domingo, 23 de julho de 2017

Le Maroc & l’Europe. Six siècles dans le regard de l’autre


Le Mosteiro dos Jerónimos à Lisbonne (Portugal) a accueilli l’exposition itinérante Marrocos a Europa. Seis séculos no olhar do outro (Le Maroc & l'Europe. Six siècles dans le regard de l’autre). Environ 600 peintures, journaux, vêtements et photographies, souvent inédits pour évoquer les relations complexes entre le Maroc et des pays européens. Visible sur Internet, cette exposition, souvent édifiante, occulte en particulier la dhimmitude et les persécutions antisémites au profit d’une vision « islamiquement correcte » de l’histoire du Maroc


Après Bruxelles (Belgique) et la Bibliothèque nationale du royaume du Maroc de Rabat en 2010, l'Université de la ville d'Anvers et la Mairie de l'Hôtel de Ville de Paris en 2011, le Mosteiro dos Jerónimos présentera cette exposition Le Maroc & l’Europe. Six siècles dans le regard de l’autre qui ira ensuite à Leiden (Pays-Bas), Séville (Espagne), Londres (Grande-Bretagne) et New York (États-Unis) sous le titre Morocco & Europe. Six Centuries in the Eyes of the Other. Il n'est pas anodin que l'affiche déclinée en trois langues représentent des hommes armés.

Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, organisée par le CCJM (Centre de la culture judéo-marocaine de Bruxelles) et le CCME (Conseil de la communauté marocaine à l’étranger), cette manifestation « met en lumière les histoires singulières et croisées du Maroc et de l'Europe ».

Ses deux commissaires ? Les psychanalystes Sylvie Lausberg, auteur des textes, et Paul Dahan, né au Maroc, fondateur du CCJM et qui a rassemblé des milliers de documents que l’on peut voir sur son site Internet.

Ils visent à « ouvrir, au-delà des clichés, à une compréhension nouvelle des liens historiques noués entre le Maroc et l’Europe » depuis le XVIe siècle. Comme si le Maroc existait comme pays doté des mêmes frontières depuis l’époque moderne ! Un panneau de l’exposition indique que le Maroc a désigné à l’époque moderne la région de Marrakech.

Les commissaires visent à « démonter les clichés véhiculés dans le présent afin d’encourager le respect mutuel et le dialogue d’une rive à l’autre de la Méditerranée ».

L’exposition invite le « grand public » à « découvrir la diversité et la richesse des échanges qui ont ouvert, et ouvrent encore, un horizon commun aux deux rives de la Méditerranée ». Lequel ? Eurabia analysé par l'essayiste Bat Ye’or qui a forgé le vocable dhimmitude ?

Parmi les partenaires, citons le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, l’Institute for Moroccan and Mediterranean Studies, la banque Chaabi du Maroc, Royal Air Maroc, l’historien Elie Barnavi, Simone Susskind, André Azoulay, conseiller des souverains Hassan II et Mohammed VI, président élu de la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures, membre du comité des sages pour l’Alliance des civilisations à l'ONU et membre du Conseil d’administration du Projet Aladin à la conférence de lancement si « islamiquement correcte ».

Une vision partiale et partielle
Les commissaires de cette exposition multiplient les généralités creuses, idylliques sur le Maroc contemporain ou rassurantes sur l’immigration marocaine en Europe. Ils stigmatisent le « protectorat » et abordent les enclaves espagnoles au Maroc – Ceuta et Melilla -, mais occultent ou minorent certains faits historiques – les persécutions antisémites en particulier celles sous l’Occupation notamment par la mise en œuvre au Maroc du Statut des Juifs édicté en France métropolitaine par des dâhirs chérifiens (décrets royaux marocains) - ou les problèmes actuels du Maroc : richesse concentrée sur quelques familles, dont celle du souverain chérifien, misère, analphabétisme, statut inférieur de la femme, attentats islamistes, question des Chleuhs (Ichelḥin), Amazighs ou Berbères d’un État membre de la Ligue des États arabes (LEA), la volonté d’indépendance d’habitants du Sahara occidental, la dissimulation du passé Juif du Maroc dans les manuels scolaires marocains, les actes antisémites commis par des individus d'origine marocaine dans leurs pays européens d'accueil telle l'agression verbale - « Ferme ta gueule sale Juive et retourne dans ton pays ! » - et physique dont a été victime Océane, collégienne juive âgée de 13 ans, de la part de cinq filles d'origine marocaine, le 18 novembre 2011 à Bruxelles, etc.

