respuesta a una población inmigrante que ya estaba instalada y trabajando, pero permanecía fuera de los canales legales.

La crisis económica y el posterior endurecimiento de las políticas migratorias europeas prácticamente hicieron desaparecer las grandes regularizaciones generales entre 2008 y 2019, con algunas excepciones como Polonia en 2012. A partir de 2020 reaparecieron, aunque con argumentos diferentes.

Más allá de ser una medida humanitaria, los Gobiernos han utilizado las regularizaciones como instrumento de política social y económica: para obtener información y supervisar a la población en su territorio, abordar el empleo irregular, el abuso y la explotación laboral, aumentar la recaudación tributaria y atender las necesidades del mercado laboral a través de la economía formal”, dice a elDiario.es la experta en migración de Amnistía Internacional Olivia Sundberg, basada en Bruselas. 

El mito del “efecto llamada”

A pesar de que con cada puesta en marcha de estos procesos se repite una y otra vez el argumento del “efecto llamada”, los estudios disponibles no han encontrado una relación clara y sistemática entre las regularizaciones y un aumento significativo de la inmigración irregular.

Tanto Delkáder como Sundberg aseguran que la evidencia empírica disponible no ha logrado demostrar una relación clara y sistemática entre estos procesos y un aumento significativo de la inmigración irregular. Según el experto, tras las regularizaciones no se vivieron incrementos extraordinarios de las llegadas, sino que la evolución de la población extranjera siguió una tendencia similar a la que cabría esperar por factores económicos y laborales. La ultraderecha mundial liderada por Trump pone a España en el punto de mira y usa Ceuta para esparcir su xenofobia

“Las razones por las que las personas migran o solicitan asilo (para escapar de conflictos, persecución o miseria, o para buscar mejores oportunidades en el extranjero para ellas y sus familias), concluye Sundberg, tienen más que ver con las condiciones en su país de origen y con los legados del colonialismo que con las políticas de los países a los que se trasladan”.

 

[Fuente: www.eldiario.es]



O ultra israelí Ben-Gvir prepara un corredor da morte con palcos para que as familias de vítimas vexan as execucións

«Prometín empeorar as condicións dos terroristas en prisión, e cumprímolo», subliña o ministro de Seguridade Nacional 

O ministro de Seguridade Nacional israelí, Ben-Gvir

Escrito por J. Gómez Peña 

Ben-Gvir, o ultradereitista ministro israelí de Seguridade Nacional que hai uns días defendeu «asasinar cada noite a 30 ou 40 palestinos en Gaza» porque «nin sequera son persoas», acaba de anunciar a apertura do corredor da morte nun centro de detención hebreo. A instalación, ademais de todo o necesario para os enforcamentos, disporá de palcos para que as familias das vítimas poidan presenciar as execucións, «como é habitual en moitos países».

«Prometín empeorar as condicións dos terroristas en prisión, e cumprímolo», declarou Ben-Gvir. «Prometín aprobar a lei de pena de morte para terroristas, e fixémolo. E agora o corredor da morte e o centro de execución tamén están a empezar a tomar forma», engadiu no Jerusalem PostA Administración facilitará as entradas.

Contra a pena de morte

«Estamos a facer historia», salientou Ben-Gvir. «Os terroristas só merecen unha cousa: a morte na forca». O ministro ultras culmina con este corredor da morte un proxecto para o que nomeou como inspectores a seis familiares de vítimas. «Os que pagaron o prezo máis alto na loita contra o terrorismo merecen máis que ninguén formar parte do mecanismo de supervisión para a aplicación da lei», defendeu. «Este nomeamento —agregou— reflicte o recoñecemento da súa dor e do seu dereito para ser partícipes na loita pola xustiza e a disuasión».

Varios lexisladores tramitaron en xuño unha petición contra a lei de pena de morte. Consideran que é inconstitucional e solicitan ao tribunal que a anule por violar os dereitos á vida, a dignidade, a igualdade e os procesos xudiciais.

 

[Imaxe: EUROPAPRESS - fonte: www.lavozdegalicia.es]

« Redevenir juif » pour s’émanciper du sionisme

La jeunesse juive étatsunienne s’éloigne de plus en plus du sionisme. Cette distanciation se traduit notamment par un regain d’intérêt pour des mouvements historiques tels que le Bund, qui prônait un judaïsme diasporique à l’opposé des dogmes de « l’État juif ». En France, un élan similaire, bien qu’encore timide, voit le jour. Le dernier livre de Michel Feher Redevenir juif s’en fait l’écho.

