quinta-feira, 25 de junho de 2026

Le boycott académique contre Israël est minoritaire et traduit l’émergence de nouvelles normes académiques

En rompant leurs liens avec les universités israéliennes, plusieurs universités européennes revendiquent une responsabilité morale face à la guerre à Gaza. Une évolution qui interroge les principes traditionnels de liberté académique et de neutralité institutionnelle.

Avec 50 % de leurs établissements concernés, les Pays-Bas (ici, l’occupation d’un campus à Amsterdam, en mai 2024) sont l’un des pays européens avec la plus forte proportion d’universités ayant déclaré un boycott académique officiel partiel ou total d’Israël. 

Écrit par Éric Muraille

Biologiste, Immunologiste. Directeur de recherches au FNRS, Université Libre de Bruxelles (ULB)

et Joël Kotek

Politiste, Université Libre de Bruxelles (ULB)

 

À la suite de l’intensification du conflit israélo-palestinien, les militants propalestiniens ont organisé en 2024 de vastes manifestations dans les universités américaines. Ils dénonçaient un génocide commis à Gaza et exigeaient que les institutions académiques rompent leurs liens avec Israël.

Ce mouvement a gagné l’Europe. En réponse, les autorités académiques de certaines universités ont imposé un boycott institutionnel des universités israéliennes. Cet article tente de mettre en évidence l’ampleur de ce boycott en Europe ainsi que les arguments avancés par les autorités académiques pour le justifier.

Histoire des boycotts académique

L’appel au boycott d’universités d’un pays pour les punir ou exercer une pression sur leur gouvernement n’est pas nouveau. Après la Première Guerre mondiale, les scientifiques allemands et autrichiens furent interdits de participer aux conférences et aux agences scientifiques internationales. Ce boycott punitif ne prit fin qu’en 1926, lorsque l’Allemagne fut invitée à rejoindre la Société des Nations.

Selon l’historien Michael D. Gordin, ce boycott, comme ceux contre l’Allemagne nazie ou contre l’URSS en représailles à l’invasion de l’Afghanistan, étaient partiels et se sont avérés inefficaces. Le seul boycott réputé pour avoir eu un impact sur une communauté scientifique et un régime politique serait le boycott contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud entre 1960 et 1990.

L’efficacité de ce boycott peut s’expliquer par sa longue durée, par le consensus sur sa nécessité en raison du racisme du régime politique de l’Afrique du Sud et par la petite taille de la communauté scientifique sud-africaine. Toutefois, conclure qu’il aurait joué un rôle décisif dans la chute du régime d’apartheid semble exagéré. En effet, ce boycott était associé à de sévères sanctions économiques américaines ainsi qu’à une profonde crise structurelle interne du système socioéconomique de l’Afrique du Sud.

Au début des années 2000, des figures scientifiques défendant la cause palestinienne ont appelé à un boycott académique d’Israël. Cette demande s’est intensifiée lorsque des associations palestiniennes se sont unies dans le mouvement « Boycott, Désinvestissement et Sanctions » (BDS). En réaction, l’American Association of University Professors (AAUP) a exprimé son opposition à tout boycott systématique d’une institution universitaire. Ce refus a également été défendu par certains journaux scientifiques, comme le British Medical Journal.

Le principe du boycott académique viole les normes académiques traditionnelles et les droits fondamentaux

La liberté académique, telle que formulée par l’AAUP en 1915, protège les activités d’enseignement et de recherche des professeurs. La neutralité institutionnelle de l’université, le fait qu’elle s’abstienne de prendre position sur des sujets controversés ou qu’elle s’érige en acteur politique, est considérée comme une condition nécessaire à la liberté académique. Cette dernière est elle-même vue comme indispensable à la progression des connaissances scientifiques.

La liberté académique ne protège pas explicitement le droit des chercheurs à choisir librement leurs collaborateurs. Toutefois, la recherche scientifique repose sur un niveau d’organisation autonome impliquant des réseaux de collaboration universitaires internationaux. Il est également documenté qu’une réduction de la coopération scientifique internationale peut entraîner un déclin de la production scientifique. Ainsi, l’International Science Council, qui compte 135 organisations scientifiques, défend l’universalité de la science et « s’oppose à la discrimination fondée sur des facteurs tels que le sexe, l’origine ethnique, la citoyenneté, et l’opinion politique ». Du point de vue du droit international, le principe du boycott des scientifiques d’un pays contredit également le « droit à la science » garanti par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

Sur ces bases, les chercheurs Blakemore, Dawkins, Noble et Yudkin considèrent qu’un boycott académique ne devrait être utilisé qu’en tout dernier recours et uniquement si les conditions suivantes sont remplies :

  • il existe de bonnes raisons de croire qu’un boycott aiderait à changer le comportement inacceptable d’un régime ;
  • la répulsion envers le régime doit être largement partagée …
  • le boycott fait partie d’un programme plus large de mesures, qui inclut des mesures diplomatiques, des sanctions économiques et culturelles.

Le boycott académique institutionnel contre Israël est minoritaire

Ces conditions n’étant pas remplies, il n’est pas surprenant de constater que, en août 2025, seuls 48 établissements d’enseignement supérieur en Europe avaient officiellement adopté un boycott partiel ou total des institutions israéliennes. Ce qui représente moins de 6 % des quelque 900 établissements reconnus par l’Association européenne des universités. 

