quinta-feira, 5 de novembro de 2026

Le livre de poche, un objet aussi simple que précieux

 

Salon Lire en poche, à Gradignan (Gironde, France), ici en octobre 2016

Écrit par Olivier Bessard-Banquy

Professeur des universités, spécialiste du livre et de l'édition période contemporaine, Université Bordeaux Montaigne

 

Aux origines du livre de poche

S’il est né en 1953, au sein de la Librairie générale française (LGF), filiale de la Librairie Hachette, il faut dire qu’il n’a été conçu que dans la poursuite ou le prolongement d’une autre collection, la « Pourpre », coanimée par « la pieuvre verte » comme on l’appelle alors avec Calmann-Lévy depuis les années 1930, série reliée qu’il s’agit de simplifier. Comment ? En transformant la reliure vieillotte par un façonnage industriel moderne afin de produire un volume brut, broché collé, sans couture, réduit à sa plus simple expression. 

Le livre devient certes fragile, périssable, mais maniable, souple, facile à transporter, à lire au lit comme dans le métro, à la plage, où l’on veut, sans façon. On peut le prêter, le corner, l’annoter, le donner, le jeter même, après usage. Il devient un objet courant du quotidien dans une société de consommation. 

Le principe en est très simple : il s’agit de reprendre des succès de librairie, des ouvrages indémodables, des long sellers pour les proposer partout, dans plus de 20 000 points de vente, en France, sur des tourniquets, jusque dans des échoppes au fin fond de la campagne la plus reculée. La génération du baby-boom s’en empare. On trouve alors en poche les classiques à étudier, les romans célèbres, les œuvres incontournables, du Journal d’Anne Frank au Silence de la mer de Vercors, parmi bien d’autres. 

Une fois passé le temps de la surprise, les concurrents, timides encore, s’organisent. Flammarion lance J’ai lu en 1958, Plon baptise sa série 10/18 en 1962, l’année même où les Presses de la cité publient les premiers titres en Presses Pocket, deux ans avant que les Garnier avec les Flammarion donnent en boutique leurs poches siglés GF, cependant que Gallimard, fâché de ne pouvoir donner des essais en poche, a créé sa série « Idées ». 

Les intellectuels s’enflamment. 

Un secteur en soi 

Au milieu des années 1960, ce qui tout d’un coup apparaît nettement, c’est que le poche n’est pas un genre de livre éphémère ou passager, comme toute collection en somme dure un temps avant de disparaître, inéluctablement, c’est un secteur en soi, un nouveau type de livre et – par-delà même ce simple constat – un mode de rapport inédit à la culture ; proposé sous la forme de petits « tas de feuilles sèches » partout disponibles pour quelques sous (150 anciens francs dans les années 1950). 

Il n’en faut pas plus pour que les discussions virent à l’affrontement. En 1964, dans le Mercure de France, le philosophe Hubert Damish publie une violente attaque contre le livre de poche accusé d’œuvrer à une fausse démocratisation des lettres, à une dégradation de la culture présentée à vil prix sous des formes repoussantes. Ce n’est pas en réduisant le livre à un quelconque produit de base comme un paquet de détersif que les publics vont pouvoir plus aisément accéder au contenu. Les œuvres supposent un effort de la part du lecteur, pour se laisser saisir. Le poche n’est qu’un ersatz qui donne l’illusion d’un accès plus franc à la culture, alors que seul un long travail patient de maturation, de réflexion, permet d’entrevoir le secret renfermé par les livres. 

À la télévision, même, certains sont plus durs encore qui dénoncent, lors d’un micro-trottoir, le mal que peut faire le poche en mettant à la disposition de tous la littérature, y compris auprès de personnes à qui elle n’est pas destinée. 

Dans la revue les Temps modernes, Sartre et quelques autres leur répondent pour défendre l’objet dont la valeur principale tient précisément à sa simplicité ou à sa modicité. Peu importe si l’objet est basique, à obsolescence programmée, peu importe ce que les lecteurs peuvent en faire, il ne peut être mauvais de mettre à la portée de toutes les bourses les œuvres ayant vocation à toucher le plus grand nombre. 

Car si les plus agressifs attaquent, à travers le poche, la culture de masse, force est de reconnaître que, dans les années 1960, « la culture poche » est avant tout une culture littéraire : sous la marque de la LGF, ce sont surtout les livres des gros vendeurs de l’univers Gallimard qui partent par brassées, les Sartre et autres Camus, quand en 10/18, ce sont les Vian et quelques autres qui marchent bien et toute la littérature classique en GF. 

Très largement plébiscité, le poche gagne toujours plus de terrain et s’enrichit sans cesse de nouvelles séries, comme « Folio » dans les années 1970 ou la marque « Points » au Seuil. 

Menaces sur le poche 

Malgré les succès accumulés, pour des tirages initiaux jamais en dessous de 60 000 exemplaires au début, à la LGF, malgré les collections qui s’étoffent, les pochothèques créées en librairie, le petit livre pas cher n’a cessé d’être attaqué de toutes parts. 

Dans les années 1990, c’est le livre à 10 francs qui est apparu sous la forme bigarrée, attrayante, des petits livres colorés des Mille et une nuits, souvent polémiques, inattendus ou singuliers, qui a semblé tout d’un coup faire du poche un livre cher. La charge a été d’autant plus rude que, dans la foulée, ont été impulsées les séries standardisées à bas prix, notamment sous la nouvelle marque Librio, avant les Folio 2 euros, qui ont étendu la gamme des livres à très bas prix, renvoyant le poche à des collections de livres intermédiaires, pour ne pas dire embourgeoisés. 

Attaqué par le bas, il a aussi été agressé dans le dos, si l’on peut dire, par le numérique quand les tablettes et autres liseuses ont donné à croire qu’elles allaient remplacer le bon vieux codex et le poche en particulier, puisque ces nouveaux outils ont eu l’ambition de permettre de tout transporter partout et d’offrir des choix de lecture infinis à petits budgets. 

En France, le prix unique du livre numérique adopté en 2011 a empêché la casse des prix dans le domaine des livres dits numériques et l’offre en poche est restée très attractive pour les acheteurs demeurés fidèles. 