Autour de l’exposition à Rabat a été organisée le 26 novembre 2010 à la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc la conférence Les enjeux de la diversité culturelle : « La diversité n’est pas entre les cultures mais inhérente à l’idée même de culture, et donc constitutive des cultures » (Philippe Ratte, coordinateur du Festival international de la diversité)... L’enjeu de la diversité culturelle est pour le Maroc un sujet majeur et au centre de notre projet de société. Pays dont l’identité est une mais riche de sa diversité ».

De quelle diversité parle-t-on ? Forte de plusieurs centaines de milliers de Juifs dans la première moitié du XXe siècle, la communauté juive ne réunit qu’environ 5 000 âmes en ce début du XXIe siècle.

Comment peut-on concevoir un « projet de société » marocaine quand le passé du Maroc est amputé de la présence juive et de la contribution des Juifs marocains à l’essor économique, éducatif et culturel de ce pays ? Comment le Maroc peut-il se « réapproprier sa mémoire », quand les pans juifs de son histoire sont celés ? Comment peut-il nouer des relations égales avec l’autre, européen, non-musulman ou non-arabe, s’il nie l’autre, en particulier Juif, dans son histoire nationale ?

Dans le dossier de presse, on cherche en vain la moindre mention de l’empire ottoman, du jihad, de la dhimmitude, des pogroms contre les Juifs marocains, notamment celui à Fès en avril 1912 (tritel), du lourd tribut payé par l’État d’Israël pour que les autorités politiques marocaines acceptent l’émigration de ces Juifs marocains persécutés - selon des historiens, le montant payé par Israël aux dirigeants marocains pour chaque Juif vivant au Maroc et faisant son aliyah (Nda : émigration vers l'État juif) a varié selon les dates : 100 dollars, puis 250 dollars. Le coût total assumé par l'État d'Israël avoisinerait 30 millions de dollars, tous frais inclus (bakchichs, etc.). Seul le général Mohamed Oufkir n'a rien demandé en raison de son intégrité morale -, etc. La seule occurrence du mot « Juifs » y désigne la diaspora juive contemporaine originaire du Maroc ! Alors que les références au judaïsme et à des Juifs abondent dans l'exposition : lampe à huile de Hanoucca (Nda : fête juive des lumières), lithographies du boxeur Isaac Bitton (1778-1838) et du Dr Moses Edrehi (1774-1842), cabaliste et professeur de langues modernes et orientales, aquatinte de Grande-Bretagne représentant un Juif marocain vendant des rubans, miroirs et ciseaux dans les rues de Londres (début XIXe siècle), aquarelle sur une jeune femme juive de Tanger par Delacroix, qui écrivait : « Les juives sont admirables. Je crains qu’il soit difficile d’en faire autre chose que de les peindre. Ce sont des perles d’Éden » -, cordon de maitre franc-maçon appartenant à un Israélite tangérois au XIXe siècle », œuvre sur l’initiation de Mozé J. Garzon à la Loge al Maghreb al Aksa le 27 mai 1886 à Tanger, etc. Les photos sur l’Europe de ce dossier de presse concernent essentiellement la Belgique.



L’exposition « éveille les consciences à une identité marocaine qui, ouverte sur le monde, n’en préserve pas moins sa spécificité ».

Manuscrits anciens et récits de voyage illustrés, cartes géographiques et fac-similés de documents anciens, collection numismatique et documents postaux originaux, archives diplomatiques issus de tous les pays concernés et gravures anciennes, publications et imprimés - livres, affiches -, tableaux et dessins, photographies originales et objets d’art et d’artisanat, costumes et bijoux… Provenant notamment de la collection Dahan-Hirsch, ces objets divers, souvent rares et passionnants, montrent l’évolution des relations diplomatiques et culturelles entre le Maroc et des pays européens : la France, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique et les Pays Bas. Publié par Somogy, le catalogue de l'exposition reproduit ces œuvres.

Une histoire « faite d’approches, de tractations, de conflits et d’accords nourris par une fascination réciproque souligne également l’importance de l’imaginaire dans la représentation de l’autre ». Un récit historique présenté souvent du seul point de vue marocain.

« Traces du passé. L’autre, mon meilleur ennemi » (jusqu’au XVIe siècle)
« Par le petit bout de la lorgnette, le soldat portugais scrute la côte marocaine et renvoie l’image de marins barbares aux traits cruels. Adeptes de la course en mer, on appelle ceux-ci les corsaires ».