Le pourcentage d’universités de chaque pays ayant adopté un boycott académique partiel ou total d’Israël en juillet 2025. Les chiffres indiquent le nombre total d’universités concernées dans chaque pays. 

Les pays avec la plus forte proportion d’universités ayant déclaré un boycott académique officiel d’Israël sont la Belgique (100 %), les Pays-Bas (50 %), la Norvège (36,3 %) et l’Espagne (23,6 %). L’exceptionnalité belge est confirmée par le rapport du Samuel Neaman Institute qui classe la Belgique comme le pays européen présentant le plus haut taux d’incident de boycott en 2024.

Il est à noter qu’un « boycott caché » envers les chercheurs israéliens a également été documenté. Celui-ci, de par sa nature, est difficilement quantifiable.

L’émergence de nouvelles normes académiques inspirée par les luttes du Sud global

Dans leur communication commune, les recteurs des universités belges affirment que le choix de boycotter Israël est un « choix moralement responsable » et que « tenir Israël responsable des violations persistantes des droits de l’homme n’est pas une position idéologique, mais un impératif moral et juridique ». La rhétorique des recteurs belges reflète donc clairement un appel à la « responsabilité morale », qu’ils placent au-dessus des normes académiques traditionnelles proscrivant les boycotts.

Ce positionnement traduit l’influence en Europe de la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) reprise par le mouvement BDS. Dans son appel, PACBI affirme qu’Israël exerce une domination coloniale sur les Palestiniens et soutient que les universités participent activement au maintien de ce système. Dès lors, la communauté scientifique internationale aurait une responsabilité morale de boycotter les institutions académiques israéliennes. Cet argumentaire entre en tension avec la conception traditionnelle de la liberté académique où les chercheurs sont supposés être autonomes vis-à-vis des gouvernements et ne peuvent être tenus responsables des politiques étatiques.

Le positionnement des recteurs belges s’inscrit également dans l’ordre international construit après 1945 autour des droits humains universels. Le principe de la « responsabilité de protéger » (R2P), approuvé par l’Assemblée générale des Nations unies en 2005, a renforcé l’idée qu’il existe une obligation collective de s’opposer aux formes graves d’oppression et aux crimes contre l’humanité. Cette obligation légale est cependant celle des États et non celle des individus ou des universités.

Ainsi, le débat autour des boycotts académiques oppose deux conceptions très différentes de la liberté académique et ne peut se réduire à une simple opposition entre partisans et opposants à Israël.

Les dangers d’une transformation des universités en acteurs politiques

Les nouvelles normes académiques incluant une responsabilité morale pourraient encourager les autorités académiques à adopter des positions officielles sur chaque conflit international. Dans un monde de plus en plus marqué par des différends territoriaux, les boycotts académiques pourraient se banaliser et entraîner la résurgence de mouvements scientifiques nationalistes là où ils avaient disparu, un résultat qui représenterait une profonde régression.

Les boycotts ont un coût direct pour les universités. Par exemple, la Floride a inscrit des universités belges sur une liste noire pour avoir boycotté Israël. La rectrice de l’Université de Gent, Petra De Sutter, a admis que son université a perdu de nombreux partenariats et évoque la diminution du nombre de projets de recherche, des financements alloués à la recherche et du nombre de doctorats.

La politisation croissante des universités pourrait changer la perception publique et gouvernementale des institutions et de l’expertise académiques. Les universités pourraient devenir des cibles politiques, ce qui affecterait leur financement. La confiance envers les diplômés pourrait s’éroder, alimentant le ressentiment populaire envers les élites et contribuant à la montée du populisme.

Plus important, si l’expertise académique et scientifique devenait perçue comme politiquement orientée, sa crédibilité en tant que fondement objectif des délibérations publiques serait gravement compromise. Les conséquences à long terme de l’abandon de la neutralité institutionnelle par les universités au profit de l’activisme politique justifient donc un examen approfondi et soutenu.

Face à ces menaces, plus de 160 universités américaines, dont Columbia, Cornell, Harvard, Princeton et Stanford, ont officiellement adopté en 2024 et en 2025 des politiques de neutralité ou de retenue institutionnelle. En France, Luis Vassy, directeur de Sciences Po Paris, a imposé en 2025 un principe de « réserve institutionnelle » afin de préserver la pluralité d’opinion et l’organisation de débats pluralistes sur le campus. Certains auteurs dénoncent ces choix comme étant une « stratégie fondée sur la peur » servant un agenda politique conservateur et un « mécanisme pour échapper à la responsabilité, masquer le pouvoir et perpétuer l’inégalité ».

Les débats sur la neutralité institutionnelle et les boycotts académiques sont donc loin d’être clos. Ils dépassent le cadre du conflit israélo-palestinien et ont pour enjeu la redéfinition des missions des universités.

 

[Photo : Nick Gammon/AFP - source : www.theconversation.com]


Toleren homes i dones d'igual manera la soledat?

Des que naixem, i fins i tot abans, en el ventre de les mares, estem en connexió amb el que passa al nostre voltant. Certs esdeveniments poden ser beneficiosos i fer-nos més forts i resilients. D'altres poden ser estressants i empitjorar la nostra salut, inclosa la mental. I això, si esdevé en les primeres etapes de la vida, va canviant l'estructura i el funcionament del nostre cervell. Una d'aquestes situacions és la relació amb els altres i l'aïllament social.