Les offres à très bas prix de fichiers numériques auto-édités, notamment sur Amazon, ont parfois réussi à séduire des lecteurs, mais toujours à la marge jusqu’ici. Et les stars de l’autopublication, comme Aurélie Valognes ou Agnès Martin-Lugand, ont vendu bien plus en poche, une fois récupérées par l’édition traditionnelle, que sur les plateformes numériques. 

S’adapter et surprendre 

Qu’est-ce qui lui a permis de résister à tout ? Son petit prix, bien sûr, son offre variée, littératures, essais, chefs-d’œuvre du passé ou succès commerciaux du jour, son hyper-accessibilité en librairie, en hypermarché, en point relais, sa petite taille si commode – sa capacité à s’adapter parfaitement aux contraintes de la vie moderne. 

Il a surtout été l’objet de mille soins de la part des marketeurs à partir des années 2000 pour le transformer en objet chic, soigné, bichonné. Proposé au moment des fêtes en objet collector avec couvertures spéciales, bel ensemble sous coffret, sans oublier les goodies. « Points » a innové dans ce domaine, bientôt suivi par toutes les autres marques qui ont compris que l’objet, moqué jadis pour son côté brut, est plus que jamais tendance. 

Il a gagné en noblesse, mieux présenté, doté d’un papier de qualité, comme chez « Folio », il est même monté en gamme avec La Pochothèque de la LGF, sans doute la plus rayonnante des séries de poche avec la défunte collection à la japonaise de L’École des lettres opérée par Le Seuil. La LGF a su surprendre aussi en confiant l’une de ses séries pour Noël sous coffret au couturier Christian Lacroix qui a réalisé là les plus beaux vêtements possibles pour cet assortiment de livres colorés avec goût. L’une des plus belles réussites du petit livre pas cher. 

Si le poche a survécu à tout, c’est qu’il s’est sans cesse adapté aux époques traversées, qu’il a su répondre aux attentes des amateurs, offrir un volume simple d’aspect, facilitant la lecture, pour devenir un objet varié, multiple, toujours aussi accessible, mais nettement customisé depuis peu, avec tranches jaspées par ici, jolie reliure par-là, pour apparaître plus beau que jamais. À des personnes qui veulent toujours un lien direct et franc avec la culture sous toutes ses formes. Mais qui se disent aussi bibliophiles et soucieuses de collectionner les plus belles œuvres lues avec ardeur. 

N’a-t-il pas été sauvé par les réseaux sociaux ? Ce n’est pas impossible. Sa couverture devenue Instagrammable a poussé les éditeurs à soigner l’objet, des efforts ont été faits de tous côtés, les séries collectors des uns ou des autres sont devenues remarquables. Le poche s’adressait hier à de futurs soixante-huitards désireux de plonger dans le plus riche de la culture, il vise aujourd’hui des publics soucieux de faire bibliothèque et d’avoir des volumes de qualité sans se ruiner. On aura compris que le poche a survécu à tout parce qu’il est un monde en soi, qu’il répond à toutes sortes d’attentes et que les Français l’ont adopté sans façon. Pour toujours ? 

 

[Photo : Franck fnba/Wikipédia, CC BY - source : www.theconversation.com]

Cau el percentatge de nens que saben gal•lès

Les entitats demanen més escoles per ensenyar la llengua

El nombre de nens entre 3 i 15 anys que saben parlar gal·lès ha caigut del 59% al 48% entre el març del 2019 i el juny del 2026, segons l’Enquesta Anual de la Població (EAP) feta pública fa uns dies pel govern de Gal·les i recollida per la BBC. Segons aquestes dades, el 2019 hi havia 275,000 nens en aquesta franja d’edat que parlaven gal·lès, una xifra que ha caigut a 234.300 aquest any. La dada és preocupant perquè aquest segment és el que té un percentatge més gran de coneixement de la llengua. 

El president de l’organització en defensa de la llengua gal·lesa Dyfodol i’r Iaith, Heini Gruffudd, atribueix, en declaracions a la BBC, la davallada a l’impacte dels anys de pandèmia de la Covid a les escoles gal·leses, qualifica les dades de “decebedores” i recorda que el nombre d’escoles en gal·lès no ha crescut el que s’esperava els deu darrers anys. “El govern ha de trobar noves maneres d’establir escoles en llengua gal·lesa, especialment a les zones urbanes”, ha dit Gruffudd.

Pel que fa al total de la població, l’Enquesta estima que saben parlar gal·lès un total de 845.200 persones (un 27,4% de la població), un percentatge que ha caigut lleugerament els dos darrers anys, però que ha augmentat des del 25,2% del març del 2010 (731.000 parlants).

El govern de Gal·les té fixat l’objectiu d’arribar a un milió de parlants d’aquí a l’any 2050, una fita a la qual s’ha d’arribar d’acord amb les dades del cens, que ofereixen uns percentatges més baixos que les de l’EAP. Les dades del cens del 2021 assenyalaven que només el 17,8% dels gal·lesos saben parlar la llengua del seu país, un percentatge inferior al 19% que reflectia l’Oficina d’Estadístiques Nacional el 2011.

 

[Font: www.diaridelallengua.cat] 

quarta-feira, 4 de novembro de 2026

Au Brésil, la mobilisation populaire a mis l'extrême droite en échec

Comme l’aurait dit Nelson Mandela, tout est impossible jusqu’à ce que ça devienne réalité. Vu l’histoire récente du Brésil, il y avait très peu de chances que Lula remporte l’élection présidentielle le 25, après avoir perdu le premier tour le 4 octobre. 


Pourtant, une vague de mobilisations, lancée par les étudiant·es universitaires, s’est propagée à travers le Brésil pendant les 20 jours qui ont séparé le premier et le deuxième tour, avec des manifestations massives dans les rues, une activité en pleine effervescence sur les réseaux sociaux, un nouveau climat dans la campagne électorale et une nouvelle stratégie sur les réseaux sociaux de la part de l’équipe de campagne officielle. Ça a permis de réduire l’abstention et les votes nuls, et même de convaincre certain·es électeur·ices de changer d’avis. Ainsi, pour la première fois depuis l’instauration du régime démocratique en 1985, le candidat qui avait perdu le premier tour a remporté le second. Lula a recueilli 51,78 % des suffrages valides, soit 10 millions de plus qu’il y a trois semaines, contre 48,22 % pour Bolsonaro Junior.