L’exposition évoque la Reconquista – reconquête par les souverains catholiques espagnols des territoires sous domination islamique -, suivie de l’expulsion des Juifs (1492) et des musulmans, en soulignant leur accueil par le Maroc et l’empire ottoman. D’une part, des pays européens ont été aussi pour nombre de ces Juifs des refuges. D’autre part, est occulté l’exode des Juifs marocains, illégal, puis autorisé, des années 1950 aux années 1970, essentiellement vers l'État d'Israël, la France et le Canada.

Arrivés dès le XVe siècle sur le territoire marocain, les Portugais y commercent et y construisent des fortifications. Ils conquièrent plusieurs villes. Le « sultan Abd al-Malik tente de tempérer leur ardeur, mais en 1578, il doit se résoudre à la guerre ».

Dom Sébastien, roi du Portugal, s’allie à Al-Mutawakkil, neveu rebelle du sultan, pour attaquer l’armée marocaine qui « sort victorieuse de la confrontation sanglante, près de l’oued al-Makhazin où Abd al-Malik, malade, meurt après avoir harangué ses troupes. Ses deux adversaires meurent lors de cette bataille des « Trois Rois » qui marque « un coup d’arrêt aux visées expansionnistes des Portugais sur le territoire marocain ».

Surnommé Al-Mansour, le Victorieux, le frère et compagnon d’armes d’Abd al-Malik lui succède.

« Corsaires et captifs. L’autre, un adversaire à maîtriser » (XVIe-XVIIe siècles)
« Pirates ou corsaires selon les uns, combattants de la foi selon les autres, chaque printemps les marins des côtes marocaines et algériennes s’élancent avec de véritables flottes pour faire la chasse aux navires chrétiens, depuis Larache jusqu’aux côtes d’Italie, en passant par celles du Portugal, d’Espagne, des Baléares et de Sicile ».

Ces expéditions retournent à Alger avec « des prises spectaculaires de 10 à 20 navires à la fois » emplis de produits onéreux et de milliers de captifs dont les ravisseurs exigent des rançons. « A l’époque, cette manière « régulière » et « licite » de faire le commerce et la guerre était aussi courante chez les musulmans que chez les chrétiens ».

Les relations diplomatiques s’établissent sous la forme d’ambassades itinérantes, ou visent à racheter les captifs, conclure des transactions commerciales.

« L’équilibre de la distance. L’autre, une curiosité » (XVIIe-XVIIIe siècles)
Nait en Europe une fascination à l’origine du courant orientaliste. Les rares « voyageurs marocains séjournant en Europe témoignent d’un même optimisme : le passé et la splendeur perdue de l’Espagne mauresque ont moins d’importance que le présent et l’avenir ».

La course en mer reprend parfois.

Les pays européens « rivalisent d’adresse pour conclure avec le sultan des traités de paix et de commerce. Mais l’épisode le plus extraordinaire reste un étrange projet de mariage entre le sultan Moulay Ismaël et la fille de Louis XIV, alors que la richesse du premier n’a d’égale que le faste de la Cour de Versailles ».

« Une rencontre avortée. L’autre, source de richesses » (XVIIIe-XIXe siècles)
A la fin du XVIIIe siècle, « agents consulaires et voyageurs rédigent des récits afin de faire connaître en Europe ces régions appelées barbaresques ».

Parallèlement à l’essor des relations diplomatiques, apparaît « une modernité voulue par le Maroc qui fait des concessions pour modifier son regard sur le monde chrétien. Face à la solidité politique et administrative du Maroc, relative mais encore temporairement efficace, les tentatives européennes d’impliquer ce pays dans les conflits européens restent vaines ».

Le Maroc suscite les convoitises des Européens. Après la Bataille de l’Isly de 1844, la France devient un acteur majeur au Maroc.

« Le basculement. L’autre, un sujet ambivalent » (XIXe siècle-1912)
Les décisions et alliances prises par le sultan et le Makhzen (administration centrale) « pour assurer leur intégrité » s’avèrent insuffisantes « face à une coalition occidentale soudée » dès l’aube du XXe siècle.

Les relations entre le Maroc et les pays européens sont placées sous le double signe de la fascination et de la protection.
Fascination d’artistes – écrivains, peintres (Matisse y séjourne à deux reprises entre 1912 et 1913) - pour ce Maghreb al-Aqsa, nom historique du Maroc, signifiant « couchant lointain » et incarnant un Orient idéalisé, exotique par sa luminosité, ses couleurs, ses paysages variées (mer et océan, désert), ses habitants nomades. Fascination du Maroc pour les « avancées technologiques, militaires, administratives et politiques occidentales ».

