segunda-feira, 13 de fevereiro de 2017

Séminaire sur les identités juives

Titulaire du cycle 2017 de conférences sur les identités juives de l’Institut d’études du judaïsme de l’ULB, Isabelle Telerman, psychiatre, montrera comment l’identité juive a résolu la confrontation permanente avec les contraintes imposées par le monde non juif, mais aussi celle avec la rigueur d’un rituel exigeant, en élaborant des stratégies originales leur permettant de surmonter ces conflits.

Écrit par Véronique Lemberg 
Le cycle de conférences sur les identités juives de Cécile Telerman s’appuie sur la formulation théorique que l’identité juive s’est constituée dans la confrontation permanente avec les contraintes instaurées par le monde non juif et la concurrence des autres monothéismes, mais également dans le tiraillement entre la fidélité à un rituel exigeant et l’aspiration à de nouvelles manières d’envisager l’identité juive. Ce qui suppose donc des attitudes, des conflits et des conséquences importantes. « Je travaillerai sur des interfaces interdisciplinaires », insiste Isabelle Telerman. « Le sujet de l’identité juive peut être abordé du point de vue historique, sociologique, théologique, philosophique, psychologique et politique. On se situe donc toujours à l’interface de plusieurs disciplines ». 
Comme le judaïsme est une orthopraxie exigeante et englobante, des Juifs se sont souvent retrouvés en porte à faux par rapport à la rigidité de ce rituel. Certains l’ont abandonné et d’autres ont essayé de se débrouiller avec ces contraintes. « Cela a évidemment provoqué des tourments et des conflits intérieurs, mais cela leur a permis d’imaginer des solutions originales pour surmonter ces conflits », souligne Isabelle Telerman. « Même si les solutions qu’ils ont cherché à apporter n’étaient pas toujours harmonieuses, il me semble particulièrement intéressant d’étudier comment des intellectuels juifs ont essayé de se débrouiller avec ce conflit intérieur particulièrement pesant qui les plaçait en porte à faux avec leurs contemporains juifs et non-juifs. Ils se sentent surtout à l’étroit et ne se reconnaissent plus dans la tradition religieuse et n’ignorent pas les évolutions du monde contemporain ». 
Isabelle Telerman s’efforce donc de cerner le profil intellectuel de personnalités juives aussi emblématiques que Walter Benjamin, Léon de Modène, Benjamin Disraeli, Gershom Scholem et Martin Buber. « Toutes ces figures intellectuelles vivent une époque traversée par des lignes de faille dont leurs contemporains ne mesurent pas ce qu’elles auront comme conséquences », précise-t-elle. Tant Benjamin que Scholem et Buber se retrouvaient dans une situation inconfortable et féconde à la fois entre la tradition et la modernité qui leur a permis de mettre en œuvre dans leurs domaines respectifs une vision pénétrante des dilemmes de la modernité auxquels les Juifs étaient confrontés. Ayant tous les trois pris acte de l’impasse de l’assimilation des Juifs allemands, ils ont été, chacun à leur manière, fascinés par les profondeurs de la tradition juive. 
Isabelle Telerman proposera également une étude comparative des chroniques du ghetto de Varsovie. A cet égard, il s’agira de voir comment un même évènement vécu dans un même environnement confiné est perçu par différentes individualités (Korczak, Seidman, Ringelblum, Czerniaków, Kaplan). Ils ne décrivent pas seulement la monstruosité de leur quotidien, ils restituent surtout une vitalité extraordinaire.
    Identités juives déploiements multiples d’une rupture originelle
    Le vendredi, de 10h à 12h, à partir du 10 février 2017.
    Institut d’études du judaïsme de l’ULB, avenue Fr. Roosevelt 17,
    1050 Bruxelles.  Infos  02/650.33.48 ou iej@ulb.ac.be
    La pensée sioniste face au défi antisémite
Dans le cadre de son cours consacré aux doctrines politiques juives modernes dispensé à l’Institut d’études du judaïsme, le professeur Joël Kotek compte cette année interroger la pensée sioniste comme réponse à l’antisémitisme. Dans un premier temps, il s’intéressera à cette Europe fin de siècle qui obligea, notamment, deux figures intellectuelles improbables, Léon Pinsker puis Théodore Herzl, à penser le sionisme. Dans un second temps, le cours s’interrogera sur les paradoxes de la symbiose judéo-allemande, de Guillaume II au triomphe du nazisme. L’analyse des défis posés par l’antisémitisme contemporain clôturera le séminaire. Comment répondre aujourd’hui au défi antisémite, de l’Iran des Ayatollahs à la France de Dieudonné, sans oublier évidemment le cas belge ?  

Le jeudi, de 18h à 20h, à partir du 9 février 2017.
    [Source : www.cclj.be]

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