Ce résultat au Brésil a mis un frein, pour l’instant, à la vague de victoires de la droite et de l’extrême droite en Amérique latine, en déjouant les algorithmes biaisés et les manœuvres de Meta et d’autres géants de la tech, et en remettant en cause les projets de Trump pour la région. Ce triomphe populaire a fait naître une petite lueur d’espoir dans la lutte mondiale contre les héritiers du fascisme.

En tant que Quatrième Internationale, nous saluons avec joie cette victoire du peuple brésilien. Nous saluons la jeunesse qui, comme en Europe et en Inde, n’a jamais laissé son enthousiasme faiblir pendant ces semaines décisives. Nous saluons les travailleur·euses, les paysan·nes et les sans-terre, les communautés autochtones, les femmes des quartiers populaires – décisives pour la victoire de Lula –, les féministes, la communauté LGBTQIA+ ; les écologistes, les artistes, les travailleur·euses culturel·les et les intellectuel·les progressistes.

Nous savons que l’avenir immédiat ne sera pas facile pour les travailleur·euses et le peuple brésiliens. L’extrême droite s’est renforcée au Parlement et dans les gouvernements des États, ce qui impose de lourdes limites aux mesures progressistes du prochain gouvernement et à la possibilité de nouvelles avancées sociales. Mais ce que vous avez fait en ce mois d’octobre historique montre la voie vers la résistance antifasciste et contre les projets ultralibéraux. Il sera plus que jamais nécessaire que vous restiez mobilisé·es, que vous restiez organisé·es dans toutes les régions de votre grand pays, face aux revers que cette même extrême droite continuera d’essayer d’imposer aux libertés économiques, sociales, démocratiques et à la souveraineté du Brésil et de toute l’Amérique latine.

Entre-temps, Flavio Bolsonaro s’est enfui aux États-Unis, tandis qu’un juge a ordonné l’ouverture d’une enquête sur un éventuel financement étranger de sa campagne électorale. C’est là un nouvel exemple du vrai visage de l’extrême droite : une force à la solde du grand capital et de l’impérialisme.

Votre victoire est celle de la mobilisation, celle de toutes celles et ceux qui, dans le monde entier, luttent contre l’extrême droite et ses projets de destruction.

 

[Photo : Ricardo Stuckert / Flickr Lula Oficial / CC BY-SA 4.0 - source : Quatrième Internationale - reproduit sur www.pressegauche.org]

Biblioteca Nacional de Espanha celebra obra e influência de Camões com exposição inédita

A Biblioteca Nacional de Espanha, em Madrid, abre na terça-feira, 3 de novembro, as portas de uma exposição dedicada à vida, obra e influência na cultura hispânica de Luís de Camões, com base num "património importante" de obras, incluído algumas “joias”. 


A exposição "Camões. Vida, obra e permanência na cultura hispânica" será inaugurada pelos chefes de Estado de Portugal e de Espanha, o presidente António José Seguro e o rei Felipe VI, e ficará aberta ao público até 14 de fevereiro de 2027, com entrada gratuita.

Durante estes meses, será possível visitar uma exposição que tem como base obras e coleções que estão à guarda da Biblioteca Nacional de Espanha (BNE), numa "seleção fantástica e irrepetível, que procura honrar a memória de um dos maiores escritores da literatura universal", segundo uma informação divulgada pela instituição.

A exposição integra, por exemplo, algumas das primeiras edições e as primeiras traduções para castelhano de "Os Lusíadas", sendo maioritariamente formada por obras que pertencem à própria BNE.

Mas estarão também em Madrid obras que foram levadas desde várias instituições em Portugal propositadamente para esta exposição, como a única edição que se mantém completa hoje de "Saudades da Terra" (escrito entre 1586 e 1590), de Gaspar Frutoso.

"Uma joia", que viajou para Madrid desde a Biblioteca Pública e Arquivo Regional de Ponta Delgada, nos Açores, contou à Lusa Manuel de Morais Sarmento Pizarro, da comissão de acompanhamento da exposição, que funciona na Embaixada de Portugal em Madrid.

Estarão ainda em exibição na BNE, vindas de Portugal, obras cedidas pelo Museu Militar de Lisboa (de José Malhoa) e pelo Museu de Lisboa (o quadro "A Morte de Camões" de Francisco Augusto Metrass).

A Biblioteca Nacional de Espanha "conserva um importante património sobre Portugal e a sua história literária" e esta exposição convida também "a descobrir a cultura e riqueza do povo português", segundo a instituição.

Presença Ibérica

Através das peças e coleções que vão ser expostas, Luís Vaz de Camões "é apresentado como produto de um contexto histórico e cultural ibérico e simultaneamente como fonte de inspiração para autores dos dois lados do Atlântico", explicou a BNE.

A exposição está organizada em quatro grandes blocos e o comissário, professor e doutor em Filologia Românica Aurelio Vargas Díaz-Toledo, da Universidade Complutense de Madrid, escolheu as obras à guarda da BNE “de maior relevância para cada um dos núcleos", explicou Manuel de Morais Sarmento Pizarro.

O primeiro bloco está dedicado aos "antecedentes e contextualização histórico-literária de Portugal" e o segundo pretende "mostrar o ambiente cultural" de Camões, nomeadamente, "obras e autores clássicos, peninsulares e italianos que, de um amaneira ou outra influenciaram decisivamente” Camões.

O terceiro bloco é o dedicado ao "universo literário de Camões" e será possível neste núcleo ver uma seleção de obras do autor português conservadas na BNE, como primeiras edições ou as traduções para castelhano de "Os Lusíadas". Este bloco integra outras obras de Camões, assim como a edição comentada de "Os Lusíadas" de Manuel de Faria y Sousa, publicada em Madrid em 1639 e, realçou a BNE, "considerada um marco no processo de canonização de Camões dentro da literatura castelhana".

O quarto bloco da exposição centra-se na "projeção de Luís de Camões na cultura hispânica" e integra uma seleção de obras "do mundo literário hispânico" de autores como Rosalía de Castro, Francisco Villaespesa ou Jorge Luis Borges.

Segundo a BNE, a exposição termina com o escritor espanhol Antonio Muñoz Molina, autor do livro "Un andar solitario entre la gente", título que retirou do verso "É um andar solitário entre a gente", do soneto "Amor é fogo que arde sem se ver", de Camões.