Un enchantement durable : dans les années 1970, YvesSaint-Laurent s’inspira pour ses collections de haute couture des vêtements (djellabas) et couleurs qu’il observait au Maroc.

Un tableau de Jean-Baptiste Huysmans (1826-1906) montre la jeune et jolie adolescente juive Sol Hatchuel Zélika (1817-1834), mais sans rien dire sur sa tragédie : refusant d’abjurer sa foi et de se convertir à l’islam, elle fut décapitée en place publique. Des faits qui ont ému le peintre Alfred Dehodencq (1822-1882) et lui ont inspiré une œuvre poignante.

Autre oubli : « l’affaire de Safi » en 1863. Après la mort subite du consul espagnol, le sous-consul accusa le domestique juif du consul d’avoir empoissonné ce diplomate avec la complicité d’autres Juifs. Des Juifs ont été arrêtés et emprisonnés. Après avoir rencontré divers souverains européens, « espérant améliorer leur situation misérable et libérer les Juifs injustement incarcérés, lord Moses Montefiore, octogénaire, a entrepris une mission humanitaire au Maroc où il avait aussi de proches parents » (David Littmann).

« Face à la volonté d’ouverture du Maroc, les intérêts des grandes puissances restent aiguillonnés par l’enjeu que ce pays constitue comme source de revenus et d’influence ».

Le statut privilégié des diplomates est dénommé « protection ». Ce « système de prérogatives et d’exemptions aboutira, de fait, à vider le Maroc de ses richesses économiques, financières et humaines. En effet, tous ceux qui travaillent de près ou de loin pour les ambassades et consulats – qu’ils soient étrangers ou marocains – bénéficieront à terme de cette protection qui les soustrait à l’autorité marocaine » et s’appellera « protectorat ». 

En 1906, après des années de rivalités, de crises – coup de Tanger (1905) -et de « pacification », la conférence d’Algésiras (16 janvier-7 février 1906), à laquelle participent les États-Unis, partage les influences européennes dans le royaume chérifien en accordant une place privilégiée à la France, à l’Espagne et à l’Allemagne.

Après la crise d’Agadir (1911), seuls deux État européens demeurent influents au Maroc : la France et l’Espagne.

« Le Protectorat. L’aliénation maîtrisée » (1912-1956)
Le 30 mars 1912 est signé la convention de Fès instituant le protectorat français dans le centre du Maroc. Le nord et le sud du royaume chérifien sont placés sous influence espagnole, et la ville de Tanger devient ville internationale.

Peu après la signature de cette convention, un énième pogrom survient. Celui-ci est occulté par cette exposition comme ceux qui l’ont précédé et suivi.

« Pendant cette période, brève mais d’une intensité dramatique incomparable, le Maroc se métamorphose, soumis à la colonisation française, et secondairement espagnole. Malgré vingt années d’une guerre coloniale qui n’ose pas dire son nom, l’État marocain, réaménagé par la république coloniale, loin d’être totalement aliéné, sera partie prenante des grands événements dramatiques du siècle : les deux guerres mondiales et la crise économique dévastatrice des années 1930 ».

Pour les dhimmis, notamment ceux Juifs, cette colonisation induit leur émancipation de leur statut si cruel et injuste de dhimmis. Désormais, et grâce en particulier à l’école républicaine et à l’Alliance israélite universelle, ces Juifs adhèrent aux valeurs françaises.

Curieusement, si l’exposition présente une affiche sur un rallye d’automobiles au Maroc dans l’entre-deux guerres, elle occulte le rôle alors du Maroc dans l’aéronautique, notamment dans l’Aéropostale.

L’exposition souligne l’engagement des Marocains au côté de la France lors des deux guerres mondiales : « 40 398 soldats marocains sont morts pour sauver l’indépendance de la France et de la Belgique pendant la Première Guerre mondiale… Des drapeaux au croissant des régiments de marche des tirailleurs et spahis marocains flottent fièrement sur les Champs-Elysées » en 1919. Les Juifs qui se sont engagés lors de ce conflit mondial ont défilé sous le drapeau de leur pays, sans étoile de David.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, « le roi Mohammed V envoie une lettre à toutes les mosquées du pays. Il y exhorte les Marocains à se ranger aux côtés de la France ». Quid de Max Guedj (1913-1945), fils d'avocat devenu bâtonnier à Casablanca et avocat né à Sousse (Tunisie), pilote français émérite au sein de la Royal Air Force (RAF) ? Quid de la propagande nazie vers le monde arabe et de l'adhésion de foules arabes à ses thématiques : adulation du Führer, antisémitisme, etc. ? Quid des dâhirs chérifiens (décrets royaux marocains) édictant au Maroc les statuts des Juifs ?