Détail d’une affiche électorale du Bund, à Kiev, vers 1917. En yiddish : «  Là où nous vivons, c’est là notre pays  !  » Wikimedia Commons

Écrit par Sylvain Cypel

On assiste dans la jeunesse juive américaine à une distanciation importante à l’égard de l’État d’Israël. Elle avait lentement commencé de progresser dès le début des années 2000, mais après le massacre du 7 octobre 2023 elle a littéralement explosé, au vu de la cruauté du comportement des gouvernants israéliens à l’égard des Palestiniens. L’une des manifestations les plus marquantes de cet éloignement est que le terme « sioniste » est devenu une insulte pour une partie de ces jeunes juifs.

Une des formes étonnantes de cette désaffection se manifeste dans le regain progressif de l’intérêt que porte une partie non négligeable d’entre eux à l’histoire du Bund, une organisation juive née à la fin du XIXe siècle. Ainsi, en avril 2026, l’autrice américaine Molly Crabapple a bénéficié d’un succès littéraire important avec la publication d’un livre titré Here where we live is our country (Là où nous vivons est notre pays). Son livre, qui raconte l’histoire du Bund, est resté plusieurs semaines parmi les meilleures ventes des best-sellers du New York Times.

Un judaïsme « diasporique »

Pourquoi ce soudain intérêt pour une organisation ouvrière et culturelle juive qui tenait à la fois du parti, du syndicat et de l’association communautaire ? Née à la fin du XIXe siècle dans la « zone de résidence juive » de l’Europe de l’Est1 elle a disparu à la fin des années 1940. L’intitulé du livre de Crabapple résume tout : les juifs n’ont pas besoin d’aller ailleurs que là où ils sont pour s’émanciper. Et certainement pas d’aller prendre la terre des autres. Ce qui caractérisait particulièrement le Bund2, c’était son progressisme et son antisionisme radical. Il se disait marxiste et prônait l’autonomie culturelle. En octobre 1938, son principal dirigeant, Henrik Erlich, écrivait :

« Si un État juif est un jour fondé en Palestine, son climat spirituel sera le suivant : une peur éternelle de l’ennemi extérieur (les Arabes), une lutte sans fin contre l’ennemi intérieur (les Arabes) pour chaque petit lopin de terre, pour le moindre poste de travail. Est-ce là le genre de climat dans lequel la liberté, la démocratie et le progrès peuvent s’épanouir ? N’est-ce pas au contraire le climat dans lequel prospèrent le chauvinisme et les tendances réactionnaires ?3 »

Bref, pour vivre dans un monde meilleur, les juifs n’avaient pas besoin d’établir un État en expulsant ses habitants. Cette idée mènerait au pire.

C’est ce « climat » désormais porté jusqu’à son paroxysme génocidaire par le sionisme qui amène les jeunes juifs américains à s’intéresser à ce que fut le Bund. Non parce ce parti pourrait aujourd’hui se régénérer : il a disparu dans le génocide juif, et ses quelques dirigeants qui sont restés, Joseph Staline s’est occupé de les assassiner. Mais le regain actuel d’intérêt pour le Bund incarne la possibilité d’une vie juive autre que guidée par le messianisme, le suprémacisme ethnique juif et le culte de « Tsahal, l’armée la plus morale au monde ». Ce regain aspire, à l’inverse, à pouvoir vivre un judaïsme « diasporique » intrinsèque. Sait-on qu’un phénomène identique se développe désormais aussi en France, certes à un niveau beaucoup moins développé, mais réel et croissant ? Le livre du philosophe Michel Feher, Redevenir juif, est l’un des premiers, en France, à poser les jalons d’une réflexion sur un possible nouveau « diasporisme » émancipé du poids du sionisme, après le manifeste du collectif Tsedek ! publié en février 2026.

Une proximité idéologique entre sionistes et antisémites

On a là affaire à un livre savant. Autant sur le passé du mouvement sioniste que sur son actualité. Par exemple sur les liens qui unissent la droite sioniste américaine aux diverses fractions de Maga, et tout particulièrement celles qui entretiennent des propensions antisémites ; sur le pourquoi de ces étonnantes alliances, mais aussi sur les tensions internes qu’elles suscitent. Lorsque l’influenceur de premier plan de la mouvance Maga Charlie Kirk est assassiné, « Candace Owens, l’enfant terrible du mouvement, fait courir le bruit que Kirk a été liquidé… par le Mossad », note Feher. Le vice-président américain J. D. Vance, pour sa part, promet à ses partisans qu’ils vivront bientôt « dans une nation chrétienne où ils n’auront plus jamais à s’excuser d’être blancs ». Voilà qui va rassurer les juifs américains… C’est cette atmosphère ambivalente de liens de grande proximité idéologique entre le sionisme et le régime de Donald Trump — c’est-à-dire le suprémacisme blanc, le mépris pour le droit international, l’ethnonationalisme religieux, etc. —, proximité liée à une poussée antisémite importante qui ne ressort pas des milieux « islamo-gauchistes », mais précisément du sein même de Maga — « pour les amateurs de complots (…), les juifs demeurent des objets de phobie difficilement remplaçables », écrit Feher — c’est donc bien cette atmosphère nauséabonde, validée par les plus hauts dirigeants israéliens, qui amène les jeunes juifs américains à chercher aujourd’hui une alternative au dogme sioniste.