A exposição "Camões. Vida, obra e permanência na cultura hispânica" resulta de uma colaboração do Governo de Portugal com a BNE (tutelada pelo Ministério da Cultura espanhol). Insere-se na programação desenvolvida dentro da Estrutura de Missão para as Comemorações do V Centenário do nascimento de Luís de Camões, prevista para o período 2024-2026.

As entidades envolvidas assumem que esta exposição é um "ponto alto" e pretende fechar "com chave de ouro" a programação internacional destas comemorações.

 

[Fonte: www.dn.pt]

La familha Le Pen vendèt de disques prònazis e antisemitas

Una societat familhala dirigida per Marie-Caroline Le Pen, amb Marine Le Pen coma accionària, reeditèt de discorses antisemitas e de cants nazis  


Escrich per Jòrdi Ràfols 

Dins los ans 1990, Marie-Caroline Le Pen dirigissiá la Sèrp —non pas lo reptil mas l’acronim de “Societat d’Estudis e de Relacions Publicas”—, un ostal d’edicion musicala que reeditava de discorses collaboracionistas e de cants nazis. Sa sòrre Marine figurava tanben demest los accionaris.

La Sèrp, fondada en 1963 per Jean-Marie Le Pen, comercializèt pendent mantun decenni d’enregistraments ligats a l’extrèma drecha radicala. Segon una enquista publicada dins Libération, sa filha màger, Marie-Caroline Le Pen, perseguiguèt aquela activitat après aver pres la direccion de l’entrepresa en 1992.

Lo catalòg èra long. Compreniá de discorses antisemitas de Philippe Henriot, ministre de l’informacion e de la propaganda del regim de Pétain, de cants de la Wehrmacht (las fòrças armadas de l’Alemanha nazi) e de la Waffen-SS (la branca militara de l’SS), aital coma d’entretens amb Léon Degrelle, ancian collaborador bèlga del regim nazi e amic personal de Jean-Marie Le Pen. Demest sas publicacions tanben figuravan de tèxtes del poèta antijosieu e collaboracionista Robert Brasillach, qu’escriguèt dins lo jornal d’extrèma drecha Je suis partout.

L’istorian Jonathan Thomas, dins son libre sus la Sèrp publicada en l’an 2000 (La propagande par le disque), disiá: «Es pas solament de nazisme, es tanben lo faissisme, lo reialisme o de tèxtes negacionistas». Las pochetas presentavan sovent aqueles documents coma de testimoniatges istorics, sens vertadièra mesa a distància de lor contengut ideologic.

Los documents consultats per Libération mòstran d’autre caire que Marie-Caroline Le Pen possedissiá gaireben un tèrç del cabal de la societat, mentre que los sòrres Marine e Yann Le Pen ne detenián caduna un 8%. La Sèrp assegurèt la comunicacion audiovisuala del Front Nacional, amb un contracte d’exclusivitat.

La societat cessèt sas activitats lo 30 de març de 2000, mentre que Marie-Caroline Le Pen n’èra encara la gerenta. La liquidacion judiciària foguèt prononciada en octòbre de 2008.

La remembrança d’aqueles faches es importanta del temps que Mediapart a revelat los devises antisemitas de Jordan Bardella, ça que la trionfalament reelegit a la presidéncia del Recampament Nacional. 

[Sorsa: www.jornalet.com]

Abdul El-Sayed: chi è il primo senatore musulmano eletto nella storia degli Stati Uniti

Medico di formazione, figlio di immigrati egiziani e di fede islamica, dopo aver perso nel 2018 la corsa a governatore del Michigan si è costruito un seguito tra podcast e tv, per poi battere il repubblicano Mike Rogers sotto il tiro incrociato di Trump, dell’AIPAC e di una deputata del suo stesso partito

Il senatore degli Stati Uniti eletto in Michigan, Abdul El-Sayed. 

di Andrea Lanzetta 

«Mi chiamo Abdul Rahman Mohamed El-Sayed». Nel discorso della vittoria, il neo-senatore degli Stati Uniti del Michigan, il primo di fede musulmana mai eletto a Washington, ha scandito il suo nome per intero, facendo il verso al presidente Donald Trump, che lo aveva deriso più volte, chiamandolo «Mohammed». Con il 52,3% e oltre 300mila voti in più, oggi ha battuto in Michigan l’ex deputato repubblicano Mike Rogers, appoggiato all’ultimo momento anche dalla sua sfidante sconfitta alle primarie democratiche Haley Stevens. Così il medico democratico di 42 anni, figlio di immigrati egiziani, nato e cresciuto nei dintorni di Detroit, è diventato il primo musulmano eletto al Senato degli Stati Uniti. Il seggio, finora occupato dell’ex senatore democratico Gary Peters, resta al suo partito, mentre ai repubblicani sfugge una delle migliori occasioni per frenare l’onda democratica di queste elezioni di midterm 2026. Ma il record dice poco del personaggio e per capire chi è e come sia arrivato a Washington bisogna fare un passo indietro.

Da Rochester Hills alla medicina, alla politica

Nato il giorno di Halloween del 1984 a Rochester Hills, a nord di Detroit, la sua prima lingua è stata l’arabo. Tanto che il suo nome completo, ha scherzato più volte El-Sayed, contiene «suoni che escono da parti della gola che la gente non sa di avere». Pur essendo nato in un sobborgo di Detroit, è cresciuto nel sud-est del Michigan insieme ai genitori immigrati egiziani, divorziati quando lui aveva soltanto tre anni. Il padre, Mohamed, originario di Alessandria d’Egitto, emigrò negli Usa per proseguire gli studi universitari in ingegneria meccanica alla Wayne State University. La madre Fatten El-Komy, invece, lavora come infermiera in Missouri. Il giovane Abdul però è stato cresciuto dal padre e dalla sua nuova moglie, anche lei ingegnere meccanico, Jacqueline Johnson, originaria della contea di Gratiot, in Michigan.