Té efectes sobre el nostre comportament futur? Afecta per igual a homes i dones?

Un estudi portat endavant al nostre laboratori amb ratolins té un resultat clar: els mascles adolescents distanciats durant un temps dels seus iguals busquen més el contacte social quan són adults que les femelles posades en la mateixa situació. Açò ens indica que els mascles compensen millor l'aïllament que les femelles. De fet, el grup de mascles estudiat no va mostrar cap altre efecte arrel del distanciament social, cosa que sí va passar amb elles. Explique-m'ho:

Veure’s, escoltar-se i olorar-se, però no tocar-se

Arrel de la pandèmia, una nova pregunta ens va venir al cap al nostre grup d'investigació: el distanciament social al que vam estar sotmesos durant el confinament pot haver actuat com un estrès continuat i ha tingut efectes posteriors, especialment en aquells que eren adolescents en aquella època?

Per a donar resposta a aquesta pregunta, al laboratori vam desenvolupar un model de distanciament social que per als ratolins resultés semblant al que teníem al covid. Vam estudiar els dos sexes. Durant l'experiment, els ratolins que vivien en la mateixa caixa podien veure’s, escoltar-se i olorar-se, però no poden mantenir contacte físic, imitant les condicions humanes durant el covid. No estaven aïllats, però sí distanciats físicament.

En aquestes condicions, vam avaluar tres coses: primer, la seua motivació per a treballar. Havien d'estrènyer una palanca que els feia obtenir un reforçador que els agradava (una beguda dolça).

Per altra banda, vam analitzar també si l'aïllament havia canviat la preferència per les coses que els agraden quan no els costen cap esforç.

Finalment, vam observar com era la seua interacció social i si evitaven situacions potencialment perilloses.

En eixos estudis comparàvem el comportament dels animals que havien sigut distanciats amb els animals que havien crescut en un grup socialment normal, amb diferenciacions per sexe.

Femelles aïllades, sense motivació

Els resultats van ser molt diferents per al grup de mascles i el grup de femelles.

De normal, les femelles treballen més dur per a aconseguir aliments que els mascles. Però al ser exposades a distanciament social se mostraven més passives o anèrgiques (falta d'energia mental): per aconseguir la recompensa, s'esforçaven menys que les femelles que havien crescut en grup.

L'explicació és que un estímul estressant crònic de baixa intensitat (com és el distanciament social, en aquest cas) feia les femelles més vulnerables que els mascles i amb una pitjor resposta terapèutica.

Dit d'altra manera: l'estrès té efectes en el nostre cervell, especialment quan es tracta d'estrès que es manté en el temps. Un d'aquestos efectes són canvis en la funció que té la dopamina en una regió del cervell, el nucli accumbens. Els nivells de dopamina en aquest nucli augmenten ràpidament quan un esdeveniment intens i potencialment dolent o estressant té lloc, i avisa al nostre cervell que alguna cosa important està passant i que ha de preparar-se per a actuar.

Açò és totalment normal i ens ajuda a respondre de manera eficient i evitar situacions potencialment perilloses o nocives. Però quan l'estrès es manté constant i no podem evitar-lo (com en el cas del distanciament social prolongat), la resposta de la dopamina és la contraria; els nivells basals disminueixen i li indiquen al cervell que no hi ha una resposta ràpida que produir i que és millor quedar-se quiet esperant a que passe: es redueix la motivació, els individus estan menys predisposats a esforçar-se per a aconseguir coses que els agraden o per a evitar situacions negatives que els puguin resultar nocives.

En resum, les rosegadores femelles es fan més passives del que eren abans. I això és el que els va passar quan van ser aïllades socialment.

Tractaments per a la depressió

La cosa va més enllà, ja que les femelles distanciades i amb pèrdua de motivació no responien al tractament que els vam proporcionar, un fàrmac (bupropion) que augmenta els nivells de dopamina.

En estudis anteriors havíem vist que les femelles sí s'esforcen per escapar dels perills curts i intensos quan se'ls dona un fàrmac com la fluoxetina (el Prozac) que augmenta els nivells d'un altre neurotransmisor, la serotonina.

Tots aquestos resultats indiquen que, en les femelles, els factors estressants com el distanciament social tenen efectes que van més enllà del sistema dopaminèrgic i també inclouen possibles alteracions dels sistema serotonèrgic. Açò implica que els tractaments farmacològics deuen tenir en conter factors com el sexe.

En particular, en ser la anergia un dels símptomes principals de la depressió, seria convenient tindre una bateria de fàrmacs terapéutics amb diferents mecanismes d'acció (dopaminérgics, serotonérgics, o combinats) per a aplicar segons els condicionants individuals.

La importància d'analitzar la conducta segons el entorn

Estudis com el present posen de manifest la importància d'analitzar la conducta i les seues alteracions d'una manera més individualitzada, tenint en compte condicions com el sexe, però també l'edat o les condicions vitals, com el suport social, així com l'enriquiment ambiental en el que ens desenvolupem.

