Le 4 février 2026, Sotheby’s proposera à la vente le seul dessin animalier de Rembrandt encore détenu par des collectionneurs privés. Un événement majeur pour le marché du dessin ancien, au profit de la protection des félins sauvages.
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Un détail du « Jeune lion au repos », vers 1638-1642, de Rembrandt van Rijn. Photo :
Le
peintre néerlandais du XVIIᵉ siècle
Rembrandt (1606–1669) reste synonyme de génie. Les collectionneurs se disputent
ses œuvres les plus célébrées, et peu d’entre eux incarnent cette ferveur
autant que Thomas Kaplan.
Investisseur dans les métaux, celui-ci s’impose comme le plus grand collectionneur privé de Rembrandt au monde, un artiste qui le fascine depuis l’âge de 6 ans. Entrepreneur franco-américain, philanthrope et défenseur de la nature, Thomas Kaplan fonde avec son épouse la Leiden Collection, qui réunit plus de 250 peintures de l’âge d’or hollandais. Son nom renvoie à la ville natale de Rembrandt et l’ensemble comprend pas moins de 17 tableaux du maître, ainsi que les seules œuvres conservées en mains privées de Johannes Vermeer et de Carel Fabritius.
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Portrait du philanthrope et défenseur de l’environnement Thomas Kaplan. (Sotheby’s)
Une
collection pensée pour le public
Les
Kaplan ne vivent pas avec ces œuvres. La Leiden Collection fonctionne plutôt
comme une « bibliothèque de prêts » dédiée aux maîtres anciens. Les tableaux
circulent ainsi dans les musées du monde entier, au bénéfice du public.
La
passion de Thomas Kaplan pour Rembrandt et, plus largement, pour l’art
néerlandais et flamand du XVIIᵉ siècle,
trouve un équivalent dans son engagement pour la protection des grands félins.
De manière significative, sa toute première acquisition de Rembrandt, en 2005,
consiste en un rare dessin représentant un lion, alors même que sa collection
privilégie les peintures. Le Jeune lion au repos constitue aujourd’hui la seule représentation animale de Rembrandt
encore en mains privées.
Une
vente au profit de Panthera
Thomas Kaplan et Jon Ayers, désormais copropriétaire de ce dessin, prennent la décision de le vendre au profit de Panthera. Thomas Kaplan cofonde cette organisation en 2006 ; Jon Ayers en préside le conseil d’administration. Panthera œuvre à la préservation des quarante espèces de félins sauvages recensées dans le monde et déploie ses programmes dans 34 pays, faisant figure de référence mondiale dans ce domaine.
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Encadré le Jeune lion au repos, vers 1638-1642, par Rembrandt van Rijn. (Sotheby’s)
Un dessin exceptionnel sur le marché
Sotheby’s présentera le Jeune lion au repos aux
enchères le 4 février 2026. L’estimation de ce dessin remarquablement conservé,
daté des environs de 1638 à 1642, se situe entre 15 et 20 millions d’euros. Il
s’agit du dessin de Rembrandt le plus important proposé sur le marché depuis
une génération. L’œuvre concentre majesté, énergie et puissance du lion.
Gregory Rubinstein, responsable des dessins de maîtres anciens chez Sotheby’s, souligne « la manière dont Rembrandt associe une maîtrise technique absolue à une capacité presque troublante à pénétrer l’âme de cet animal noble ». Cet effet se trouve renforcé par l’accentuation des yeux du félin, tracés d’un geste ferme.
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Jeune lion au repos, vers 1638-1642, par Rembrandt van Rijn. Pierre noire rehaussée de craie blanche et lavis gris sur papier vergé brun ; 11,4 x 15 cm. (Sotheby’s)
Parmi la ménagerie de dessins d’animaux de Rembrandt, qui comprend des oiseaux de paradis, des éléphants, des chevaux et des cochons, figurent six dessins connus de lions. Trois d’entre eux, exécutés à la plume et au lavis, se trouvent respectivement au Louvre, au musée Boijmans Van Beuningen et au Rijksmuseum. Deux autres dessins, Une lionne dévorant un oiseau, couchée, la tête tournée vers la gauche et Une lionne enchaînée, couchée au sol, de profil vers la droite, appartiennent au British Museum. Ces œuvres entretiennent des liens étroits avec la représentation conservée par la Leiden Collection.
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Une lionne dévorant un oiseau, couchée la tête tournée vers la gauche, vers 1637, par Rembrandt van Rijn. Fusain et lavis gris rehaussés de blanc sur papier préparé au lavis brun ; 12,7 x 24,5 cm. British Museum, Londres. (Domaine public)
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Une lionne dévorant un oiseau, couchée la tête tournée vers la gauche, vers 1637, par Rembrandt van Rijn. Fusain et lavis gris rehaussés de blanc sur papier préparé au lavis brun ; 12,7 x 24,5 cm. British Museum, Londres. (Domaine public)
Des différences apparaissent néanmoins. Les dessins du British Museum montrent l’animal de profil, tandis que celui de la Leiden Collection adopte une vue de trois quarts. La patte gauche y apparaît esquissée dans deux positions distinctes, suggérant le mouvement. Par ailleurs, les lignes corporelles fluides des dessins londoniens contrastent avec les lignes de contour plus marquées de l’exemplaire de la Collection. Les spécialistes divergent quant aux matériaux utilisés, tandis que Marjorie Shelley, restauratrice au Metropolitan Museum of Art, identifie une combinaison de pierre noire, de craie blanche et de lavis gris pour le dessin de la Leiden Collection.
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La Concorde de l’État (L’unité du pays), 1637-1645, par Rembrandt van Rijn. Huile sur panneau ; 74 x 100 cm. Musée Boijmans Van Beuningen, Rotterdam, Pays-Bas. (Domaine public)
Du dessin à la peinture
Les experts établissent un lien entre ces
trois dessins et la peinture de Rembrandt L’Unité du pays, conservée au musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam. Sur ce panneau
figure, à gauche, une lionne enchaînée. Les experts établissent un lien entre
ces dessins et la peinture L’Unité du pays, conservée à Rotterdam. Rembrandt
dessine les animaux d’après nature afin de les restituer avec réalisme dans ses
compositions ultérieures. L’origine précise de l’observation de ce lion demeure
inconnue, une ménagerie privée constituant l’hypothèse la plus probable.
Un regard qui saisit
Le Jeune lion au repos illustre avec éclat la virtuosité graphique de Rembrandt. Le regard intense de l’animal s’impose comme un appel irrésistible pour tout acquéreur en quête d’un Rembrandt d’une qualité exceptionnelle.
[Source : www.epochtimes.fr]







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