Diplomatosi nel 2003 alla Bloomfield Hills Andover High School, dove praticava wrestling, football e lacrosse, si è poi specializzato in biologia e scienze politiche all’Università del Michigan, dove divenne un pilastro della locale squadra di lucrose. Nel 2007, dopo aver parlato a nome dei laureati triennali dell’Università, si sentì suggerire dall’ex presidente Bill Clinton, intervenuto alla stessa cerimonia, di pensare un giorno a una candidatura. Allora lui, come raccontato dal TIME, si mise a ridere. «Non so se ha visto il mio nome», gli rispose. «Per me non funzionerà». Tre giorni dopo Clinton gli scrisse direttamente: «Caro Abdul, il tuo discorso di laurea è stato splendido: ti auguro ogni bene e cercherò di vivere abbastanza a lungo da avere bisogno di te come mio medico». Dottore lo è diventato davvero, con la laurea al Columbia University College of Physicians & Surgeons nel 2014, e un dottorato di ricerca all’Oriel College di Oxford, dove era arrivato con una borsa di studio Rhodes e da capitano di lacrosse aveva ottenuto il “full blue”, il massimo riconoscimento sportivo dell’ateneo britannico.

Nominato docente associato presso il Dipartimento di epidemiologia della Mailman School of Public Health dell’Università di Columbia, la professione vera, però, non l’ha mai davvero esercitata. Una decisione presa, ha raccontato più volte, dopo aver curato un paziente durante gli studi, quando capì di voler affrontare i problemi del sistema più che prendersi cura dei singoli malati. Nel 2015, a poco più di 30 anni, divenne responsabile della sanità di Detroit. «Abdul non era destinato a fare il politico», riassume il sito della sua campagna elettorale. «Ha studiato per diventare medico, ma ha capito che era la nostra politica disfunzionale a far ammalare le persone». Non a caso, tra i risultati rivendicati con orgoglio da direttore della sanità della contea di Wayne, un incarico ottenuto nel dicembre 2022 e ricoperto fino al dicembre scorso, c’è l’approvazione di un programma per cancellare fino a 700 milioni di dollari di debiti sanitari, anche se finora l’amministrazione è riuscita a estinguere di fatto soltanto poco più di 57 milioni per circa 83.200 persone.

Ma se per il suo esordio politico fu scelto direttamente dall’allora sindaco di Detroit, Mike Duggan, la sua prima vera candidatura fu quella a governatore. Nel 2017, infatti, lasciò il Comune, spinto, disse allora, dal lavoro sulla crisi idrica a Flint per ottenere la massima carica dello Stato. Alle primarie del 2018, però, nonostante avesse raccolto un gran seguito e ben 5 milioni di dollari di donazioni individuali e avesse incassato il sostegno del senatore statunitense Bernie Sanders, della candidata democratica al Congresso, Alexandria Ocasio-Cortez, la sua sfidante e presto ex governatrice Gretchen Whitmer lo sconfisse con oltre venti punti di margine. «Era come dire: “Tutto si muove velocissimo. Non so a cosa prestare attenzione”», ha ricordato di recente, paragonando quella corsa alla prima volta in cui, a lacrosse, si gioca in una categoria superiore. Seguirono un podcast, un libro, presenze fisse su YouTube e in tv, in attesa di un’occasione che non sapeva se sarebbe arrivata. Alla fine però giunse nell’aprile dell’anno scorso con la rinuncia a sorpresa di Peters al suo seggio al Senato federale. Così El-Sayed lanciò la propria campagna per le primarie democratiche con uno staff di una manciata di collaboratori. «Ad aprile ricordo di aver parlato a una stanza di cinque persone», ha detto subito dopo il voto, ricordando quei primi mesi.

Dopo il ritiro della senatrice dello Stato Mallory McMorrow a luglio, la narrativa mediatica della campagna si trasformò presto in una lotta tra il riformismo di El-Sayed e l’ala moderata del partito, sostenuta dall’establishment e rappresentata dalla deputata statunitense Haley Stevens. Ad agosto, però, vinse il neo-senatore, anche se per soli 14.893 voti, meno di un punto percentuale su oltre 1,5 milioni di preferenze, contro una rivale sostenuta dalla governatrice uscente Whitmer, dal senatore Peters, dal leader dell’opposizione alla Camera, Chuck Schumer, e da oltre 60 milioni di dollari di donazioni, di cui 33 milioni erogati dalla lobby filo-israeliana dell’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) e dalla sua affiliata United Democracy Project. «Con le parole di Muhammad Ali, abbiamo scosso il mondo», disse allora El-Sayed davanti alla statua dello Spirit of Detroit, preparandosi a sfidare il repubblicano Mike Rogers.

Il programma, il nome e la fede

La sua vittoria ha scatenato un’ondata di retorica anti-musulmana da parte dei suoi avversari, che lo hanno etichettato come un candidato «radicale», in particolare per le sue posizioni di denuncia del «genocidio» a Gaza, su cui si era già scagliato contro l’amministrazione Biden e Kamala Harris nel 2024. Rifiutando l’etichetta di «socialista», che invece molti suoi sostenitori rivendicano, ha definito le posizioni su Israele una specie di test di Rorschach morale per i politici americani. «Se non riesci a chiamarlo per quello che è, cioè un genocidio, come pensi di opporti a Donald Trump?», ha detto una volta alla rivista britannica TIME. Alla CNN, invece, ad aprile, ha detto: «Hamas: malvagio. Governo israeliano: malvagio. Possiamo dire entrambe le cose». Non a caso, gli attacchi peggiori sono arrivati da destra.

A un comizio in Michigan, nove giorni prima del voto, il presidente Donald Trump ha descritto El-Sayed, senza fondamento, come un membro della Fratellanza Musulmana e ha avvertito che, se avessero vinto lui e i democratici, avrebbero invitato «orde di jihadisti» sulle coste americane. Poi, in caso di elezione, il magnate ha chiesto di far passare il neo-senatore dal metal detector per entrare in Campidoglio e lo ha chiamato più volte con il suo secondo nome, Mohamed. Il vicepresidente JD Vance lo ha invece accusato di sostenere la «legge della sharia», mentre l senatore John Kennedy ha detto che El-Sayed «dorme con una maglia di bin Laden». Lo stesso sfidante repubblicano Mike Rogers ha rilanciato accuse infondate sui legami della famiglia con il movimento dei Fratelli Musulmani, da cui El-Sayed ha sempre preso le distanze. A un incontro con gli elettori, a chi gli chiedeva se condannasse il gruppo, fece notare che dietro la domanda si nascondeva il presupposto che un musulmano abbia una «doppia lealtà» e debba necessariamente scegliere tra religione e nazione. «Non mi candido per essere un senatore musulmano», disse allora. «Mi candido al Senato degli Stati Uniti e mi capita di essere musulmano».