Encara que aquest estudi està fet en ratolins, al ser estos una espècie social, aporta informació important, per exemple, per a entendre avui la conducta motivada dels que eren adolescents en el moment de la pandèmia.

El nostre equip continua aprofundint en l'estudi de les bases cerebrals que afecten a la motivació de les persones amb el fi de proposar noves estratègies terapèutiques que ajuden a tractar a cada persona de manera individualitzada.


[Imatge: Jorm Sangsorn/Shutterstock - font: www.theconversation.com]

Una filmografia in lotta. Ken Loach

n occasione del compleanno del regista inglese, pubblichiamo un estratto del saggio a lui dedicato, tratto dal volume di Antonio Capocasale “Da mani umane. Storie del Premio Bresson”

Il regista britannico Ken Loach con le attrici britanniche Siobhan Reilly e Jasmin Riggins posano durante il photocall di "The Angel's Share", presentato in concorso al 65° Festival di Cannes, il 22 maggio 2012 a Cannes.

di Antonio Capocasale 

Aderire, col cinema, a esistenze ed esperienze, anche entrando negli ambienti – case, quartieri, luoghi di lavoro, sedi istituzionali, ecc. – che ne determinano le condizioni di vita (e i problemi, la tensione e la lotta per mutarle, felicità, infelicità, materiali e non solo); far che quei contesti, sociali ed economici, si raccontino, con le loro criticità, attraverso vicende individuali e collettive: partecipare può anche significare prendere le parti di qualcuno. È schierarsi, è concepire il cinema come una forma d'azione politica, evidenziando e denunciando quel che in un sistema (istituzionale, valoriale, economico) produce ingiustizie sociali o disagi esistenziali, stando decisamente dalla parte di quei soggetti che li subiscono o lottano contro di essi. 

                                          Ken Loach con il Premio Bresson 

Nel 2012, a Venezia, il Leone d'Oro alla carriera è conferito a Francesco Rosi, autore di un cinema innervato di genuina passione politica e impegno, che ha fatto propria la forma dell'inchiesta. Quello stesso anno, il premio Bresson è attribuito a un altro cineasta, inglese, apertamente schierato a sinistra, per il quale l'impegno civile è misurarsi costantemente, un film dopo l'altro, con problemi sociali e politici, prendere in modo deciso le parti (nel senso enunciato più sopra) di coloro (lavoratori, emarginati, disoccupati, emigrati) che li vivono sulla propria pelle: Ken Loach. Il premio gli viene consegnato dal patriarca di Venezia, monsignor Francesco Moraglia.

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Cercando un'immagine nella filmografia del regista britannico – tra le molte possibili – che da un punto di vista molto generale si presta a delineare come e di chi il cinema di Loach "prende le parti", o il suo impegno civile e politico, si può guardare – tra l'altro – a un film come Land of Freedom (1995; Terra e libertà). Alla morte di David Carr, sua nipote rovista tra gli oggetti da lui custoditi in una valigia. Sono ritagli di articoli di giornale, fotografie, scritti, o un mucchio di terra avvolto, come una cosa preziosa, in un fazzoletto rosso. Alla ragazza, e a noi, quegli oggetti raccontano la storia di David, che nel 1936 parte, giovane disoccupato britannico, per la Spagna, unendosi alle formazioni partigiane del POUM (Partido Obrero de Unificación Marxista) che combattono Francisco Franco.

Prende così avvio il racconto, dalla prospettiva del giovane inglese, delle azioni di guerra, degli entusiasmi e i dissidi interni allo schieramento anti-falangista, fino alla sua sconfitta, cui contribuisce in modo decisivo anche il mancato supporto e il discredito da parte delle formazioni partitiche comuniste più vicine al governo sovietico. Se la vittoria della falange sancisce la definitiva presa del potere di Franco e l'instaurazione della dittatura, non però sconfitti sono gli ideali di giustizia sociale e democrazia sentiti da David e da altri, che infine, a distanza di tempo e di storia, vengono fatti propri dalla nipote di lui. Sulla sepoltura dell'uomo, la giovane sparge la terra trovata in valigia: è quella di Spagna, espropriata dalle formazioni partigiane, la stessa che aveva coperto anni prima la donna amata da Carr, anche lei partigiana, morta in uno scontro a fuoco col nemico.

Pilar Padilla, Adrien Brody in Bread and Roses (2000) - @webphoto

È una filmografia in lotta a sua volta, quella di Ken Loach, partigiana per come sa prendere parte e farsi carico di istanze sociali. O, insieme, per come sa di essere "solo una parte" di un discorso progressista più ampio, che vede coinvolte altre forme dell'azione politica, ma non meno incisiva: perché, come ha affermato il regista in più occasioni, un film non è un movimento, né un partito, e non automaticamente o autonomamente combatte uno stato di cose, o muta una condizione sociale ed economica oppressiva. Può però darne a vedere e a sentire l'ingiustizia, essere voce del dissenso, della consapevolezza delle condizioni da mutare o a partire dalle quali può pensarsi e attuarsi un cambiamento.

Che sia nel presente, come in Bread and Roses (2000; Il pane e le rose), sulle agitazioni dei lavoratori interinali, per lo più immigrati clandestini sudamericani a Los Angeles, addetti alle pulizie in un grattacielo dove hanno sede colossi economici, e raccontate nel momento in cui Maya, neoassunta appena giunta dal Messico, vi prende attivamente parte; o nel passato, come appunto in Terra e libertà.