En 1956, le Maroc accède à l’indépendance, « en évitant les affres que connaîtront ses voisins, comme l’Algérie ».

Si « le protectorat apparaît dès lors plus comme une parenthèse que comme une rupture, l’histoire contemporaine du Maroc montre qu’il a su tirer de cette « expérience » les ressources nécessaires à une reprise en main de sa destinée. Celle-ci ne sera pas exempte de l’influence occidentale, mais s’en inspirera pour créer, à l’intérieur comme à l’extérieur, des relations sociopolitiques et un « rapport au monde » à l’origine de son statut de partenaire privilégié de l’Union européenne ».

« Le partenariat. L’autre, un sujet comme moi »
Environ « 4 millions de Marocains vivent à l’étranger, parmi lesquels 3 millions de musulmans et 1 million de juifs ».

A « partir des années ’50, le Maroc est devenu l’un des plus importants pays d’émigration au monde… L’émigration actuelle est, par son ampleur et par son impact économique et social, d’une signification sans précédent. Elle a engagé le Maroc dans un processus d’interpénétration mondiale très enrichissant ».

Les « émigrés de la seconde et de la troisième génération ont intégré les rouages des sociétés occidentales dans lesquelles ils vivent, sans pour autant renoncer à leur identité culturelle et/ou religieuse ». Or, en 2008, Malika Sorel, essayiste et membre du Haut Conseil à l’intégration, évoquait l’installation en 2007, par le roi du Maroc Mohammed VI, du Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger (CCME). Malika Sorel soulignait l’incongruité ou l’éventuel conflit d’intérêts entre leur participation à ce Conseil et leurs activités politiques en France.

« Ceci étant, la vision manichéenne de l’autre persiste et recouvre souvent un apport qui est loin d’être encore reconnu à sa juste valeur. Aujourd’hui, c’est à nous tous qu’il revient – en se réappropriant nos mémoires – de dessiner les contours des relations entre le Maroc et l’Europe, pour de nombreux siècles encore, dans le regard de l’autre ».

Ajoutons l’attrait de la vie au Maroc pour des retraités européens intéressés par un coût de vie moindre, les investissements européens dans les riads transformés en résidences secondaires, hôtels ou restaurants, etc.
Jacques Belin et Jean Besancenot, photographes
Un espace est consacré à plus de 60 clichés de deux photographes français talentueux, Jacques Belin et Jean Besancenot. Il est malaisé de déterminer quel cliché relève de chaque artiste.

Photographe semi-officiel de la Résidence générale », Jacques Belin a constitué un « fonds d’environ 100 000 photographies et négatifs réalisés entre 1920 et 1961 ». Les thèmes : les paysages, l’évolution de l’urbanisation et de l’architecture des villes et ports du Maroc sous protectorat français.

Arrivé au Maroc en 1934, Jean Besancenot demeure « l’artiste peintre emblématique du Maroc traditionnel, dont il a dessiné les costumes – et celles qui les portent - avec une précision et une dimension esthétiques qui donnent à ces collections valeur ethnographique. à côté des photographies, de magnifiques bijoux et costumes ». Il a « des rituels collectifs et des fêtes populaires ». D’où des photos d’artisans juifs, d’élèves juifs, de femmes juives, etc.

Le 4 septembre 2016, de 11 h à 19 h, pour la Journée Européenne de la Culture Juive dédiée aux « Juifs en Terre d’Islam », le Musée juif de Bruxelles présentera dans le Nouvel Espace Contemporain (NEC) " plus de cents photographies inédites sur les Juifs du Maroc, des mellah de l’Atlas aux grands centres urbains ont été exposées. Des clichés touchants pris par Aron Zede Schulmann dans les années 1950 seront à l'honneur ". C'était l'occasion de découvrir le documentaire « Ya Hessra Douk Li Yam » réalisé par Serge et Mark Berdugo, qui retrace la vie des Juifs marocains dans les années 1950 et rend hommage à A. Z. Schulmann. Le professeur Joseph Chetrit, professeur émérite à l'Université de Haïfa, directeur du Centre d’Études sur la Culture juive en Espagne et en " Terre d’Islam ", est venu spécialement de Haïfa pour deux conférences, " Le judéo-arabe et le judéo-berbère "; et " Les traditions musicales des communautés juives du Maroc ". Ont été aussi proposés des ateliers olfactifs " Parfums d'Andalousie ", animés par le parfumeur Olivier Kummer, et des ateliers de calligraphie arabe et hébraïque. Une animation musicale aussi rythma cette journée et pour qu'elle reste gravée dans les mémoires, un concert exceptionnel du MED Orchestra de Tom a clôturé les festivités. Cette journée était organisée en coopération avec le Centre de la Culture judéo-marocaine et se déroulera dans trente pays européens ".