Eppure il suo programma sta tutto in una riga: «Soldi fuori dalla politica, soldi nelle vostre tasche e assistenza sanitaria per tutti». Sull’ultimo punto vanta un’esperienza di prima mano: «Ho letteralmente scritto il libro sul “Medicare for All” perché l’assistenza sanitaria è un diritto umano, non un privilegio». Una posizione che non ha nulla a che fare con gli addebiti dei suoi avversari.

Il significato della sua vittoria

Non tutti i colpi, però, sono arrivati da destra. A marzo un uomo ha lanciato un camion contro la sinagoga Temple Israel di West Bloomfield, sfiorando le aule dei bambini, ed El-Sayed, che ha condannato l’attacco, ha scatenato l’indignazione dicendo in un video che «le persone ferite feriscono altre persone», con riferimento ai parenti che l’aggressore aveva perso in un raid israeliano in Libano. Si è scusato, ma molti elettori ebrei hanno letto in quelle parole una giustificazione, mentre lui respingeva l’accusa di antisemitismo. Criticare il governo israeliano, ha sempre detto, non significa essere antisemiti. Hanno fatto discutere anche le sue apparizioni con Hasan Piker, l’influencer radicale secondo cui «l’America meritava l’11 settembre». «Se essere perfettamente inoffensivi bastasse a vincere le elezioni», rispose El-Sayed ad aprile ai giornalisti, «Donald Trump non sarebbe mai diventato presidente». Il colpo più clamoroso, però, è arrivato la domenica prima del voto, quando Haley Stevens, che dopo le primarie aveva promesso di sostenerlo, si è presentata in una chiesa di Detroit al fianco dello sfidante repubblicano Mike Rogers: «Sono qui con la persona che voterò per il Senato degli Stati Uniti e questa persona è Mike Rogers». «Niente di tutto questo conta», ha minimizzato allora El-Sayed.

Eppure ha vinto, in uno Stato dove, secondo un sondaggio del New York Times condotto a settembre, solo il 34 per cento degli elettori probabili approvava l’operato di Trump. Ai democratici offre un controargomento a chi, tra i moderati, sostiene che i progressisti siano troppo vulnerabili negli Stati in bilico, e sarà una pietra di paragone nel dibattito su che partito vogliano essere. «Non mi importa come pronuncia il mio nome», disse El-Sayed rispondendo a Trump da un comizio di Grand Rapids. «Perché può benissimo continuare a chiamarmi “senatore”. Per te sarò il senatore Mohamed, bro». Una risposta che ha tutta l’aria di una promessa mantenuta. 

[Foto: ZUMAPRESS/AGF - fonte: www.tpi.it]

CD : intégrale de l’œuvre pour piano de Schoenberg

Pour son premier album sous label Alpha, Pierre-Laurent Aimard offre l'intégrale des œuvres pour piano solo de Schoenberg. Un projet qui lui tenait particulièrement à cœur et longuement maturé, s'agissant d'une première au disque pour lui. Le résultat est à la hauteur de l'attente.

Écrit par Jean-Pierre Robert 

La production laissée au piano seul par Arnold Schoenberg s'étend de 1909 à 1931. Constituée de quatre cycles et d'un diptyque, pour un total de moins d'une heure de musique, elle couvre son entière période créatrice et en illustre les diverses phases. De celle non tonale (opus 11 & 19), à la phase de la série dodécaphonique (opus 23 & 25), pour finalement, dans le vocabulaire qui lui est propre, un retour aux formes classiques héritées de Brahms. Le grand compositeur allemand aura été la boussole pour l'élaboration d'un langage entièrement nouveau qui marquera la littérature pianistique du début du XXème siècle, aux côtés des deux autres membres de la Nouvelle École de Vienne, Berg et Webern. Chez un musicien lui-même non-pianiste, on est en présence d'une forme d'écriture expérimentale marquée par une étonnante densité d'idées malgré la brièveté des pièces.   

Dans le sillage des derniers opus de Brahms, les Trois Pièces pour piano op.11 (1909) marquent l'abandon de la tonalité. Des deux premières, d'indication ''Modéré'', la seconde se signale par son ostinato de deux notes graves à la main gauche, tel un lancinant balancement, qui ouvre et conclut le morceau. Un développement plus énergique intervient au médian. Tout en contraste, la troisième pièce, ''Animé'', libère une sorte d’éclatement de vitalité. Et une variété d’idées. Les Six Petites pièces pour piano op.19 (1911), étonnante série de miniatures, de sortes d'esquisses, constituent un exemple presque parfait d'aphorismes musicaux. On est proche du radicalisme de Webern. Ainsi la quatrième, ''Vif, mais léger'', offre-t-elle en moins d'une minute une idée de presque violence. L'ultime ''Très lent'', voulue « comme un souffle », de son caractère funèbre, évoque la disparition de Gustav Mahler. 

Avec les Cinq Pièces pour piano op.23 (1920-1923) Schoenberg amorce le tournant vers la technique sérielle. Mais seule la dernière, Walser, recourt aux douze sons. Sa raideur rythmique et la volonté de déconstruction va bien au-delà de La Valse de Ravel, au demeurant tant appréciée par le musicien viennois. Ailleurs, notamment dans la troisième pièce, Schoenberg utilise la série de cinq sons. Selon Pierre Boulez, qui ne fut pas toujours complaisant envers Schoenberg, « cette série de cinq sons est même manipulée avec plus de raffinement que les séries de douze sons... peut-être à cause d'une simplicité plus pratique et d'une malléabilité plus grande ». La Suite pour piano op.25 est d'écriture entièrement dodécaphonique. Dans une sorte de veine pseudo néo-classique, Schoenberg conçoit une suite de danse baroque qui fait référence à JS Bach (I. Prélude) et à Brahms (III. Intermezzo). La Gavotte-Musette (II.) s'avère presque facétieuse avec ses répétitions cocasses. La Gigue finale, composée plus tardivement, est d'une énergie tumultueuse.

 

Le diptyque constitué de la Pièce pour piano op.33A (1929) et de la Pièce pour piano op.33B (1931), ultimes compositions pour l'instrument, voit l'aboutissement du langage dodécaphonique du musicien. Ce sont peut-être les plus fidèles à l'esprit de Brahms, dans la « nouvelle organisation du monde sonore » voulue par Schoenberg (ibid.). On y note même quelques allusions tonales, vite refrénées, tentatives de réconcilier des mondes antagoniques.

