quarta-feira, 5 de julho de 2017

Quand la scénographie joue avec l’abstraction



Le bureau SNCDA a conçu pour les œuvres du Guggenheim une scénographie osée, entièrement basée sur la notion d’abstraction.
 
La scénographie de SNCDA pour «Full Abstraction» est composée de rideaux de couleurs.
Écrit par Céline Coubray 

D’octobre à février dernier, l’ING Art Center de Bruxelles accueillait l’exposition «Full Abstraction», qui présentait des œuvres majeures issues des collections du Guggenheim. C’est au belgo-luxembourgeois Studio SNCDA que le projet de scénographie a été confié. «La Banque ING nous a contactés pour réaliser la scénographie de cette exposition qui évoque la naissance et l’évolution de l’art abstrait des deux côtés de l’Atlantique, dans les années 1940-1960. Nous avons abordé cette thématique en retenant comme idée principale l’importance que joue la couleur», explique Sara Noel Costa de Araujo du Studio SNCDA.

Une scénographie à base de rideaux colorés

C’est ainsi que s’est développée leur scénographie, basée sur l’idée d’accrocher les œuvres devant de grands rideaux colorés. «En consultant les photos d’archives, nous avons été frappés par la proximité que Peggy Guggenheim entretenait avec sa collection d’art. Elle vivait véritablement entourée de ses œuvres, n’hésitant pas à poser devant les photographes en touchant les sculptures. Il y avait donc à la fois un rapport domestique, intime, qu’il nous intéressait de transmettre, mais aussi un aspect sensuel, tactile. Aussi, le rideau nous a semblé un élément intéressant à travailler.»
En parallèle, la couleur est un autre élément pivot, à la fois dans les œuvres exposées et par conséquent dans la scénographie. Leur choix est issu d’un processus méticuleux, d’une étude approfondie des œuvres par les scénographes dans l’objectif de choisir des couleurs qui fassent ressortir certains détails des œuvres. Ce sont des couleurs denses et fortes qui ont finalement été choisies. Mais de tels rideaux, répondant à la fois aux normes de sécurité d’une telle exposition (résistance au feu) mais aussi aux désirs de couleurs, n’existaient pas sur le marché. Il a donc fallu faire imprimer de grands pans de tissu à la demande des scénographes.
«Grâce au choix des couleurs, il a été possible de mettre en valeur des petits détails qui peuvent échapper à un regard rapide. Que l’on suive une visite guidée ou qu’on ne passe que 10 minutes dans l’exposition, le jeu avec la scénographie permet de relever ces détails d’importance pour la lecture de l’œuvre.» Par ailleurs, les rideaux ne sont pas disposés de manière lisse, mais ondulent, créant un volume qui fait ressortir la texture des œuvres. On a ainsi l’impression que les œuvres flottent devant ces rideaux, effet obtenu grâce à un ingénieux accrochage par système de potence. «Un bras en bois est fixé à l’arrière du rideau d’où ne sortent que des crochets sur lesquels l’œuvre est installée. Il n’a pas été facile de faire accepter ce système par les assurances, mais après quelques essais, nous y sommes parvenus», précise l’architecte. Dans ce dialogue entre scénographie et œuvres, la lumière occupe également une place importante. «Nous avons travaillé avec attention l’éclairage pour qu’il n’altère en aucun cas ni la couleur des œuvres ni celle des rideaux.»
Une volonté de proximité
D’autre part, pour permettre une proximité avec les œuvres à l’image de l’espace domestique, les scénographes n’hésitent pas à créer un parcours composé de petites pièces, obligeant les visiteurs à regarder de près les œuvres. «Pour des raisons de sécurité, toutes les œuvres sont désormais encadrées dans des cadres américains. La présence du verre de sécurité impose par conséquent une distance avec l’œuvre. En resserrant l’espace d’exposition, nous imposons aux visiteurs de s’approcher des œuvres. Pour cela, nous avons dû négocier avec les organisateurs que l’alarme ne se déclenche pas dès qu’un visiteur s’en approche.» Comme un clin d’œil au thème de l’abstraction, le plan des salles est d’une géométrie presque parfaite. «Nous avons aussi proposé des assises qui sont elles aussi très géométriques et qui jouent de la confusion avec les socles par leur rapprochement formel. Cela accentue la frontière floue entre le mobilier et l’œuvre d’art, à l’image de l’aménagement intérieur de Peggy Guggenheim.»
Enfin, notons que les rideaux produits à cette occasion ne sont pas partis à la poubelle, mais ont été donnés à des écoles de théâtre et de design, et connaissent aujourd’hui une nouvelle utilisation.

Fiche technique
Client: Brussels ING Art Center
Scénographe: Studio SNCDA
Budget: 85.000 euros
Surface d’exposition: 400m2
Nombre d’œuvres exposées: +/- 62 œuvres
Photos: Maxime Delvaux

Photo : Maxime Delvaux
Photo : Maxime Delvaux
































[Photos : Maxime Delvaux - source : www.archiduc.lu]

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