" Réalisé par Serge et Marc Berdugo, " Ya Hessra Douk Li Yam " est un documentaire qui retrace les facettes de la vie des Juifs marocains des années 1950. Référence pour les historiens et ethnologues, ce film rend hommage à Aaron Zédé Schulmann, né en 1890 et arrivé au Maroc en 1913, où il a vécu jusqu’à son décès en 1981. Le documentaire était présenté par Serge Berdugo, président de la communauté juive du Maroc ".

Exposition de photographies par Zédé Schulmann. " Dans les années 1950 au Maroc, les communautés juives émigrent inexorablement vers Israël et la France. Schulmann réalise qu'il doit s'empresser d'immortaliser ces hommes et ces femmes in situ, avant qu'il ne soit trop tard. Il enregistre leurs chants, il les photographie et fixe sur la pellicule leurs coutumes et leurs traditions religieuses, leurs danses, leurs métiers et tout ce qui constitue leur art d'appréhender la vie au quotidien. Découvrez cette culture à travers les clichés et objets qui l’ont préservée de l’oubli ".

Lior Elmaleh chanta la musique judéo-arabe d’Afrique du Nord accompagné par le MED Orchestra sous la direction du virtuose Tom Cohen. Ils nous entraînèrent à travers un voyage musical qui présentera les différents aspects de la tradition judéo-arabe, dans un répertoire musical varié issu des classiques de la musique marocaine, allant du Al-Ala-Andalous à des compositions plus contemporaines ".

Sur France 2, Secret d'histoire évoque Moulay Ismaïl. Édifiant ! Rien sur la dhimmitude, la tragique condition des femmes dans les harems, etc. Chaque fois que l'émission évoque la dureté des conditions des non-musulmans captifs, des esclaves, etc., elle relativise en citant l'esclavage aux Antilles par la France, etc.


Du 16 septembre au 15 octobre 2014
Au Mosteiro dos Jerónimos
Le Maroc et l’Europe. Six siècles dans le regard de l’autre. Ouvrage collectif sous la direction de Paul Dahan et Sylvie Lausberg. Préface de Driss El Yazami.Somogy Editions d’Art, 2010. 223 pages. 279 illustrations. 32 €. ISBN : 978-2757204023




Jusqu’au 8 octobre 2011
Salle des Prévôts et salon des Tapisseries de l’Hôtel de Ville
Entrée par le parvis de l’Hôtel de Ville. 75004 Paris
Du lundi au samedi de 10 h à 19 h

Visuels : 
Le Journal du Maroc
© WDR / © Adiel Shmit

Les esclaves qui tentent de s’enfuir par bateau doivent affronter les risques de vent et de tempêtes en mer.
Gravure XVIIe
Copyright : Collection Dahan-Hirsch

Audience du roi du Maroc
Gravure extraite de Georg Höst
Notices sur Marrakech et Fès entre 1760 et 1780
Copyright : Collection Dahan-Hirsch

Treaty of Frienship and Navigation concluded in Tangier on 1862 by King Leopold I, between Belgium and Morocco 

At the home of Governor Abou-Ben-el-Abbassi. Print in Morocco, by Edmondo de Amicis, Paris, 1882.

Abraham Sicsu, Consul général de Belgique à Tanger
Huile sur toile de Théo Van Rysselberghe (Belgique)
1884
Copyright : Collection Dahan-Hirsch

Sultan Moulay Youssef at the opening of the Mosque of Paris, August 2, 1926

Affiche de l'Aéropostale
Copyright : DR

Session d'ouverture de la conférence d'Algésiras
Lithographie in Le Supplément Illustré du Petit Parisien, 4 février 1906
Copyright : DR

Max Guedj

[Source : www.veroniquechemla.info]

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