 

C'est peu dire que Pierre-Laurent Aimard est l’homme de la situation : pour appréhender cet univers austère de langage musical post-tonal. Sans doute fait-il sienne cette remarque du compositeur dans une lettre à son confrère Ferruccio Busoni « ma musique doit être courte. Maigre.... Et le résultat, je l'espère, sans sentimentalité stylisée et interminablement stérile ». Il faut se laisser porter, grâce à la grande lisibilité du jeu, à l'écoute de cet extrême condensé de technique pianistique et se confronter sans a priori aux continuelles variations de rythmes, au maelstrom des idées musicales inscrites dans des moments souvent d'une incroyable brièveté et confinant à l'abstraction. L'effort est largement récompensé. Cette intégrale prend place au sommet de la discographie, aux côtés de celle du jeune Maurizio Pollini (DG, 1975), avec peut-être un supplément de chaleur humaine. La captation du Steinway au Teldex Studio Berlin est d'une parfaite acuité.

 

Plus d'infos

  • Arnold Schoenberg : Drei Klavierstücke op.11. Sechs Kleine Klavierstücke op.19. Fünf Klavierstücke op.23. Suite für Klavier op.25. Klavierstück op.33A. Klavierstück op.33B
  • Pierre-Laurent Aimard, piano
  • 1 CD Alpha : Alpha 1281 (Distribution : Outhere Music France)
  • Durée du CD : 56 min 06 s
  • Note technique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge (5/5)

 

 

 

[Source : www.on-mag.fr]

Gadi Eisenkot, el general que aspira a deixar Netanyahu fora de combat

Tot i ser el candidat amb més butlletes per a reemplaçar l'actual primer ministre, l'aritmètica parlamentària obligarà Eisenkot a fer veritables malabarismes per poder formar govern a Israel  

Tot i ser el candidat amb més butlletes per a reemplaçar l'actual primer ministre, l'aritmètica parlamentària obligarà Eisenkot a fer veritables malabarismes per poder formar govern a Israel.

Escrit per Lior Soroka i Steve Hendrix 

Quan era cap del Comandament Nord d’Israel, a darreries de la dècada del 2000, el general Gadi Eisenkot es va erigir en un dels grans artífexs de la doctrina Dahiya. La doctrina, que propugna l’ús d’una força aclaparadora i desproporcionada contra les àrees civils on tingui presència l’enemic, és una de les estratègies de combat més brutals de l’exèrcit israelià. 

“Exercirem una força desproporcionada contra cada poble des del qual es dispari contra Israel, i hi causarem danys i destrucció immensos”, va dir a un diari israelià el 2008, tot descrivint les operacions contra l’Hesbol·là als afores de Beirut i al sud del Líban. “A parer nostre, són bases militars.” 

Però anys més tard, com a cap de l’estat major, Eisenkot es va llaurar una certa reputació de defensor de la precisió i la moderació, i del respecte al codi ètic i al sistema judicial de l’exèrcit. 

Ara –com a cap del bloc opositor israelià i com a home més ben situat per a desbancar el primer ministre, Benjamin Netanyahu–, Eisenkot, de seixanta-sis anys, s’enfronta a un dilema tàctic completament diferent: accedirà a formar govern amb el conjunt dels partits àrabs, que en les eleccions de la setmana passada van obtenir més vots que mai, per molt que això sigui tabú per a bona part de l’electorat israelià, o bé pactarà amb un sol partit àrab, el Ra’am, cosa que segurament li valdrà per formar govern en minoria? 

Pactarà amb els partits religiosos ultraortodoxos, tot i oposar-se fermament a la seva exigència d’eximir els jueus ultraortodoxos del servei militar? O renunciarà a exigir a Netanyahu que plegui de la política i accedirà a formar un govern d’unitat amb el primer ministre que podria indignar-ne els votants? 

Dissabte al vespre, en un comunicat, Eisenkot va obrir la porta a pactar amb qualsevol diputat disposat a acceptar-ne les condicions per a entrar al govern, incloent-hi l’obligatorietat del servei militar o civil i el compromís de destruir Hamàs a Gaza. És una fórmula que el podria ajudar a atreure desertors de l’òrbita de Netanyahu, però que difícilment serà acceptada pels ultraortodoxos i alguns diputats àrabs. 

Més enllà de criticar les acusacions de frau electoral de Netanyahu, Eisenkot no ha fet gaires intervencions en públic d’ençà de les eleccions de dimarts passat, en què Netanyahu va perdre la seva majoria parlamentària però va retenir una majoria simple: 53 escons, contra els 48 de l’oposició i els 19 dels partits àrabs. 

En el comunicat de dissabte, Eisenkot va insistir que el resultat electoral demostrava que els israelians volien un canvi, i que havia arribat l’hora que Netanyahu deixés la política. 

“La ciutadania ha triat el canvi”, va declarar Eisenkot quan es van publicar els primers resultats. “Un dirigent digne del seu nom acceptaria el veredicte del poble i anunciaria avui mateix que plega de la política.” 

“Milions d’israelians estan farts de les mentides, del fracàs, de la divisió i de les provocacions”, va dir. També va advertir Netanyahu que no fes servir una nova acció militar com a excusa per a allargar el govern, ara en funcions. 

“Netanyahu, no gosis fer servir la seguretat d’Israel amb finalitats polítiques”, va dir. 

Segons els resultats oficials, el partit d’Eisenkot, Iaixar (‘recte’ o ‘honest’, en hebreu), va obtenir 21 escons, contra els 27 del Likud, el partit de Netanyahu. Les negociacions amb la constel·lació de partits que han obtingut representació al parlament podrien allargar-se setmanes. 

Una de les incògnites és si el president d’Israel, Isaac Herzog, encarregarà a Netanyahu o Eisenkot de formar una coalició majoritària. Després de consultar els dirigents dels diferents partits amb representació i escoltar-ne les recomanacions, Herzog pot triar qui cregui que té més possibilitats de formar una coalició parlamentària estable. 

Tant si rep l’encàrrec com si no, l’ascens polític d’aquest ex-comandant i militar de carrera, discret i directe, ha estat extraordinàriament ràpid. També ho ha estat el del partit que va fundar ara fa tot just tretze mesos. 

És tan sols la segona vegada que es presenta a unes eleccions, i la primera com a cap d’un partit propi. 