E negli altri film di Loach su altre lotte armate e movimenti antimperialisti: il movimento sandinista in Nicaragua in Carla's Song (1996; La canzone di Carla), o la guerra d'indipendenza e civile irlandese, tra 1919 e il 1923, in The Wind That Shakes the Barley (2006; Il vento che accarezza l'erba). Nel quale il conflitto "esterno" dell'IRA contro il governo di Londra e quello "interno" all'esercito separatista, stretto tra la prospettiva di accettare il trattato inglese e negoziare un'autonomia solo parziale o quella opposta di continuare la lotta per una invece completa, si racconta con la storia di due fratelli, Damien e Teddy, divisi nelle visioni e nei metodi per quanto militanti sullo stesso fronte indipendentista.

Foto di scena scattata durante le riprese a Cork, Irlanda, tra maggio e luglio 2005.

Carla, David Carr, Damien, Teddy, Maya: nomi propri ricordano come le storie partecipano della Storia, quindi, o la producono, se ne fanno carico, sentendo un'ingiustizia, cercando di combatterla; come i problemi e i torti subiti da un gruppo, un popolo, siano quelli di più vite, di una classe, di una categoria, di una soggettività, insomma, sociale, non monadica, le cui difficoltà si raccontano e denunciano tanto efficacemente quanto più si fa emergere, di una storia individuale che subisce un sopruso, il portato collettivo, e l'identità di personale e politico.

Il cinema di Ken Loach sa farlo misurandosi con i temi e i problemi dove sono avvertiti "di fatto", nel quotidiano, nelle vite dei suoi personaggi (ai quali, per altro, spesso prestano corpo e volto attori non professionisti) e delle categorie sociali cui appartengono, quando non sono sintetizzati in un rigo di cronaca, bensì dramma concreto, storia di singoli e di molti.

(...)

Come i ritagli di giornali e memorie personali si dispongono nelle mani e negli occhi della nipote di Carr a raccontare la storia della guerra degli anarchici antifranchisti, poi traditi dai comunisti filosovietici, non diversamente è spesso la struttura dei film di Loach a ricordare un analogo comporsi di episodi, di situazioni. Che giustapponendosi gli uni agli altri riconsegnano il quadro di una realtà sociale o economica con le sue criticità, ingiusta, oppressiva, a partire dal racconto della vicenda di un qualcuno, di una e più vite.

Si può pensare, in questo senso, a Family Life (1971; Id.). A seguito di un aborto impostole dai genitori, Janice scivola progressivamente nella schizofrenia, soggiogata da madre e padre autoritari, segregata in un ospedale psichiatrico che la sottopone all'elettroshock, fino all'annullamento completo della sua personalità e dignità. Nel finale è letteralmente esposta come un caso clinico in una lezione universitaria. Loach compone per episodi, per singole situazioni dialogiche – tra Janice e i suoi, tra loro e i medici, soprattutto – un quadro sociale aberrante, mostruoso, dove l'istituzione familiare e quella sanitaria sono dirette responsabili dell'annichilimento della ragazza.

Le figure che sembrano poter davvero riabilitare Janice, coloro che tentano di svincolarla dall'oppressione dei genitori (la sorella maggiore che vuol portarla via di casa, o un amico), così come chi (un altro paziente) sembra sul punto di instaurare con lei una timida, elementare amicizia, vengono sistematicamente estromesse e allontanate dalla sua vita. Il terapeuta, dai metodi alternativi (sedute collettive, colloqui) a quelli della psichiatria ortodossa convinta di poter curare la protagonista con la segregazione, l'elettroshock, o a forza di farmaci, è destituito dai suoi superiori e su pressione dei genitori di Janice.

Una scena dopo l'altra, di dialogo in dialogo e per agglutinazione progressiva degli episodi, quindi, più che per una loro consequenzialità diretta, si palesa come il disagio di Janice non abbia cause e decorsi in un qualche fenomeno meramente "fisico" o biochimico che si produce ex abrupto e localizzato solo a livello neurologico, ma è di natura più complessa, relazionale, comunicativa, e soprattutto legata alle pressioni che subisce all'interno del nucleo familiare. Anche sociale, quindi. 

David Bradley in Kes (1969) - @webphoto

In questo senso, il film fa proprie le acquisizioni degli studi e del lavoro di psichiatri come Ronald David Laing e Aaron Esterson, alle cui teorie guardava già un lavoro precedente di Loach, dal soggetto piuttosto simile a quello di Family Life: il film per la TV In Two Minds [1967; In due menti]. Si tratta di uno degli episodi diretti da Ken Loach per la serie della BBC The Wednesday Play, andati in onda tra il 1964 e il 1970, basati su drammi concepiti appositamente per la messa in onda televisiva, spesso imperniati su problematiche sociali.

Come Up the Junction [1965; Fino all'incrocio], storia di tre giovani donne della classe operaia nella zona industriale di Battersea, e Cathy Come Home [1966; Cathy torna a casa], dove il racconto dell'emergenza abitativa nel Regno Unito prende corpo nelle vicende di una giovane coppia con figli, alla disperata ricerca di un alloggio. Sono lavori che già individuano i temi, i problemi, ambienti e categorie sociali per i quali Loach "prende parte" con la sua filmografia.

