« Votre génération doit s'habituer à vivre avec ce danger pendant un certain nombre d'années », a déclaré Manuel Valls. |
Par Bastien Bonnefous
« Votre génération doit s'habituer à vivre avec la menace terroriste pendant un certain nombre d'années », a mis en garde Manuel Valls, vendredi 23 janvier, devant des lycéens d'un établissement agricole de Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne). Quant au plan Vigipirate, il « va durer aussi longtemps que nécessaire ».
« Je ne veux rien cacher de cette menace, elle existe et les enseignants doivent le savoir », a insisté le premier ministre, accompagné du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, et de la ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, lors d'un échange avec des élèves.
Applaudi à son arrivée, M. Valls s'est voulu didactique en abordant les thèmes de la laïcité, de la République et de la liberté d'expression. Il a appelé la centaine d'élèves réunis dans l'amphithéâtre du lycée Bougainville « à un sursaut. Soyez davantage fiers d'être français, c'est vous qui représentez la France de demain ».
M. Valls a également mis en garde les lycéens contre les amalgames : « en France, on peut se moquer de toutes les religions, comme le fait Charlie Hebdo. Mais quelqu'un comme Dieudonné ne fait pas de l'humour, il n'exprime pas une opinion. » « L'antisémitisme, l'apologie du terrorisme, le négationnisme, ce ne sont pas des opinions, ce sont des délits. L'école doit vous apprendre à faire ces différences », a-t-il asséné.
La région parisienne a été touchée les 7, 8 et 9 janvier par des attentats perpétrés par trois djihadistes français pourtant connus et suivis par le passé par les services de renseignement, les frères Saïd et Chérif Kouachi, et Amedy Coulibaly.« La France a subi un choc terrible, pourquoi nous en sommes arrivés là ? Ce qui s'est passé, il ne faut jamais l'oublier. Je vous demande d'être toujours révoltés face à cela », a exhorté le premier ministre.
Depuis, le gouvernement a élevé le niveau du plan antiterroriste Vigipirate et annoncé, entre autres, la création de 1 400 postes dépendant du ministère de l'Intérieur (dont 1 100 pour le seul renseignement) et 425 millions de crédits sur trois ans pour les investissements et les équipements.
[Photo : ÉRIC FÉFERBERG/AFP - source: www.lemonde.fr]
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