La dernière partie de l’ouvrage est consacrée au débat autour de la figure du juif comme paria. On y retrouve entre autres, mais sans surprise, le rapport de Hannah Arendt à cette thématique, et celle d’un précurseur moins connu : Bernard Lazare, un juif français « assimilé » que l’affaire Dreyfus transforme initialement en militant très actif de la lutte contre l’antisémitisme, puis en porte-voix du sionisme. Il prend la parole au deuxième Congrès sioniste en 1898, avant… de s’en détourner et de rompre avec son fondateur, Theodor Herzl. Dans les deux cas, il s’agit de deux intellectuels juifs qui, attirés un premier temps par le sionisme, en viennent à manifester à son égard le plus grand scepticisme. Cette rupture est souvent celle dans laquelle s’engagent de plus en plus de jeunes juifs américains.

Dans son livre exceptionnel Le Siècle juif (La Découverte, 2008), qui traite du destin des juifs d’Europe centrale et orientale du milieu du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe, Yuri Slezkine divise l’humanité entre les « apolliniens » et les « mercuriens ». Les premiers symbolisent l’enracinement dans la glaise, l’ethnicisme, la pensée grégaire. Les seconds sont des passeurs : passeurs de frontières, passeurs d’idées. Les juifs qu’il étudiait étaient révolutionnaires, cosmopolites et universalistes, et il les voyait comme l’incarnation du type mercurien. Slezkine se préoccupait peu des sionistes, champions du nationalisme ethniciste.

Cinq ans plus tard, Enzo Traverso consacrait un ouvrage à « la fin de la modernité juive » (La Découverte, 2013). Le succès du sionisme comme celui de l’insertion des juifs aux États-Unis avaient consacré, selon lui, leur transition de la révolution vers le conservatisme.

Feher induit que Traverso pourrait bien s’être trompé. Les campus américains sont désormais remplis de jeunes juifs en passe de rupture radicale avec Benyamin Nétanyahou et consorts. Mais parviendront-ils à leurs fins ? Réussiront-ils à élargir leurs rangs au-delà des États-Unis ? L’auteur ne tranche pas, les temps présents étant plus qu’incertains. En attendant, il craint visiblement que « le coming out spartiate » d’Israël proclamé par Nétanyahou récemment ne conduise à une nouvelle « déportation massive des Palestiniens », une idée dont il constate qu’elle « fait l’objet d’un large consensus » dans la population juive israélienne. « Redevenir juif » pourrait prendre du temps.  

[Source : www.orientxxi.info]

terça-feira, 18 de agosto de 2026

La nuesa de la veritat: «Res més viu», de Vicent Penya

En tots i cadascun dels aforismes, s'hi revela una d'aquestes veritats absolutes que s'imposa per si mateix, no per dret diví o imposició autoritària, sinó per la pura contundència dels fets que l'autor descriu. 

Vicent Penya

Escrit per Antoni Rovira

Tots els gèneres gairebé sense excepció, en major o menor mesura, pouen del lent, silent i sovint dolorós treball de la reflexió humana. Hi ha llibres i poemaris bastits amb un respecte gairebé litúrgic per la feina ben feta, pastats amb més temps del necessari a força de llegir, rellegir, esmenar i tornar a llegir per oferir finalment un text impecable, polit fins a l’extenuació. Són exercicis d’orfebreria que busquen la perfecció formal i el rigor acadèmic. Tanmateix, aquest excés de zel, aquesta obsessió per la simetria i la pulcritud, sovint neix llastat per la cotilla d’allò socialment correcte. En l’afany de complaure o de no desentonar, l’autor acaba diluint la força original del pensament en un mar de sentimentalismes previsibles i concessions al lector benpensant.

Però hi ha un gènere rebel que escapa sistemàticament a aquesta domesticació burgesa i a les convencions acadèmiques: l’aforisme, el qual no admet greixos, ni preàmbuls, ni explicacions de compromís. És la literatura en el seu estat més pur i concentrat, un desafiament directe a la mandra intel·lectual de la societat de consum. Mentre els altres gèneres necessiten pàgines i pàgines per a justificar la seua existència, l’aforisme en té prou amb una línia per a fer trontollar tot un sistema de creences establert.

Davant la nuesa d’un aforisme el dimoni no té temps de temptar ningú. No hi ha espai per a la distracció, ni per a la decoració supèrflua, ni per a les mitges tintes; és un gènere d’acció ràpida, directa i contundent, que actua sobre la consciència exactament com una bala de canó. L’aforisme té la virtut moral —i gairebé física— de despullar la realitat sense demanar permís, convertint la paraula en un colp d’intel·lecte que desconcerta el lector i l’obliga a situar-se, de sobte, davant els seus propis abismes i contradiccions quotidianes.