(...)

Il secondo lungometraggio per il cinema, Kes [1969; Id.] ha per protagonista il piccolo Billy. Alle difficoltà di una situazione economica disagiata, di una famiglia disfunzionale (senza padre, un fratello maggiore che lo bullizza, una madre indifferente), e frequentando con scarso profitto una scuola tutt'altro che educativa, incapace di offrire altro da umiliazioni, il bambino fa fronte a modo suo e trova un barlume di realizzazione personale e conforto addestrando un gheppio ("kestrel", in inglese, da cui il nome che Billy dà all'animale). Per quanto vividi, gli spaccati di quadri sociali problematici, l'immagine di una bassa qualità della vita in determinati ambienti e contesti (in Kes è una desolata cittadina dello Yorkshire che vede la grigia mescolanza di setting rurale e industriale) non si presentano, nel cinema di Loach, per meri dati o come una pura rassegna di informazioni.

Quanto attraverso le concrete vicende di individui e gruppi appartenenti a precise categorie sociali, quotidianamente alle prese con determinati problemi e difficoltà di vario tipo. Perché prima che un fatto diventi cronaca è vita concreta, è dramma di qualcuno e della classe cui appartiene. Se il cinema di Loach ne prende le parti e sa offrire un'immagine tanto puntuale dei loro ambienti, delle loro condizioni di vita e di lavoro, è perché il solido scrupolo informativo alla base della stesura delle sceneggiature dei suoi film è vivificato drammaturgicamente, fatto problema concreto che i personaggi subiscono o al quale tentano di far fronte. 

Ross Brewster in Sorry We Missed You  (1999) - @webphoto

È così, ad esempio, anche in Sorry We Missed You (2019; Id.): nella storia della famiglia di Ricky, corriere freelance per una grande compagnia, nei ritmi febbrili di un impiego precario, senza tutele, che sottrae sistematicamente tempo ed energie agli affetti, si possono intravedere, verosimilmente, le storie di altri, dei tanti lavoratori instabili o a chiamata alle disponibilità (più che "alle dipendenze") di un qualche colosso delle consegne a domicilio.

Sono le vicende concrete che il soggetto presuppone, che il film racconta con quella di Ricky, sono le situazioni lavorative di altri precari sfruttati della gig economy che lo sceneggiatore Paul Laverty ha indagato e sulle quali si è documentato (secondo una prassi di scrittura consolidata, frutto di una collaborazione pluriennale con il regista, e che può in parte ricordare il gesto della nipote di David Carr che in Terra e libertà frugava tra gli articoli conservati dal nonno). Lo ha fatto attingendo direttamente anche ai racconti degli stessi corrieri e trasportatori. Ossia, e riprendendo quanto detto più sopra, quando non sono meri dati, quando non sono ancora sunto che può offrirsene in una cronaca, quando sono vite coi loro problemi concreti, che davvero interessano una classe sociale, uno e molti. E si tratta, anche, di problemi e drammi innescati dal funzionamento perverso (e disumano) di un'istituzione, di un sistema sociale, economico, politico. 

Briana Shann, Hayley Squires, Dave Johns, Dylan McKiernan in Io, Daniel Blake (2016) - @webphoto 

Il che è piuttosto evidente in I, Daniel Blake (2016; Io, Daniel Blake). Il protagonista del titolo, carpentiere sulla sessantina, non può lavorare per un attacco cardiaco, ma la sua richiesta dell'indennità di malattia è puntualmente respinta, e neppure può fare ricorso senza che le rigidità di un protocollo burocratico o le difficoltà di presentazione di un'istanza on-line gli consentano di presentare le sue richieste. Trova la complicità di Katie e dei suoi due bambini, a loro volta vittime dell'ottusità del sistema delle politiche sociali, a cui Daniel offre generosamente le sue competenze per qualche piccolo lavoro domestico.

Soprattutto interviene, con lo stesso tatto e non meno fermezza, perché la donna preservi la propria dignità nonostante una condizione economica difficile e la sordità dei servizi sociali (lei aveva deciso di prostituirsi per "tirare avanti"). È proprio la dignità di Daniel a essere umiliata, annichilita, dalle pastoie di un sistema sostanzialmente indifferente alle sue necessità, ed è troppo tardi, per il suo cuore malato, quando finalmente si profila la possibilità che il ricorso possa avere successo.

(...)

Ne prende le parti, insomma, come in generale sa fare il cinema di Loach, senza autocompiacimenti dell'occhio, dello stile, della costruzione del racconto, diretto e crudo come il dissenso più acceso. Come il finale di Riff Raff, dove il cantiere – per rabbia, tra un arresto, un licenziamento, una morte di operai – brucia, così incendiario è il cinema di Loach. Un cinema che, riprendendo la motivazione letta alla consegna del premio Bresson, sa «entrare in fabbrica e nelle periferie, nella marginalità e nella disperazione», per dire «dell'Uomo e dei suoi aneliti, della lotta quotidiana per un futuro migliore, e dignitoso».

Estratto del saggio «Una filmografia in lotta. Ken Loach» di Antonio Capocasale, contenuto nel volume Da mani umane. Storie del Premio Bresson (Fondazione Ente dello Spettacolo).