Els experts, en aquest sentit, expliquen que Eisenkot ha arribat a les portes del poder perquè ofereix als israelians quelcom que cap dels dos bàndols –ni la dreta ni el bloc liberal– pot menystenir fàcilment: l’experiència d’una carrera militar en matèria de seguretat, la fama de ser un home de paraula i la pèrdua d’un fill a Gaza, un dol que comparteix amb milers de famílies israelianes. 

Gayil Talshir, politòloga de la Universitat Hebrea de Jerusalem, explica que el suport a Eisenkot ha anat creixent de manera sostinguda durant aquests dos darrers anys. Aquests darrers mesos, explica, Eisenkot sabut eixamplar aquest suport “no tan sols dins el bloc liberal, sinó també al bloc de dreta”. 

En campanya, Eisenkot va prometre que posaria fi al govern d’Hamàs a Gaza en divuit mesos, però també s’ha oposat a l’annexió de Cisjordània i ha promès d’enderrocar els assentaments colons il·legals. Aquesta combinació li ha permès d’anar-se obrint camí entre els votants de centre sense perdre els votants conservadors. 

Sobretot, la seva campanya s’ha basat en la rendició de comptes. 

Netanyahu s’ha negat a crear una comissió d’investigació sobre els errors que van permetre el 7 d’octubre. Eisenkot n’ha promès de crear una el primer dia de mandat, i ha dit que també caldria examinar la gestió que va fer ell mateix, com a cap de l’exèrcit, de l’atac. 

Eisenkot va entrar al gabinet de guerra d’emergència de Netanyahu cinc dies després dels atacs. Va dimitir-ne vuit mesos més tard juntament amb Benny Gantz, aleshores aliat seu al parlament. Ambdós van acusar Netanyahu d’anteposar la política al retorn dels ostatges, i de negar-se a traçar un pla per a la Gaza de postguerra. 

La seva biografia també l’ha ajudat. És fill d’immigrants marroquins, nascut a Tiberíades i criat a Eilat. Seria el primer cap de govern d’Israel que és jueu mizrahim (és a dir, amb arrels al nord de l’Àfrica i al Llevant) i no pas asquenazita (és a dir, d’origen europeu). Ha fet molta campanya en comunitats obreres que, aquestes darreres dècades, havien esdevingut bastions del Likud. 

“Mentre Netanyahu presenta els jueus mizrahim com a desafavorits, Eisenkot els ven la promesa de l’ascensor social”, diu Talshir. 

A títol més personal, Eisenkot té un lligam tràgic amb els milers d’israelians a qui la guerra de Gaza ha capgirat la vida. 

Al gabinet de guerra, va ser un dels defensors més tenaços dels acords per a alliberar els ostatges. A final del 2023, durant la primera –i altament fràgil– treva, l’acord semblava que era a punt de trencar-se. Segons el diari israelià Ha’aretz, Eisenkot fou una de les veus que va pronunciar-se més clarament a favor de mantenir l’acord a “gairebé a qualsevol preu”. 

Tanmateix, la treva es va acabar trencant. Pocs dies després, el fill d’Eisenkot, Gal, va morir durant una operació de rescat d’ostatges a Gaza. 

Eisenkot ha promès de tancar els fronts que Netanyahu ha deixat oberts. “Les zones de seguretat creades al Líban, a Síria i a Gaza són una eina i una palanca per a fer avançar els interessos nacionals d’Israel, no pas per a quedar-s’hi durant generacions”, va dir a la Conferència d’Herzliya, una cimera de seguretat israeliana. 

El missatge ha ressonat entre milions d’israelians farts d’anys de guerra. És el cas d’Hila Asayag, de quaranta-nou anys, que té un fill que ha servit a Gaza i al Líban. “No pots dormir, sempre pateixes”, diu. “Algú ha de canviar-ho, això.” 

Segons xifres del Ministeri de Salut de Gaza, que no distingeix entre civils i combatents, el conflicte a l’enclavament ha matat més de 70.000 palestins. L’exèrcit israelià encara controla prop d’un 70% del territori de Gaza: Eisenkot, tal com Netanyahu, ha descartat de retirar-se’n abans de desmantellar del tot el govern d’Hamàs. 

“Passats divuit mesos del nostre govern, l’organització terrorista Hamàs ja no governarà Gaza”, va prometre fa poc durant un acte a Tel-Aviv. 

Quant a la qüestió de Cisjordània, Eisenkot s’ha diferenciat clarament de la posició del govern Netanyahu. Eisenkot s’ha oposat a l’annexió del territori, si bé ha insistit que l’exèrcit hi havia de mantenir la llibertat d’acció. “Tenir 2,8 milions de palestins sota responsabilitat israeliana és molt perjudicial per a nosaltres”, va dir fa poc. 

També s’ha negat a expandir els assentaments colons, i ha promès de desmantellar “tots els assentaments il·legals de les àrees A i B”, que són les parts de Cisjordània sota control civil palestí. Quant al futur del territori, Eisenkot ha exposat dues opcions: un règim d’autonomia o “un estat minvat”, sense exèrcit i sota control israelià en matèria de seguretat. 

Eisenkot també ha condemnat la violència colona contra la població palestina de Cisjordània, i ha dit que Israel havia de ser “molt dur amb aquells qui es prenen la justícia pel seu compte”. 

Si Herzog li acaba encarregant de formar govern, Eisenkot es veurà obligat a fer certs malabarismes polítics. El seu objectiu, segons que ha explicat ell mateix, és una coalició de partits sionistes, però tampoc no ha descartat de treballar amb partits ultraortodoxos o àrabs. “No dic ni que sí que ni no a un partit haredim o àrab”, va dir fa poc. 

En campanya, Eisenkot va deixar molt clares les condicions per a afegir-se a la seva coalició. 

“Seuré amb tot aquell que cregui que Israel és un estat jueu i democràtic, que accepti els valors de la Declaració d’Independència i que accepti l’obligació del servei militar i del servei civil nacional”, va dir. També es va comprometre a obligar els ultraortodoxos a allistar-se. Més endavant hi va afegir una quarta condició: reconèixer que Hamàs és una organització terrorista.

 

Gerry Shih i Heidi Levine han contribuït a aquest article. 

 

 

[Foto: Atef Safadi/Efe - font: The Washington Post - reproduït dins www.vilaweb.cat]