Escriure un bon aforisme requereix la mateixa sang freda que es necessita per a disparar un projectil amb precisió mil·limètrica: qualsevol desviació, qualsevol ornament innecessari, en destrueix l’eficàcia immediatament. No és un adorn per a la conversa de saló, sinó un instrument de legítima defensa intel·lectual contra el soroll de fons que amenaça d’anestesiar-nos la ment.

Com a docent, sovint em trobe en la difícil, però apassionant tessitura d’explicar conceptes complexos mitjançant definicions senzilles i exemples propers, una gosadia pedagògica que no sempre està exempta de malentesos i de debats acarnissats a les aules. Recorde molt bé el dia que intentava explicar als meus alumnes de batxillerat els aforismes de Joan Fuster. Buscant una fórmula rotunda que els desvetllés l’interés, els vaig dir, amb una certesa gairebé mística, que un aforisme es forja sempre sobre una veritat absoluta.

La reacció, per descomptat, no es va fer esperar en un grup de joves criats en l’escepticisme de l’era digital: un parell d’alumnes protestaren de seguida, argumentant amb vehemència que aquelles sentències no eren més que meres valoracions personals de l’escriptor de Sueca, opinions disfressades d’autoritat. Davant la manca de temps crònica dels nostres plans d’estudi i el caràcter purament tangencial de la lliçó, vam haver de deixar-ho córrer per a passar al següent tema de l’examen.

Però la disputa intel·lectual va quedar suspesa en l’aire com un repte personal. Al capdavall, tenien raó els alumnes o la tenia el professor? La resposta, tal com ens va ensenyar el mateix Fuster, és que potser totes dues coses són certes: l’aforisme és una valoració personal tan radicalment subjectiva i tan profundament meditada que, en el moment de ser escrita, adquireix la solidesa i el pes d’una veritat absoluta per a qui la llegeix amb ulls nets. 

                                                Vicent Penya, Res més viu, Onada (2026)

Avui, tanmateix, amb la lectura pausada de Res més viu, el darrer llibre d’aforismes de Vicent Penya, he trobat la confirmació definitiva a la meua tesi de l’aula, ara purificada a través del filtre del fusterianisme més lúcid i exigent. En cada pàgina del volum, en tots i cadascun dels aforismes de Penya, s’hi revela una d’aquestes veritats absolutes que s’imposa per si mateix, no per dret diví o imposició autoritària, sinó per la pura contundència dels fets que l’autor descriu. Són veritats sovint acompanyades d’exemples vitals molt propers, observacions del dia a dia que les sostenen davant del lector amb la fermesa d’un mur de formigó armat.

Penya ens lliura, ras i curt, la certesa nua d’un observador que es nega a tancar els ulls davant la comèdia humana. I ho fa amb l’escepticisme actiu d’aquell qui sap que escriure aforismes no és dictar sentència des d’un púlpit per a guanyar adeptes, sinó convidar el lector a dubtar i a pensar amb nosaltres. En aquests textos curts, d’una precisió quasi de rellotger o de cirurgià, es respira l’alè de qui entén que la literatura és, per damunt de tot, una eina d’higiene mental contra els dogmes de qualsevol signe i la mandra còmoda del ramat.

D’aquesta manera, l’estil de Penya connecta de ple amb la millor tradició fusteriana, aquella que es nega a acceptar les veritats heretades i prefereix passar-ho tot pel sedàs de la ironia i el sentit crític. Fuster escrivia per desvetllar adormits, i Vicent Penya sembla compartir exactament la mateixa fita en Res més viu. Els seus aforismes ens recorden que pensar continua sent un exercici de resistència individual en un món que ens voldria a tots uniformats i silents sota el pes de la bajanada globalitzada.

Llegir aquest recull és, en definitiva, constatar que contra la xerrameca buida i la retòrica ensopida de l’època contemporània només ens queda la trinxera de la intel·ligència curta, afilada i sense concessions. En un ecosistema comunicatiu saturat de missatges buits i proclames de consum ràpid, els aforismes de Vicent Penya s’alcen com els dics indispensables per a contenir la intolerable riuada de la insignificança que ens amenaça de mort intel·lectual. Al capdavall, per a dir les poques coses que realment importen en aquesta vida, hi ha ben poques coses més vives que una veritat llançada a la cara amb la brevetat justa de qui no té cap intenció de perdre el temps ni, molt menys, de fer-nos-el perdre a nosaltres. 

Per un futur reflexiu i antidogmàtic, 

Amén.

 

[Font: www.diarilaveu.cat]