[Fonte: www.cinematografo.it]

quarta-feira, 24 de junho de 2026

CD : le monde enivrant de Philip Glass dans le registre concertant

L'univers fascinant du presque nonagénaire Philip Glass, traversé de plusieurs manières, adossé aux genres musicaux les plus divers, réserve toujours son lot de surprises. Cet album entraîne l'auditeur dans le domaine de sa musique concertante avec deux œuvres composées à l'orée des années 2000, dépassant la première impression de pure musique répétitive. 


Écrit par Jean-Pierre Robert

À l'origine du projet de réunion de ces œuvres, la pianiste Simone Dinnerstein, interprète reconnue de la musique de JS Bach, explique collaborer depuis une dizaine d'années avec Philip Glass, dont elle est la dédicataire de son troisième concerto pour piano (2017). Pour elle, « la pensée de Glass se révèle avant tout multilinéaire et rappelle celle de Bach. Elle se déploie dans l'horizontalité, voire la circularité ». Le parallèle entre les deux compositeurs est patent tant il existe une affinité naturelle entre leurs univers : « la polyphonie, l'indépendance des lignes, le lien profond avec le chant », souligne-t-elle. Les deux œuvres jouées ici participent des nouvelles orientations prises par Glass dans les années 2000 vers un retour aux classiques et ce qu'on a appelé une simplicité expressive. Sans pour autant que l'art de la répétition modulée à l'infini ne perde de son enivrant impact.

Le premier de ses trois concertos pour piano et orchestre, Tirol concerto (2000), trouve son origine thématique dans des airs populaires du Tyrol, une des nombreuses ethnologies étudiées par Glass. Ces recherches auraient été menées alors qu'il séjournait dans cette région autrichienne. L’œuvre est constituée de trois volets, sans indication particulière d'exécution. Le principal thème, énoncé au piano au début, est d'inspiration religieuse. Le second mouvement, un adagio lyrique, est introduit par les cordes constituant un magistral tapis sonore dont le piano semble émerger naturellement. Le dernier, en guise de presto virevoltant, laisse transparaître quelques effluves d'un concerto d'allure jazzy et d'une joie communicative, presque à la Gershwin, l'audace décomplexée en plus. La présente exécution rend justice à une partition aux sonorités envoûtantes que la pianiste américaine rehausse d'un jeu lui aussi complètement libéré. 

Parmi ses nombreuses compositions pour le cinéma, Philip Glass est l'auteur de la bande originale du film ''The Hours'' de Stephen Daldry (2002), starring Nicole Kidman, Julianne Moore et Meryl Streep, sur le thème du passage du temps. Michael Riesman, qui jouait la partie de piano dans la musique de film, en tirera un condensé : la Suite from ''The Hours'' pour piano, cordes, harpe et célesta. L'arrangement est conçu sous la forme d'un concerto pour piano en trois parties, là encore sans indication de tempo. Où l'on retrouve les caractéristiques de cette nouvelle période créatrice du compositeur américain. Chacune est articulée sur un schéma tripartite avec une brusque intensification dynamique au médian. Ainsi de la première qui débute sur une pédale de cordes doucement répétitive dont se détache le piano, celui-ci agissant ensuite en une série de variations du thème dans un écrin en apparence immuable mais sans cesse en mutation. La deuxième, conçue quasi adagio, voit la formation chambriste enchâsser le soliste qui évolue dans un climat post-romantique. Le dernier mouvement inscrit le piano dans une divertissante animation, celui-ci rejoignant ses pairs dans un élan crescendo jusqu'à un point de bascule amorçant le retour du thème initial de la suite.

Dans cet étonnant alliage piano-cordes augmenté de harpe et de célesta, comme pour celui si subtil unissant clavier et cordes dans le Tirol Concerto, Simone Dinnerstein offre de son piano des interprétations extrêmement pensées par l'accent porté à la pulsation rythmique de chacune des voix. L'ensemble Baroklyn - contraction des mots 'baroque' et 'Brooklyn' - les embellit d'une indéniable séduction. Ce que l'enregistrement dans l'acoustique intimiste de la salle de concert du Kaufman Music Center de New York pourvoit de clarté et d'immédiateté.

Plus d'infos

  • ''Hourglass''
  • Philip Glass : Suite from ''The Hours''. Tirol concerto pour piano et orchestre (Piano concerto N°1)
  • Baroklyn, ensemble de cordes
  • Simone Dinnerstein, piano et direction
  • 1 CD Naïve : V 9238 (Distribution : Believe Group)
  • Durée du CD : 57 min
  • Note technique : etoile verteetoile verteetoile verteetoile verteetoile verte (5/5)

 

[Source : www.on-mag.fr]

terça-feira, 23 de junho de 2026

Tots els mots que anem perdent

Em ve una nostàlgia insondable d’aquell parlar tan ric, tan variat, tan genuí, tan nostre 


Escrit per Estel Solé

La bestia ve enfadada, més aviat dolguda, decebuda, amb una desolació que li inflama la indignació. “Vols que t’expliqui què ens ha passat? És gros, eh!” Ha anat a comprar petards amb el meu fill. El petit de casa es deleix perquè arribi la revetlla i s’ha assabentat que a la botiga de pirotècnia del poble, avui i només avui, si hi vas a comprar acompanyat d’una persona de més de seixanta-cinc anys, et fan un 25% de descompte. No ha trigat ni dos minuts a telefonar a la meva bes-tia, la germana del meu difunt avi, que sempre ha estat una àvia per a mi, i que ara és per a ell com una altra àvia, tot i que en realitat seria la seva rebes-tia. Total, que el nano l’ha persuadida, amb el seu entusiasme i la seva exquisida retòrica de futur venedor de vés a saber què, fins a aconseguir que l’acompanyés a comprar els petards. En tornar, ell feliç com un gínjol i ella que treia fum pels queixals. La bes-tia té un caràcter que calça’t si et toca el rebre a tu, però la seva mala jeia és ben divertida quan va adreçada a un altre. M’agrada de veure-la enfadada quan l’esbroncada no va cap a mi, perquè trobo que, anestesiats com estem tots socialment, ja no s’estila de veure gent escandalitzada per greuges ètics, morals, democràtics o bé lingüístics, com és el cas. “Tres xicotes, hi havia rere el taulell. Xerraven entre elles i no feien cas de la clientela”, em diu. “M’he atansat a una i li he demanat si ens podia despatxar. Doncs, no t’ho creuràs… M’ha mirat amb cara d’estaquirot. Em somreia com si fos aturadeta fins que m’ha dit: perdoni, però no l’entenc. Despatxar, reina, despatxar. No saps què vol dir?” El meu fill que fa estona que em guaita de reüll, prem els llavis com volent dir: s’ha ben enfadat. I aleshores la bes-tia ha deixat anar un monòleg en què mig es dolia, mig s’exasperava d’adonar-se que anem pel pedregar. Amb aquest jovent, està tot perdut, ha sentenciat. I després ha doblegat el coll, encorbant l’espinada, ella, tota teatral, i s’ha endut les mans a la boca. M’han vingut basques, fins i tot. Quina angúnia!, ha deixat anar. I ha tancat el discurs amb un sospir de plany i resignació.

El meu fill em parla i m’insisteix que anem a tirar petards, però jo ja no l’escolto, perquè he trobat que la tieta té tota la raó i he sentit, també, una pena pels mots que anem perdent i per tot allò que evoquen i deixem enrere, aquella vida d’abans, els dies compartits amb els nostres avis i àvies, aquells homes i aquelles dones que tal vegada deixaven anar alguns barbarismes o expressions populars, tradicionals, dolcíssimes i divertides, al meu entendre, com ara busson, en comptes de bústia, o vegilar en comptes de vigilar, o llavòrens en comptes d’aleshores, o les lentes, en comptes de les ulleres, o el ressibidor, en comptes del rebedor, o bé antes quan volien dir abans. D’ells i d’elles en vam aprendre paraules precioses que ara, com bé apunta la bes-tia, són moribundes o, algunes, ja sepultades. Ara em ve una nostàlgia insondable d’aquell parlar tan ric, tan variat, tan genuí, tan nostre, i em sento afortunada, com a catalanoparlant, d’haver-lo pogut aprendre dels avis i les àvies, de la mare i de les tietes, de la societat d’antes, en general. No em cal aclucar els ulls per tornar a tenir sis anys i anar, un diumenge, de bracet amb la bes-tia a comprar nata a la pastisseria i que la Núria, la mestressa, rere el taulell, en acabar d’enllaçar un tortell amb aquell fil vermell que permetia de traginar el paquet, digués: ja us despatxen? Anant a comprar amb l’àvia vaig aprendre a agafar tanda i a casa seva, quan estava malalta i em feia mandra de menjar el peix bullit amb patates llaurades, vaig aprendre què volia dir peixar, mentre ella em posava la forquilla plena a la boca. Vaig aprendre murri i anar a la quinta forca, i caure de la figuera, i l’any de la picor, o tenir-ne el pap ple. I no veure-hi tres dalt d’un burro, o fer l’agost, o firar-se, o xalar de valent, o perdre el senderi, i fer o ser un poca-solta i un pelacanyes. Vaig aprendre malgirbat i esgarriat, i tenir fred de peus, i anar a mal borràs i no girar rodó, i treure’s la son de les orelles, i badar boca o no badar-ne, i tenir el cap per a pom d’escala, i créixer com una carabassera, i mira’m i no em toquis, i n’hi ha per a llogar-hi cadires, i ser més tossuda que un gat borni, i –ras i curt– un fotimer de frases fetes, de dites, d’expressions i de mots que costa de sentir en el dia a dia i que enyoro terriblement. Per aquest motiu, tot sovint, com una mena d’obligació moral i lingüística, procuro de fer-les servir amb els meus fills perquè no les perdem del tot. Perquè, com diu la meva bes-tia, el parlar dels joves és tan planer, tan fat, tan poca cosa que ara ja ningú no despatxa la clientela, però és que ni tan sols podem pagar amb targeta en acabar-nos el cafè, perquè ara tot és “efectiu o tarja”, tot és castellà o anglès, i tenim els mots i les dites en coma, tots esmorteïts, tan esprimatxats, tan arraconats que ens cal, amb urgència, de salvar-los, com ens diu el títol del llibre de l’estimat i admirat Jordi Badia.

 

[Font: www.vilaweb.cat]